Leucocyturie pendant la grossesse : signes, causes et prise en charge
Dès les premiers stades de la grossesse, un examen d’urine est réalisé. Cela permet de diagnostiquer en temps utile une pathologie infectieuse des voies urinaires. Faute de quoi des complications de la grossesse peuvent survenir. L’un des aspects essentiels est la détection et le dosage des leucocytes dans les urines. Il est important de comprendre que des leucocytes dans les urines pendant la grossesse signalent souvent une anomalie nécessitant une prise en charge rapide.
Comment se forment les leucocytes
Les cellules sanguines participant au fonctionnement du système immunitaire s’appellent les leucocytes. Leur propriété principale est d’engloutir virus, bactéries et autres éléments pathogènes.
La présence de leucocytes dans les urines pendant la grossesse survient généralement en cas d’apparition ou d’aggravation d’un processus inflammatoire du rein ou de la vessie.
Cela peut aussi se produire si, avant le prélèvement, la femme enceinte s’est mal lavée. Dans ce cas, les leucocytes présents sur les muqueuses génitales peuvent être entraînés par le jet urinaire.
Pour cette raison, si au cours de la grossesse des leucocytes sont trouvés dans les urines alors que les autres résultats du test sont normaux, le médecin demande en général à la future mère de refaire l’analyse.
Caractéristiques de l’analyse
La femme enceinte doit effectuer un examen d’urine dès les premiers mois de grossesse. Les résultats permettent de détecter d’éventuels dysfonctionnements et d’identifier des menaces pour la santé de la mère et de l’enfant.
Il faut souligner que l’analyse d’urine pendant la grossesse est une procédure obligatoire pour toutes les femmes enceintes. Le test est réalisé régulièrement, généralement lors de chaque consultation prénatale. En pratique, le calendrier des prélèvements est le suivant :
- Au cours des trois à quatre premières semaines — une fois.
- Au deuxième trimestre — une fois tous les quatorze jours.
- En fin de grossesse — une fois par semaine.
Pour l’examen, le spécialiste recueille exclusivement l’urine du matin. Le récipient doit impérativement être stérile. Il faut garder à l’esprit que les premières gouttes d’urine n’ont pas de valeur diagnostique, tandis que le reste de l’échantillon doit être recueilli dans le flacon. L’urine doit être acheminée au laboratoire dans les plus brefs délais.
Pour obtenir un résultat aussi net que possible, il convient d’effectuer les manipulations suivantes :
- Bien se laver.
- Recueillir soigneusement l’échantillon d’urine dans un conteneur propre.
- Pour éviter la contamination par des sécrétions vaginales, couvrir l’orifice avec une compresse en gaze si nécessaire.
État normal
À l’examen du prélèvement, le praticien s’intéresse en premier lieu au nombre de leucocytes dans l’urine. Il est important de savoir que le taux des leucocytes est a priori légèrement augmenté pendant la grossesse. Cela s’explique par le fait que l’organisme de la femme enceinte renforce ses défenses.
En l’absence de pathologie, le nombre de leucocytes durant la grossesse varie de zéro à trois unités. Mais si les leucocytes sont fortement augmentés pendant la grossesse, cela peut révéler un état anormal nécessitant des investigations.
Il ne faut pas pour autant s’alarmer précipitamment. Un taux élevé de leucocytes chez une femme enceinte peut simplement traduire une hygiène intime insuffisante ou incorrecte avant le prélèvement. D’où l’importance de bien préparer le prélèvement.
Danger pour la santé
Une augmentation des leucocytes au cours de la grossesse signale souvent un processus pathologique important. Divers signes peuvent révéler un « dérèglement » dans l’organisme.
Syndrome clinique
Les signes qui peuvent indiquer une présence élevée de leucocytes dans l’urine d’une femme enceinte sont les suivants :
- urine de teinte foncée et trouble ;
- présence d’un dépôt muqueux friable dans l’échantillon ;
- présence de sang.
Si la femme enceinte ne prend pas de mesures correctes en temps utile, une leucocytose peut se développer. Il s’agit d’une anomalie grave et rapidement évolutive qui représente une menace réelle pour la vie de la mère et du fœtus.
Facteurs déclenchants
Le plus souvent, l’augmentation des globules blancs dans les urines pendant la grossesse est liée à une infection pénétrant dans l’organisme. Ce sont principalement les voies urinaires qui sont atteintes, la vessie en particulier.
Les médecins identifient ainsi les principales causes responsables d’une élévation des leucocytes :
- cystite chronique ;
- pyélonéphrite ;
- vaginite ;
- bactériurie (asymptomatique ou latente).
La cause majeure du développement d’une cystite chronique vient souvent de la grossesse elle-même. Pendant la gestation, la capacité vésicale augmente tandis que le tonus musculaire diminue en raison du poids du fœtus.
En conséquence, la vessie peut ne pas se vider complètement, ce qui crée un milieu favorable à la prolifération bactérienne.
Si une infection bactérienne est diagnostiquée chez une femme enceinte et qu’elle n’est pas traitée correctement, une pyélonéphrite peut apparaître. Cette atteinte rénale est dangereuse et, en l’absence de traitement adéquat, met en péril la santé et parfois la vie de l’enfant. Parfois, elle provoque un accouchement prématuré.
La bactériurie asymptomatique est particulièrement périlleuse car elle peut évoluer sans signes cliniques évidents. Les statistiques médicales montrent que cette pathologie est souvent à l’origine de fausses couches et d’accouchements prématurés.
Parfois, une augmentation des leucocytes dans les urines pendant la grossesse traduit une inflammation vaginale (vaginite) ou une vulvite, lorsque les organes génitaux externes sont enflammés.
La vaginite se manifeste par des pertes vaginales caractéristiques et une odeur désagréable. En cas de vulvite, les lèvres et la vulve sont rouges et démangent fortement.
Comment intervenir
Le traitement d’une femme enceinte présentant une augmentation des leucocytes dans l’urine ne peut être prescrit qu’après un bilan complet. La prise en charge est individualisée. Il est important de comprendre que l’automédication peut aggraver la situation.
Après identification de la cause, le médecin prescrit le plus souvent des antibiotiques adaptés à la grossesse. Des traitements locaux et des mesures visant à rétablir la flore intestinale peuvent également être recommandés.
Conclusion
Il ne faut pas craindre la prescription d’antibiotiques, ni, a fortiori, remplacer ces traitements par des remèdes populaires. Cela peut entraîner des conséquences négatives pour la santé de la mère et du fœtus.
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