Vitesse de sédimentation des érythrocytes : normes et interprétation
Pour établir un diagnostic correct d’une pathologie donnée, le médecin prescrit au patient une numération formule sanguine complète. La vitesse de sédimentation des érythrocytes (VSE) est une méthode de diagnostic couramment utilisée.
Elle permet au praticien de dépister non seulement la présence d’un processus inflammatoire, mais aussi d’en estimer le stade d’évolution.
Généralités
Dans l’organisme des hommes et des femmes, chaque érythrocyte porte une charge électrique « naturelle ». Grâce à cette charge, les cellules sanguines se repoussent aisément entre elles et circulent même dans les capillaires les plus fins.
Lorsque, sous l’effet de certains facteurs, cette charge se modifie, les cellules se désorganisent : elles se heurtent et peuvent même s’agglutiner. Dans ce cas, l’échantillon de sang prélevé présente un dépôt caractéristique et l’on constate une VSE pathologiquement élevée.
La norme de la vitesse de sédimentation des érythrocytes dépend du sexe et de l’âge. On considère que chez la femme, la VSE est en moyenne un peu plus élevée que chez l’homme. Les cliniciens insistent également sur l’aspect individuel des valeurs de VSE.
Quand une femme dépasse le seuil des soixante ans, la norme de la VSE est de l’ordre de 15–20 mm/h, ce qui s’explique par des modifications de la composition sanguine liées à l’usure physiologique de l’organisme.
Valeurs normales chez la femme
La « norme » au sens médical correspond aux valeurs observées chez 95 % des patients d’une même tranche d’âge.
Chez la femme, les valeurs usuelles de la VSE sont :
- Filles adolescentes de moins de 13 ans : 7 à 10 mm/h.
- Jeunes femmes de 13 ans et plus : 15 à 18 mm/h.
- Femmes adultes : 2 à 15 mm/h.
Selon certains spécialistes occidentaux, la fourchette normale pour les femmes en bonne santé se situe entre 0 et 20 mm/h. Il est important de tenir compte des variations liées à l’âge et aux transformations physiologiques en cours.
Quand s’intéresser à ce test
La VSE doit retenir l’attention du médecin lorsqu’une patiente se plaint notamment de :
- céphalées ;
- douleurs cervicales ou dans la zone des épaules ;
- douleurs pelviennes ;
- raideur articulaire ou réduction de la mobilité ;
- perte de poids inexpliquée ;
- diminution de l’appétit ;
- anémie.
Principales causes d’élévation
Si l’analyse montre que la VSE chez la femme est sensiblement augmentée, cela constitue un signal d’alarme. Les facteurs responsables peuvent être pathologiques ou physiologiques.
Facteurs pathologiques
Plus l’anomalie est marquée, plus un grand nombre d’érythrocytes présentent un comportement anormal. Les causes pathologiques d’augmentation de la VSE comprennent :
- infections bactériennes ou virales ;
- parasitoses intestinales ;
- processus inflammatoires ;
- lésions cutanées purulentes ;
- maladies auto-immunes ;
- réactions allergiques sévères ;
- tumeurs malignes ;
- affections du système sanguin ;
- traumatismes ;
- atteintes rénales ;
- intoxications ;
- période postopératoire.
Il est fréquent d’observer une variation de la VSE au cours de la phase de réadaptation après un infarctus.
Facteurs physiologiques
Il ne faut cependant pas céder à la panique : une VSE augmentée chez une femme n’indique pas systématiquement une pathologie grave. Parfois, l’élévation reflète un phénomène physiologique.
Parmi les causes physiologiques d’augmentation de la VSE figurent :
- la grossesse et l’allaitement ;
- la prise de contraceptifs oraux ;
- l’administration de traitements hormonaux ;
- l’anémie ;
- une prise de poids excessive ;
- la consommation de certaines vitamines ;
- une vaccination récente ;
- un état d’épuisement nerveux.
On observe parfois une élévation de la VSE chez une femme qui pratique un jeûne strict ou un régime drastique.
Baisse de la VSE
Il est également possible que la VSE soit inférieure à la normale. Cela peut traduire un mauvais remplissage circulatoire. Parfois, la prise de médicaments tels que le chlorure de calcium ou l’aspirine est en cause. Une élévation pathologique des acides biliaires peut aussi diminuer la VSE.
Particularités chez la femme enceinte et chez l’enfant
Chez la femme enceinte, la VSE évolue tout au long de la grossesse en raison des transformations biochimiques destinées à protéger la gestation.
Ces variations sont habituellement physiologiques et ne nécessitent pas d’intervention immédiate. Les valeurs les plus élevées se rencontrent en fin de grossesse et la VSE peut atteindre jusqu’à 45 mm/h. Après l’accouchement, les chiffres se normalisent progressivement.
Voici quelques repères chez l’enfant :
- nouveau-nés : 2–4 mm/h ;
- enfant de un an : 3–10 mm/h ;
- de 1 à 5 ans : 5–11 mm/h ;
- de 6 à 14 ans : 4–12 mm/h ;
- garçons adolescents : 1–10 mm/h.
Une VSE élevée chez l’enfant peut être un signe inquiétant évoquant une infection ; on l’observe par exemple dans certaines formes de tuberculose ou de rougeole compliquées.
Comment se préparer au prélèvement
Pour obtenir un résultat fiable, il est recommandé de faire le prélèvement sanguin le matin. Il n’est pas nécessaire de s’abstenir totalement de boire ou de manger, mais il est conseillé d’éviter les aliments épicés, frits, gras ou trop salés pendant les deux jours précédant l’examen.
Au minimum, dans les 24 heures précédant le test, il faut éviter les activités sportives et les efforts physiques intenses. Il convient également de s’abstenir de certains sédatifs et de séances de physiothérapie.
Les médecins connaissent le phénomène d’augmentation « factice » de la VSE lié à des erreurs techniques. C’est pourquoi il est préférable d’effectuer les analyses régulièrement dans le même laboratoire pour suivre l’évolution.
Les résultats ne sont interprétables que si aucune autre influence confondante n’est présente ; dans certains cas, la valeur testée doit être réévaluée dans son contexte clinique global.
Conclusion
Il est important de garder à l’esprit que la VSE seule ne suffit pas à établir un diagnostic précis. Pour identifier la cause d’une déviation, il est nécessaire de réaliser un bilan complémentaire. Le traitement doit viser la pathologie sous-jacente qui a généré l’anomalie et être conduit sous étroite surveillance médicale.
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