Traitement de la bronchiolite chez l’adulte
La bronchiolite est une affection respiratoire sérieuse. Bien qu’elle touche principalement les enfants de moins de 2 ans, elle peut aussi apparaître chez l’adulte. Dans ces cas, elle n’est généralement pas mortelle, mais nécessite un traitement rigoureux et multidisciplinaire.
À défaut, elle peut entraîner des complications sévères affectant durablement la qualité de vie.
Qu’est-ce que la bronchiolite ?
La bronchiolite est une inflammation de la muqueuse des voies respiratoires, touchant principalement les bronchioles (petites ramifications des bronches). L’inflammation entraîne un œdème de la muqueuse, ce qui rétrécit partiellement ou totalement la lumière des bronchioles et provoque une insuffisance respiratoire. À mesure que la maladie progresse, les parois des bronchioles s’épaississent, un tissu fibreux se forme, jusqu’à parfois obstruer complètement la voie respiratoire. Cela peut mener à une insuffisance respiratoire et cardiaque progressive.
Classification de la bronchiolite
Il n’existe pas de classification unique de la bronchiolite, plusieurs approches coexistent.
Classification selon la cause
Cette classification repose sur l’étiologie, autrement dit la cause identifiée :
- Bronchiolite post-infectieuse : consécutive à une infection virale ou bactérienne, fréquente chez les enfants.
- Bronchiolite d’inhalation : causée par l’inhalation de vapeurs chimiques, de gaz toxiques (comme les oxydes de carbone ou de soufre), de poussières (organiques ou minérales). Le tabagisme ou l’usage de drogues inhalées comme la cocaïne peuvent aussi en être à l’origine.
- Bronchiolite médicamenteuse : liée à certains médicaments tels que les sels d’or, les céphalosporines, l’amiodarone, la bléomycine ou l’interféron.
- Bronchiolite idiopathique : sans cause clairement identifiée, parfois associée à des maladies pulmonaires ou survenant après une greffe d’organe.
- Bronchiolite oblitérante : associée à des infections comme l’herpès ou le VIH, ou à une atteinte grave par adénovirus chez l’enfant.
Classification selon l’évolution
On distingue deux formes principales :
- Bronchiolite aiguë : généralement d’origine virale ou toxique (gaz), survenant de façon soudaine.
- Bronchiolite chronique : complication d’un traitement insuffisant ou inadapté d’une bronchite aiguë.
Autres classifications selon les manifestations :
- Bronchiolites primaires : formes aiguës, oblitérantes, dues au tabac ou à des poussières, identifiées pour la première fois.
- Bronchiolites secondaires à une maladie pulmonaire : pneumonies, histiocytose pulmonaire, etc.
- Bronchiolites touchant aussi les grosses bronches : comme dans la BPCO ou l’asthme.
Symptômes de la bronchiolite
La maladie débute brutalement ou comme complication d’une bronchite. On observe une fièvre de 38 à 39 °C, une dyspnée marquée (jusqu’à 40 respirations/minute), une respiration superficielle avec mobilisation des muscles accessoires. Le visage est gonflé, le triangle naso-labial bleuté (cyanose). La posture typique est thorax en inspiration avec épaules relevées. Le patient présente une toux sèche, pénible, avec peu d’expectorations. La tension musculaire intercostale et diaphragmatique cause des douleurs thoraciques. Des sifflements expiratoires sont audibles.
Traitement de la bronchiolite
Une hospitalisation est indiquée en cas de forme sévère ou modérée. Le traitement comprend une oxygénothérapie, parfois une ventilation assistée en cas d’aggravation. Il faut assurer une hydratation régulière en petites quantités. La kinésithérapie respiratoire, le drainage postural et le massage par vibrations sont aussi recommandés.
| Classe de médicaments | Nom chimique | Nom commercial | Forme | Posologie |
|---|---|---|---|---|
| Bronchodilatateurs | Aminophylline | Euphylline |
Comprimés, ampoules 5 ml | 10–20 ml en perfusion IV |
| β2-agonistes | Salbutamol | Ventoline | Inhalateur dose 100 µg | 1–2 doses jusqu’à 4 fois/j |
| Phénotérol | Berotec | Inhalateur dose 100 µg | 1–2 doses jusqu’à 4 fois/j | |
Anticholinergiques | Ipratropium bromure | Atrovent | Inhalateur dose 20 µg | Jusqu’à 3 inhalations 3 fois/j |
| Berodual | Inhalateur dose 20 ou 50 µg | 1–2 doses jusqu’à 4 fois/j | ||
| Tiotropium | Spiriva | Poudre, 18 µg | 1 dose par jour | |
| Corticostéroïdes | Fluticasone | Flixotide | Inhalateur (0,125 à 0,5 mg) | 2 fois/j, dose prescrite |
| Budésonide | Budesonide | Solution pour inhalation | Selon indication médicale | |
| Stimulants respiratoires | Cordiame | Cordiame | Gouttes, injectable | 1–2 ml SC ou IM, 2×/j |
| Sulfocamphocaïne | Sulfocamphocaïne | Injection | 2 ml jusqu’à 3×/j | |
| Antitussifs | Codéine | Codéine | Comprimés | Jusqu’à 20 mg 4×/j |
| Mucolytiques | Ambroxol | Ambrobene | Comprimés, sirop | 30 mg jusqu’à 3×/j |
| Acétylcystéine | ACC | Poudre ou comprimés | Jusqu’à 200 mg 3×/j |
Les antibiotiques ne sont prescrits que si une origine bactérienne est confirmée ou si une surinfection s’est développée.
Critères d’efficacité du traitement
Chez l’adulte, la bronchiolite tend à devenir chronique. Le traitement vise à limiter l’insuffisance respiratoire. Dans la majorité des cas, il ne permet pas de restaurer entièrement la fonction pulmonaire, mais d’éviter la progression de la maladie.
Prévention
Un traitement rapide et adapté des bronchites peut éviter l’apparition de la bronchiolite. Le respect des consignes de sécurité sur les lieux de travail exposés et l’arrêt du tabac sont également essentiels pour prévenir cette pathologie.
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