Volume globulaire moyen (VGM) : valeurs, causes et prise en charge

Explications sur le VGM : définition, valeurs normales (80–100 fL), causes possibles d'augmentation ou de diminution, lien avec les types d'anémie et orientations thérapeutiques. Consultez un spécialiste pour le diagnostic.

Les résultats d’analyses pour une personne non spécialiste ressemblent parfois à un code chiffré. Lorsqu’il n’y a pas de problème de santé, ces informations ont peu d’intérêt, mais la situation est tout autre en cas d’anomalie. Qu’est-ce que le volume globulaire moyen (VGM), et que signifie s’il est augmenté ou diminué ?

En tentant de comprendre ces valeurs, la personne cherche non seulement à satisfaire sa curiosité, mais aussi à anticiper et à se préparer. La mesure du VGM fait partie de la formule sanguine complète. Les médecins ne prescrivent pas cet examen isolément car il peut être non significatif dans certains cas. Ce n’est qu’en disposant des résultats de l’ensemble de l’hémogramme que le spécialiste peut tirer des conclusions. Autrement dit, il ne suffit pas de comparer une valeur à la norme.

Le sang en dit long sur l’état d’un individu. Tout dérèglement de l’organisme s’y reflète. L’hémogramme permet d’obtenir une image précise de la situation et de confirmer ou d’infirmer des diagnostics posés.

Qu’est-ce que les érythrocytes ?

Les érythrocytes sont les globules rouges. Ils participent directement aux fonctions respiratoires, nutritives et à bien d’autres activités physiologiques. Leur forme rappelle celle d’un disque biconcave. Cette configuration offre une très grande surface, de sorte que la surface totale de tous les globules rouges dépasse de beaucoup la surface corporelle de l’individu. Leur couleur rouge est due à une forte teneur en fer.

Comment est réalisée l’analyse ?

Le prélèvement se fait le plus souvent sur une veine. Il est réalisé en matinée et il est recommandé de venir à jeun, car manger ou boire avant la prise peut influencer significativement les résultats. Plus rarement, le médecin peut se limiter à une goutte de sang capillaire (prélèvement au doigt).

Le VGM intéresse particulièrement le médecin en cas d’anémie chez le patient. Toutefois ce n’est pas sa seule utilisation. Associé à d’autres paramètres, il permet d’évaluer le fonctionnement d’organes vitaux et d’orienter le diagnostic.

L’anémie n’est pas une maladie en soi, mais un signe de dysfonctionnements divers de l’organisme. On distingue notamment :

  • l’anémie ferriprive ;
  • l’anémie falciforme ;
  • l’anémie hémolytique.

L’anémie ferriprive résulte d’un manque ou d’une mauvaise utilisation du fer (et donc de l’hémoglobine). L’anémie falciforme traduit une anomalie de l’hémoglobine entraînant une déformation des globules rouges. L’anémie hémolytique se caractérise par une réduction marquée de la durée de vie des érythrocytes.

L’hémogramme est fréquemment prescrit pour affiner le diagnostic ou assurer la surveillance de l’état sanguin. La présence d’une anémie indique l’existence d’une pathologie sous-jacente.

Normes

Au cours de la vie, le VGM évolue ; il diffère également entre hommes et femmes. En règle générale, la fourchette normale se situe entre 80 et 100 femtolitres (fL). L’unité alternative utilisée est le micronètre cube.

Le volume moyen des érythrocytes chez le nouveau-né dépasse ces valeurs, mais il retombe à environ 70–75 fL au bout d’un an. À mesure que l’on vieillit, la valeur augmente légèrement et peut atteindre environ 100 fL chez la personne âgée.

Si le VGM est inférieur à la normale, on parle de microcytose ; s’il est supérieur, on parle de macrocitose ; s’il est dans les limites, on parle de normocytose.

Macrocitose

Le VGM peut être augmenté dans les situations suivantes :

  • alcoolisme ;
  • déficit en éléments essentiels (vitamines B9, B12) ;
  • grossesse ;
  • leucémies ;
  • divers types d’anémie ;
  • affections hépatiques ou pathologies de la moelle osseuse ;
  • maladies génétiques ;
  • pertes sanguines.

Le volume des érythrocytes peut aussi augmenter sous l’effet de certains médicaments. Presque tout impact négatif sur l’organisme peut provoquer une réaction de ce type : mauvaise qualité de l’environnement, travail nocif ou habitudes délétères (y compris le tabagisme).

Un cas particulier de macrocitose est l’anémie mégaloblastique. Dans cette affection, souvent d’origine génétique, le VGM peut dépasser 110 fL. Elle est le plus souvent liée à une carence en acide folique ou en vitamine B12.

Lorsque le VGM est augmenté, des signes d’affaiblissement de l’organisme peuvent apparaître. Parfois ces symptômes sont discrets et la hausse du VGM est découverte fortuitement. D’où l’intérêt des bilans de prévention réalisés par des spécialistes afin de détecter précocement toute anomalie.

Microcytose

Une diminution du volume moyen des érythrocytes traduit souvent un trouble du métabolisme. Les causes possibles comprennent :

  • déshydratation ;
  • pertes sanguines (y compris ulcères) ;
  • réduction de l’espace intercellulaire ;
  • carence ou trouble de synthèse de l’hémoglobine ;
  • maladies héréditaires du sang.

La microcytose peut aussi être un indice de tumeurs malignes.

Normocytose

Il existe un troisième cas, la normocytose, lorsque le VGM se situe dans les normes. Le plus souvent il s’agit d’une anémie normocytaire, souvent associée à des maladies chroniques.

Traitement

Pour corriger les anomalies du volume érythrocytaire, il faut traiter la pathologie sous-jacente responsable. Des mesures complémentaires sont entreprises pour améliorer la qualité du sang. Par exemple, en cas de carence en acide folique ou en vitamine B12, une supplémentation est administrée par des voies adaptées selon la situation clinique.

Conclusion

Le VGM aide à mieux comprendre la situation hématologique, mais sa valeur isolée n’apporte pas de réponse exhaustive sans l’examen d’autres paramètres. L’objectif principal de cette mesure est de détecter une anémie et d’identifier d’éventuelles modifications morphologiques des globules rouges.

Dr. Pierre Fontaine
Hématologue
p.font@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu'est-ce que le VGM et pourquoi est-il mesuré?
Le VGM, ou volume globulaire moyen, représente la taille moyenne des érythrocytes. Il est mesuré dans le cadre de l'hémogramme pour aider à classifier les anémies (microcytaire, normocytaire, macrocytaire) et orienter le diagnostic étiologique en complément d'autres paramètres sanguins.
Quelles sont les valeurs normales du VGM?
La plage de référence usuelle du VGM chez l'adulte se situe entre 80 et 100 femtolitres (fL). Ces valeurs varient selon l'âge et l'état physiologique : le nouveau-né présente un VGM plus élevé, puis il baisse au cours de la première année avant d'augmenter légèrement avec l'âge.
Que signifie un VGM élevé (macrocitose) ?
Un VGM supérieur à la normale traduit une macrocitose qui peut résulter d'un déficit en vitamines B9 ou B12, d'alcoolisme, d'affections hépatiques, de certaines anémies, de maladies de la moelle osseuse ou de traitements médicamenteux. Une évaluation médicale complète est nécessaire pour en déterminer la cause précise.
Que signifie un VGM bas (microcytose) ?
Un VGM bas indique une microcytose, souvent liée à une carence martiale (anémie ferriprive), à des pertes sanguines chroniques, à des troubles de synthèse de l'hémoglobine ou à des maladies héréditaires. La prise en charge cible la cause, par exemple par une supplémentation en fer ou le traitement d'un saignement.
Le VGM peut-il varier selon les médicaments ou l'environnement?
Oui, certains médicaments et facteurs environnementaux peuvent modifier le VGM : des traitements cytotoxiques, certains antiviraux ou chimiothérapies, l'alcoolisme chronique, ainsi que des carences nutritionnelles ou une exposition professionnelle nocive peuvent influencer la taille moyenne des globules rouges.
Comment se déroule l'investigation si le VGM est anormal?
Si le VGM est anormal, le médecin confronte ce résultat aux autres paramètres de l'hémogramme (hémoglobine, numération, réticulocytes) et prescrit des bilans complémentaires éventuels (dosage du fer, ferritine, B12, folates, tests hépatiques, myélogramme) pour établir un diagnostic précis et proposer un traitement adapté.
Quel est le traitement des anomalies du VGM?
Le traitement dépend de la cause identifiée : supplémentation en fer pour une carence martiale, apport de vitamine B12 ou d'acide folique pour une macrocitose carentielle, prise en charge des maladies hépatiques ou hématologiques sous-jacentes, et adaptation des traitements médicamenteux si nécessaire.
Quand faut-il consulter un médecin au sujet d'un VGM anormal?
Il est recommandé de consulter si un VGM anormal s'accompagne de symptômes (fatigue, pâleur, essoufflement, pâleur des muqueuses) ou si l'anomalie est confirmée à plusieurs reprises. Un suivi médical permet d'identifier la cause et d'initier une prise en charge adaptée et sécurisée.