Blocage du nerf sciatique : indications et précautions
Le principal symptôme de la sciatique (inflammation du nerf sciatique) est la douleur. Celle-ci se situe dans le bas du dos et s’étend jusqu’au membre inférieur. Dans les formes légères, les méthodes de physiothérapie sont efficaces. Mais parfois elles ne suffisent pas, et il faut recourir à un blocage thérapeutique. Ce type de procédure est réservé aux cas les plus graves.
Pour réduire la douleur, les patients atteints de sciatique se voient généralement prescrire :
- novocaïne ;
- lidocaïne ;
- diclofénac ;
- movalis.
Les blocs à la novocaïne ou à la lidocaïne consistent à injecter l’anesthésique en un point précis pour calmer la douleur liée à l’atteinte du nerf sciatique. La lidocaïne est plus efficace et moins toxique que la novocaïne.
Le diclofénac possède un effet anti-inflammatoire et antalgique puissant. Les injections intramusculaires donnent un résultat durable, contrairement aux comprimés, pommades ou patchs efficaces seulement dans les formes légères. La dose dépend de l’âge et du poids. Le movalis agit de façon similaire et s’administre aussi par injection intramusculaire. Ces deux médicaments appartiennent aux anti-inflammatoires les plus puissants.
Avantages du blocage
- Le blocage agit rapidement et efficacement, car le médicament cible directement les fibres nerveuses, soulageant même les douleurs les plus intenses.
- Le risque d’effets secondaires est limité puisque le produit agit d’abord localement avant de passer dans la circulation sanguine.
- Le blocage réduit non seulement la douleur, mais aussi la tension musculaire et l’inflammation.
Indications et contre-indications
Les injections sont utilisées en cas de sciatique sévère, lorsque les autres traitements échouent. L’indication principale est une douleur intense insensible aux autres méthodes. Le traitement médicamenteux est alors très efficace.
Les blocs à la novocaïne ou à la lidocaïne sont contre-indiqués en cas de :
- hypotension artérielle ;
- bradycardie ;
- syndrome du sinus malade ;
- choc cardiogénique ;
- bloc auriculo-ventriculaire du 2e ou 3e degré ;
- allergie ;
- insuffisance hépatique sévère ;
- myasthénie ;
- antécédents de convulsions après injection de ces produits ;
- grossesse.
Les injections de diclofénac et de movalis sont contre-indiquées en cas de :
- allergie ;
- maladies du sang ;
- ulcère gastro-duodénal ;
- inflammations intestinales en phase aiguë ;
- insuffisance rénale ou hépatique sévère ;
- dernier trimestre de grossesse ;
- allaitement.
Une prudence particulière est recommandée chez les patients souffrant de maladie coronarienne.
Technique de réalisation
Le patient est allongé sur le ventre. L’injection se fait au point de Voino-Yasenetsky, situé directement au-dessus du nerf. Ce point est défini par l’intersection de deux lignes : l’une horizontale passant par le grand trochanter, et l’autre verticale passant par le bord externe de la tubérosité ischiatique. On peut le marquer à l’iode. La dose est déterminée par le médecin. L’aiguille est insérée progressivement jusqu’au nerf sciatique en évitant toute injection intraneurale, qui risquerait de l’endommager. Avec la novocaïne, on ajoute souvent de l’hydrocortisone pour prolonger l’effet.
Complications possibles
Les principales complications sont :
- lésion nerveuse ;
- rupture de l’aiguille ;
- lésion vasculaire.
Lésion nerveuse
Un mauvais geste technique peut endommager le nerf, entraînant douleurs et troubles de la sensibilité. Le risque est faible si l’injection est bien faite. En cas de lésion, un traitement doit être instauré rapidement : vitamines B, proserine, pyrogène, physiothérapie (électrophorèse, électrostimulation), kinésithérapie et massage.
Rupture de l’aiguille
Une réaction brusque du patient peut provoquer la cassure de l’aiguille, souvent près de la canule. Le retrait est alors simple, sauf cas rares où une chirurgie est nécessaire. Si l’aiguille est stérile, elle peut rester encapsulée sans gêne, mais un risque d’infection impose parfois son extraction.
Lésion vasculaire
Un vaisseau peut être touché, provoquant un hématome. Une compression locale suffit généralement. Le respect des repères anatomiques permet d’éviter ce type d’accident.
Entre des mains expertes, ces complications sont très rares. Pour éviter les effets liés au surdosage, il faut respecter les doses maximales : 150 mg par jour pour le diclofénac, 15 mg pour le movalis.
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