Groupe sanguin : transmission, Rh et implications pour les parents
Pour de nombreux parents, il est très important de savoir quel groupe sanguin aura leur enfant, quelles caractéristiques seront transmises au bébé et si la femme pourra mener la grossesse à terme. Il existe de nombreuses méthodes pour tenter de prévoir si l’enfant sera un garçon ou une fille, la couleur des yeux, la couleur des cheveux, l’oreille musicale, le groupe sanguin, le facteur Rh, et ainsi de suite. Mais quelle est la base de tout cela et pourquoi les généticiens en savent-ils bien plus que les calendriers et tableaux éprouvés par les années ?
Histoire
Avant le début du XXᵉ siècle, les scientifiques ne considéraient ni le groupe sanguin ni le facteur Rh comme des caractéristiques humaines distinctes. De ce fait, des opérations aujourd’hui courantes comme les transfusions sanguines étaient impossibles, car dans la plupart des cas elles se terminaient tragiquement en raison de l’incompatibilité entre le sang du receveur et celui du donneur.
Au début du XXᵉ siècle, lors d’expériences, le chercheur Karl Landsteiner observa que si l’on mélangeait le sérum sanguin prélevé chez différentes personnes, les érythrocytes se « collent » parfois entre eux et forment des agrégats.
En étudiant plus en profondeur les globules rouges, le scientifique conclut que certaines substances particulières étaient présentes à leur surface. Il répartit ces substances en deux groupes principaux, qu’il nomma A et B, et il identifia un troisième groupe correspondant aux cellules dépourvues de ces marqueurs.
Les recherches conduisirent à la mise au point du système dit ABO, qui divise le sang en quatre groupes : le groupe O (absence des deux marqueurs), le groupe A (présence de l’antigène A), le groupe B (présence de l’antigène B) et le groupe IV (présence des deux antigènes A et B).
L’introduction du système ABO changea radicalement la compréhension scientifique de la composition et de la nature du sang. Les généticiens découvrirent ensuite l’existence d’un lien direct entre les groupes sanguins des parents et celui de l’enfant. Cette découverte eut un retentissement particulier dans le domaine des transfusions : auparavant, la transfusion se soldait fréquemment par des issues fatales, tandis que grâce aux travaux de Landsteiner le don de sang devint sûr et essentiel pour sauver des vies.
Un autre paramètre important, qui influe sur le déroulement d’une grossesse, est le facteur Rh, qui peut être positif ou négatif. La détermination de cet antigène permit d’expliquer pourquoi certaines femmes ne pouvaient pas mener une grossesse jusqu’au terme : il s’agissait d’un conflit materno-foetal, aussi appelé incompatibilité Rh.
Quel est le résultat ?
Comment le groupe sanguin se transmet-il à l’enfant ? Gregor Mendel a étudié cette question en profondeur et formulé des lois héritées de ses travaux, présentées sous forme de tableaux permettant de prédire le groupe sanguin de l’enfant.
Selon ces lois, si les deux parents ont le premier groupe sanguin, l’enfant héritera également de ce groupe : ses érythrocytes ne porteront ni antigène A ni antigène B.
Si l’un des parents a le premier groupe et l’autre le second, l’enfant pourra hériter de l’un ou de l’autre. De même, si les parents sont du premier et du troisième groupe, l’enfant aura l’un de ces deux groupes.
Le cas le plus intéressant survient lorsque l’un ou les deux parents ont le groupe IV : alors l’enfant a une forte probabilité d’avoir n’importe quel groupe, sauf le premier. Si le second parent possède un groupe différent du quatrième, cela n’influe pas forcément sur la composition sanguine de l’enfant.
Le cas le plus imprévisible est la naissance d’un enfant de parents de groupes O et A : il est quasiment impossible de prévoir avec certitude quel sera le groupe sanguin du nouveau-né.
Il existe des cas absolument uniques, le plus souvent observés chez des populations indiennes, où les antigènes A et B ne se retrouvent pas dans le sérum alors qu’ils sont présents au niveau phénotypique de l’individu. Cette exception est appelée le « phénotype Bombay ».
Un mot sur le facteur Rh
Le facteur Rh, comme le groupe sanguin, se transmet génétiquement. En cas de conflit Rh entre la mère et l’enfant, le nouveau-né peut présenter un facteur Rh négatif même si les deux parents sont Rh positifs. Ce conflit peut se transmettre sur plusieurs générations. Il est cependant généralement vrai qu’un enfant né de parents Rh positifs héritera du facteur Rh positif. Dans la population, environ 85 % des personnes sont Rh positives et 15 % sont Rh négatives.
Que peut-on encore apprendre sur l’enfant à naître ?
Grâce à la génétique et aux technologies modernes, les futurs parents peuvent obtenir de nombreuses informations sur leur enfant. Les progrès de l’imagerie par échographie permettent d’observer les petits membres, de détecter des anomalies de développement et de déterminer avec précision le sexe, ce que ne permettent pas les tableaux anciens.
La génétique peut aussi prédire avec une forte probabilité la couleur des yeux, la couleur des cheveux et bien d’autres caractéristiques. Les scientifiques distinguent deux grandes catégories de caractères hérités :
- dominants ;
- récessifs.
Dominants
Les caractères dominants sont ceux qui ont une forte probabilité d’être transmis. Par exemple, la capacité à enrouler la langue en « tube » est liée à des gènes dominants : un enfant porteur de deux gènes dominants réalise facilement cette manipulation, tandis qu’un porteur d’un seul gène dominant peut l’apprendre, et un individu homozygote récessif ne le peut pas du tout.
Parmi les caractères dominants on trouve aussi : les taches de rousseur, les fossettes, des sourcils épais, des cils longs, certaines qualités vocales (basse chez l’homme, soprano chez la femme), la myopie ou l’hypermétropie, la peau mate, la couleur foncée des cheveux, les cheveux bouclés, le grisonnement précoce, des lèvres pleines, etc.
On considère également comme dominants l’héritage du facteur Rh positif ainsi que l’héritage des groupes sanguins O, A et AB.
Récessifs
Les caractères récessifs ont une probabilité d’héritage réduite. Parmi eux figurent : la peau et les cheveux clairs, les cheveux raides, les yeux bleus ou gris, une peau fine, une acuité visuelle normale, le daltonisme, la gaucherie, le diabète, l’absence de taches de rousseur, des sourcils fins, des lèvres fines.
Les individus présentant une prédominance de caractères récessifs héritent souvent du facteur Rh négatif et du premier groupe sanguin, dépourvu des marqueurs A et B.
Compatibilité des conjoints
Les spécialistes estiment que pour concevoir et mener une grossesse sans difficulté, il est souhaitable que les parents partagent le même facteur Rh, car un homme Rh positif et une femme Rh négative (ou l’inverse) peuvent être à l’origine d’un rejet du foetus. Des stratégies médicales existent pour prévenir et gérer l’incompatibilité Rh. Malgré tout, l’enfant héritera très souvent du facteur Rh maternel, même si des exceptions existent. Il convient de rappeler que de nombreux autres facteurs interviennent dans la réussite d’une grossesse.
Certains médecins ont aussi remarqué que dans des familles où le père a un groupe sanguin « supérieur » à la mère, les enfants semblent naître en meilleure santé. Le groupe O est considéré comme « fort » par certains courants et ses porteurs sont appelés donneurs universels. L’essentiel demeure toutefois la correspondance du facteur Rh.
La théorie des groupes sanguins a parfois donné naissance à des stéréotypes populaires : on attribue aux personnes du groupe O un caractère plus agressif et une préférence pour la viande, aux porteurs du groupe A une tendance au végétarisme, et aux porteurs du groupe B un goût pour les céréales et produits de boulangerie. Les personnes du groupe IV sont parfois qualifiées de « vampires universels » car elles peuvent recevoir du sang de plusieurs groupes si le facteur Rh est compatible.
Faits intéressants
Tandis que nous avons l’habitude d’étudier le caractère d’une personne par son signe astrologique, la culture japonaise recourt traditionnellement à l’étude du caractère selon le groupe sanguin. Les Japonais estiment que cette caractéristique révèle davantage de choses sur la personnalité qu’astrologie et signes célestes. Cette pratique s’appelle « ketsu-eki-gata ».
Le concept de « ketsu-eki-gata » est utilisé au Japon dans des contextes variés, y compris lors du recrutement, du lancement de nouveaux produits et même dans la vie personnelle pour choisir des amis ou des partenaires. On trouve des appareils d’auto-test sanguin dans de nombreux lieux publics au Japon : gares, magasins, restaurants. Il existe même des associations, telles que la « Société ABO », dont la mission est d’aider les employeurs à sélectionner du personnel selon le groupe sanguin. Des usages similaires apparaissent parfois aux États-Unis.
Les chercheurs pensent que le groupe sanguin contient davantage d’informations sur l’histoire d’une personne et de ses ancêtres que des caractéristiques comme la race, la couleur de peau ou la forme des yeux. On suppose qu’à l’origine la population mondiale portait majoritairement le premier groupe sanguin, et que la diversification s’est opérée ensuite sous l’effet de l’évolution et de nouvelles conditions de vie.
On considère que les personnes nées avec le groupe O possèdent un fort tempérament, de l’assurance et de la détermination. Environ 40 % de la population mondiale appartient à ce groupe.
Par exemple, les individus du groupe A sont parfois associés aux travaux agricoles, cette répartition remontant à l’époque où l’Homme s’est tourné vers l’agriculture.
Les porteurs du groupe B sont souvent décrits comme ouverts, optimistes et adaptables, aimant l’aventure et le changement d’environnement.
Seuls environ 5 % de la population possèdent le groupe IV, souvent présenté comme mystérieux et relativement récent, résultant de croisements entre populations. Les personnes de ce groupe sont décrites comme empathiques, à l’écoute et créatives.
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