Signes, causes, diagnostic et prévention de l'endométriose chez la femme

L'endométriose chez les femmes n'est plus rare depuis un certain temps. Pour se protéger de cette maladie, il faut en connaître les symptômes et la prévenir.
Écouter la version audio

Le système reproducteur de la femme est complexe, mais des troubles pathologiques peuvent facilement apparaître chez elle. Il peut être très difficile de retrouver sa santé d’antan. À ce jour, une maladie appelée endométriose s’est largement répandue. Après son apparition, la femme présente peu de symptômes perceptibles, si bien que la pathologie est difficile à détecter. Autrefois, cette maladie touchait principalement les femmes après 30 ans, mais aujourd’hui, elle affecte les jeunes filles. Il est nécessaire de connaître les signes de l’endométriose afin de détecter la pathologie à l’avance.

Classification de la maladie

En gynécologie, il existe une classification de la maladie en fonction de sa localisation. L’endométriose peut être :

  • génitale ;
  • interne (l’endomètre se développe dans les muscles de l’utérus) ;
  • externe ;
  • péritonéale (se développe dans le bassin, les ovaires) ;
  • extragénital (affecte la vessie, les intestins, les poumons, les reins) ;
  • extrapéritonéale (apparaît à l’extérieur, sur les organes génitaux).

Cette pathologie peut être légère ou grave. Il est parfois difficile de déterminer le type de maladie en raison de la taille de la lésion. Le plus souvent, la forme sévère apparaît en raison d’un traitement inadapté.

On distingue quatre stades d’endométriose :

  • mineure ;
  • légère ;
  • modérée ;
  • sévère.

La dernière forme est difficile à traiter et beaucoup plus douloureuse.

Causes de la maladie

Lorsqu’une femme est atteinte d’endométriose, les causes sont parfois difficiles à identifier. À ce jour, les médecins ne peuvent pas répondre avec précision à la question de savoir pourquoi cette maladie se développe. Il n’existe que des théories à ce sujet. Mais il n’y a pas de preuves directes.

Certains experts affirment que les menstruations rétrogrades peuvent influer sur le développement de la pathologie. Dans une telle situation, le sang pénètre profondément dans l’utérus et les trompes. Dans sa composition, il y a des particules d’endomètre qui peuvent adhérer à différents endroits.

L’endométriose peut être causée par des procédures associées à l’invasion de l’utérus. Il peut s’agir par exemple :

  • de l’avortement ;
  • de l’élimination de polypes
  • d’une fausse couche ;
  • d’une intervention chirurgicale, etc.

Après avoir survécu à l’opération, le corps se rétablit, mais il reste des cicatrices qui résistent difficilement à l’apparition de l’endomètre. L’apparition de l’endométriose peut être influencée par une défaillance hormonale.

Des études ont été menées, qui ont montré que les femmes vulnérables sont celles qui subissent un stress, qui charge leur corps à la fois psychologiquement et physiquement.

Il existe également une théorie selon laquelle le développement de la pathologie est influencé par une prédisposition héréditaire. On pense qu’il y a un risque accru de maladie chez les personnes dont les parents ont déjà souffert d’endométriose. Certains scientifiques travaillent à l’élaboration d’un test qui permettra à une femme de savoir si elle est atteinte d’une pathologie due à l’hérédité. Grâce à cette information, une femme pourra effectuer une prévention adéquate afin de ne pas subir de conséquences négatives et de ne pas recevoir ce diagnostic.

Signes de maladie

Un grand nombre de femmes ne se rendent pas régulièrement chez un gynécologue pour un examen préventif. C’est pourquoi de nombreux membres du beau sexe ne soupçonnent même pas le développement de l’endométriose dans leur corps. En effet, au début, la pathologie ne présente pas de symptômes particuliers et il est donc difficile de deviner la maladie. Il est donc difficile de deviner la maladie. Mais vous devez surveiller attentivement votre propre état, car c’est seulement ainsi que vous pourrez remarquer les signes de l’endométriose. Les symptômes de la maladie sont les suivants :

  • les règles sont plus longues, des sensations douloureuses apparaissent ;
  • après et avant les règles, on observe chez les femmes des écoulements sous forme de pommade ;
  • apparition périodique de douleurs internes dans la région pelvienne ;
  • les femmes ressentent des douleurs lors des rapports sexuels ;
  • une sensation de faiblesse, de fatigue, de somnolence (d’ailleurs, ces symptômes peuvent évoquer d’autres maladies) ;
  • au stade négligé de l’endométriose, il y a des sensations douloureuses lors de la défécation et de la miction.

Une fois les règles terminées, toutes les sensations douloureuses disparaissent. Cela est dû au fait que l’état de la muqueuse est lié au cycle.

Quels que soient les signes de la pathologie, le diagnostic d’endométriose ne peut être posé que par un médecin expérimenté qui aura besoin d’un diagnostic approprié. L’échographie donne les meilleurs résultats, car elle permet de déterminer le diagnostic. Il existe des signes échographiques caractéristiques de cette maladie :

  • l’utérus est hypertrophié ;
  • certaines parois s’épaississent ;
  • les signes échographiques comprennent également une augmentation de l’échogénicité du myomètre ;
  • un kyste s’ouvre avant les règles.

L’essentiel est que la femme n’ignore pas les signes de la pathologie, sous peine de conséquences graves. Son corps a besoin d’un diagnostic approprié, puis du traitement nécessaire. De ce traitement dépendront non seulement la santé de la femme, mais aussi sa capacité future à donner naissance à des enfants. Cela est particulièrement important pour les personnes qui envisagent d’agrandir leur famille.

Pour le traitement, le médecin a souvent recours à une thérapie hormonale qui permet d’arrêter le développement de l’endomètre pendant un certain temps. Une fois le traitement terminé, il se peut que l’endomètre continue à se développer. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre des médicaments qui maintiennent l’état de l’endomètre. La chirurgie est également pratiquée en cas de pathologie, mais il faut également tenir compte du degré de la maladie, de l’âge de la femme et du désir de donner naissance à un enfant dans le futur. À ce jour, les procédures de laparoscopie sont largement utilisées. Il est donc possible de préserver les fonctions des organes génitaux.

Danger pour la santé des femmes

Les conséquences de la maladie chez les femmes peuvent être déplorables. Tout d’abord, il faut souligner que l’endométriose peut conduire à la stérilité. L’étude de cette pathologie se poursuit encore aujourd’hui, mais il a été observé que 60 % des femmes ayant subi la maladie rencontrent des problèmes de conception d’un enfant.

On pense que cette difficulté est due à des modifications pathologiques de la muqueuse utérine. En effet, l’ovule fécondé ne peut pas se fixer. Parfois, les trompes de l’utérus se ferment et il est arrivé qu’une femme ne puisse plus ovuler. Ces conséquences entraînent des problèmes de grossesse.

La courbure de l’utérus peut également entraver la conception. Dans la plupart des cas, les femmes se sont débarrassées de l’infertilité lorsqu’elles ont été guéries de la pathologie. Mais dans certains cas, lorsque la maladie était négligée, les médecins ont dû procéder à l’ablation de l’utérus. Bien entendu, dans ce cas, la femme ne peut pas tomber enceinte.

Mais la situation est également difficile pour celles qui ont réussi à tomber enceintes, car il devient difficile de porter un enfant. Ces femmes ont une forte probabilité de faire une fausse couche. C’est pourquoi il est nécessaire de consulter un médecin tout au long de la grossesse. Une femme doit également surveiller son mode de vie, son régime alimentaire et ne pas faire d’exercice.

Après avoir survécu à la maladie, une femme peut souffrir non seulement d’infertilité. Comme elle a des règles abondantes, elle peut commencer à souffrir d’anémie. En effet, la perte de sang dans l’organisme entraîne une diminution du taux de fer. Or, c’est avec son aide que tous les organes reçoivent de l’oxygène. Par conséquent, il n’y en a pas assez, il y a un manque d’acide. Il en résulte une faiblesse, une perte de force. Une telle sensation hante la femme tout au long de la journée.

En outre, la pathologie peut provoquer le développement d’un myome utérin. Ce phénomène est dû à la perte des fonctions de défense de l’organisme. Pire encore, si le diagnostic d’endométriose se transforme en cancer. Souvent, l’apparition de tumeurs dues à cette pathologie a été remarquée. Il est donc important que le diagnostic soit posé à temps.

Diagnostic de la pathologie

Au stade initial du développement, la pathologie est difficile à détecter. Le diagnostic est posé dès l’examen gynécologique. Le médecin peut également demander des analyses appropriées et d’autres techniques de recherche.

Lorsque le médecin examine la patiente, il peut constater, dans le cas de l’endométriose, que les organes reproducteurs ont commencé à se développer. Souvent, l’examen est compliqué par le fait que la femme ressent de fortes envies douloureuses. C’est pourquoi, pour déterminer l’endométriose, un tel diagnostic est effectué chez les femmes :

  1. L’échographie. Elle permet d’examiner les organes internes situés dans la zone du petit bassin. Cette technique permet de détecter facilement une pathologie.
  2. Analyse de sang.
  3. Hystérosalpingographie. Pour cette procédure, un agent de contraste est nécessaire. Grâce à ce type de diagnostic, il est possible de déterminer le stade de la pathologie.

Prévention de la maladie

La prévention de l’endométriose est très importante. Le respect de règles simples s’impose non seulement aux personnes qui ont déjà souffert de la maladie, mais aussi à toutes les représentantes du sexe féminin. Cela les aidera à se protéger contre les problèmes de santé.

Chaque femme devrait consulter un gynécologue afin de surveiller l’état des organes féminins. Si le moindre problème apparaît, il faut le traiter et ne pas le reporter à plus tard.

Les médecins conseillent de ne pas avoir de vie sexuelle pendant cette période, car les rapports intimes sont souvent à l’origine de l’endométriose. Il est également nécessaire de se protéger du stress.

En respectant ces règles simples, on peut réduire le risque d’endométriose, mais aussi d’autres pathologies.

Mais lorsque la maladie apparaît, il n’est pas rare que les femmes subissent une intervention chirurgicale. Pour ce faire, il existe des méthodes particulières :

  • la vaporisation au laser ;
  • la résection ;
  • l’électrocoagulation.

Toutes ces méthodes ont fait leurs preuves en médecine. De nombreuses femmes se sont déjà débarrassées de ce problème. Au bout d’un certain temps, la guérison survient, la douleur qui accompagne de nombreuses femmes pendant leurs règles disparaît.

Dr. Camille Dubois
Gynécologue
camille@tonpharmacien.fr
Contacter l'auteur

Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu’est-ce que l’endométriose et quels organes sont concernés ?
L’endométriose est une maladie chronique où le tissu similaire à la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus (ovaires, péritoine, vessie, intestin, etc.). Ces tissus saignent à chaque cycle, provoquant inflammation, douleurs pelviennes, troubles digestifs ou urinaires, et peuvent entraîner des adhérences et de l’infertilité.
Quels symptômes doivent alerter ?
Les signes évocateurs sont des règles très douloureuses (dysménorrhée) résistantes aux traitements usuels, des douleurs pelviennes chroniques, des dyspareunies (douleurs pendant/avant/après les rapports), des troubles digestifs ou urinaires cycliques et une fatigue persistante. Ces symptômes nécessitent une attention, car le diagnostic est souvent retardé de plusieurs années.
Comment diagnostique-t-on l’endométriose ?
Le diagnostic débute par un examen clinique (y compris par toucher vaginal) suivi d’examens d’imagerie tels qu’échographie pelvienne et IRM. La confirmation est obtenue via une cœlioscopie avec biopsie. Le retard moyen de diagnostic est d’environ 7 ans.
Quels traitements hormonaux sont proposés ?
Les traitements de première intention incluent les contraceptifs œstro-progestatifs en continu, les progestatifs tels que le diénogest (Sawis®, Endovela®), le DIU au lévonorgestrel (Mirena®), et quand ces options échouent, des analogues ou antagonistes de la GnRH induisant une ménopause artificielle. Ces thérapeutiques visent à bloquer les règles et freiner la progression des lésions.
Quel est le rôle de la chirurgie ?
La chirurgie, par cœlioscopie, est recommandée si les traitements hormonaux sont inefficaces ou en cas de complications (endométriose profonde, infertilité). Elle permet de retirer les lésions et adhérences tout en conservant l’utérus et les ovaires, et favorise parfois la fertilité.
Pourquoi un suivi global est-il nécessaire ?
L’endométriose affecte à la fois le corps et la santé mentale. Un suivi combinant traitements hormonaux, gestion de la douleur (antalgiques, AINS, voire antidépresseurs ou antiépileptiques pour douleurs neuropathiques), accompagnement psychologique et prise en charge de l’infertilité (FIV, AMP) est essentiel pour améliorer la qualité de vie et préserver la fertilité.