Quelle est la tension artérielle normale ?
Pour beaucoup de personnes, la mesure de la tension artérielle est une procédure essentielle. Elle permet d’évaluer l’état du système cardiovasculaire et de comparer les résultats aux valeurs de référence pour les adultes, les adolescents et les enfants.
Au début du XXᵉ siècle, les médecins ont adopté le tensiomètre à mercure, un appareil révolutionnaire complété par l’usage du stéthoscope. Ces outils, issus des recherches de Riva-Rocci et N. Korotkoff, ont été progressivement remplacés par des modèles électroniques ou semi-automatiques. Mais qu’entend-on aujourd’hui par « tension artérielle normale » ?
Mécanisme physiologique
Le système circulatoire humain implique plusieurs organes. Son bon fonctionnement dépend de l’efficacité du cœur, des vaisseaux, des artères et des capillaires. Le cycle circulatoire repose sur deux phases principales : contraction (systole) et relâchement (diastole). Sans entrer dans les détails, intéressons-nous aux valeurs normales de tension chez l’adulte et aux éventuels troubles observés chez les adolescents.
La pression du sang sur les vaisseaux
La tension artérielle correspond à la pression exercée par le flux sanguin sur les parois des artères. Elle se mesure à l’aide d’un tensiomètre. Le premier modèle, inventé au début du XXᵉ siècle, comportait :
- un manomètre à mercure ;
- une échelle graduée ;
- une pompe et un brassard.
Le brassard est placé sur le bras gauche, légèrement au-dessus du coude. En gonflant le brassard avec la pompe, on applique une pression externe. Une fois le maximum atteint (souvent entre 250 et 280 mmHg), on libère lentement l’air. Les battements artériels perçus indiquent les valeurs : la première pulsation perçue correspond à la pression systolique, la dernière à la diastolique. Aujourd’hui, des modèles électroniques permettent une mesure plus simple et automatisée, bien que le principe reste inchangé.
La pression s’exprime en millimètres de mercure (mmHg). Chaque individu possède une tension dite « de travail » qui peut légèrement varier de la norme. Certains se sentent bien avec une pression légèrement plus élevée ou plus basse.
Pression systolique et diastolique
La pression systolique correspond à la phase de contraction maximale du cœur. Elle se situe entre 110 et 140 mmHg. Au-delà ou en deçà, on parle de tension anormale chez l’adulte.
La pression diastolique est mesurée lors de la phase de repos du cœur. Elle est considérée comme normale entre 70 et 110 mmHg.
Chez l’adulte en bonne santé, la tension idéale est de 120/80 mmHg.
Facteurs influençant la tension
Ces valeurs sont des moyennes issues de grandes études cliniques.
En pratique, plusieurs facteurs peuvent faire varier la tension :
- la taille, le poids et la morphologie globale ;
- l’âge ;
- le mode de vie ;
- la présence de maladies chroniques.
Parmi les causes fréquentes de variations :
- la réactivité des vaisseaux sanguins ;
- les troubles cardiovasculaires ;
- les modifications hormonales (notamment à l’adolescence) ;
- le stress ou les troubles nerveux ;
- les changements liés à la ménopause ;
- les anomalies de la coagulation sanguine.
Comment mesurer correctement sa tension
Pour obtenir des mesures fiables, quelques règles doivent être respectées :
- Éviter toute activité physique, cigarette, alcool ou boisson énergisante avant la mesure.
- Effectuer la mesure assis, le bras gauche libre de tout vêtement serré.
- Le brassard doit être bien ajusté. Des modèles spécifiques existent pour les enfants et adolescents.
- Respirer calmement et ne pas parler pendant la mesure.
- Gonfler le brassard régulièrement, sans à-coups. Les appareils automatiques gèrent cette phase.
- La sensation de compression est normale.
- La première pulsation entendue est la valeur systolique ; la dernière, la diastolique.
- Attendre 5 minutes avant de répéter la mesure pour confirmer les résultats.
Ces recommandations valent aussi pour les appareils électroniques, sujets à de légers écarts de précision.
Des mesures répétées permettent d’établir sa tension habituelle (« tension de référence »).
Tension élevée ou basse : quels impacts ?
Les personnes sujettes à une tension élevée sont appelées hypertendus. Leur pression peut atteindre 230-240 mmHg, ce qui expose à des risques majeurs d’infarctus ou d’AVC. De telles valeurs indiquent des anomalies cardiaques détectables par ECG, échographie ou scanner cardiaque.
Une tension systolique inférieure à 90 mmHg définit l’hypotension. Elle est fréquente chez les adolescents, les personnes très minces ou celles suivant des régimes sévères. Les signes sont :
- nausées, vomissements ;
- pâleur ;
- perte de connaissance, arrêt respiratoire.
Contrairement aux hypertendus dont le visage devient rouge, les hypotendus se sentent faibles, abattus, et ont souvent recours à des stimulants.
Certains jeunes peuvent subir des crises de tension basse (90/80 mmHg) causant migraines et troubles de la conscience. D’autres, à l’inverse, peuvent développer une hypertension soudaine (160-180 mmHg), due au stress ou à des déséquilibres hormonaux.
Quelle est la norme ?
Seul un suivi médical régulier permet de définir ce qui constitue une tension « normale » pour un individu donné.
Certains se sentent bien avec 140/90 mmHg, d’autres avec 100/70 mmHg. L’essentiel est de connaître sa propre norme et de consulter en cas de changement.
Les groupes à risque sont :
- les personnes âgées ;
- les adultes en période de ménopause ;
- les adolescents en pleine croissance ;
- les nourrissons souffrant de malformations congénitales.
La régulation de la tension doit toujours être encadrée par un professionnel (cardiologue, généraliste, neurologue). L’automédication peut aggraver la situation et provoquer des complications graves.
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