Comprendre et prévenir les maladies des articulations
Maladies des articulations
Les maladies articulaires sont parmi les pathologies les plus répandues dans le monde. On estime qu’un tiers de la population mondiale souffre d’au moins une forme de trouble articulaire.
Le corps humain compte plus de deux cents os, reliés entre eux par des articulations — allant des minuscules articulations des doigts jusqu’aux grandes articulations comme les genoux et les hanches. Ces structures complexes sont composées de cartilage, de ligaments, de muscles et de membrane synoviale, qui assurent le mouvement grâce à l’élasticité du cartilage et à la présence de liquide synovial. Cette complexité les rend vulnérables aux affections diverses.
Le terme « arthrite » est connu depuis l’époque d’Hippocrate, il y a près de deux mille cinq cents ans, et pourtant les causes des maladies ostéo-articulaires ne cessent d’augmenter. Les facteurs professionnels, le système immunitaire affaibli, le mode de vie sédentaire, une alimentation déséquilibrée et les troubles du métabolisme (protéines, graisses, minéraux) sont à l’origine de nombreuses affections articulaires.
Les douleurs articulaires peuvent être intenses et évoluent souvent vers des formes chroniques, pouvant aller jusqu’à la perte d’autonomie si elles ne sont pas prises en charge.
La prévention et le traitement des troubles ostéo-articulaires sont des enjeux majeurs de la médecine moderne, car les formes avancées entraînent douleurs persistantes et limitations fonctionnelles importantes.
Arthrite et arthrose
La diversité des pathologies articulaires complique leur classification. On distingue jusqu’à 13 groupes principaux, en constante évolution.
Sur le plan pathologique, les maladies sont classées en :
- Arthrites — maladies inflammatoires.
- Arthroses — affections dégénératives et dystrophiques.
L’arthrite débute généralement par une inflammation de la membrane synoviale. En l’absence de traitement adapté, elle peut devenir chronique, avec propagation de l’inflammation au cartilage et aux ligaments.
L’arthrose débute par une dégradation du cartilage. Des ostéophytes (excroissances osseuses) se forment, endommageant les surfaces articulaires et les tissus voisins. Les mouvements deviennent alors difficiles et douloureux. Un synovite secondaire peut aussi apparaître.
La distinction entre arthrite et arthrose n’est pas toujours claire, les deux pouvant coexister.
Les douleurs articulaires peuvent aussi signaler d’autres affections : infections virales, troubles pulmonaires, maladies hématologiques ou oncologiques.
On distingue aussi des arthropathies liées à des troubles endocriniens, neurologiques ou génétiques.
Selon leur origine :
- Maladies primaires — apparaissant dans une articulation saine.
- Maladies secondaires — résultant d’une autre affection ou complication.
Types d’arthrite
On distingue les polyarthrites (plusieurs articulations atteintes) et les monoarthrites (une seule articulation touchée).
Selon leur cause, les arthrites sont classées comme : rhumatismales, infectieuses, traumatiques, auto-immunes ou toxiques.
Le diagnostic précise aussi si les tissus voisins — synovie, ligaments, nerfs, muscles — sont impliqués.
Les arthrites aiguës se manifestent par un œdème, un épanchement synovial important, et de la fièvre. Un traitement rapide est essentiel pour éviter la fibrose, la sclérose ou la déformation articulaire. Sans cela, la douleur devient chronique et invalidante.
On ne vieillit pas par les années, mais par les articulations
Les maladies articulaires ne surgissent pas subitement. Elles sont le fruit de perturbations progressives qui, accumulées, mènent à des dommages sévères.
On dit souvent que ce ne sont pas les années mais les jambes qui vieillissent. Il est donc possible de conserver souplesse et mobilité jusqu’à un âge avancé, tandis que certains perdent déjà toute agilité à trente ans. En cause : la précocité des pathologies articulaires et le fait que l’on traite souvent les symptômes plutôt que les causes.
Le surpoids est un facteur aggravant, surtout pour les genoux et les chevilles. Vers 40–50 ans, de nombreuses personnes développent des épines calcanéennes (excroissances osseuses douloureuses), rendant difficile la station debout le matin. Le cercle vicieux s’installe : la douleur limite le mouvement, le manque de mouvement favorise la prise de poids.
Autrefois, la goutte était considérée comme une maladie aristocratique, provoquée par une alimentation riche en viandes, entraînant un excès d’acide urique. Cette affection déforme douloureusement les doigts et orteils. Aujourd’hui, ce sont les sodas, les sucreries et la restauration rapide qui nuisent à la santé articulaire. Ils déséquilibrent l’absorption des nutriments nécessaires aux os et cartilages.
L’excès de sucres simples compromet la santé cellulaire. Il favorise le syndrome métabolique, associé à des maladies vasculaires, nerveuses et du tissu conjonctif. Une alimentation pauvre en sucres simples ralentit le vieillissement du cartilage et améliore l’efficacité des traitements.
Un apport inadapté de calcium peut entraîner des dépôts dans les reins, les vaisseaux et les cartilages. Une alimentation pauvre en protéines, en fibres, en vitamines du groupe B et en graisses aggrave la situation.
Les traitements hormonaux, les anabolisants, les intoxications (médicamenteuses, industrielles, environnementales) et le tabac ont aussi des effets néfastes sur les articulations.
Le cartilage sain est hydraté et élastique grâce au liquide synovial. Il absorbe les chocs et protège l’ensemble du squelette. Un apport insuffisant d’eau, ou l’usage abusif de diurétiques, assèche les tissus cartilagineux et accélère leur dégradation.
Notre société a tendance à traiter les problèmes de santé par la prise de médicaments, notamment des antidouleurs. Mais soulager la douleur sans en traiter la cause ne fait qu’accélérer l’évolution de la maladie.
Alimentation adaptée aux articulations
La guérison est un processus long, car la maladie s’installe progressivement et ne disparaît pas en un jour. Des exercices réguliers, précédés d’un échauffement, améliorent l’amplitude des mouvements, renforcent les muscles et stimulent la production de liquide synovial. L’alimentation doit fournir les éléments nécessaires à la régénération des tissus.
Il n’existe pas d’aliment miracle, mais certains produits facilitent la guérison et doivent figurer dans le régime des personnes souffrant d’arthrite ou d’arthrose.
Les traitements coûteux à base de chondroprotecteurs peuvent être partiellement remplacés par l’alimentation : consommer une fois par semaine du bouillon gélatineux (pieds de veau, poisson), du gelée de fruits ou des plats à base de gélatine.
Les poissons gras apportent des oméga-3 bénéfiques aux hormones, aux vaisseaux sanguins et aux articulations.
Les fruits de mer sont riches en protéines et minéraux tout en étant peu caloriques, ce qui aide à contrôler le poids. Le régime méditerranéen est recommandé pour la santé des os, des ligaments et des cartilages.
Les fruits frais, l’ail, l’oignon, les différentes variétés de chou, les céréales complètes, les noix, les œufs et les abats fournissent vitamines et oligo-éléments essentiels.
Un choix à faire
Le célèbre académicien Amosov disait que l’homme est malade par paresse et ignorance.
Il affirmait aussi qu’il est possible de recouvrer la santé, même dans un état très dégradé, mais que l’effort nécessaire augmente avec l’âge et la gravité de la maladie.
De nombreux témoignages confirment qu’avec volonté et discipline, on peut surmonter les maladies articulaires ou les séquelles de blessures graves.
La meilleure stratégie reste la prévention : bouger régulièrement, pratiquer une activité physique, s’habiller selon la saison, arrêter de fumer et adopter une alimentation variée et équilibrée. Arthrite et arthrose ne doivent pas rimer avec invalidité.
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