Mucus lors d’une bronchite
La bronchite est une maladie du système respiratoire, caractérisée par un processus inflammatoire dans les bronches. Lors de toute inflammation entraînant des modifications ou un gonflement des muqueuses des voies respiratoires, du liquide s’accumule dans les bronches et la toux apparaît. La bronchite s’accompagne généralement de sécrétions caractéristiques lors de la toux – le mucus.
Les spécialistes peuvent diagnostiquer la maladie en se basant sur l’aspect et la nature de ce mucus, pour lesquels un échantillon est souvent demandé pour analyse.
Toux lors d’une bronchite
La toux joue un rôle biologique essentiel : c’est un réflexe destiné à éliminer tout obstacle des voies respiratoires. Sa fonction principale est donc de nettoyer les bronches.
C’est pourquoi il n’est pas recommandé de la supprimer sans en connaître la cause.
La toux liée à la bronchite peut être sèche ou grasse. La toux sèche survient sans expectoration, tandis que la toux grasse se caractérise par l’expulsion de mucus. Souvent, une toux sèche et brutale apparaît au début, puis évolue en toux grasse après quelques jours. Ce changement survient en raison de l’accumulation de mucus dans les bronches, qui finit par être expulsé naturellement. Le passage d’une toux sèche à une toux grasse indique une amélioration de l’état du patient et un rétablissement progressif. En l’absence de traitement, on peut toutefois parler de bronchite chronique.
Principales composantes du mucus
Le mucus bronchique est un phénomène pathologique, car normalement il ne devrait pas y avoir de sécrétion visible dans les voies respiratoires. Il apparaît en réaction à l’inflammation et permet l’élimination des cellules mortes de la muqueuse ainsi que des microbes. En cas de bronchite aiguë ou chronique, le mucus produit dans les voies respiratoires contient :
- des cellules du système immunitaire ;
- des micro-organismes ;
- des débris cellulaires ;
- des particules de poussière ;
- des composants sanguins, comme le plasma et les cellules sanguines (notamment en cas de mucus avec du sang).
Analyses du mucus en cas de bronchite
L’examen clinique du mucus permet de déterminer si l’inflammation est aiguë ou chronique, son étendue et sa localisation dans les poumons. L’analyse prend en compte la viscosité, la couleur, la consistance, l’odeur et la composition cellulaire.
Déroulement de l’examen
L’analyse doit de préférence être réalisée le matin. Avant de fournir l’échantillon, il est conseillé de ne pas prendre de petit-déjeuner afin de garantir la fiabilité des résultats. Les échantillons recueillis au cours de la journée peuvent fausser les données en raison des colorants artificiels contenus dans les aliments ou boissons.
L’échantillon est placé dans un flacon hermétique, de préférence transparent pour permettre l’évaluation visuelle. Environ 3 à 5 ml de mucus suffisent. Le prélèvement doit être envoyé immédiatement au laboratoire et analysé dans les deux heures suivant le recueil.
Interprétation des résultats
Seul un médecin peut interpréter les résultats en tenant compte également de l’examen clinique. Normalement, le volume de sécrétions trachéobronchiques varie entre 10 et 100 ml par jour.
Résultats possibles selon l’analyse :
- un mucus clair et visqueux évoque une infection virale des voies respiratoires ;
- une couleur ambrée indique une origine allergique ;
- un mucus vert, jaune, brun ou sanguinolent traduit une pathologie inflammatoire ;
- la présence de sang peut signaler un saignement ;
- plus de 25 neutrophiles par champ microscopique suggèrent une infection ;
- une proportion de 50 à 95 % d’éosinophiles révèle une origine allergique ;
- la présence de fibres élastiques est un signe grave de destruction du tissu pulmonaire.
Préparation à l’analyse
Le matin, avant le prélèvement, il est recommandé de se rincer la bouche avec de l’eau bouillie contenant un peu de bicarbonate. Cela réduit la contamination bactérienne.
Si le mucus n’est pas facilement expulsé, il est conseillé de boire davantage la veille afin de fluidifier les sécrétions. Trois inspirations profondes suivies d’une toux facilitent le recueil.
Pour stimuler la toux, une inhalation spécifique peut être réalisée. Elle consiste à chauffer une solution de 1 litre d’eau distillée, 150 g de chlorure de sodium et 10 g de bicarbonate de sodium à 42-45 °C. L’inhalation de ses vapeurs pendant 15 minutes entraîne d’abord une hypersalivation, puis la toux. L’échantillon à analyser doit provenir du mucus bronchique, et non de la salive.
Caractéristiques du mucus
Le diagnostic repose sur une analyse clinique prenant en compte la composition et l’aspect macroscopique.
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Couleur |
Consistance |
Odeur |
Nature |
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La couleur du mucus dépend du stade de la maladie et des composants présents. |
Le mucus peut être liquide, visqueux ou épais. |
Généralement inodore. |
Peut être muqueux, purulent-muqueux ou muco-sanglant. |
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Le mucus blanc est considéré comme normal. Mais un excès de mucus transparent peut indiquer une bronchite chronique, un œdème pulmonaire, la tuberculose ou l’asthme. |
Souvent de consistance liquide. |
Sans odeur. | |
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Un mucus jaune traduit la présence de globules blancs (neutrophiles), ce qui peut signaler une infection ou une allergie, notamment lors d’une bronchite aiguë. |
Liquide ou visqueux. |
Parfois avec une odeur désagréable. | |
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Un mucus vert suggère une infection persistante. Le changement de couleur résulte de la dégradation des globules blancs et s’accompagne souvent de pus. |
Liquide ou visqueux. |
Parfois avec une odeur désagréable. | |
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Un mucus brun ou noir indique la présence de « vieux sang » dû à la dégradation des globules rouges après un saignement antérieur. Ce signe survient dans la bronchite chronique et nécessite un traitement urgent. | |||
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Un mucus rosé ou rouge est le signe d’un saignement actif. Son expulsion lors de la toux révèle une inflammation sévère et constitue une urgence médicale. |
Dans la bronchite aiguë, le mucus est souvent clair et inodore. En cas de persistance sans traitement, il peut jaunir ou verdir, traduisant une évolution chronique. La complication la plus grave est la présence de sang, signe d’une affection sévère nécessitant une prise en charge rapide.
Il est important de consulter un médecin si la toux avec expectoration jaune, verte, brune ou sanglante persiste plus d’une semaine.
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