Comprendre l'INR : définition, calcul et plages cibles
Lorsque la maladie impose la prise chronique de médicaments visant à modifier les propriétés rhéologiques du sang, il faut effectuer une analyse INR du sang. Il s’agit d’un indicateur qui mesure la vitesse de formation d’un caillot. Ce paramètre est nécessaire au contrôle médical afin d’évaluer l’adéquation du traitement.
Une valeur INR dans la fourchette cible indique que les posologies sont correctement ajustées. Si les valeurs sont trop élevées ou trop basses, la posologie des médicaments est corrigée.
Cet examen permet de prémunir les patients contre les complications liées à la prise d’anticoagulants.
Essence de l’examen
La valeur normale de l’INR n’est pas déterminée directement mais calculée mathématiquement. Pour que l’interprétation de l’analyse soit correcte, on utilise les grandeurs suivantes :
- le temps de prothrombine (composant du bilan de coagulation) ;
- la valeur moyenne de l’indice de prothrombine ;
- l’ISI (indice de sensibilité du thromboplastine).
Pour le calcul de l’INR, l’indice de sensibilité du thromboplastine (ISI) est indiqué dans la notice du réactif. La valeur moyenne normale du temps de prothrombine est de 11 à 16 secondes. Le temps de prothrombine se détermine à partir de la coagulogramme. Après les calculs nécessaires on obtient le chiffre exact du rapport de prothrombine. Que signifient ces chiffres ? En pratique, le médecin dispose de données précises sur la coagulation sanguine. L’analyse INR permet d’éliminer les erreurs qui pourraient fausser le résultat de l’examen.
La prothrombine appartient aux protéines impliquées dans la coagulation. Ce composant est le précurseur de la thrombine, qui participe directement à la formation du caillot. L’analyse INR permet également d’évaluer le fonctionnement du foie et du système digestif et de dépister à temps certaines pathologies. L’examen est important pour l’évaluation de l’hémostase.
De nombreux spécialistes privilégient le test INR car il répond aux standards internationaux. Ainsi, quel que soit le pays, le patient peut bénéficier d’un ajustement des doses des médicaments affectant la coagulation. L’interprétation du test aide à contrôler l’efficacité des traitements des pathologies liées à la formation de caillots (embolie pulmonaire, infarctus du myocarde, thrombose, etc.).
Interprétation de l’examen
Le principe d’interprétation est le suivant : plus la valeur de l’INR est élevée, plus le sang est anticoagulé (fluide). La valeur normale chez les personnes ne prenant pas d’anticoagulants se situe entre 0,8 et 1,15. Lors d’un traitement préventif pour fibrillation auriculaire, la cible est généralement de 1,5–2,0. Pour la prévention des thromboses ou le traitement des pathologies thrombotiques, la plage cible est de 2,0–3,0. Lors du traitement des embolies des artères principales, la cible peut être de 3,0–4,0. Pour la prévention des thromboses après chirurgie, la cible est souvent de 3–4,5.
Des valeurs dans la plage cible indiquent un traitement adapté. Si le test révèle une valeur supérieure à la normale, la posologie devra être réduite pour éviter le risque de saignement. Si les valeurs sont trop basses, la dose d’anticoagulant doit être augmentée pour prévenir la formation de caillots.
Augmentation des valeurs
Si l’interprétation du test montre des valeurs élevées, notamment chez des personnes sous anticoagulants, cela signifie que la coagulation est trop ralentie et qu’il existe un risque de saignement. Une correction posologique est nécessaire. Si les valeurs sont élevées chez des personnes qui ne prennent pas de médicaments anticoagulants, cela peut indiquer un risque de pathologie ou un trouble congénital du système de coagulation.
Chez les patients présentant une INR élevée, on peut observer des maladies hépatiques, des troubles d’absorption intestinale (notamment des lipides), des problèmes de transport de la bile du foie vers le duodénum. Le test peut orienter le médecin vers un état pré-infarctus ou un infarctus du myocarde. Dans certains cas, une élévation peut évoquer des tumeurs malignes ou des hémopathies malignes. Chez les nouveau-nés, une INR élevée signale une pathologie hémorragique néonatale.
Si le test montre une élévation marquée (valeurs très élevées), le patient nécessite une hospitalisation urgente car il existe un risque de saignement interne ou externe. Cela concerne particulièrement les patients souffrant d’ulcère, d’hypertension artérielle, d’insuffisance rénale ou cardiaque.
Diminution des valeurs
Si, chez un patient sous anticoagulant, l’INR est trop bas, il faut augmenter la posologie, sinon le traitement sera inefficace. Des valeurs basses peuvent également être observées en cas de troubles congénitaux de la coagulation. Chez la femme, l’INR peut diminuer pendant la grossesse ou après l’accouchement.
Une baisse de l’INR peut survenir après un traumatisme ou en cas de nécrose tissulaire : dans ce cas, du thromboplastine tissulaire est libérée massivement dans la circulation. Des valeurs basses sont aussi observées en cas de déficit en prothrombine (congénital ou acquis) ou de carence en vitamine K, élément essentiel de la coagulation sanguine.
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