Toux lors d’une bronchite

Comprenez la toux liée à la bronchite : sèche ou grasse, causes, examens à réaliser et options de traitement en France, avec conseils pratiques.
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La toux accompagne de nombreuses maladies. Pour bien la traiter, il faut en identifier la cause. La toux lors d’une bronchite est un symptôme quasi constant et il est important de savoir comment l’aborder.

Mécanisme d’apparition de la toux

La toux est un réflexe de défense, un expir forcé par la bouche. Elle survient après une augmentation de la pression intrathoracique alors que la glotte est fermée, puis s’ouvre, entraînant une expiration brutale. Cela permet d’éliminer des bronches et des poumons les substances indésirables.

Sa fonction physiologique est de nettoyer l’appareil respiratoire des particules inhalées et des sécrétions (épithélium bronchique, mucus).

Le réflexe tussigène débute par l’irritation des récepteurs qui transmettent un signal au centre respiratoire du bulbe rachidien. Le message active ensuite les muscles respiratoires, provoquant l’expulsion réflexe des particules et du mucus.

Rôle de la toux pour l’organisme

D’un côté, la toux pendant une bronchite est utile car elle débarrasse les bronches et les poumons des agents infectieux. Mais tout dépend de son type. Quand elle est fréquente et tenace, elle augmente la pression intrathoracique et peut favoriser une hypertension. Dans certains cas, des crachats striés de sang peuvent apparaître.

Lors des quintes, la pression dans les veines du grand circuit augmente, pouvant aller jusqu’à des hémorragies au niveau de la conjonctive ou des veines bronchiques.

Chez certains patients, des quintes très intenses peuvent provoquer une syncope et des troubles du rythme cardiaque.

Ces éléments montrent que, lors d’une bronchite, il faut impérativement prendre en charge la toux.

Types de toux

Dans de nombreuses infections chez l’enfant comme chez l’adulte, la toux est un symptôme majeur et peut être si épuisante qu’un traitement s’impose pour soulager le patient.

On distingue deux types de toux :

  1. Sèche.
  2. Grasse (productive).

La toux sèche est dite non productive, car le mucus ne s’évacue pas. Or, l’élimination des sécrétions par la toux reste essentielle ; l’objectif est donc de la rendre productive, c’est-à-dire de restaurer l’expectoration.

Pendant la bronchite, l’inflammation rétrécit la lumière bronchique ; la toux est sèche et les sécrétions très visqueuses, ce qui empêche leur évacuation. Dans ce cas, la toux est délétère.

Sans traitement, l’infection peut migrer vers le parenchyme pulmonaire et évoluer en pneumonie.

Même en présence d’une toux grasse, il faut utiliser des médicaments qui fluidifient le mucus.

On distingue aussi :

  • aiguë ;
  • chronique.

La toux aiguë apparaît lors de l’inflammation des bronches. Les parois produisent beaucoup de mucus qu’il faut évacuer.

La toux chronique est typique de la bronchite chronique, favorisée non seulement par les agents infectieux, mais aussi par l’exposition au tabac et aux gaz d’échappement. Les quintes sont récurrentes. Des crachats hémoptoïques peuvent survenir, avec des périodes d’exacerbation et de rémission.

Chaque type de toux exige une approche thérapeutique spécifique. Si la toux persiste malgré le traitement, cela peut révéler des complications telles que :

  • pneumonie chronique ;
  • asthme ;
  • tuberculose.

Un avis spécialisé est alors nécessaire pour en déterminer la cause et adapter la prise en charge.

Causes de la toux

Plusieurs facteurs expliquent la toux au cours de la bronchite :

  1. Infection virale.
  2. Infection bactérienne.
  3. Refroidissement (par exemple, un enfant qui a pris froid aux pieds).
  4. Exposition continue à un air poussiéreux, enfumé ou pollué.
  5. Réaction allergique.

Quelle qu’en soit la cause, la toux doit être traitée, mais sans automédication : consultez un médecin qui prescrira les bons médicaments.

Causes d’une toux prolongée lors d’une bronchite

Si la toux dure plus de 4 à 8 semaines malgré le traitement, on parle de toux prolongée. Il faut en rechercher la cause et traiter en conséquence.

Après une infection, des phénomènes résiduels dans les bronches et les poumons peuvent persister. La toux peut alors se maintenir plusieurs semaines.

Un bilan élargi peut retrouver :

  • asthme ;
  • bronchite chronique ;
  • inflammation pulmonaire chronique ;
  • infections respiratoires persistantes ;
  • maladies professionnelles (ex. : exposition à l’amiante ou à la silice) ;
  • effets indésirables de certains médicaments ;
  • tumeur pulmonaire ;
  • insuffisance cardiaque.

Examens en cas de toux prolongée

Si la toux persiste alors que les autres signes de bronchite régressent, consultez et réalisez des examens complémentaires.

Pour en identifier la cause, on pourra prévoir :

  1. Explorations fonctionnelles respiratoires (EFR).
  2. Radiographie thoracique.
  3. Bilan sanguin (NFS, CRP, éventuellement tests complémentaires selon le contexte).
  4. Tests fonctionnels respiratoires spécifiques.
  5. Bronchoscopie.

Le tableau clinique oriente déjà souvent le diagnostic :

  1. Toux avec beaucoup d’expectorations : bronchite ou pneumonie probables.
  2. Asthme : toux quinteuse, sifflante, surtout le matin.
  3. Coqueluche : quintes paroxystiques épuisantes.
  4. Tumeur pulmonaire : toux avec peu de sécrétions.
  5. Insuffisance cardiaque : toux sèche avec dyspnée.

Selon la cause, le traitement de la toux prolongée est personnalisé.

Traitement de la toux

Se débarrasser des quintes n’est pas simple : seul un professionnel, après examen et analyse, peut adapter la prise en charge.

Lors de l’entretien, le médecin précise la durée, la présence d’expectorations, la fréquence des crises et les traitements en cours. Il est essentiel de distinguer toux aiguë et chronique ; les stratégies diffèrent.

Les traitements antitussifs/expectorants se divisent en 3 groupes :

  1. Mucolytiques (fluidifient le mucus).
  2. Expectorants (facilitent l’évacuation des sécrétions).
  3. Antitussifs (diminuent l’activité du centre de la toux).

On les trouve sous forme de comprimés, sirops ou gouttes. Beaucoup de spécialités associent plusieurs actions (mucolytique + expectorante).

Prise en charge de la toux sèche (non productive)

Au début, la toux est souvent sèche et épuisante ; il faut soulager rapidement, surtout la nuit.

De nombreux médicaments peuvent aider, sous prescription si nécessaire. Le tableau ci-dessous illustre des options usuelles en France pour enfants et adultes en cas de toux sèche.

Classe thérapeutique

Substance active (exemples)

Nom de spécialité (FR, à titre indicatif)

Schéma chez l’adulte

Chez l’enfant

Remarques d’utilisation

Antitussifs

Dextrométhorphane
Oxomemazine (antihistaminique sédatif)

Divers génériques de dextrométhorphane
Toplexil (oxomemazine)

Selon notice et avis médical

Dextrométhorphane à partir de 12 ans ; éviter chez les plus jeunes. Posologies selon notice

Utiles en cas de toux sèche gênante ; éviter le cumul avec sédatifs. Codeine non recommandée en automédication

Bronchodilatateurs

Salbutamol inhalé
Ipratropium

Ventoline
Atrovent

Selon prescription

Selon prescription pédiatrique

Plutôt en cas de sifflements/obstruction. Nécessitent un avis médical

Expectorants/combinaisons

Guaïfénésine (rare en FR)
Associations antihistaminiques-antitussifs

Selon disponibilité

Selon notice

Selon notice, avis médical

Choix au cas par cas, attention à la somnolence

Remarque : en France, la codéine n’est plus utilisée en automédication, et la pholcodine a été retirée. Toujours demander conseil au pharmacien/médecin.

Quand la toux devient grasse

Quand la toux devient productive, il ne faut pas arrêter trop tôt le traitement. Il faut continuer à aider l’organisme à évacuer le mucus, avec d’autres classes de médicaments.

Chez l’enfant, les sirops sont souvent mieux acceptés ; voici des options usuelles.

Classe thérapeutique

Substance active

Nom de spécialité (FR)

Schéma

Indications

Mucolytiques

Acétylcystéine
Carbocistéine

Fluimucil/Exomuc
Bronchokod, Rhinathiol

Selon âge et notice

Bronchites aiguës/chroniques avec mucus visqueux

Expectorants

Lierre grimpant (Hedera helix)
Thym

Sirop au lierre (divers)
Sirop au thym (divers)

Selon notice

Toux grasses bénignes d’origine infectieuse

Chez l’adulte, on retrouve les mêmes classes ; le tableau ci-dessous illustre deux exemples :

Classe

Substance

Spécialité (FR)

Schéma

Quand l’utiliser

Mucolytique

Acétylcystéine

Fluimucil/Exomuc

Selon notice

BPCO, bronchite aiguë/chronique avec hypersécrétion

Phytothérapie

Thym, lierre

Sirop au thym/lierre

Selon notice

Bronchite aiguë simple

Comparatif succinct des classes de médicaments

Le choix est large et peut prêter à confusion. Chaque classe a des atouts et des limites ; le bon usage se discute avec le médecin.

Avantages et inconvénients (exemples) :

Classe

Points positifs

Limites

Mucolytiques (acéticystéine, carbocistéine)

Fluidifient rapidement les sécrétions, facilitent l’expectoration

Risque d’intolérance digestive ou allergique ; à éviter en cas d’ulcère évolutif

Phytothérapie (thym, lierre, guimauve)

Bien tolérée, action adoucissante/expectorante

Efficacité variable ; allergie possible aux plantes

Antitussifs (dextrométhorphane, antihistaminiques sédatifs)

Réduisent les quintes sèches gênantes

Somnolence possible ; contre-indications ; ne pas associer à l’alcool

Compte tenu de ces éléments, seul le médecin peut peser le bénéfice/risque et prescrire le traitement le plus adapté.

Si aucun soulagement n’apparaît, il faut réévaluer la stratégie ; un autre traitement peut être nécessaire.

Médecines traditionnelles et mesures d’appoint

Des plantes peuvent compléter la prise en charge, surtout pour les formes bénignes.

Quelques exemples adaptés à l’usage en France :

  1. Plantain, tussilage, thym, guimauve : en infusion (au bain-marie ou en thermos). Une demi-tasse 3 à 4 fois par jour après avis médical.
  2. Mélange plantain, violette tricolore, menthe, cynorrhodon : infusion, une demi-tasse 3 fois par jour.
  3. Association bourgeons de pin, racine de réglisse et guimauve, origan : infusion 3 à 4 fois par jour.

Pour atténuer l’amertume, une cuillère de miel peut être ajoutée (sauf chez l’enfant de moins d’un an). Discutez toujours de la durée d’utilisation avec le médecin ou le pharmacien.

Ces plantes peuvent aussi être utilisées en inhalation (sous conseil), utile pour fluidifier les sécrétions, notamment dans les formes chroniques où l’on souhaite limiter l’exposition aux médicaments.

Complications possibles lors d’une bronchite

Sans prise en charge, la toux peut conduire à des expectorations striées de sang. C’est un signal d’alerte. Dans la bronchite chronique, de fines stries hémoptoïques peuvent apparaître ; elles disparaissent en général avec le traitement adapté.

Une toux prolongée et violente peut aboutir à des crachats avec caillots par rupture de petits vaisseaux sous l’effet de la pression. D’où l’intérêt d’un traitement efficace.

Si, en plus de la toux hémoptoïque, on observe un malaise général, de la fièvre ou un amaigrissement, il faut rechercher des pathologies comme la tuberculose ou une tumeur.

Un bilan rapide s’impose pour ne pas méconnaître une cause grave. Les examens comprennent en pratique :

  • numération-formule sanguine ;
  • CRP et autres marqueurs selon le contexte ;
  • analyse d’urines ;
  • examen de l’expectoration ;
  • radiographie thoracique ;
  • bronchoscopie ;
  • scanner thoracique.

Ce n’est qu’après avoir écarté ces causes graves que l’on peut poursuivre sereinement le traitement symptomatique selon les recommandations médicales.

Avec une approche globale et sérieuse, la bronchite et la toux qui l’accompagne se traitent efficacement. Évitez l’automédication et suivez l’avis d’un professionnel de santé. Prenez soin de vous !

Dr. Julien Martin
Pneumologue
ju.martin@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Pourquoi la toux est-elle si fréquente pendant une bronchite ?
La bronchite enflamme les bronches et épaissit le mucus. Les récepteurs de la toux sont stimulés, déclenchant un réflexe d’expulsion pour évacuer les sécrétions et les agents infectieux. Ce mécanisme protège l’appareil respiratoire, mais devient éprouvant lorsqu’il est continu et non productif.
Quelle différence entre toux sèche et toux grasse dans la bronchite ?
La toux sèche est non productive : le mucus ne s’évacue pas, ce qui entretient l’irritation et la fatigue. La toux grasse, au contraire, permet d’expectorer. L’objectif thérapeutique est souvent de transformer une toux sèche gênante en toux productive, puis de faciliter l’élimination des sécrétions.
Quand faut-il consulter pour une toux qui dure après une bronchite ?
Si la toux persiste au-delà de 4 à 8 semaines, s’accompagne de fièvre, d’essoufflement, d’amaigrissement ou de crachats sanguinolents, il faut consulter. Un bilan (radiographie, EFR, analyses) permet d’écarter une pneumonie, un asthme, une infection persistante ou une autre cause plus sérieuse.
Quels traitements sont utilisés en France pour la toux de bronchite ?
Selon le type de toux : antitussifs pour une toux sèche invalidante (dextrométhorphane, antihistaminiques sédatifs), mucolytiques et expectorants (acétylcystéine, carbocistéine, lierre/thym) pour une toux grasse, et bronchodilatateurs sur prescription en cas de sifflements. Le choix dépend de l’âge, des symptômes et des contre-indications.
Les remèdes à base de plantes sont-ils utiles contre la toux de bronchite ?
Ils peuvent compléter la prise en charge des formes bénignes : thym, lierre, guimauve, plantain ou tussilage adoucissent et fluidifient les sécrétions. Ils doivent être utilisés selon la notice et avec avis médical, surtout chez l’enfant et en cas de pathologies ou de traitements associés.