Signes d'appendicite chez l'adulte et premiers gestes
L’appendicite touche pratiquement tout le monde. Chacun connaît certains signes. C’est sans aucun doute la pathologie abdominale la plus répandue. Elle nécessite une prise en charge chirurgicale obligatoire, car la complication la plus grave et dangereuse est le péritonite.
Qui est exposé à l’appendicite
Dans la plupart des cas, l’appendicite survient chez des personnes dont l’âge se situe entre 10 et 30 ans. Dans seulement 3 % des cas, l’appendice enflammé est observé chez de jeunes enfants.
Dans la pathologie chirurgicale aiguë des organes abdominaux, l’appendicite représente plus de 80 %. Elle est une cause fréquente de péritonite.
Bien que la médecine identifie des groupes à risque connus pour cette maladie, pratiquement tout le monde peut développer une appendicite aiguë. Sauf ceux qui ont déjà été opérés et dont l’appendice a été retiré. Malheureusement, la pathologie est difficilement prévisible, car elle peut survenir quel que soit le mode de vie ou l’âge.
Leonard de Vinci note dans ses travaux que l’appendice enflammé n’était découvert qu’à l’autopsie. À l’époque, les médecins ne le considéraient pas comme une affection grave, estimant qu’il s’agissait d’une inflammation du caecum.
Ce n’est qu’en 1735 qu’une opération réussie d’ablation d’un appendice a été réalisée et décrite. Elle fut effectuée par un chirurgien anglais. L’année 1735 est devenue un point de départ pour l’étude de ce petit appendice. Au fil des ans, le diagnostic et le traitement de cette pathologie se sont considérablement améliorés. Après près de 300 ans, un diagnostic d’appendicite n’est plus une condamnation à mort. La maladie se traite désormais avec succès.
Les premiers symptômes
Il est essentiel que chacun sache reconnaître les premiers signes d’appendicite chez l’adulte. C’est important, car si l’appendicite aiguë n’est pas prise en charge rapidement, des complications sérieuses peuvent survenir. Il faut donc consulter un spécialiste sans délai. Beaucoup craignent l’opération et la cicatrice. Mais aujourd’hui il existe l’ablation laparoscopique de l’appendice. Cette intervention évite une cicatrice très visible.
Les signes énumérés ci-dessous sont les principaux et se manifestent dans presque tous les cas :
- nausées intenses accompagnées de vomissements fréquents, sans amélioration pour le patient ;
- lassitude, fatigue et malaise général ;
- douleurs dans l’abdomen, l’estomac et le bas du dos ;
- augmentation de la transpiration et palpitations ;
- selles liquides ;
- mictions plus fréquentes ;
- fièvre modérée (mais ne dépassant pas 38 degrés).
La douleur débute dans la moitié supérieure de l’abdomen. Elle apparaît de façon brutale et soudaine. Souvent le patient ne parvient pas à la décrire précisément, car tout l’abdomen peut être douloureux. Au bout d’un certain temps, la douleur se localise en bas à droite au niveau de la fosse iliaque.
L’évolution de la maladie s’accompagne d’une augmentation de la fréquence et de l’intensité des douleurs. À ce stade, les terminaisons nerveuses et les tissus de l’appendice commencent à mourir. En conséquence, la douleur peut diminuer et le patient décide de ne pas consulter. Malheureusement, cela entraîne de graves conséquences.
La douleur s’intensifie fortement lors de la marche, du changement de position corporelle ou de la toux. Dans de rares cas, la douleur peut irradier vers d’autres régions.
Le patient perd l’appétit et présente des nausées avec vomissements. Mais si les douleurs surviennent après l’apparition des nausées, il est possible qu’il ne s’agisse pas d’une appendicite.
Cependant, ce ne sont que des premiers signes qui ne sont pas toujours synonymes d’appendicite. Il est néanmoins indispensable de consulter un médecin.
Les signes de l’inflammation sont très variés et peuvent tromper même les spécialistes les plus qualifiés et expérimentés. Les médecins qualifient parfois cette maladie de caméléon, car les symptômes de l’appendice enflammé ressemblent à ceux de nombreuses autres affections.
Pour tous, le principal indicateur de l’inflammation est la douleur dans la fosse iliaque droite. Mais ce n’est pas systématique. L’appendice peut parfois descendre dans le petit bassin et se manifester comme une pathologie gynécologique ou urologique. Il peut aussi remonter plus haut, donnant des symptômes proches d’une cholécystite. De plus, des cas ont été rapportés où l’appendicite se localisait dans une hernie diaphragmatique (dans la cage thoracique).
Symptômes chez les hommes et les femmes
Les symptômes principaux de l’inflammation sont similaires chez tous. Toutefois, il existe des particularités qui permettent un diagnostic plus précis. Le diagnostic de l’appendicite chez la femme est plus difficile, car la douleur peut ressembler à celle des menstruations ou à une affection gynécologique inflammatoire.
Signes d’appendicite chez la femme
Pour le diagnostic chez la femme, les méthodes complémentaires suivantes sont proposées.
- Il convient d’examiner le vagin en incluant le col de l’utérus : si la douleur ne s’aggrave pas, il s’agit probablement d’une appendicite.
- Il faut appuyer sur la zone située sous le nombril en position allongée : si, en se levant, la douleur s’intensifie, cela indique une inflammation de l’appendice.
Signes d’appendicite chez l’homme
Chez l’homme adulte, les signes d’appendicite sont :
- apparition d’une douleur aiguë au niveau du testicule droit lors de la traction à la base du scrotum ;
- le testicule droit peut se rétracter spontanément en cas d’inflammation ;
- en palpant la zone où la douleur est localisée, le testicule droit se rétracte également.
Symptômes de l’appendicite selon les stades d’évolution
Les médecins distinguent quatre stades de l’appendicite.
Les durées et la progression sont indicatives et varient selon les individus.
- Appendicite catarrhale – premières 12 heures.
- Appendicite phlegmoneuse – deuxièmes 12 heures.
- Appendicite gangreneuse – 2 à 3 jours.
- Appendicite perforée – fin du 3e jour.
Stade de l’appendicite catarrhale
Le signe annonciateur d’une appendicite typique est un léger inconfort et une douleur à l’estomac. Dans la majorité des cas, cela survient le soir ou la nuit. Les douleurs ressemblent à celles d’une gastrite. Elles ne sont pas intenses et sont sourdes. Le patient y prête rarement attention. Un peu plus tard surviennent des nausées et des vomissements. Beaucoup considèrent ces nausées comme réflexes. C’est pourquoi le diagnostic est souvent établi tardivement.
Au bout de quelques heures, la douleur se déplace vers les segments droits de l’abdomen inférieur. Les douleurs deviennent oppressantes, pulsatiles et croissantes. Parfois survient la diarrhée, et les mictions deviennent fréquentes.
Dans les premières 6 à 12 heures apparaissent les signes d’intoxication. On note faiblesse, sensation de bouche sèche, accélération du rythme cardiaque et malaise général. La douleur devient difficile à supporter et plus intense.
À la palpation de l’abdomen, la douleur augmente du côté droit.
À ce stade, l’opération est la plus favorable. Mais peu de patients consultent un spécialiste dès les premières heures.
Stade de l’appendicite phlegmoneuse
À ce stade la douleur se localise nettement dans la fosse iliaque droite. Elle est pulsatile et intense. Les nausées persistent. Le rythme cardiaque augmente. La température corporelle monte jusqu’à 38 degrés.
L’examen montre que le côté droit de l’abdomen participe moins à la respiration. De plus, l’abdomen est fortement contracté au niveau de l’appendice. Cela indique que l’inflammation commence à gagner le péritoine. Le diagnostic devient alors évident. Le patient est en général orienté vers une intervention chirurgicale à ce stade.
Stade de l’appendicite gangreneuse
Ce stade se caractérise par un soulagement apparent de la douleur. Cela s’explique par la nécrose des terminaisons nerveuses de l’appendice, réduisant la sensibilité. Mais des signes d’intoxication générale apparaissent alors : tachycardie, vomissements. La température corporelle peut chuter en dessous de 36 degrés.
L’abdomen est encore plus distendu, il n’y a plus de péristaltisme. La palpation provoque une douleur intense.
Stade de l’appendicite perforée
À ce stade, la paroi de l’appendice se rompt. Cela provoque une douleur aiguë dans la partie inférieure droite de l’abdomen. La douleur augmente et n’épargne pas le patient une minute. Les vomissements sont répétitifs. Le patient présente une forte tachycardie. L’abdomen est distendu et tendu, le péristaltisme est absent. La température corporelle devient très élevée. Le revêtement lingual blanchâtre devient brunâtre. La perforation de l’appendice conduit à un péritonite purulent diffus ou à un abcès localisé. L’intervention chirurgicale est nécessaire immédiatement. Si le péritonite n’est pas traité en urgence, l’absence d’opération d’urgence entraîne presque toujours un pronostic fatal.
Au vu de ce qui précède, l’inflammation de l’appendice est un processus bien étudié. Elle se prête au diagnostic et au traitement. Mais en aucun cas il ne faut retarder la consultation d’un spécialiste, car les conséquences peuvent être dramatiques.
En connaissant les premiers symptômes, il est possible d’entamer le traitement à temps. Si vous souffrez de douleurs abdominales en marchant, en toussant ou lors de tout mouvement, si vous avez de la fièvre, de la constipation, des nausées, des vomissements ou de la diarrhée, si votre abdomen est tendu, consultez un médecin en urgence.
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