Comment traiter la gale efficacement
La gale reste aujourd’hui l’une des maladies de peau les plus courantes. Elle est provoquée par un parasite microscopique appelé acarien de la gale. L’augmentation des cas est liée à plusieurs facteurs : les mouvements migratoires, le début précoce de la vie sexuelle, ainsi que les conditions de vie précaires dans certains groupes de population.
Pour prévenir la gale, des examens médicaux sont régulièrement réalisés dans les écoles et les crèches afin de détecter rapidement les cas et limiter la propagation.
Diagnostic
Le diagnostic de la gale repose sur l’observation de vésicules et de papules caractéristiques : ce sont de petits boutons ou cloques remplis de liquide clair. L’acarien creuse des sillons sous la peau, de couleur blanchâtre à rosée, souvent visibles au toucher. À l’une des extrémités du sillon se trouve une petite tache noire – c’est là que se cache le parasite.
En cas de signes visibles, l’enfant ou l’adulte est orienté vers un dermatologue pour confirmer le diagnostic par un prélèvement cutané analysé au microscope. Même si le parasite n’est pas toujours observé, un médecin expérimenté peut poser le diagnostic cliniquement. Certains types de gale ne se détectent pas toujours en laboratoire.
Les soins peuvent généralement être réalisés à domicile, sauf dans les cas graves, notamment chez les jeunes enfants souffrant de surinfections. Ces derniers sont hospitalisés pour bénéficier d’un suivi médical renforcé.
La gale se manifeste par des démangeaisons intenses, surtout la nuit. Ce prurit est une réaction allergique aux déchets du parasite. L’intensité de l’éruption dépend de la sensibilité de la personne, pas du nombre d’acariens présents. Le grattage peut provoquer des lésions, surtout chez les enfants, et entraîner des complications infectieuses si un traitement n’est pas rapidement administré.
Un examen au vidéodermatoscope, grossissant jusqu’à 600 fois, permet de poser un diagnostic plus précis.
Zones du corps touchées
Les zones typiquement affectées par la gale sont :
- les doigts ;
- les espaces entre les doigts ;
- les plis des coudes ;
- le bas-ventre ;
- l’aine ;
- les organes génitaux externes ;
- les cuisses ;
- les fesses ;
- le pli interfessier ;
- la poitrine.
Particularités chez l’enfant
Chez les nourrissons, la gale peut apparaître sur des zones rarement touchées chez l’adulte :
- le visage ;
- le cuir chevelu ;
- la plante des pieds ;
- les paumes des mains.
Elle est parfois confondue avec une éruption de chaleur ou de l’eczéma suintant. Avant six mois, elle peut ressembler à de l’urticaire. Chez les moins de trois ans, les espaces interdigitaux sont souvent épargnés, mais les ongles peuvent être affectés (épaississement, fissures). Dans les cas graves, la gale peut couvrir tout le corps, nécessitant une hospitalisation. Les infections secondaires sont fréquentes chez les jeunes enfants, leur système immunitaire étant encore immature.
Traitement
Les dermatologues disposent d’un large éventail de traitements contre la gale. Il s’agit principalement de crèmes et pommades acaricides. Le médecin choisit la substance et son dosage en fonction de l’âge et de l’état général du patient. L’ensemble du corps doit être traité, même les zones apparemment saines.
Avant le traitement, il est recommandé de prendre une douche chaude pour maximiser l’efficacité du produit. Mais en cas d’infection cutanée secondaire (pyodermite), les bains sont déconseillés.
Le linge de lit et les vêtements doivent être lavés à haute température puis repassés. Le traitement (par exemple avec la pommade au benzoate de benzyle) est répété trois fois, tous les 1 à 2 jours, suivi d’une visite de contrôle.
Certains produits ne nécessitent qu’une seule application, comme le lindane. Il est laissé sur la peau pendant 12 heures avant d’être rincé. Toutefois, à cause de sa toxicité, il est interdit chez l’enfant.
Médicaments
Les traitements utilisés sont souvent les mêmes chez l’adulte et l’enfant, avec une concentration adaptée. Voici l’efficacité estimée de quelques médicaments :
- produits à base de soufre – 95 % ;
- Crotamiton – 90 % ;
- Benzoate de benzyle – 85 % ;
- Esdepalléthrine – 85 % ;
- Thiabendazole – 80 % ;
- Lindane – 75 %.
Le spray français Spregal est très efficace : il élimine les parasites et leurs œufs dès la première application. Toutefois, les dermatologues recommandent une seconde application 2 à 3 jours plus tard. Ce produit est inodore et facile d’utilisation, mais ses vapeurs sont toxiques. Il ne convient pas aux jeunes enfants.
Il existe de nombreux traitements efficaces, mais seul un médecin peut prescrire la solution la mieux adaptée à chaque patient.
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