Dosage de la testostérone : indications et préparation

Le dosage de la testostérone permet d'évaluer la fonction gonadique masculine, d'identifier hypogonadisme, infertilité ou désordres hormonaux et d'orienter la prise en charge médicale.

Le dosage de la testostérone chez l’homme peut révéler de nombreuses affections. Pour détecter des anomalies congénitales ou acquises, il est nécessaire de réaliser une analyse sanguine de la testostérone. Le dosage de la testostérone est particulièrement important en cas de troubles de la fonction sexuelle et d’infertilité.

Un trouble de la sécrétion de testostérone chez l’homme influence le développement pubertaire et peut entraîner ultérieurement de nombreuses pathologies. Le dosage de la testostérone dans le sang permet de prévenir les conséquences graves liées à une production insuffisante ou excessive de cet hormone essentielle.

Dosage sanguin de la testostérone

La testostérone est une hormone stéroïde mâle importante, sécrétée chez l’homme par les testicules, et chez la femme par le cortex surrénalien et les ovaires. Cette hormone est responsable de la puberté, du développement des caractères sexuels secondaires et de la fonction sexuelle normale. En cas de dysfonctionnement du système sexuel masculin, il convient de réaliser un dosage de la testostérone.

Effets de la testostérone sur l’organisme

Dans le sang, l’hormone peut être sous forme libre ou liée aux protéines. L’action androgène de la testostérone s’exerce dès la vie intra-utérine. À la puberté, chez les garçons, la testostérone influence les caractères sexuels secondaires (pilosité corporelle, morphologie), le développement des organes génitaux et participe au comportement sexuel. Chez l’homme, cette hormone maintient le fonctionnement normal de l’appareil reproducteur, stimule la production de spermatozoïdes et influence la libido et la performance sexuelle.

À l’adolescence (à partir de 13 ans environ), le taux de testostérone augmente sensiblement. On observe alors le changement de la voix, un épaississement de la peau du visage et une activité accrue des glandes sébacées pouvant conduire à l’acné. Avec l’âge, après 60 ans, le taux d’hormone diminue d’environ 50 %.

Par ailleurs, la testostérone influence le développement osseux et musculaire, participe à la régulation des glandes sébacées et sudoripares, intervient dans la production des globules rouges (érythropoïèse) et stimule la synthèse protéique musculaire (effet anabolisant). Elle agit aussi sur l’humeur en favorisant la sécrétion de neurotransmetteurs liés au bien-être.

Les hommes présentant une carence en testostérone peuvent présenter un développement de type plus féminin. Le dosage sanguin peut indiquer le profil de développement hormonal, mais ce n’est pas la seule indication au test.

Indications du dosage de testostérone

Chez les garçons prépubères, le dosage sert à distinguer un développement pubertaire vrai d’un développement pubertaire précoce ou pseudopubertaire.

Chez l’homme adulte, le dosage de la testostérone est prescrit dans les situations suivantes :

  • diagnostiquer un hypogonadisme primaire ou secondaire ;
  • infertilité ;
  • baisse de la libido ;
  • troubles de la fonction sexuelle (baisse de la puissance, andropause) ;
  • prostatite chronique ;
  • acné sévère ;
  • ostéoporose ;
  • alopécie ;
  • obésité ;
  • anomalies chromosomiques (syndrome de Klinefelter avec troubles du développement sexuel) ;
  • tumeurs testiculaires ;
  • insuffisance hypophysaire entraînant un retard de croissance (hypopituitarisme) ;
  • diminution du taux de la protéine SHBG (albumine qui lie les hormones sexuelles).

Matériel pour le dosage de la testostérone

Pour réaliser le test, une ponction veineuse est pratiquée. Le sang est prélevé en tubes et les données d’identification du patient (pièce d’identité, sexe, âge) sont consignées. Si le patient suit un traitement hormonal, il doit l’indiquer sur l’ordonnance d’analyse. L’analyse est réalisée sur sérum.

Préparation au prélèvement

Pour déterminer le jour et l’heure optimaux du prélèvement, il est nécessaire de consulter un médecin. Le taux de testostérone varie selon l’heure de la journée (il est plus élevé le matin et diminue en fin de journée) et selon les saisons (augmentation observée en automne).

La prise d’hormones ou de barbituriques peut augmenter les taux, tandis que la consommation d’alcool, de digitaliques (digoxine), de neuroleptiques (notamment phénothiazines) et de diurétiques peut les diminuer.

Les variations se produisent également avec une alimentation végétarienne, le jeûne ou une élévation de la température corporelle. Le prélèvement se fait à jeun. Avant le prélèvement, il faut éviter :

  • Le tabagisme (au moins une heure avant).
  • les situations stressantes.
  • l’effort physique intense.
  • Facteurs influençant le taux hormonal.
  • Les résultats sont généralement disponibles en quelques heures.

Interprétation des résultats

Chez l’homme, les valeurs normales de la testostérone totale se situent entre 2,6 et 11 ng/ml.

Pour la testostérone libre, chez les hommes de moins de 20 ans, les valeurs normales en sérum vont de 0,2 à 42,5 pg/ml; chez les hommes de 20 à 59 ans les valeurs sont comprises entre 6,6 et 30,0 pg/ml; après 60 ans, entre 4,9 et 21,6 pg/ml.

Un taux de testostérone supérieur à la normale peut être observé en cas :

  • de puberté précoce.
  • de tumeurs du cortex surrénal.
  • de tumeurs exogonasales d’origine germinale.
  • de maladie de Cushing.
  • d’hyperplasie surrénalienne.
  • d’une diminution du SHBG.

Une diminution du taux de testostérone est observée dans les situations suivantes :

  • syndrome de Down;
  • obésité;
  • prostatite chronique;
  • insuffisance des gonades;
  • insuffisance hépatique;
  • urée élevée (urémie);
  • cryptorchidie;
  • syndrome de Klinefelter;
  • syndrome de Kallmann;
  • hypogonadisme primaire et secondaire;
  • myotonique dystrophie;
  • retard de la puberté;
  • insuffisance rénale.
Dr. Samuel Richard
Radiologue
richard@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu'est-ce que le dosage de la testostérone et pourquoi le réalise-t-on ?
Le dosage de la testostérone mesure la concentration de cette hormone stéroïde dans le sang afin d'évaluer la fonction testiculaire et l'équilibre hormonal. Il est réalisé pour investiguer infertilité, baisse de libido, troubles de la puberté, suspicion d'hypogonadisme ou pour le suivi de traitements hormonaux.
Comment se préparer au prélèvement pour le test de la testostérone ?
Le prélèvement se fait à jeun, de préférence le matin car les taux sont plus élevés à ce moment. Il faut éviter le tabac une heure avant, limiter l'effort physique et le stress, et informer le laboratoire des traitements en cours (hormonothérapie, médicaments influents) pour une interprétation précise.
Quel type d'échantillon est prélevé et comment se déroule le test ?
Le test nécessite une prise de sang veineuse réalisée en tubes spécifiques; le sérum est ensuite analysé en laboratoire. Le technicien enregistre les données du patient (identité, âge, sexe) et le résultat est généralement disponible en quelques heures selon l'organisation du laboratoire.
Quelles valeurs sont considérées comme normales pour la testostérone chez l'homme ?
La testostérone totale normale chez l'homme se situe en général entre 2,6 et 11 ng/ml. Les valeurs de testostérone libre varient selon l'âge : moins de 20 ans 0,2–42,5 pg/ml, 20–59 ans 6,6–30,0 pg/ml, et au-delà de 60 ans 4,9–21,6 pg/ml. Ces plages peuvent légèrement varier selon les laboratoires et la méthode utilisée.
Quels facteurs peuvent fausser les résultats du dosage ?
De nombreux facteurs influencent la mesure : moment de la journée, saison, prise de certains médicaments (hormones, barbituriques), consommation d'alcool, diurétiques, médicaments cardiaques et neuroleptiques, état nutritionnel, efforts physiques ou stress aigu. Informer le prescripteur et le laboratoire de ces éléments est essentiel pour une interprétation fiable.
Que signifie un taux élevé ou bas de testostérone ?
Un taux élevé peut indiquer une puberté précoce, des tumeurs surrénaliennes ou gonadiques, ou une diminution du SHBG. Un taux bas peut résulter d'hypogonadisme primaire ou secondaire, d'obésité, de maladies chroniques (hépatique, rénale), de syndromes génétiques ou d'effets médicamenteux. Le bilan clinique guide les examens complémentaires.
Faut-il répéter le test et dans quelles conditions ?
Si un résultat est anormal, il est habituel de répéter le dosage à un autre moment, idéalement le matin et à jeun, pour confirmer l'anomalie. Le médecin peut demander des bilans hormonaux complémentaires (FSH, LH, SHBG, prolactine) et des examens d'imagerie selon le contexte clinique avant de poser un diagnostic définitif.
Quelle prise en charge si le dosage révèle une anomalie ?
La conduite à tenir dépend de la cause suspectée : orientation vers un endocrinologue, un urologue ou un spécialiste de la fertilité, réalisation d'examens complémentaires (hormonaux, génétiques, imagerie) et, si nécessaire, discussion des options thérapeutiques qui peuvent aller de la correction des facteurs réversibles au traitement hormonal substitutif sous surveillance médicale.