Érythrocytes dans les urines chez l'enfant : normes, causes et signes
Parfois les résultats d’analyses obtenus en cabinet ou en laboratoire sont une véritable énigme pour les parents. Comment comprendre si la présence d’érythrocytes dans les urines d’un enfant est normale ou si elle dépasse la norme ? En connaissant les valeurs attendues, vous pourrez alerter le médecin sur des signes inquiétants et, si nécessaire, engager un traitement en temps utile.
Combien d’érythrocytes doit-on trouver dans les urines ?
La plupart des pédiatres s’accordent à dire que l’urine d’un enfant en bonne santé ne doit pas contenir d’érythrocytes détectables. Au pire, leur nombre ne doit pas dépasser 2 par champ microscopique. En général, l’évaluation se fait en observant l’ensemble du champ de vision au microscope.
Pour les nouveau-nés, la norme peut atteindre jusqu’à 7 érythrocytes par champ, ce qui s’explique par la composition sanguine particulière et le passage physiologique postnatal de certains éléments. Il n’est donc pas nécessaire de s’alarmer immédiatement si des érythrocytes sont détectés chez un nourrisson au cours des premières semaines de vie.
Comment les globules rouges pénètrent-ils dans les voies urinaires ?
Si le taux d’érythrocytes dans le sang est élevé, il convient d’en rechercher les causes. Pour commencer, tentons de comprendre comment ces globules rouges peuvent se retrouver dans l’urine.
L’appareil urinaire comprend :
- les bassins rénaux ;
- les uretères ;
- la vessie ;
- l’urètre.
Grâce à cette architecture, le sang est filtré à plusieurs reprises avant d’atteindre la vessie. Les cellules sanguines ont un diamètre supérieur aux pores des structures filtrantes rénales, de sorte que, dans un organisme sain, leur passage dans l’urine est pratiquement impossible. C’est pourquoi la norme d’érythrocytes dans l’urine est très basse.
On peut en conclure que les globules rouges ne pénètrent dans l’urine de l’enfant que pour deux raisons principales :
- une diminution de la taille des érythrocytes ;
- ou une augmentation de la perméabilité des filtres rénaux.
Affections et états entraînant des anomalies
Si la norme d’érythrocytes dans l’urine est dépassée, un bilan complémentaire est nécessaire pour en déterminer la cause réelle. L’origine n’est pas toujours urogénitale : des maladies d’autres organes peuvent aussi modifier l’analyse urinaire.
Affections responsables
Les affections de l’appareil urinaire susceptibles d’entraîner une hématurie chez l’enfant comprennent :
- la cystite ;
- l’urétrite ;
- la tuberculose rénale ;
- la pyélonéphrite ;
- le glomérulonéphrite ;
- les calculs rénaux ;
- les tumeurs urologiques.
Certaines de ces maladies influencent directement les résultats d’analyse, mais des causes moins graves peuvent également expliquer une anomalie ponctuelle.
Période et hygiène de recueil appropriés
La coloration sanguine de l’urine peut être due à une contamination externe : par exemple, chez une femme qui collecte son urine pendant les règles ou chez un patient présentant un saignement rectal. Des lésions cutanées ou des blessures des organes génitaux externes peuvent aussi fausser les résultats. La fiabilité de l’analyse dépend largement de la précision de la collecte et du respect des règles d’hygiène.
Il est important de considérer toute déviation comme un signal d’alerte et de ne pas reporter la prise en charge, car retarder le diagnostic peut aggraver le pronostic de certaines maladies.
Affections générales influençant l’analyse
Parfois l’hématurie est secondaire à des maladies systémiques comme l’ostéomyélite, la méningite ou des infections à Escherichia coli ; ces affections entraînent des modifications générales qui se retrouvent dans l’analyse urinaire.
Facteurs domestiques influençant les résultats
Outre les maladies, la présence d’érythrocytes peut être liée à :
- un effort physique ou un stress intense chez l’enfant ;
- des activités physiques très soutenues ;
- des changements alimentaires importants ;
- ou un état de surmenage psychique.
Signes cliniques des maladies responsables d’hématurie
Passons en revue les principaux symptômes des affections qui augmentent le nombre d’érythrocytes dans les urines afin de repérer plus rapidement la cause et d’initier le traitement approprié.
Glomérulonéphrite
Cette affection d’origine auto-immune se manifeste par :
- un œdème, souvent visible au niveau du visage ;
- une hypertension artérielle ;
- une diminution du volume urinaire ;
- une fatigue généralisée et une sensation de faiblesse ;
- des céphalées.
Pyélonéphrite
La pyélonéphrite provoque une inflammation des calices et du bassinet rénal. Les signes fréquents sont :
- une fièvre parfois élevée ;
- des douleurs lombaires ;
- des troubles mictionnels ;
- des céphalées et une asthénie.
Comment se manifestent d’autres processus inflammatoires ?
L’analyse d’urine peut être altérée par d’autres processus inflammatoires. Pour détecter un début d’inflammation chez votre enfant, soyez attentif aux signes suivants :
- des envies urinaires fréquentes ;
- des variations nettes du volume urinaire ;
- une fièvre modérée ;
- des épisodes fébriles.
En présence de tels signes, consultez rapidement le médecin traitant.
Signes des affections urologiques non inflammatoires
Les maladies non inflammatoires de l’appareil urogénital sont souvent plus difficiles à traiter et peuvent avoir des conséquences sérieuses. Soyez attentifs aux signes suivants :
- des douleurs basses abdominales ;
- des difficultés à vider la vessie ;
- des douleurs persistantes ;
- une fatigue prolongée ;
- des céphalées.
Une prise en charge précoce par un professionnel de santé réduit le risque d’évolution défavorable.
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