Volume globulaire moyen (VGM) : valeurs, causes et prise en charge
Les résultats d’analyses pour une personne non spécialiste ressemblent parfois à un code chiffré. Lorsqu’il n’y a pas de problème de santé, ces informations ont peu d’intérêt, mais la situation est tout autre en cas d’anomalie. Qu’est-ce que le volume globulaire moyen (VGM), et que signifie s’il est augmenté ou diminué ?
En tentant de comprendre ces valeurs, la personne cherche non seulement à satisfaire sa curiosité, mais aussi à anticiper et à se préparer. La mesure du VGM fait partie de la formule sanguine complète. Les médecins ne prescrivent pas cet examen isolément car il peut être non significatif dans certains cas. Ce n’est qu’en disposant des résultats de l’ensemble de l’hémogramme que le spécialiste peut tirer des conclusions. Autrement dit, il ne suffit pas de comparer une valeur à la norme.
Le sang en dit long sur l’état d’un individu. Tout dérèglement de l’organisme s’y reflète. L’hémogramme permet d’obtenir une image précise de la situation et de confirmer ou d’infirmer des diagnostics posés.
Qu’est-ce que les érythrocytes ?
Les érythrocytes sont les globules rouges. Ils participent directement aux fonctions respiratoires, nutritives et à bien d’autres activités physiologiques. Leur forme rappelle celle d’un disque biconcave. Cette configuration offre une très grande surface, de sorte que la surface totale de tous les globules rouges dépasse de beaucoup la surface corporelle de l’individu. Leur couleur rouge est due à une forte teneur en fer.
Comment est réalisée l’analyse ?
Le prélèvement se fait le plus souvent sur une veine. Il est réalisé en matinée et il est recommandé de venir à jeun, car manger ou boire avant la prise peut influencer significativement les résultats. Plus rarement, le médecin peut se limiter à une goutte de sang capillaire (prélèvement au doigt).
Le VGM intéresse particulièrement le médecin en cas d’anémie chez le patient. Toutefois ce n’est pas sa seule utilisation. Associé à d’autres paramètres, il permet d’évaluer le fonctionnement d’organes vitaux et d’orienter le diagnostic.
L’anémie n’est pas une maladie en soi, mais un signe de dysfonctionnements divers de l’organisme. On distingue notamment :
- l’anémie ferriprive ;
- l’anémie falciforme ;
- l’anémie hémolytique.
L’anémie ferriprive résulte d’un manque ou d’une mauvaise utilisation du fer (et donc de l’hémoglobine). L’anémie falciforme traduit une anomalie de l’hémoglobine entraînant une déformation des globules rouges. L’anémie hémolytique se caractérise par une réduction marquée de la durée de vie des érythrocytes.
L’hémogramme est fréquemment prescrit pour affiner le diagnostic ou assurer la surveillance de l’état sanguin. La présence d’une anémie indique l’existence d’une pathologie sous-jacente.
Normes
Au cours de la vie, le VGM évolue ; il diffère également entre hommes et femmes. En règle générale, la fourchette normale se situe entre 80 et 100 femtolitres (fL). L’unité alternative utilisée est le micronètre cube.
Le volume moyen des érythrocytes chez le nouveau-né dépasse ces valeurs, mais il retombe à environ 70–75 fL au bout d’un an. À mesure que l’on vieillit, la valeur augmente légèrement et peut atteindre environ 100 fL chez la personne âgée.
Si le VGM est inférieur à la normale, on parle de microcytose ; s’il est supérieur, on parle de macrocitose ; s’il est dans les limites, on parle de normocytose.
Macrocitose
Le VGM peut être augmenté dans les situations suivantes :
- alcoolisme ;
- déficit en éléments essentiels (vitamines B9, B12) ;
- grossesse ;
- leucémies ;
- divers types d’anémie ;
- affections hépatiques ou pathologies de la moelle osseuse ;
- maladies génétiques ;
- pertes sanguines.
Le volume des érythrocytes peut aussi augmenter sous l’effet de certains médicaments. Presque tout impact négatif sur l’organisme peut provoquer une réaction de ce type : mauvaise qualité de l’environnement, travail nocif ou habitudes délétères (y compris le tabagisme).
Un cas particulier de macrocitose est l’anémie mégaloblastique. Dans cette affection, souvent d’origine génétique, le VGM peut dépasser 110 fL. Elle est le plus souvent liée à une carence en acide folique ou en vitamine B12.
Lorsque le VGM est augmenté, des signes d’affaiblissement de l’organisme peuvent apparaître. Parfois ces symptômes sont discrets et la hausse du VGM est découverte fortuitement. D’où l’intérêt des bilans de prévention réalisés par des spécialistes afin de détecter précocement toute anomalie.
Microcytose
Une diminution du volume moyen des érythrocytes traduit souvent un trouble du métabolisme. Les causes possibles comprennent :
- déshydratation ;
- pertes sanguines (y compris ulcères) ;
- réduction de l’espace intercellulaire ;
- carence ou trouble de synthèse de l’hémoglobine ;
- maladies héréditaires du sang.
La microcytose peut aussi être un indice de tumeurs malignes.
Normocytose
Il existe un troisième cas, la normocytose, lorsque le VGM se situe dans les normes. Le plus souvent il s’agit d’une anémie normocytaire, souvent associée à des maladies chroniques.
Traitement
Pour corriger les anomalies du volume érythrocytaire, il faut traiter la pathologie sous-jacente responsable. Des mesures complémentaires sont entreprises pour améliorer la qualité du sang. Par exemple, en cas de carence en acide folique ou en vitamine B12, une supplémentation est administrée par des voies adaptées selon la situation clinique.
Conclusion
Le VGM aide à mieux comprendre la situation hématologique, mais sa valeur isolée n’apporte pas de réponse exhaustive sans l’examen d’autres paramètres. L’objectif principal de cette mesure est de détecter une anémie et d’identifier d’éventuelles modifications morphologiques des globules rouges.
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