Colonne vertébrale : anatomie, régions et structure
Vue de face, la colonne vertébrale paraît former un axe presque rectiligne au centre du tronc. Vue de profil, elle dessine au contraire plusieurs courbes. Une coupe montre encore autre chose : une masse osseuse antérieure, un arc postérieur et une ouverture centrale. Ces représentations ne se contredisent pas. Chacune révèle une échelle différente de la même architecture.
De la base du crâne jusqu’au bassin, la colonne est une succession de segments osseux articulés. Elle soutient la tête et le tronc, transmet des charges, autorise des mouvements et protège les structures nerveuses qui passent dans le canal rachidien. Ces fonctions reposent moins sur une pièce unique que sur les relations entre vertèbres, disques, facettes, ligaments et muscles.
Comprendre l’anatomie de la colonne vertébrale demande donc de changer plusieurs fois de point de vue. Il faut d’abord lire l’empilement entier, puis isoler une vertèbre et un disque, comparer les cinq régions et, enfin, suivre la moelle et les racines dans le canal. Cette progression donne des repères utilisables sur un schéma de la colonne vertébrale sans transformer l’anatomie en suite de noms à mémoriser.
Architecture d’ensemble
Le rachis relie deux ensembles aux contraintes très différentes : le crâne, mobile au sommet, et le bassin, qui reçoit puis transmet les charges aux membres inférieurs. Entre les deux, chaque niveau contribue à la stabilité générale tout en laissant une mobilité limitée. L’amplitude obtenue par l’addition de petits mouvements peut être importante, alors qu’aucune vertèbre ne se déplace librement.
Empilement et courbures
De face, les corps vertébraux s’alignent les uns au-dessus des autres et les processus épineux occupent approximativement la ligne médiane. Cette vue aide à repérer les déviations latérales, mais elle masque la forme normale dans le plan antéropostérieur. Une colonne saine n’est pas droite de profil : elle présente des courbures qui répartissent les contraintes et placent la tête au-dessus du bassin.
Les lordoses cervicale et lombaire sont convexes vers l’avant. Les cyphoses thoracique et sacrée sont convexes vers l’arrière. Dans ce contexte, parler de la courbure de la colonne vertébrale revient à décrire une géométrie physiologique, pas automatiquement une maladie. Son amplitude varie selon l’âge, la position et l’anatomie de chacun ; seul un examen adapté permet de qualifier une courbure excessive ou insuffisante.
| Vue | Repères visibles | Question résolue |
|---|---|---|
| Vue de face | Axe vertical, symétrie des côtés et succession des régions | Centrage de la colonne dans le plan frontal |
| Vue de profil | Lordoses cervicale et lombaire, cyphoses thoracique et sacrée | Alternance des courbures du crâne au bassin |
| Coupe transversale | Corps antérieur, arc postérieur et foramen central | Position de la partie porteuse et de l’ouverture du canal |
La vue choisie détermine ainsi ce que l’on peut conclure. Un profil renseigne sur les courbures, mais pas sur une déviation latérale. Une coupe détaille une vertèbre à un niveau précis, mais ne montre pas à elle seule la continuité entre le cou et le bassin. Lire un schéma commence par l’identification de ce plan avant toute interprétation des légendes.
Comptage des vertèbres
La question du nombre de vertèbres paraît élémentaire, pourtant deux réponses circulent couramment. Le chiffre 24 désigne les vertèbres qui restent individualisées et mobiles, de la première cervicale à la cinquième lombaire. Le total de 33 à 34 inclut aussi les segments qui ont fusionné dans le sacrum et le coccyx. Ces décomptes ne portent donc pas exactement sur le même objet.
Le total dépend de ce que le mot « vertèbre » désigne dans la phrase. Chez l’adulte, certaines pièces restent mobiles alors que d’autres ont fusionné pour former le sacrum et le coccyx. On peut donc rencontrer les décomptes suivants :
- 24 vertèbres mobiles entre C1 et L5 ;
- 5 vertèbres sacrées fusionnées dans le sacrum ;
- 3 à 5 segments coccygiens, le plus souvent 4 ;
- 33 à 34 segments osseux au total selon la variation du coccyx.
La variabilité concerne surtout l’extrémité coccygienne. Elle n’efface pas l’organisation régionale habituelle : 7 cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires précèdent cinq vertèbres sacrées fusionnées. Les notations C, T, L et S suivies d’un chiffre situent un niveau dans l’une de ces régions. Elles peuvent désigner une vertèbre, un disque voisin ou une racine selon le contexte du document.
Canal rachidien
Chaque vertèbre délimite un foramen vertébral entre son corps, situé en avant, et son arc, situé en arrière. Il ne s’agit pas encore du canal entier. La succession de ces ouvertures construit un canal continu qui accompagne la colonne. Son calibre et sa forme varient selon les niveaux, comme les pièces osseuses qui le bordent.
Sur une coupe, le corps et l’arc délimitent une ouverture centrale. Quand les vertèbres s’empilent, cette géométrie se prolonge dans l’espace et explique à la fois la protection centrale et les passages latéraux.
- Chaque vertèbre délimite un foramen entre son corps et son arc.
- L’empilement aligne ces foramens et forme le canal rachidien continu.
- Deux vertèbres voisines ménagent latéralement des foramens intervertébraux.
- La moelle, ses enveloppes puis les racines nerveuses occupent des niveaux différents de cet espace.
Les foramens intervertébraux sont distincts du grand canal central. Ils se forment latéralement entre les pédicules de deux vertèbres voisines et servent de voies de sortie aux nerfs spinaux. Sur une représentation de profil ou une coupe oblique, ils apparaissent comme une série d’ouvertures séparées, tandis que le canal se poursuit dans l’axe du rachis.
Une colonne normale est courbe de profil, et son canal n’est pas percé d’un seul bloc : il naît de l’alignement des ouvertures vertébrales.
Cette distinction évite deux erreurs de lecture. Une vertèbre isolée possède un foramen, mais elle ne contient pas à elle seule tout le canal. Inversement, une image limitée à un étage ne permet pas de décrire automatiquement l’espace disponible sur toute la hauteur du rachis.
Vertèbres et disques
Une vertèbre dite « type » sert de modèle pour reconnaître les principales pièces osseuses. Aucune région ne reproduit exactement ce modèle : l’atlas, les vertèbres thoraciques ou le sacrum s’en écartent nettement. Il reste néanmoins utile pour comprendre comment un segment mobile porte une charge, délimite le canal et s’articule avec les niveaux voisins.
Corps et arc vertébral
Le corps vertébral porte l’essentiel de la charge dans la partie antérieure de la colonne. Sa surface supérieure et sa surface inférieure rencontrent les plateaux des vertèbres voisines par l’intermédiaire des disques, sauf aux niveaux où cette organisation change, notamment entre l’atlas et l’axis ou dans les pièces fusionnées. Sa taille augmente globalement vers la région lombaire, où les contraintes transmises par le tronc sont plus importantes.
Derrière le corps, deux pédicules et deux lames forment l’arc postérieur. Les pédicules relient directement le corps aux éléments postérieurs. Les lames se rejoignent plus en arrière et ferment une partie du contour osseux. Entre le corps et l’arc se trouve le foramen vertébral, ouverture d’un seul niveau qui participera au canal après empilement.
| Repère | Position | Rôle anatomique |
|---|---|---|
| Corps vertébral | Partie antérieure, entre les disques | Reçoit et transmet une grande part des charges |
| Pédicules | Entre le corps et les éléments postérieurs | Relient le corps à l’arc et bordent les ouvertures latérales |
| Lames | Partie postérieure de l’arc | Ferment le contour osseux derrière le canal |
| Foramen vertébral | Entre le corps et l’arc | Forme un étage du canal rachidien |
Sur une coupe transversale, l’orientation devient immédiate : le corps, plus massif, se place en avant, alors que l’arc et le processus épineux se dirigent vers l’arrière. Cette convention aide à ne pas inverser les côtés. Elle montre aussi pourquoi une atteinte du corps vertébral et une modification d’un élément postérieur n’intéressent pas les mêmes rapports anatomiques.
Processus et facettes
Les processus émergent de l’arc vertébral. Ils donnent des prises aux muscles et aux ligaments, ou portent des surfaces articulaires qui rencontrent la vertèbre voisine. Leur longueur, leur direction et l’orientation des facettes changent d’une région à l’autre. Ces différences contribuent aux mouvements possibles et aux mouvements limités à chaque étage.
L’arc postérieur ne se termine pas par une surface lisse. Ses reliefs servent de points d’insertion ou rencontrent les facettes de la vertèbre voisine, avec une orientation qui varie selon la région. Une vertèbre type porte :
- un processus épineux projeté en arrière ;
- deux processus transverses dirigés latéralement ;
- deux processus articulaires supérieurs portant leurs facettes ;
- deux processus articulaires inférieurs tournés vers la vertèbre sous-jacente.
On compte ainsi sept processus sur le modèle général : un épineux, deux transverses et quatre articulaires. Ce nombre ne signifie pas que toutes les saillies se ressemblent. Dans le thorax, certaines vertèbres portent en plus des facettes costales destinées aux côtes. Au cou, les processus transverses présentent des particularités propres à la région cervicale.
Les facettes articulaires fonctionnent par paires entre niveaux voisins. Elles guident le glissement et s’opposent à certaines amplitudes excessives. Leur orientation n’agit pas seule : la forme du disque, la tension des ligaments, l’action musculaire et la cage thoracique modifient également la mobilité réelle.
Disque intervertébral
Entre deux corps vertébraux mobiles se trouve habituellement un disque intervertébral. Sa partie périphérique comprend un anneau fibreux organisé en couches dont les fibres changent d’orientation. Au centre se trouve un noyau pulpeux riche en eau. Cette organisation permet au disque de se déformer sous la charge sans se comporter comme une simple poche liquide.
Le disque participe à la hauteur du segment et à la répartition des pressions entre deux corps vertébraux. Quand le tronc se penche, tourne ou reçoit une charge, les contraintes changent de localisation. L’anneau, le noyau, les plateaux vertébraux et les articulations postérieures participent ensemble à cette transmission. Le mot « amortisseur » donne une intuition utile, mais il devient trompeur s’il fait oublier les facettes et les ligaments. Il n’y a d’ailleurs pas de disque entre toutes les pièces nommées vertèbres : on n’en trouve pas entre C1 et C2, les segments du sacrum sont fusionnés chez l’adulte et le coccyx ne reproduit pas la même succession d’étages mobiles.
Une pression appliquée au tronc ne traverse pas un seul matériau. Dans un segment mobile, les pièces osseuses et fibrocartilagineuses se déforment à des degrés différents, tandis que les facettes et les ligaments limitent certains déplacements.
- Le corps vertébral supérieur reçoit une partie de la charge transmise par le tronc.
- Le disque répartit la pression entre son anneau fibreux et son noyau pulpeux.
- Les facettes postérieures guident le mouvement pendant que les ligaments en limitent l’amplitude.
- Le corps vertébral inférieur reçoit une charge redistribuée par l’ensemble du segment.
La stabilité du rachis ne vient pas de pièces soudées : chaque segment répartit les charges entre corps vertébraux, disque, facettes et ligaments.
La composition d’un disque évolue avec l’âge et les sollicitations. Cette évolution n’autorise pas à promettre sa « régénération » par un aliment, un exercice ou une procédure unique. L’anatomie explique les relations entre les pièces ; elle ne suffit pas à choisir un traitement ni à interpréter une image sans symptômes et examen clinique.
Cinq régions vertébrales
Les os de la colonne vertébrale ne forment pas de simples tranches numérotées. Leur forme reflète les structures auxquelles ils se rattachent et les contraintes qu’ils transmettent. Le rachis cervical porte le crâne, les vertèbres thoraciques s’articulent avec les côtes, les lombaires reçoivent une part importante des charges du tronc, le sacrum relie la colonne au bassin et le coccyx reçoit des insertions terminales.
Les limites entre régions apparaissent sur une vue complète grâce aux changements de taille, d’orientation et d’articulation. Elles permettent aussi de lire les notations anatomiques : C1 à C7 pour le cou, T1 à T12 pour le thorax, L1 à L5 pour les lombaires, puis les segments sacrés et coccygiens fusionnés.
Rachis cervical
Le nombre de vertèbres cervicales est habituellement de sept. Elles forment la partie la plus haute du rachis et se distinguent par une grande mobilité. Leur taille relativement réduite ne signifie pas qu’elles ont peu de fonctions : elles soutiennent la tête, guident les mouvements du cou et entourent le canal à proximité du tronc cérébral. Leurs processus transverses comportent des ouvertures propres à cette région, les foramens transversaires.
Les deux premières cervicales s’écartent fortement du modèle général. L’atlas porte le crâne sans corps vertébral classique et forme un anneau. Sous lui, la dent de l’axis sert de pivot à la rotation. Cette articulation explique une partie importante des mouvements de la tête, tandis que les étages cervicaux inférieurs associent corps, disques et facettes selon une organisation plus proche de la vertèbre type.
| Région | Nombre habituel | État | Relation distinctive |
|---|---|---|---|
| Cervicale | 7 vertèbres | Mobiles, avec C1 et C2 spécialisées | Crâne et mouvements du cou |
| Thoracique | 12 vertèbres | Mobiles au sein de la cage thoracique | Articulations avec les côtes |
| Lombaire | 5 vertèbres | Mobiles, corps plus volumineux | Transmission des charges du tronc |
| Sacrée | 5 segments | Fusionnés dans le sacrum | Liaison avec les os du bassin |
| Coccygienne | 3 à 5 segments | Généralement fusionnés | Insertions musculaires et ligamentaires |
Le tableau montre une progression de relations, pas une hiérarchie de robustesse. La grande mobilité cervicale, l’ancrage thoracique et la masse lombaire répondent à des environnements différents. Une région n’est pas mieux conçue qu’une autre ; chacune appartient à la continuité mécanique du rachis.
Rachis thoracique
Les douze vertèbres thoraciques occupent la partie postérieure du thorax. Chaque niveau se rapporte à une paire de côtes, avec des variations aux extrémités de la région. Les articulations costovertébrales et la cage thoracique influencent l’amplitude des mouvements. Cette région garde une mobilité réelle, mais son comportement ne peut pas être comparé directement à celui du cou.
Entre le cou et les lombaires, les vertèbres ne fonctionnent pas seules : elles participent à la paroi postérieure du thorax. Cette relation avec les côtes modifie leurs surfaces articulaires et encadre leurs mouvements. La région thoracique présente notamment :
- des facettes destinées aux articulations avec les côtes ;
- une cyphose physiologique convexe vers l’arrière ;
- des processus épineux souvent longs et inclinés ;
- une mobilité influencée par les côtes et les articulations costovertébrales.
Les facettes costales permettent de reconnaître une vertèbre thoracique isolée. Leur disposition change selon le niveau, tout comme celle des processus et des surfaces articulaires. Une illustration simplifiée peut ne montrer qu’un modèle moyen ; les premières et dernières thoraciques possèdent des traits de transition avec les régions voisines.
Rachis lombaire
Le nombre de vertèbres lombaires est habituellement de cinq. Elles se reconnaissent à des corps vertébraux plus volumineux dans la région lombaire. Cette masse répond à la transmission des charges du tronc vers le sacrum. Les processus épineux sont généralement plus courts et plus épais que dans la région thoracique, et les facettes s’orientent selon une géométrie qui favorise certains mouvements tout en limitant la rotation.
La lordose lombaire place les corps vertébraux selon une courbe convexe vers l’avant. Le disque entre deux niveaux, les facettes postérieures et les ligaments travaillent dans cette géométrie. Dire que les lombaires « portent le poids » ne signifie pas que toute la charge traverse seulement leurs corps : muscles, abdomen, bassin et appuis modifient en permanence sa distribution.
La jonction lombosacrée constitue un changement de direction et de mobilité. Elle relie la dernière vertèbre lombaire à la base inclinée du sacrum. Sur un schéma de profil, ce passage aide à identifier la fin de la colonne mobile et l’entrée dans l’anneau pelvien.
Sacrum
Le sacrum est une pièce triangulaire formée par cinq vertèbres sacrées fusionnées. Sa base se situe sous L5 et son sommet se poursuit vers le coccyx. De chaque côté, ses surfaces s’articulent avec les os iliaques au niveau des articulations sacro-iliaques. Il appartient donc à la fois à la continuité de la colonne et à l’architecture du bassin.
Le sacrum transmet les charges au bassin plutôt que de prolonger simplement l’empilement vertical. Ses ouvertures antérieures et postérieures laissent passer des branches nerveuses, tandis que le canal sacré prolonge le canal rachidien. Les traces de fusion restent visibles sous forme de reliefs et de lignes, même lorsque les segments ne bougent plus comme des vertèbres lombaires.
La fusion augmente la cohérence de cette pièce entre les deux côtés du bassin. Elle ne rend toutefois pas toute la région immobile : les articulations lombosacrée et sacro-iliaques conservent chacune une mobilité limitée dans un ensemble fortement stabilisé par les ligaments.
Coccyx
Sous le sacrum, le coccyx forme l’extrémité inférieure de la colonne. Il comprend trois à cinq segments coccygiens, le plus souvent quatre, généralement fusionnés à des degrés variables. Sa petite taille et l’absence de vertèbres mobiles typiques ne le rendent pas anatomiquement inutile.
Le coccyx sert de point d’attache à des muscles et des ligaments, notamment dans la région du plancher pelvien. Il participe aussi aux appuis lorsque le corps est assis selon la position du bassin. Ces relations expliquent pourquoi il vaut mieux le considérer comme une zone d’insertion terminale que comme un simple vestige détaché du fonctionnement corporel.
Après avoir reconnu les différences de forme, le lecteur peut vérifier la continuité verticale sur une vue de profil. Les zones de transition se repèrent par la structure qui rejoint la colonne : crâne, côtes puis bassin.
- Partez de C1 sous le crâne et suivez les sept vertèbres cervicales.
- Repérez ensuite les douze vertèbres thoraciques liées aux côtes.
- Descendez vers les cinq vertèbres lombaires aux corps plus volumineux.
- Reconnaissez le sacrum fusionné entre la colonne mobile et les os du bassin.
- Terminez au coccyx, petite extrémité segmentée sous le sacrum.
Du cou au coccyx, la forme change avec les liaisons à assurer : porter le crâne, rejoindre les côtes, transmettre les charges au bassin ou recevoir des insertions terminales.
Les cinq régions forment donc un trajet continu, mais elles ne répètent pas cinq fois la même vertèbre. Le passage de l’une à l’autre modifie les proportions, les articulations et la mobilité. Une légende régionale devient vraiment informative lorsqu’elle est rapprochée de ces différences concrètes.
Moelle et racines nerveuses
La colonne vertébrale et la moelle épinière n’ont pas la même longueur. Le canal osseux protège des tissus nerveux sans être rempli par une moelle uniforme jusqu’à son extrémité. À sa partie supérieure, la moelle prolonge le tronc cérébral. Elle donne naissance à des racines segmentaires, puis se termine dans la région lombaire haute chez l’adulte. Plus bas, le canal contient surtout des racines qui descendent vers leur niveau de sortie.
Cette différence entre contenant osseux et contenu nerveux est essentielle sur une coupe ou une imagerie. Le canal continue dans le sacrum alors que la moelle elle-même s’est déjà terminée. Les méninges, le liquide et les racines ne cessent pas tous au même niveau.
Moelle dans le canal
La moelle épinière est un cordon du système nerveux central. Elle transmet des informations motrices, sensitives et autonomes entre le cerveau et de nombreuses parties du corps, tout en participant à des circuits réflexes. Elle est entourée de méninges et de liquide cérébrospinal dans le canal, lui-même bordé par les vertèbres, les disques et les ligaments.
Les racines naissent de part et d’autre de la moelle. Une racine antérieure transporte principalement des commandes motrices vers la périphérie, tandis qu’une racine postérieure apporte principalement des informations sensitives vers la moelle. Elles se réunissent ensuite pour former un nerf spinal mixte. La structure observée change donc de nom avec sa position et son organisation.
| Structure | Niveau général | Forme | Suite du trajet |
|---|---|---|---|
| Moelle épinière | Du tronc cérébral à la région lombaire haute | Cordon nerveux continu | Donne naissance aux racines segmentaires |
| Cône terminal | Habituellement vers L1-L2 chez l’adulte | Extrémité effilée de la moelle | Se prolonge par le filum terminale et laisse descendre les racines |
| Queue de cheval | Sous le cône dans le canal lombosacré | Faisceau de racines séparées | Chaque racine rejoint son niveau de sortie |
| Nerf spinal | À proximité d’un foramen intervertébral | Réunion brève des racines motrice et sensitive | Se divise en rameaux vers le tronc ou les membres |
Le tableau décrit une continuité anatomique, pas quatre organes indépendants alignés bout à bout. Les racines commencent le long de la moelle, puis certaines doivent parcourir une distance croissante dans le canal parce que la colonne osseuse et la moelle n’ont pas la même longueur à l’âge adulte.
Cône terminal
La moelle se termine habituellement vers L1-L2 chez l’adulte, sous la forme d’une extrémité effilée appelée cône terminal. Ce niveau présente des variations individuelles et ne se déduit pas d’un repère cutané. La formulation « vers L1-L2 » indique une localisation habituelle, pas une frontière identique chez tout le monde.
Les racines poursuivent leur trajet plus bas et forment un faisceau de racines appelé queue de cheval. Elles descendent dans le canal avant de gagner le foramen qui correspond à leur niveau. Cette disposition rappelle une gerbe de fibres et explique son nom. Il ne s’agit ni d’une seconde moelle ni d’un espace vide.
Sous l’extrémité de la moelle, le canal reste occupé ; il n’est simplement plus traversé par le même cordon nerveux compact. Les éléments qui poursuivent leur trajet dans la région lombosacrée comprennent :
- des racines lombaires qui descendent vers leur niveau de sortie ;
- des racines sacrées et coccygiennes réunies avec elles dans la queue de cheval ;
- le filum terminale qui contribue à l’ancrage de l’extrémité médullaire ;
- les méninges et le liquide qui continuent d’entourer les racines dans une partie du canal.
Le canal rachidien continue sous L1-L2, mais la moelle épinière elle-même s’y termine habituellement ; plus bas cheminent surtout les racines de la queue de cheval.
Cette distinction anatomique a une conséquence pratique pour le vocabulaire. Une structure située dans le canal lombaire bas n’est pas nécessairement « la moelle ». Un compte rendu peut parler du sac dural, de la queue de cheval, d’une racine ou d’un foramen ; chacun de ces termes situe un rapport différent.
Sortie des nerfs
Les nerfs spinaux relient le canal au reste du corps par les ouvertures latérales. Une racine n’est pas encore le nerf complet : la racine antérieure et la racine postérieure se rejoignent à proximité du foramen. Après cette réunion, le nerf se divise rapidement en rameaux qui desservent des territoires différents.
La représentation des foramens intervertébraux comme voies de sortie montre des ouvertures bordées par deux vertèbres voisines, à proximité du disque et des articulations postérieures. Leur forme change selon le niveau et la position. Une image anatomique révèle ces rapports, mais elle ne permet pas de relier seule une variation à un symptôme ; cette interprétation demande le contexte clinique.
La continuité entre système nerveux central et périphérie se fait par de courts faisceaux organisés. À proximité de la moelle, les informations motrices et sensitives empruntent encore des racines distinctes avant de partager un même passage osseux.
- Une racine antérieure transporte principalement les commandes motrices hors de la moelle.
- Une racine postérieure conduit vers la moelle les informations sensitives provenant de la périphérie.
- Les deux racines se réunissent brièvement pour former un nerf spinal.
- Le nerf traverse un foramen intervertébral puis se divise en rameaux destinés au tronc ou aux membres.
Il existe 31 paires de nerfs spinaux, réparties selon les régions cervicale, thoracique, lombaire, sacrée et coccygienne. Leur numérotation ne suit pas partout exactement la même relation avec la vertèbre voisine : les nerfs cervicaux sont nommés selon une convention différente de celle appliquée sous la région cervicale. Cette particularité explique pourquoi huit paires cervicales coexistent avec seulement sept vertèbres cervicales.
Une légende nerveuse doit donc être lue en distinguant le niveau osseux, la racine et le nerf après sa sortie. Le même chiffre ne suffit pas toujours à dire quelle structure est montrée. L’orientation de la coupe et les mots employés dans la légende tranchent cette ambiguïté.
Lire un schéma du rachis
Avant de suivre une flèche ou une légende, repérez l’échelle du dessin. Une colonne entière montre les régions et les courbures. Une vertèbre isolée distingue le corps, l’arc et les processus. Deux vertèbres avec leur disque représentent un segment mobile. Une coupe du canal se concentre sur la moelle, les racines et leurs enveloppes.
Pour orienter un schéma du rachis, il faut d’abord choisir l’échelle : colonne entière, vertèbre isolée, segment mobile ou contenu du canal.
Vérifiez ensuite le plan de vue, puis placez l’avant et l’arrière grâce au corps vertébral et au processus épineux. Enfin, séparez le contenant osseux de son contenu nerveux : un foramen appartient à une vertèbre, le canal résulte de leur alignement, la moelle se termine habituellement dans la région lombaire haute et les racines poursuivent leur chemin plus bas. Cette méthode suffit à retrouver les principaux repères sans attribuer à une image anatomique une conclusion clinique qu’elle ne peut pas donner seule.
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