Comment arrêter correctement une hémorragie artérielle

Pour arrêter l'hémorragie, il faut savoir poser un garrot et prodiguer les premiers soins. Même la position du corps du patient peut avoir une incidence sur son état de santé et son rétablissement ultérieur.
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En médecine, une hémorragie désigne une perte de sang résultant de la rupture d’un vaisseau sanguin. L’hémorragie artérielle est considérée comme la plus dangereuse pour la vie. Comment l’arrêter correctement ? Pourquoi est-elle si critique ? Connaître les réponses à ces questions peut littéralement sauver une vie.

Pourquoi l’hémorragie artérielle est-elle si dangereuse ?

Une artère est un vaisseau sanguin qui transporte le sang depuis le cœur vers les tissus et organes, les alimentant en oxygène. À cause de cette fonction, la pression dans les artères est plus élevée que dans les autres vaisseaux. Lorsqu’une artère est sectionnée ou endommagée, le sang s’écoule à grande vitesse.

L’arrêt rapide d’une hémorragie artérielle est vital. Une intervention incorrecte dans les premières secondes peut entraîner la mort. Cela est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de grosses artères, comme :

  • l’artère temporale ;
  • la carotide.

La première étape consiste à identifier avec certitude qu’il s’agit bien d’une hémorragie artérielle.

Comment savoir s’il s’agit d’une artère endommagée ?

Les gestes de premiers secours varient selon le type de saignement. Il est donc crucial de savoir reconnaître une hémorragie artérielle. Les signes à observer sont :

  • la couleur du sang ;
  • la vitesse de l’écoulement ;
  • le caractère pulsatile du flux sanguin.

En général, le sang artériel est rouge vif, et il jaillit en synchronisation avec les battements du cœur.

Si vous êtes certain qu’il s’agit d’une hémorragie artérielle, il faut agir immédiatement, en utilisant tout ce qui est disponible à portée de main.

Voyons maintenant comment procéder pour arrêter ce type de saignement.

Méthode d’arrêt de l’hémorragie : utilisation d’un garrot

La méthode la plus efficace et accessible pour arrêter une hémorragie artérielle reste l’utilisation d’un garrot. Comment le poser correctement ? Que faire si vous n’avez pas de garrot médical ? Voici ce qu’il faut savoir.

Comment poser un garrot ?

Le garrot doit être placé en amont de la blessure. Par exemple, si l’artère est touchée au niveau du poignet, le garrot devra être placé sur la partie supérieure de l’avant-bras.

Avant la pose, il faut protéger la peau à l’aide d’un tissu ou d’une compresse stérile. Ne perdez pas de temps : utilisez n’importe quel tissu propre si besoin.

Une fois le garrot posé, glissez en dessous un papier ou un support indiquant l’heure exacte de la pose. Cela permettra aux secours de savoir pendant combien de temps le garrot est en place. En été, le temps maximal est de 2 heures. En hiver, ce délai doit être réduit à 1 heure.

Si l’aide médicale n’arrive pas dans ce délai et que le garrot est encore nécessaire, il faudra impérativement le repositionner plus haut. Sinon, les tissus en aval risquent de nécroser.

Par quoi remplacer un garrot ?

Si vous ne disposez pas d’un garrot médical, utilisez une ceinture, un foulard ou une corde. Chaque minute compte : ne perdez pas de temps à chercher du matériel spécifique.

Arrêt de l’hémorragie en cas de lésion de la carotide ou de l’artère temporale

Il existe des situations où la pose d’un garrot est impossible, notamment lorsqu’il s’agit d’une blessure à la carotide ou à l’artère temporale. Que faire dans ce cas ?

Commencez par comprimer l’artère avec les doigts, juste au-dessus de la blessure. Ensuite, utilisez une compresse stérile ou un pansement compressif. Appliquez-le fermement sur la plaie et fixez-le solidement. Si le saignement est important, insérez plusieurs compresses directement dans la plaie.

Faites boire un peu d’eau à la victime si elle est consciente. Appelez immédiatement les secours. Évitez de recouvrir la plaie avec des vêtements afin que les urgentistes puissent rapidement identifier la blessure et intervenir sans délai.

Quand peut-on éviter le garrot ?

La pose d’un garrot est un geste extrême qui ne doit pas être pratiqué à la légère. Dans certains cas, il est préférable d’utiliser une compression directe.

Si l’artère touchée est de petit calibre et que le saignement n’est pas massif, une simple compresse compressive peut suffire. Appliquez un tampon stérile sur la plaie et enroulez fermement avec un bandage.

Si le garrot doit être repositionné

Lorsque la durée maximale d’un garrot est atteinte, il ne faut surtout pas le retirer brutalement. Cela risquerait de relancer l’hémorragie.

Commencez par poser un nouveau garrot un peu plus haut, puis relâchez progressivement le précédent.

Prenez également soin de l’état général de la victime. Donnez-lui un antalgique si vous en avez, immobilisez le membre blessé et proposez-lui de l’eau fraîche. Si une grande quantité de sang a été perdue, placez la victime en position allongée, avec les jambes surélevées par rapport à la tête. Cela améliore la circulation vers le cerveau et réduit le risque d’évanouissement.

En cas d’hémorragie sévère, la victime peut présenter des signes de choc : sueurs froides, visage pâle, pouls faible. Faites tout votre possible pour la conduire rapidement à l’hôpital. Si le cerveau manque d’oxygène trop longtemps, il peut y avoir un arrêt respiratoire irréversible.

Dr. Pierre Fontaine
Hématologue
p.font@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Pourquoi une hémorragie artérielle est-elle particulièrement dangereuse ?
Une hémorragie artérielle est critique en raison de la pression élevée dans les artères, ce qui entraîne un saignement rapide et abondant. Si elle n'est pas maîtrisée immédiatement, elle peut provoquer un choc hypovolémique et entraîner la mort en quelques minutes. Les artères majeures, telles que la carotide ou l'artère temporale, sont particulièrement vulnérables.
Comment reconnaître une hémorragie artérielle ?
Les signes distinctifs incluent un sang rouge vif qui jaillit par à-coups, synchronisé avec les battements du cœur. La rapidité du saignement et la présence de pulsations sont des indicateurs clés. Si ces caractéristiques sont observées, il est impératif d'agir sans délai.
Quelle est la première étape en cas d'hémorragie artérielle ?
La priorité est d'appliquer une pression directe sur la plaie pour tenter de contrôler le saignement. Utilisez un linge propre ou une compresse stérile, et maintenez une pression ferme jusqu'à l'arrivée des secours. Cette action vise à réduire la perte de sang et à stabiliser la victime.
Quand est-il nécessaire d'utiliser un garrot ?
Si la pression directe ne suffit pas à stopper l'hémorragie, ou si la plaie est située sur un membre, l'application d'un garrot devient nécessaire. Il doit être placé entre la blessure et le cœur, sur un tissu ou une compresse pour protéger la peau. Serrez-le jusqu'à ce que le saignement cesse, puis notez l'heure de la pose pour informer les secours.
Que faire si un garrot médical n'est pas disponible ?
En l'absence de garrot, des objets tels qu'une ceinture, un foulard ou une corde peuvent être utilisés. L'essentiel est de créer une compression efficace pour interrompre le flux sanguin. Ne perdez pas de temps à chercher du matériel spécifique ; l'urgence prime.
Comment gérer une hémorragie au niveau de la carotide ou de l'artère temporale ?
Pour ces zones, la pose d'un garrot est déconseillée. Il est préférable de comprimer directement l'artère avec les doigts, juste au-dessus de la blessure, tout en appliquant une pression sur la plaie avec une compresse ou un pansement compressif. Cette méthode permet de contrôler le saignement efficacement.
Pourquoi est-il important de noter l'heure de la pose du garrot ?
L'heure de la pose est cruciale car elle informe les secours de la durée pendant laquelle le garrot a été en place. Un garrot ne doit pas rester plus de 2 heures en été et 1 heure en hiver. Passé ce délai, des risques de nécrose des tissus peuvent survenir, nécessitant une action rapide pour repositionner le garrot si nécessaire.
Que faire après avoir maîtrisé l'hémorragie ?
Une fois le saignement contrôlé, il est essentiel de maintenir la victime au repos, de la garder au chaud et de surveiller ses signes vitaux. Continuez à appliquer une pression si nécessaire et attendez l'arrivée des secours. Ne retirez pas les pansements ou compresses, même s'ils sont imbibés de sang, pour éviter de perturber la formation du caillot.