Valeurs de la glycémie chez l'homme : normes et recommandations

Guide pratique expliquant les valeurs normales de glycémie chez l'homme, les signes d'alerte en cas d'hyper- ou d'hypoglycémie, les facteurs de risque et les mesures de prévention et de suivi.
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La norme du sucre dans le sang chez l’homme est maintenue grâce au pancréas. Il sécrète l’insuline et le glucagon. Ces hormones permettent de conserver le niveau de glucose nécessaire. Ce taux est pratiquement le même que chez les femmes. D’autres facteurs influent sur ce niveau. Il est important d’avoir une alimentation correcte et d’éliminer les mauvaises habitudes.

Grâce à l’analyse sanguine on détermine la teneur en glucose, et non en « sucre » au sens large. Le glucose est un élément vital pour le fonctionnement de chaque organe, y compris le cerveau. Aucun substitut du glucose n’est adapté aux besoins cérébraux.

Rôle du glucose chez l’homme

Le glucose fournit l’énergie nécessaire aux cellules, aux tissus et au cerveau. Si son niveau chute, l’organisme utilise les graisses pour fonctionner. Elles se dégradent alors et des corps cétoniques apparaissent, ce qui nuit au fonctionnement de tous les organes, en particulier du cerveau.

L’homme reçoit du glucose par l’alimentation. Une partie de celui-ci est stockée dans le foie sous forme de glycogène. Au moment opportun, une réaction chimique le reconvertit en glucose lorsque l’organisme en a besoin.

La norme

La glycémie chez l’homme doit être mesurée à jeun. Le niveau normal est compris entre 3,3 et 5,5 mmol/l. Après un repas, ces chiffres augmentent. Alors, chez un homme en bonne santé, la valeur normale ne doit pas dépasser 7,8 mmol/l.

Avant de se rendre pour un prélèvement, il convient de ne pas manger pendant plus de huit heures. Le prélèvement sanguin est effectué au doigt. En médecine, on appelle cela un prélèvement capillaire. Lorsqu’il est réalisé sur une veine, les valeurs sont légèrement différentes. La glycémie veineuse doit alors se situer entre 6,1 et 7 mmol/l.

Les valeurs normales dépendent également de l’âge. À savoir :

  • chez les nouveau-nés jusqu’à 4 semaines, la glycémie doit être de 2,8–4,4 mmol/l ;
  • chez les enfants jusqu’à 14 ans : 3,3–5,6 mmol/l ;
  • chez les hommes jusqu’à 90 ans : 4,6–6,4 mmol/l ;
  • au-delà de 90 ans : 4,2–6,7 mmol/l.

Ces valeurs montrent que le glucose a tendance à s’accumuler avec l’âge, d’où une augmentation progressive de la glycémie. Si sa concentration sort des limites normales, l’individu peut développer différentes maladies affectant le fonctionnement de tous les organes.

Le glucose est la source d’énergie indispensable. Lorsqu’il diminue, la performance d’un homme s’altère. Il ressent alors de la fatigue et un malaise général. Un excès de glucose n’apporte pas d’avantage : il nuit aux reins. La personne perdra du liquide en urinant fréquemment. Le sang peut devenir plus visqueux et ne plus atteindre certains petits capillaires.

Augmentation au-dessus de la norme

L’élévation de la glycémie s’appelle hyperglycémie. Elle peut conduire au développement de :

  • thyrotoxicose ;
  • diabète sucré ;
  • pathologies du pancréas ;
  • maladies du foie et des reins.

Une telle perturbation peut conduire à un infarctus.

En cas de glycémie élevée, il faut effectuer une seconde analyse. Si elle confirme le premier résultat, on peut affirmer qu’il y a un dysfonctionnement du pancréas. Si la production d’insuline est insuffisante, tous les processus métaboliques changent, provoquant des désordres hormonaux et des maladies. Le dysfonctionnement d’un organe entraîne des perturbations dans les autres.

Il arrive que l’insuline ne soit plus produite du tout. Or le corps en a besoin, c’est pourquoi le patient doit s’injecter de l’insuline de façon régulière. Dans certains cas l’insuline est produite, mais les cellules ne réagissent pas : c’est l’insulinorésistance, qui demande un traitement particulier.

En cas de diabète, on observe fréquemment :

  • une soif permanente ;
  • des démangeaisons ;
  • une sensation de faiblesse ;
  • une prise de poids.

Baisse du glucose

La baisse du taux de glucose s’appelle hypoglycémie. Elle porte également préjudice à l’organisme. Si la glycémie chute fortement, la personne a besoin d’une aide immédiate. Ce trouble peut résulter de :

  • maladies endocriniennes ;
  • hépatite, cirrhose du foie ;
  • dysfonctionnement du tube digestif.

Plusieurs facteurs influencent ce changement :

  • jeûne prolongé ;
  • efforts physiques fréquents et intenses ;
  • intoxication par l’alcool ou certains produits.

La baisse du glucose affecte négativement le cerveau et provoque :

  • fortes céphalées ;
  • fatigue rapide ;
  • tachycardie ;
  • transpiration abondante ;
  • convulsions.

Ces troubles peuvent conduire au coma. L’hypoglycémie peut survenir chez des personnes traitées par insuline si une dose excessive d’insuline a été administrée.

La consommation excessive d’alcool favorise souvent la baisse de glycémie. Pour éviter cela, il convient de surveiller son alimentation et de ne pas abuser du thé fort, du café ou des boissons alcoolisées.

Comment préserver un taux de glucose normal ?

Pour détecter à temps une anomalie de la glycémie, il faut effectuer régulièrement des contrôles médicaux. Il est particulièrement important de surveiller la glycémie chez les personnes présentant :

  • un excès de poids ;
  • des maladies du foie ou de la thyroïde.

Il n’est pas recommandé de consommer des aliments gras ou sucrés avant une prise de sang. Lors d’un contrôle répété, les valeurs doivent rester dans les limites normales. Le glucose ne doit pas apparaître dans les urines.

Lorsque des résultats anormaux sont détectés, il est indispensable de commencer un traitement immédiatement. On peut compléter la prise en charge par des méthodes traditionnelles, pratiquer des activités physiques, surveiller son régime alimentaire, marcher souvent et éviter le stress. Tout cela aura un effet bénéfique sur l’organisme.

Dr. Pierre Fontaine
Hématologue
p.font@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Quelle est la valeur normale de la glycémie à jeun chez l'homme ?
La glycémie à jeun chez l'homme est considérée comme normale si elle se situe entre 3,3 et 5,5 mmol/l. Cette mesure doit être réalisée après un jeûne d'au moins 8 heures pour être fiable et comparée aux valeurs de référence fournies par le laboratoire.
Quelle est la différence entre glycémie capillaire et veineuse ?
La glycémie capillaire (prélèvement au doigt) donne des valeurs légèrement différentes de la glycémie veineuse (prélèvement sur tube) car les milieux biologiques diffèrent; les valeurs normales et les seuils diagnostiques sont ajustés selon la méthode d'analyse utilisée.
Quels signes doivent alerter en cas d'hyperglycémie ?
Les signes d'hyperglycémie incluent une soif accrue, des envies fréquentes d'uriner, une faiblesse générale et parfois des démangeaisons. En cas de persistance de ces symptômes, il est important de consulter pour réaliser des analyses et éviter des complications comme le diabète ou des atteintes rénales.
Quelles sont les causes possibles d'une hypoglycémie ?
L'hypoglycémie peut résulter d'un jeûne prolongé, d'efforts physiques intenses, d'affections hépatiques ou endocriniennes, ou d'une intoxication. Elle peut aussi survenir après une dose excessive d'insuline chez un diabétique et nécessite une prise en charge rapide pour éviter le coma.
Que faire si une glycémie à jeun est anormalement élevée ?
Si la glycémie à jeun est élevée, il faut répéter le test pour confirmer le résultat, puis réaliser des examens complémentaires (test de tolérance, bilan hépatique, bilan pancréatique) afin d'identifier la cause et de définir une stratégie thérapeutique adaptée avec le médecin.
Comment prévenir les variations anormales de la glycémie ?
Pour prévenir les variations, il est recommandé d'adopter une alimentation équilibrée, d'éviter les excès de sucre et d'alcool, de pratiquer une activité physique régulière, de maintenir un poids sain et de faire des bilans réguliers, surtout en présence de facteurs de risque tels que surpoids ou pathologie hépatique.
Quand consulter un professionnel de santé pour un trouble de la glycémie ?
Il est conseillé de consulter dès l'apparition de symptômes évocateurs (soif intense, polyurie, fatigue inexpliquée, pertes de conscience suspectes) ou si des contrôles montrent des valeurs anormales répétées; la prise en charge précoce réduit le risque de complications graves.