Comment traiter une fracture par compression de la colonne vertébrale

Une fracture par compression demande un traitement rigoureux, incluant repos, corset, parfois chirurgie, et une rééducation ciblée sur plusieurs mois.
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La colonne vertébrale est le principal pilier de notre corps. Elle est constituée de vertèbres solides, mais malgré leur robustesse, il est relativement facile de se blesser. Une chute ou une flexion brutale du tronc peut entraîner une fracture par compression vertébrale. Dans ce cas, un traitement long et rigoureux est indispensable.

Signes d’une fracture par compression

Le diagnostic précis d’une fracture ne peut être posé qu’à l’aide de radiographies. Avant cela, certains symptômes peuvent faire suspecter une fracture vertébrale :

  1. Douleur intense au dos, aggravée par la marche ou la station debout.
  2. Déformation apparente de la colonne vertébrale.
  3. Altération de la motricité des membres.
  4. Douleur lors des mouvements de torsion ou d’inclinaison.

Les fractures par compression touchent le plus souvent la région thoracique ou lombaire, en raison de la forte charge supportée par ces zones.

Traitement d’une fracture par compression

L’efficacité du traitement dépend fortement de la rapidité de sa mise en œuvre. En cas de suspicion, il faut immédiatement prodiguer les premiers soins et appeler les secours :

  • Allonger la personne sur une surface plane et rigide ;
  • Administrer un antalgique si possible ;
  • Immobiliser le blessé pour éviter tout risque de lésion médullaire supplémentaire ;
  • Contacter les urgences médicales.

Si la fracture est de grade 1, un traitement non chirurgical peut être envisagé.

Le traitement comprend généralement plusieurs étapes :

  1. Réduction de la charge sur la colonne en limitant les mouvements.
  2. Stabilisation rigoureuse de la zone fracturée.
  3. Soulagement de la douleur.
  4. Techniques invasives si nécessaires.
  5. Chirurgie dans les cas plus graves.

Une fois le diagnostic confirmé, le médecin recommandera de réduire drastiquement l’activité. Il faut éviter de rester longtemps debout ou assis, notamment en cas de fracture thoracique, car cela peut aggraver la situation.

Chez les patients de plus de 50 ans, ces conseils sont essentiels en raison de la fragilité osseuse et d’un processus de guérison plus lent.

Pour soulager la colonne, le port d’un corset orthopédique peut être prescrit. Il se porte dès le réveil et durant toute la journée, permettant un meilleur alignement vertébral et une consolidation plus rapide.

Des antidouleurs sous forme de comprimés ou d’injections sont administrés pour apaiser la douleur.

Les médecins utilisent désormais des techniques innovantes telles que la vertébroplastie et la cyphoplastie. La vertébroplastie consiste à injecter un ciment médical dans la vertèbre endommagée pour en renforcer la structure et atténuer la douleur.

La cyphoplastie vise à restaurer la hauteur de la vertèbre. Un ballon est introduit, gonflé puis retiré, laissant place au ciment qui maintient la vertèbre dans sa position correcte.

Rééducation après une fracture par compression

Si la moelle épinière n’a pas été atteinte, la phase de rééducation devient cruciale après les soins médicaux. Elle repose sur :

  • des séances de kinésithérapie ;
  • des exercices de rééducation (gymnastique adaptée) ;
  • des massages thérapeutiques.

Traiter une fracture ne suffit pas : la qualité de la rééducation est essentielle pour une récupération complète.

La rééducation se déroule par étapes :

  1. Traction vertébrale : réalisée sur une table inclinée avec des sangles pour stabiliser le haut du corps. L’angle d’inclinaison est augmenté progressivement.
  2. Activité physique adaptée (L.F.K.)
  3. Massages pour favoriser la circulation et la décontraction musculaire.

Initialement, la traction s’effectue avec le poids du corps, puis on peut y associer des charges supplémentaires.

Rééducation fonctionnelle (L.F.K.) après une fracture

Les exercices débutent quelques jours après le début de la traction. La rééducation est divisée en plusieurs phases.

La première (7 à 10 jours) vise à :

  • stimuler le tonus général ;
  • améliorer la fonction cardio-respiratoire ;
  • éviter la fonte musculaire.

Les exercices incluent :

  1. Respiration abdominale profonde.
  2. Ouverture et fermeture des doigts.
  3. Flexion des pieds.
  4. Flexion/extension des poignets.
  5. Rotations douces des bras.
  6. Mouvements alternés des jambes sans les soulever.
  7. Élévation du bassin en appui sur les pieds.

Aucun mouvement brusque ne doit être effectué, et la séance est strictement personnalisée (10 à 15 minutes), allongé sur le dos. La deuxième phase débute environ un mois après la fracture. L’objectif est de restaurer les fonctions internes et d’améliorer la circulation dans la zone lésée.

On augmente le nombre de répétitions, la durée des séances, et on ajoute des exercices ciblant les abdominaux, le dos et les membres. Incliner le lit peut faciliter certains mouvements.

La troisième phase commence après 45 jours. Les exercices visent à renforcer les muscles du tronc, du périnée, des jambes et à améliorer la coordination motrice.

Le kinésithérapeute introduit alors des charges légères. Les mouvements se font à quatre pattes ou à genoux, afin de réduire la pression sur la colonne. On peut y inclure des battements de jambes isolés ou synchronisés.

Ces exercices se réalisent toujours sur une surface ferme (lit dur).

La quatrième phase commence lorsque le patient est autorisé à se lever. On introduit alors des exercices pour améliorer la mobilité vertébrale, redresser la posture et réapprendre la marche.

Une fois que le patient s’est adapté à la position debout, on peut pratiquer des flexions, des extensions et des élévations de jambes. L’utilisation de petits équipements de gymnastique est recommandée.

La durée de la rééducation doit être équivalente à celle du traitement. Si le traitement a duré trois mois avec un corset, la rééducation doit s’étendre sur la même période.

Même si la rééducation est essentielle, certaines situations peuvent l’empêcher :

  • état général très affaibli ;
  • douleur persistante aggravée par l’exercice ;
  • fièvre ;
  • symptômes neurologiques ;
  • syndrome asthénique important.

Si les recommandations médicales ne sont pas respectées, la fracture peut avoir des conséquences :

  • instabilité des vertèbres au niveau de la fracture ;
  • dérèglement de l’alignement vertébral ;
  • apparition d’ostéochondrose ou de sciatiques chroniques.

Les blessures de la colonne vertébrale ne doivent jamais être prises à la légère. Plus vous consultez rapidement, meilleures seront les chances de guérison sans séquelles.

Dr. Claire Dupont
Rhumatologue
cl.dupont@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Quels sont les premiers signes d'une fracture par compression vertébrale ?
Les signes incluent une douleur aiguë dans le dos, aggravée en position debout ou lors de mouvements, une déformation visible de la colonne et parfois des troubles moteurs ou sensitifs.
Peut-on traiter une fracture par compression sans chirurgie ?
Oui, si la fracture est légère, un traitement conservateur avec repos, port de corset et antidouleurs peut suffire. Une intervention chirurgicale est réservée aux cas graves ou instables.
Qu'est-ce que la vertébroplastie et en quoi aide-t-elle ?
La vertébroplastie est une procédure où du ciment médical est injecté dans la vertèbre fracturée pour en améliorer la stabilité et réduire la douleur de manière rapide et efficace.
Comment se déroule la rééducation après une fracture vertébrale ?
Elle comprend plusieurs étapes : traction, exercices respiratoires et musculaires, massage, renforcement progressif et réapprentissage de la marche. Elle peut durer plusieurs mois selon la gravité.
Quels risques si on ne suit pas les recommandations médicales après une fracture ?
Cela peut entraîner une mauvaise consolidation, une instabilité vertébrale, des déformations de la colonne, ou le développement de douleurs chroniques comme la sciatique ou l’ostéochondrose.