Érythrocytes dans les urines : causes, normes et prise en charge

Découvrez pourquoi des globules rouges peuvent apparaître dans les urines, quelles sont les valeurs normales, les principales causes (pyélonéphrite, cystite, calculs), et quelles démarches diagnostiques et thérapeutiques sont envisagées.
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Lorsqu’une personne est malade, la première démarche du médecin est souvent de prescrire tous les examens, dont l’analyse d’urine. Les femmes enceintes doivent généralement l’effectuer toutes les deux semaines, et à la fin de la grossesse parfois toutes les semaines. Il arrive fréquemment que le praticien constate une augmentation des érythrocytes dans ce liquide. Que cela signifie-t-il ? Que sont les érythrocytes ? Quelles causes peuvent conduire à une présence de globules rouges supérieure à la normale dans les urines ?

Érythrocytes : de quoi s’agit-il ?

Les globules rouges sont des éléments figurés du sang, mais on peut également les retrouver dans les urines. Bien qu’ils soient éliminés quotidiennement en quantités minimes, il existe des normes concernant leur présence dans l’urine.

C’est pourquoi, lors d’un examen d’urine, un comptage minutieux des érythrocytes présents au champ est réalisé : une couleur anormale de l’urine peut indiquer une augmentation du nombre de ces cellules, signe potentiel d’une pathologie.

Causes de l’augmentation des globules rouges

Plusieurs causes peuvent expliquer une élévation des érythrocytes :

  • maladies rénales, le plus souvent une pyélonéphrite ou une glomérulonéphrite ;
  • calculs rénaux ou présence de sable dans les reins ;
  • problèmes de la vessie : urétrite ou cystite.

Plus rarement, une hématurie peut être causée par :

  • des formations tumorales au niveau du rein ;
  • des adénomes.

C’est pourquoi toute augmentation du nombre de globules rouges dans les urines doit pousser le patient à consulter un médecin afin d’en déterminer la cause réelle.

Chez la femme, des érythrocytes accrus peuvent être liés à des saignements utérins ou à une ectopie cervicale, entraînant un apport de cellules sanguines dans les urines. Chez une personne en bonne santé, des facteurs non pathologiques peuvent parfois expliquer des résultats augmentés :

  • stress ;
  • prises répétées d’alcool en grande quantité ;
  • saison chaude ;
  • efforts physiques intenses.

Norme des globules rouges dans les urines

Chaque patient devrait connaître les valeurs de référence des érythrocytes et des leucocytes dans les urines afin de savoir quand alerter et rechercher la cause d’un résultat anormal. La teneur normale en érythrocytes est de 1 à 2 unités par champ. Il est possible que l’urine ne contienne aucun globule rouge — c’est aussi considéré comme normal. En revanche, la présence de 3 unités ou plus indique un dysfonctionnement.

Les leucocytes jouent également un rôle important et leur comptage est pris en compte pour établir un diagnostic précis. Pour rappel, les normes usuelles des leucocytes dans les urines sont les suivantes :

  • chez l’homme — 0 à 3 par champ ;
  • chez la femme — 0 à 6 par champ ;
  • chez l’enfant — 0 à 6 par champ.

Si les érythrocytes dépassent la norme et qu’un diagnostic est posé, il convient d’initier sans délai un traitement adapté afin d’améliorer les résultats et de traiter la maladie sous-jacente. Quelles méthodes permettent de réduire les globules rouges dans les urines ?

Faire diminuer le nombre d’érythrocytes

Le traitement d’un patient présentant des globules rouges accrus dans les urines repose sur l’élimination de la cause. Pour améliorer les paramètres et la symptomatologie, on utilise les approches suivantes :

  • thérapie antibactérienne – on emploie fréquemment des médicaments tels que la fosfomycine (Monuril), l’amoxicilline, la pénicilline, l’érythromycine et d’autres antibiotiques selon les indications et l’antibiogramme ;
  • régime alimentaire strict adapté à la pathologie ;
  • prise d’anti-inflammatoires lorsque cela est indiqué (par exemple des anti-inflammatoires non stéroïdiens prescrits selon le contexte) ;
  • en cas de rétention ou de stase, prescription de diurétiques selon l’évaluation médicale ;
  • limitation volontaire de l’apport hydrique uniquement si recommandée par le médecin pour réduire temporairement la charge rénale ;
  • intervention chirurgicale en présence de tumeurs, de traumatismes, de calculs rénaux ou de saignements internes nécessitant un geste opératoire.

Il faut garder à l’esprit que l’orientation thérapeutique doit être décidée par le médecin, qui suivra l’évolution et prescrira des analyses d’urine répétées afin d’évaluer la dynamique du traitement. Cela est particulièrement important chez la femme enceinte, car l’analyse d’urine peut fréquemment révéler des érythrocytes ou des leucocytes pendant la grossesse.

Grossesse et augmentation des érythrocytes

Toute femme sait qu’en période de grossesse il est crucial de réaliser des analyses régulières et de surveiller son état de santé, car la mère veille également sur le bien-être du futur enfant. Pendant la grossesse, la charge sur les organes internes augmente, et le système excréteur est particulièrement sollicité. Le fonctionnement rénal est mis à contribution et son efficacité conditionne la santé du fœtus. C’est pourquoi la découverte d’érythrocytes dans les urines doit être prise au sérieux et motivée une recherche rapide de la cause.

La norme des érythrocytes pendant la grossesse ne doit pas dépasser 2 unités par champ ; si cette valeur est dépassée, le médecin prescrira généralement une échographie des reins et de la vessie. Si nécessaire, des examens biologiques complémentaires seront réalisés pour préciser le diagnostic et détecter une éventuelle pathologie liée à la grossesse.

Il est important de surveiller régulièrement les valeurs d’urine pendant la grossesse car la situation peut s’aggraver. Après l’accouchement, des contrôles restent parfois nécessaires afin de s’assurer que le rein n’a pas conservé de dysfonctionnement. Les leucocytes doivent aussi rester dans les limites normales.

En cas d’atteintes rénales graves liées à des tumeurs, seul un traitement chirurgical permettra d’éviter des complications sévères tant chez la femme que chez l’homme et l’enfant. Cela vaut pendant la grossesse comme en dehors de celle-ci : un traitement adapté est la clé pour que l’examen d’urine retrouve des valeurs normales.

Dr. Pierre Fontaine
Hématologue
p.font@tonpharmacien.fr
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Questions Fréquemment Posées

Que signifient des érythrocytes trouvés dans l'analyse d'urine?
La présence d'érythrocytes dans les urines indique une hématurie, qui peut provenir des reins, des voies urinaires ou de la vessie. Elle nécessite une évaluation médicale pour en déterminer la cause, car elle peut traduire une infection, la présence de calculs, une inflammation, un saignement d’origine gynécologique chez la femme, ou plus rarement une tumeur.
Quelles sont les valeurs normales d'érythrocytes dans les urines?
Les valeurs de référence varient légèrement selon les laboratoires, mais on considère généralement comme normales 0 à 1–2 érythrocytes par champ au microscope. Une numération égale ou supérieure à 3 par champ justifie des investigations complémentaires pour rechercher la source de l'hématurie.
Quelles sont les principales causes d'une hématurie?
Parmi les causes les plus fréquentes figurent les infections urinaires ou rénales (cystite, urétrite, pyélonéphrite), les calculs rénaux, les traumatismes, ainsi que certaines affections rénales inflammatoires comme la glomérulonéphrite. Des facteurs non pathologiques (efforts intenses, chaleur, alcool) peuvent parfois provoquer une élévation transitoire des globules rouges.
Comment établit-on l'origine des érythrocytes dans l'urine?
Le diagnostic repose sur une démarche progressive : analyse d'urine complète (bandelette puis examen microscopique), culture urinaire si infection suspectée, échographie rénale et vésicale, et parfois des examens complémentaires comme un scanner, une cystoscopie ou un bilan urologique selon les résultats et le contexte clinique.
Que faire en cas d'érythrocytes détectés pendant la grossesse?
Lorsqu'une femme enceinte présente des érythrocytes dans les urines, le suivi est renforcé : échographie des reins et de la vessie, contrôles biologiques supplémentaires et prise en charge adaptée en fonction de la cause (infection traitée, surveillance renforcée). Il est important de réagir rapidement pour préserver la santé de la mère et du fœtus.
Quels traitements sont utilisés pour faire disparaître les érythrocytes dans les urines?
Le traitement vise la cause identifiée : antibiotiques ciblés en cas d'infection (par exemple fosfomycine ou amoxicilline selon l'antibiogramme), prise en charge des calculs rénaux ou, si nécessaire, interventions chirurgicales pour tumeurs ou complications. Le suivi repose sur des analyses répétées pour vérifier l'efficacité du traitement.
Quand faut-il consulter un médecin en urgence?
Consultez rapidement si l'urine devient visiblement sanglante, si vous ressentez douleur intense au flanc, fièvre, ou symptômes urinaires importants. Ces signes peuvent révéler une infection sévère, un calcul obstructif ou une hémorragie nécessitant une prise en charge urgente.
Peut-on prévenir l'apparition d'érythrocytes dans les urines?
Certaines mesures diminuent le risque d'affections urinaires : boire suffisamment, éviter les retentions urinaires, traiter rapidement les infections, limiter les facteurs de risque (expositions prolongées à la chaleur, abus d'alcool) et suivre un suivi médical régulier en cas d'antécédents rénaux ou de symptômes récurrents.