Faut-il se faire opérer d’un varicocèle ?
Le varicocèle est une affection exclusivement masculine, correspondant à une dilatation variqueuse des veines autour des testicules. Il touche principalement le côté gauche, en raison de particularités anatomiques. Cette pathologie peut survenir à tout âge, dès l’enfance jusqu’à l’âge adulte, et reste souvent silencieuse pendant de nombreuses années, n’étant découverte qu’à l’occasion d’un examen médical.
Le varicocèle est fréquent : il est diagnostiqué chez 16 % des hommes, chez 1 à 7 % des jeunes lors de la visite militaire, et jusqu’à 20 % des adolescents de 14–15 ans. Il peut avoir un impact significatif sur la fertilité : 30 à 40 % des hommes infertiles présentent un varicocèle, et chez 40 à 80 % des patients atteints, la fonction de production des spermatozoïdes est altérée.
Diagnostic et classification
Le diagnostic de varicocèle est relativement simple. Un homme peut détecter lui-même une masse dans le scrotum, semblable à une « grappe de raisin ». Un examen médical et une échographie confirment le diagnostic et permettent de déterminer la gravité :
- Stade I : dilatation légère visible uniquement à l’échographie lors d’une manœuvre de Valsalva (contraction abdominale volontaire) ;
- Stade II : les veines dilatées sont visibles sans manœuvre particulière, mais les testicules restent normaux ;
- Stade III : gonflement marqué des veines, atrophie d’un testicule (souvent le gauche), douleurs sourdes dans le scrotum.
Complications possibles
Le système vasculaire des testicules est complexe. Si le varicocèle progresse, l’irrigation du testicule est compromise, ce qui diminue la production et la mobilité des spermatozoïdes, menant à une infertilité. Dans certains cas, cela peut affecter la libido ou entraîner un début de ménopause masculine prématurée.
Est-il possible d’éviter une opération ?
Il n’existe pas de traitement médicamenteux efficace contre le varicocèle. Pendant longtemps, la pratique en Russie était d’opérer systématiquement, mais les approches modernes évoluent. Les spécialistes s’accordent aujourd’hui à dire que le varicocèle ne conduit pas toujours à une atteinte de la fertilité ou à des complications graves.
Autrement dit, si le varicocèle est asymptomatique et n’entraîne ni douleur ni troubles de la fertilité, une opération n’est pas nécessaire. Il convient cependant d’adopter une bonne hygiène de vie : éviter les efforts physiques intenses, lutter contre la constipation, avoir une activité sexuelle régulière, pratiquer une activité physique modérée et surveiller son alimentation.
À un stade léger (stade I), une vie saine peut suffire à stabiliser le problème. Des compléments vitaminiques et des exercices doux sont bénéfiques.
Des méthodes alternatives comme l’aromathérapie, le massage testiculaire doux, des exercices spécifiques (squats, pointes de pieds, étirements) ou les infusions de plantes vasoprotectrices (millepertuis, camomille, châtaignier, écorce de chêne, armoise) peuvent soulager certains symptômes à un stade précoce. Toutefois, leur efficacité n’est pas prouvée scientifiquement, et un suivi médical reste indispensable.
Quand une intervention est-elle indispensable ?
Les urologues recommandent la chirurgie dans les cas suivants :
- douleurs persistantes dans le scrotum ;
- atrophie testiculaire détectée ;
- adolescents présentant un varicocèle de stade II ou III pour prévenir l’infertilité ;
- hommes de moins de 35 ans souffrant d’infertilité avérée.
L’intervention chirurgicale est bien maîtrisée. Elle dure environ 30 minutes, sous anesthésie locale ou générale. Il existe plusieurs techniques :
- la méthode ouverte d’Ivanissevitch (voie abdominale ou inguinale) ;
- la technique microchirurgicale de Marmar, plus précise et moins invasive ;
- la chirurgie endoscopique (laparoscopie).
Les méthodes modernes, comme Marmar ou la laparoscopie, offrent une récupération rapide avec peu de complications. Des effets secondaires comme l’hydrocèle (accumulation de liquide) ou une récidive du varicocèle sont rares et souvent liés à des veines secondaires non repérées lors de l’opération.
En résumé, l’intervention chirurgicale n’est pas automatique. Elle doit être envisagée en cas de douleurs, d’infertilité ou de gêne esthétique. La décision revient au patient, en concertation avec son médecin, selon ses objectifs (fertilité, confort) et son état de santé global.
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