Normes de glycémie chez l'enfant : valeurs, signes et examens
Les pathologies endocriniennes chez l’enfant représentent un enjeu sérieux en pédiatrie, car ce sont des maladies que l’on associe plutôt aux adultes. C’est pourquoi il est essentiel d’emmener les enfants chez un spécialiste pour des examens préventifs et des analyses appropriées. La question de la norme du taux de sucre dans le sang chez les enfants reste d’actualité. L’analyse de la glycémie fait partie des examens principaux chez l’enfant : ses résultats permettent de détecter une prédisposition à développer une pathologie dès le plus jeune âge.
Pourquoi est-il si important de connaître la glycémie ? Comme on le sait, le glucose est la principale source d’énergie. Il nourrit le cerveau et joue un rôle actif dans les processus métaboliques. En cas d’écart, des maladies graves peuvent se développer — diabète sucré, hypoglycémie, perturbation de tous les types de métabolisme et du fonctionnement des systèmes de l’organisme.
À qui s’adresse l’analyse
Le diabète sucré fait partie d’un groupe hétérogène d’affections métaboliques. La maladie se caractérise par une hyperglycémie chronique due à une dysfonction du pancréas et à une altération de la production d’insuline. Dans le diabète, tous les échanges métaboliques régulés par l’insuline au niveau des tissus cibles sont perturbés. La maladie est souvent diagnostiquée dès l’enfance, c’est pourquoi il est important de réaliser l’examen, notamment après des infections virales.
Facteurs de risque
Parmi les principaux facteurs de risque figure l’hérédité. Si les deux parents sont diabétiques, il est indispensable de faire contrôler l’enfant. Sont également considérés à risque les enfants présentant :
- un surpoids ou obésité ;
- un poids de naissance supérieur à 4,5 kg ;
- un hypothyroïdie ;
- un déficit immunitaire.
Pour éviter que l’enfant n’entre dans un groupe à risque, il convient d’instaurer dès le plus jeune âge une culture alimentaire adaptée. Afin de préserver la fonction du pancréas, il est déconseillé de suralimenter l’enfant et de lui donner trop de sucreries.
Quand consulter
Les parents doivent consulter si l’enfant présente dès le plus jeune âge des troubles tels que :
- un énurésie nocturne ;
- une polyurie importante ;
- des lésions cutanées (érythèmes, furoncles) ;
- une sécheresse de la peau ;
- des troubles digestifs ;
- des démangeaisons cutanées ;
- une soif excessive.
Chez le nourrisson, les langes peuvent se rigidifier sous l’effet de l’urine : c’est un premier signe possible de présence de glucose dans les urines. Le bébé peut téter avec avidité, être agité, mal dormir, souffrir de constipation ou de diarrhée et régurgiter fréquemment.
Interprétation des analyses
Chez l’enfant, une légère diminution physiologique de la glycémie est tolérée selon l’âge.
Valeurs normales
Chez le nourrisson, la glycémie peut normalement varier de 1,6 à 4 mmol/l. Chez le nouveau-né à terme, les valeurs vont de 2,78 à 4,4 mmol/l. Chez les enfants d’âge préscolaire (2 à 6 ans), la glycémie augmente légèrement et se situe normalement entre 3,3 et 5 mmol/l. Chez les écoliers, la limite supérieure normale peut atteindre 5,5 mmol/l.
Pour éviter un résultat faussement positif, l’analyse doit impérativement être réalisée à jeun, le matin. Si la glycémie à jeun dépasse 6 mmol/l, cela indique une hyperglycémie. Si la glycémie à jeun est très basse (inférieure à 2,5 mmol/l), il s’agit d’une hypoglycémie. En cas de valeurs frontières, un test oral de tolérance au glucose est prescrit. Après une charge en sirop sucré, les valeurs chez l’enfant peuvent être légèrement plus basses que chez l’adulte.
Les valeurs normales après une charge orale en glucose sont les suivantes :
- à jeun : 3,9–5,8 mmol/l ;
- 1 heure après la charge : 6,7–9,4 mmol/l ;
- 1,5 heure après : 5,6–7,8 mmol/l ;
- 2 heures après : 3,9–6,7 mmol/l.
Signes de pathologie
Une intolérance au glucose est évoquée lorsque les valeurs après le test oral dépassent 7,8 mmol/l. Pour confirmer le diagnostic, des examens complémentaires sont prescrits, car une hyperglycémie peut être due à :
- un non-respect des règles de prélèvement ;
- la prise alimentaire récente ;
- un état de stress ;
- un exercice physique intense ;
- des pathologies endocriniennes ;
- des maladies hypophysaires ;
- de l’épilepsie ;
- la prise de médicaments influençant la glycémie.
Le test de tolérance permet de dépister les anomalies du métabolisme glucidique. Il est indiqué après un bilan initial, notamment chez les enfants à risque. Ce test consiste en l’administration de glucose afin de solliciter le pancréas et mettre en évidence une altération de la régulation glycémiques.
Si, deux heures après la prise de sirop sucré, la glycémie atteint 11 mmol/l, on parle d’altération de la tolérance. En cas de valeurs très élevées on suspecte le diabète. Pour des élévations aiguës supérieures à 16,6 mmol/l associées à des corps cétoniques et à des troubles de la conscience, une hospitalisation d’urgence est requise.
Une complication fréquente du diabète est l’hypoglycémie dangereuse. Chez le nouveau-né, la glycémie peut être inférieure à 1,7 mmol/l ; chez le prématuré, inférieure à 1,1 mmol/l. Chez les enfants de 2 à 6 ans, un malaise peut survenir pour des glycémies comprises entre 2,5 et 3,5 mmol/l. La prise de sucres simples (miel, sucre) permet souvent de corriger une hypoglycémie passagère. Les causes possibles incluent :
- un apport insuffisant en glucides ;
- un effort physique important ;
- un trouble intestinal altérant l’absorption ;
- une déshydratation ;
- la prise de certains médicaments (tétracycline, aspirine).
Préparation à l’analyse
Pour éviter un résultat erroné, il est recommandé de respecter des règles strictes. Le dernier repas pour un enfant de plus de 6 ans doit avoir lieu 12 heures avant la prise de sang. Pour les enfants de moins de 2 ans, le jeûne est réduit à 8 heures. L’eau pure est autorisée.
Pour éviter un faux-positif, il est conseillé de ne pas brosser les dents le matin : certains composants du dentifrice sont absorbés et peuvent influencer le résultat. Il en va de même pour le chewing-gum. Le prélèvement se fait au doigt.
Les règles pour le test de tolérance orale sont similaires. Quelques jours avant l’examen, on ne modifie pas le régime habituel de l’enfant. On cesse toute prise alimentaire 10–14 heures avant le test. Avant la charge, on prélève une goutte de sang au doigt. La dose de glucose administrée est de 1,75 g par kg de poids corporel. L’enfant reçoit du thé sucré ou du sirop; la surveillance commence ensuite. Le sang est prélevé à 30 minutes, 1 heure, 1,5 heure et 2 heures. Pendant le test, l’enfant ne doit ni boire ni manger et il convient d’éviter le stress pour que les résultats ne soient pas faussés.
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