Rééducation après prothèse de hanche
La prothèse articulaire est une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer la surface articulaire par une pièce artificielle. L’endoprothèse suit le même principe.
Elle est indiquée dans certains cas, notamment :
- en cas de déformation due à l’arthrose de la hanche ;
- en cas de coxarthrose dysplasique ;
- en cas de coxarthrose post-traumatique ;
- en cas de nécrose aseptique de la tête fémorale ;
- en cas de fracture du col du fémur ;
- en cas de polyarthrite rhumatoïde avec atteinte des hanches.
Souvent, le patient peut envisager cette intervention lorsque les médicaments, injections ou séances de kinésithérapie ne soulagent plus les douleurs. L’endoprothèse devient alors une solution.
Types de prothèses articulaires
En médecine, on distingue deux types de prothèses :
- Le remplacement total de l’articulation de la hanche.
- Le remplacement partiel de l’articulation.
Dans le premier cas, toutes les parties de l’articulation sont remplacées par des pièces artificielles. Se une radiographie permet de voir la différence.
Dans le second, seule la tige fémorale est remplacée, la cavité cotyloïde reste intacte. Cette tige est fixée dans l’os par un ciment spécial ou par une fixation mécanique sans adjuvant. Ce type de fixation est couramment utilisé chez les patients ayant une structure osseuse fragile.
La récupération des capacités motrices après une prothèse de hanche est un processus long et souvent douloureux. Elle nécessite du temps et de la persévérance, mais le résultat peut être très satisfaisant, à condition de suivre rigoureusement les consignes médicales.
La durée de la convalescence varie selon la gravité de la pathologie et l’état musculaire autour de la hanche. Si l’intervention est due à un traumatisme, la récupération est généralement plus rapide, car les muscles sont moins abîmés.
Préparation à l’opération
La rééducation commence quelques jours avant l’intervention. Le patient apprend les bons gestes à adopter après l’opération. Il devra réapprendre à marcher, d’abord avec des béquilles, puis sans. Des exercices seront prescrits pour muscler et habituer le corps à la prothèse. Un soutien psychologique est souvent nécessaire.
Avant l’opération, un bilan complet est réalisé par le chirurgien et d’autres spécialistes, afin de planifier au mieux la rééducation.
Phases de rééducation
La rééducation post-opératoire se divise en trois phases.
Phase zéro
Elle débute dès la première heure après l’opération. On commence par rétablir la circulation sanguine dans le membre opéré afin de prévenir les caillots.
Dès la fin de l’anesthésie, des exercices doivent être réalisés avec les deux jambes.
- Fléchir et étendre la cheville plusieurs fois toutes les 10-15 minutes. Cet exercice est à faire tout au long de la rééducation.
- Faire des rotations de la cheville vers la droite et la gauche, 5 fois de chaque côté, sans bouger les genoux.
- Contracter les muscles du devant de la cuisse en tendant la jambe. Maintenir 5 à 10 secondes. Répéter au moins 10 fois.
- Fléchir le genou pour rapprocher le talon des fesses, sans dépasser un angle de 90°. Répéter 10 fois.
- Contracter les fessiers et maintenir 5 à 7 secondes. Répéter 10 fois.
- Allongé, écarter la jambe sur le côté au maximum, puis revenir. Répéter 10 fois par jambe.
- Allongé, soulever légèrement la jambe et maintenir 5 à 7 secondes. Répéter 10 fois.
Ces exercices doivent commencer dès le premier jour pour tonifier les muscles et mobiliser l’articulation.
Première phase
Elle commence le deuxième jour après l’intervention. Le patient peut alors se lever seul avec des béquilles. Il doit progressivement appuyer sur la jambe opérée.
L’objectif est de retrouver la marche autonome.
Quelques règles à suivre :
- Ne pas plier la jambe à plus de 90°, risque de luxation ;
- Ne pas s’accroupir, ni croiser ou surélever les jambes ;
- Placer une couverture entre les jambes pendant le sommeil ;
- Utiliser un siège où le pli du genou ne dépasse pas 90° ;
- Garder les jambes légèrement écartées en position assise ou couchée ;
- Éviter de se pencher en avant au-delà du nombril.
La règle des 90° est essentielle, peu importe la position du corps.
Trois exercices sont recommandés :
- Debout, lever le genou à l’horizontale, maintenir 5 secondes, relâcher. Répéter plusieurs fois.
- Debout, tendre la jambe en arrière jusqu’à ressentir une tension, maintenir 5 secondes, relâcher. Répéter.
- Debout, écarter la jambe sur le côté, maintenir 5 secondes, revenir. Répéter plusieurs fois.
Deuxième phase
Elle débute 7 à 10 jours après l’opération. L’objectif est d’apprendre à monter et descendre les escaliers. Ces exercices doivent se faire sous supervision médicale.
Troisième phase
Elle commence 6 à 8 semaines après l’intervention, selon les recommandations du médecin traitant.
À ce stade, les béquilles sont abandonnées au profit d’une canne.
Les exercices recommandés sont :
- Attacher un élastique entre une cheville et un support fixe. Tirer la jambe vers l’avant, puis revenir. Répéter 10 fois, 3 fois par jour.
- Depuis la même position, tirer la jambe vers l’arrière. Répéter 10 fois, 3 fois par jour.
- Attacher l’élastique sur le côté de la cheville. Écarter la jambe, maintenir, revenir. Répéter 10 fois, 3 fois par jour.
- Faire du vélo d’appartement 5 à 10 minutes deux fois par jour. Augmenter progressivement jusqu’à 30-40 minutes.
- Exercices d’équilibre : se tenir contre un mur, se mettre sur la pointe des pieds. Répéter au moins 10 fois.
- Tapis de marche : idéal pour rééduquer la hanche. Commencer à allure lente, ou marcher en extérieur si besoin.
Après avoir suivi l’intégralité du programme de rééducation, la fonction motrice peut être totalement récupérée.
En général, cela prend 7 à 9 semaines. Pour éviter toute rechute, il est essentiel de poursuivre une activité physique régulière après la rééducation.
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