Normes de la glycémie : valeurs, diagnostics et surveillance
- 1. Qu’est-ce que le taux de sucre dans le sang ?
- 2. Formation du glucose et mécanismes de régulation
- 3. Comment mesurer le glucose sanguin ?
- 4. Qu’est-ce que l’hyperglycémie ?
- 5. Surveillance de la glycémie
- 6. Quels intervalles diagnostiques utilise-t-on pour le diabète ?
- 7. Raisons de dépistage
- 8. Questions fréquemment posées (FAQ)
- 9. Commentaires
La norme du sucre dans le sang est un indicateur qui caractérise de nombreux processus physiologiques de l’organisme. L’emploi des termes « sucre » ou « sucre sanguin » reste familier et imprécis. La « glucose », forme de sucre présente dans le sang, est le principal glucide utilisé par les cellules et revêt une importance capitale pour le fonctionnement corporel.
Qu’est-ce que le taux de sucre dans le sang ?
Que désigne la concentration de sucre dans le sang ? Quelle devrait être la valeur normale de la glycémie ? L’expression « sucre sanguin » ou « glucose sanguin » désigne le glucose circulant dans le sang et servant à fournir de l’énergie à toutes les cellules du corps.
Le glucose provient principalement de l’alimentation. L’organisme régule la glycémie pour maintenir un niveau qui assure l’homéostasie, condition nécessaire au bon fonctionnement des organes. En cas de perturbation de ces mécanismes apparaît le diabète de type 1 ou de type 2.
Formation du glucose et mécanismes de régulation
Le sucre alimentaire est un glucide assimilable qui, au cours de la digestion, est transformé en glucose, sucre simple utilisé par les cellules comme source d’énergie. L’utilisation adéquate du glucose dépend de la présence d’un régulateur : l’insuline. Sans insuline, les cellules ne peuvent capter convenablement le glucose, s’en trouvent privées d’énergie et « se sentent affamées ».
La glycémie augmente après un repas, ce qui stimule la sécrétion d’insuline. Une fois les besoins cellulaires satisfaits, la glycémie diminue. Les excès de glucose sont stockés sous forme de glycogène dans le foie et les muscles. Lors d’un jeûne, la glycémie baisse et la sécrétion de glucagon favorise la transformation du glycogène en glucose afin de maintenir un apport énergétique constant. C’est pourquoi l’alimentation est centrale dans la prise en charge du diabète.
Comment mesurer le glucose sanguin ?
La glycémie correspond à une concentration de glucose dans le sang. Les analyses montrent que, chez la plupart des mammifères, la glycémie se situe entre 3,6 et 5,8 mmol/l. La valeur moyenne chez l’humain est d’environ 5 mmol/l.
Le mmol/l (millimoles par litre) est l’unité internationale standard pour exprimer la concentration de glucose sanguin. La glycémie varie tout au long de la journée : elle augmente après chaque repas puis redescend environ une heure après. Le niveau le plus bas se mesure avant le premier repas de la journée. Plusieurs méthodes existent pour mesurer la glycémie.
La glycémie n’est pas constante, que l’on soit sain ou diabétique, même avec un régime adapté. Pour la plupart des personnes en bonne santé, la glycémie se situe autour de 4 mmol/l à jeun. Lorsque le pancréas fonctionne efficacement, l’organisme maintient la glycémie entre environ 4,4 et 6,1 mmol/l. Après un repas, une glycémie normale peut atteindre environ 7,8 mmol/l.
Pour les personnes avec un diabète, on retient généralement des cibles adaptées : avant les repas, une glycémie cible peut se situer entre 4 et 7 mmol/l pour les personnes atteintes de diabète de type 1 ou 2. Après une charge alimentaire, les objectifs varient : en pratique, certaines recommandations indiquent des seuils inférieurs à 9 mmol/l pour le diabète de type 1 et 8,5 mmol/l pour le diabète de type 2.
La grossesse peut favoriser une élévation de la glycémie et conduire à un diabète gestationnel. Si la glycosurie n’est pas traitée et que l’alimentation n’est pas adaptée, des lésions tissulaires et organiques peuvent apparaître au fil du temps, touchant principalement le cœur, l’endothélium vasculaire, la rétine et le système nerveux, en particulier dans le diabète de type 2.
Le suivi continu ou les mesures répétées de la glycémie permettent de repérer les épisodes d’hyperglycémie et d’intervenir. Maintenir une glycémie au-dessus de 4 mmol/l est essentiel chez les personnes traitées par insuline ou certains antidiabétiques pour prévenir les hypoglycémies sévères qui peuvent entraîner des complications graves, jusqu’au coma.
Qu’est-ce que l’hyperglycémie ?
L’hyperglycémie désigne une concentration élevée de glucose sanguin liée à un défaut d’insuline ou à une résistance à son action. Le diabète non contrôlé, une alimentation inadaptée, le syndrome de Cushing ou d’autres causes endocriniennes peuvent favoriser une hyperglycémie. Dans ce cas, le glucose n’est pas utilisé par les cellules et s’accumule dans le sang.
Les signes cliniques d’hyperglycémie incluent une sensation de sécheresse buccale, des mictions fréquentes, une soif intense (polydipsie) et une perte d’appétit. Selon la gravité, on observe aussi fatigue, vertiges, troubles visuels, céphalées et asthénie.
Une hyperglycémie chronique peut provoquer des complications microvasculaires et macrovasculaires affectant nerfs, reins, rétine et autres organes et augmenter le risque d’infarctus ischémique. Même une élévation modeste de la glycémie accroît le risque de maladies cardiovasculaires. Des études hospitalières montrent une forte prévalence d’hyperglycémie chez les patients admis, justifiant un dépistage systématique à l’entrée.
Des travaux ont également lié des niveaux élevés de glucose à un déclin cognitif chez certains patients, traduisant l’importance d’un contrôle glycémique adapté pour la préservation des fonctions cérébrales.
L’hypoglycémie survient lorsque la glycémie chute en dessous des valeurs normales. Les patients diabétiques sont exposés aux deux extrémités du spectre : hyper- et hypoglycémie. Les signes précoces d’une hypoglycémie comprennent des picotements au niveau des lèvres, des tremblements, une pâleur, une sudation, des palpitations, de l’anxiété et une accélération du pouls.
Dans les formes sévères on observe confusion, désorientation, comportement semblable à l’ivresse, difficultés de concentration, épisodes paranoïdes ou agressifs, convulsions et parfois perte de conscience. L’hypoglycémie peut résulter d’un surdosage d’insuline, de certains médicaments (par ex. quinine), d’une consommation excessive d’alcool à jeun, de maladies hépatiques ou rénales sévères, d’anorexie, d’une diète inadaptée ou de tumeurs endocrines sécrétant des substances insulinomimétiques.
Des anomalies hypophysaires ou surrénaliennes réduisant la production hormonale nécessaire à la néoglucogenèse peuvent aussi favoriser l’hypoglycémie. Certaines chirurgies digestives (bypass) et l’hyperplasie des cellules beta pancréatiques peuvent provoquer des hypoglycémies récurrentes.
Surveillance de la glycémie
La surveillance de la glycémie consiste en un contrôle régulier du taux de glucose sanguin. Chez les personnes diabétiques de type 1 et 2, la surveillance fréquente est essentielle : nombre de contrôles journaliers défini par le clinicien, parfois jusqu’à six fois par jour ou davantage selon les besoins et la variabilité glycémique. Les patients utilisent souvent un glucomètre pour mesurer la glycémie capillaire et consignent les résultats.
Les analyses en laboratoire sur prélèvement veineux restent plus précises. Si la glycémie est mesurée selon les recommandations du médecin et si le patient suit une diète adaptée, cela augmente significativement les chances d’un bon contrôle et d’une réduction des complications liées au diabète.
Quels intervalles diagnostiques utilise-t-on pour le diabète ?
Deux types d’examens sont principalement utilisés pour le diagnostic du diabète.
Prélèvement après un jeûne de 8 heures, valeurs (en mmol/l) :
- normal : 4,0 – 5,9 ;
- prédiabète : 6,0 – 6,9 ;
- diabète : ≥ 6,9.
Test de tolérance au glucose (OGTT)
Ce test consiste en l’ingestion d’une solution concentrée en glucose puis en la mesure de la glycémie veineuse après deux heures. Principaux repères :
- chez les sujets sains : environ 7,8 mmol/l ;
- tolérance altérée (pré-diabète) : 7,9 – 11,1 mmol/l ;
- diabète : ≥ 11,1 mmol/l.
La confirmation d’un diagnostic repose souvent sur le dosage de l’hémoglobine glyquée (HbA1c), indiquant la glycémie moyenne des 60 à 90 derniers jours. Une valeur d’HbA1c ≥ 6,5 % est évocatrice de diabète et nécessite une évaluation clinique complète.
Fiabilité des résultats
Les résultats peuvent varier selon l’alimentation, l’activité physique, l’état intercurrent (maladie, stress) et les conditions techniques du prélèvement. Différents tests mesurent la glycémie à des moments différents et des variations inter-laboratoires existent en raison des conditions de transport, de stockage et des appareils. Un diagnostic repose sur l’ensemble des données cliniques et biologiques et peut nécessiter des contrôles répétés pour être confirmé.
Raisons de dépistage
Les femmes enceintes font l’objet d’un dépistage de la glycémie au cours du suivi obstétrical, souvent lors du premier contact ou entre 24 et 28 semaines pour dépister un diabète gestationnel. Les adultes, enfants et adolescents sont dépistés en fonction des facteurs de risque individuels. Des conseils diététiques et des adaptations alimentaires sont proposés en première intention pour corriger des anomalies légères.
Tous les individus âgés de 45 ans et plus devraient être testés pour un prédiabète ou un diabète, particulièrement en cas de surpoids ou d’obésité. Les personnes de moins de 45 ans doivent être testées si elles présentent au moins un facteur de risque, par exemple obésité, sédentarité, antécédents familiaux de diabète, antécédent d’enfant de plus de 4 kg à la naissance, antécédent de diabète gestationnel, hypertension artérielle, anomalies lipidiques, syndrome des ovaires polykystiques, antécédent de prédiabète ou maladie cardiovasculaire.
Les femmes ayant eu un diabète gestationnel doivent repasser un test entre 6 et 12 semaines après l’accouchement et, si les résultats sont normaux, au moins tous les 3 ans par la suite. Les tests utilisables incluent la glycémie à jeun, l’HbA1c et l’OGTT selon l’indication clinique.
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