Interprétation des dosages hormonaux : guide pratique
Analyse sanguine des hormones
Lors de divers problèmes et maladies, l’examen du matériel biologique fournit de nombreuses informations ; ainsi, lorsqu’on effectue une analyse sanguine des hormones, il est nécessaire de comprendre qu’il existe plusieurs substances de nature différente. Elles occupent une place particulière dans l’organisme humain : une variation de la concentration d’une hormone dans le sang peut indiquer des modifications dans le fonctionnement de l’organisme.
À quoi peuvent conduire des écarts par rapport à la norme de la concentration d’une hormone dans le sang ? Lorsqu’il y a un écart par rapport à la normale, on peut constater des changements simultanés sur plusieurs plans. Parmi ces changements figurent l’état de la peau, des troubles de l’activité normale, un mauvais état général, ainsi que des problèmes des cheveux et des ongles.
Les perturbations hormonales et les dysfonctionnements du système hormonal affectent négativement l’état général de la personne : de la fatigue inexpliquée, des vertiges et d’autres symptômes peuvent apparaître. En consultant un médecin, il vous sera nécessaire de passer des examens après lesquels le spécialiste pourra poser un diagnostic et prescrire un traitement.
Facteurs influençant la concentration des substances dans le sang
Il convient également de noter que la concentration de ces substances dans le sang peut varier à différents moments de la vie. Quels facteurs influencent ces variations ? La prise de médicaments, le stress ou des émotions fortes. Un effort physique excessif a un effet sur la variation de la concentration hormonale. Pour les femmes, il est aussi très important de savoir à quel jour du cycle elle fait l’analyse, car selon la période du cycle les valeurs peuvent changer.
Types de substances hormonales
Comme déjà indiqué, il existe plusieurs types d’hormones ; une variation de leurs valeurs entraîne des troubles de fonctionnement des systèmes de l’organisme. Le bon fonctionnement de chaque système dépend de la coopération de tous les systèmes vitaux. Les hormones aident l’organisme à accomplir les tâches qui lui sont assignées. Examinons quelques hormones principales et leurs caractéristiques. En cas de problèmes thyroïdiens, lors de la prescription des analyses le médecin prescrira également le dosage de la TSH.
Hormone lutéinisante
La LH — hormone lutéinisante — est produite par l’hypophyse. Cette substance influence le fonctionnement du système sexuel. Elle stimule la production d’autres hormones, tant chez la femme que chez l’homme. La valeur de cette hormone change constamment : ces variations dépendent notamment de l’ovulation chez la femme. Durant l’ovulation sa concentration est la plus élevée, puis elle diminue. Il est normal que la LH soit diminuée chez la femme enceinte. La valeur normale de cette hormone s’apprécie par rapport à son rapport avec un autre hormone, la FSH.
Quand peut-on prescrire le dosage de la LH ? Parmi les indications on trouve :
- absence totale d’ovulation ;
- hyperpilosité excessive ;
- modification de la libido ;
- absence de règles ou autres anomalies du cycle ;
- troubles du développement sexuel, qu’il soit trop précoce ou retardé ;
- incapacité à porter un enfant ;
- retard de croissance chez les adolescents ;
- anomalies du développement des organes génitaux externes ou internes ;
- contrôle de l’efficacité d’un traitement hormonal.
Quant aux valeurs normales de cette hormone, il faut comprendre qu’elles varient selon l’âge et le sexe. En général, la valeur la plus basse se rencontre chez les enfants de moins de 11 ans. Valeurs de référence de la LH dans le sang :
- Enfants : LH de 0,03 à 3,9 mUI/mL — norme.
- Hommes : norme de 0,8 à 8,4 mUI/mL.
Chez la femme c’est plus complexe. La norme se situe entre 0,9 et 72 mUI/mL. Le pic maximal est atteint lors de l’ovulation ou après la ménopause. Pendant la phase folliculaire la normale est de 1,1 à 8,7 mUI/mL, pendant la phase lutéale de 0,9 à 14,4 mUI/mL.
Une diminution ou une augmentation par rapport à ces normes peut indiquer la présence de troubles ou de pathologies.
Hormone folliculo-stimulante
La FSH — hormone folliculo-stimulante — stimule la formation des follicules. Lorsque sa valeur atteint son maximum, l’ovulation survient. Une caractéristique de cette hormone est qu’elle est sécrétée par impulsions. Lors de ces pics la concentration de FSH augmente environ trois fois. Ces décharges se produisent à intervalles variables, pouvant aller d’une à quatre heures, et chaque pic dure environ un quart d’heure.
Il est très important de surveiller le rapport entre la LH et la FSH. La valeur normative est d’environ 1 : c’est le cas avant les règles. Dans d’autres moments du cycle ce rapport peut varier entre 1 et 1,5.
Les indications pour doser la FSH sont similaires à celles pour la LH. Les recommandations médicales indiquent d’éviter les activités sportives intenses trois jours avant l’analyse et de ne pas fumer une heure avant la procédure. Le prélèvement se réalise à jeun et le patient doit être dans un état calme et équilibré.
Valeurs approximatives :
- Enfants : en moyenne 0,3 à 6,7 mUI/mL ;
- Hommes : 1,0 à 11,8 mUI/mL ;
- Femmes : phase folliculaire 1,8–11,3 mUI/mL ; ovulation 4,9–20,4 mUI/mL ; phase lutéale 1,1–9,5 mUI/mL ; postménopause 31–130 mUI/mL.
Un écart par rapport à la normale peut indiquer des pathologies nécessitant un traitement.
Thyréostimuline (TSH)
La TSH — hormone thyréotrope — stimule la production des hormones thyroïdiennes. Cette substance favorise également l’absorption de l’iode par la thyroïde à partir du sang. La TSH stimule la synthèse des hormones thyroïdiennes T3 (triiodothyronine) et T4 (thyroxine). Ces hormones jouent un rôle important dans le métabolisme, le fonctionnement sexuel, le système gastro-intestinal et le système cardiovasculaire. Elles sont également essentielles au bon fonctionnement du système nerveux. Ces dosages sont souvent réalisés conjointement avec d’autres analyses de la thyroïde.
En ce qui concerne les règles générales pour le dosage de la TSH, il est important de se rappeler qu’il se fait à jeun. Comme pour les autres dosages hormonaux, le tabac et la consommation d’alcool la veille sont à éviter, de même que les exercices sportifs intenses.
La valeur de référence de la TSH dans l’organisme est généralement considérée comme se situant entre 0,4 et 4,0 mUI/L.
Les symptômes associés aux écarts de la TSH peuvent inclure :
- insomnie ;
- fatigue, manque d’énergie ;
- chez la femme enceinte, un léger épaississement de la région cervicale peut survenir ;
- ralentissement psychomoteur ;
- élévation possible de la température corporelle ;
- maux de tête ;
- hypertension ;
- pouls accéléré ;
- œdèmes cutanés ;
- augmentation excessive de l’appétit.
Chez les femmes enceintes, des écarts de la TSH par rapport à la norme ne sont pas toujours considérés comme pathologiques et ne nécessitent pas systématiquement un traitement. Cela s’explique par les modifications hormonales naturelles de la grossesse.
Un niveau de TSH trop élevé ou trop bas est anormal pour l’organisme. En cas de légers écarts, un traitement médical global peut être mis en place pour améliorer l’état du patient et réduire les symptômes. Le traitement doit être réalisé sous la surveillance et la conduite d’un endocrinologue. Différentes méthodes thérapeutiques peuvent être utilisées, traditionnelles ou complémentaires, mais le suivi médical est indispensable.
Comment effectuer correctement un dosage hormonal ?
Il faut comprendre que l’analyse sanguine des hormones est un examen dont le résultat peut être fortement influencé par la manière dont la personne s’est préparée, par ses activités et son alimentation précédentes. Pour obtenir des résultats fiables et objectifs, il est nécessaire de suivre les recommandations et conseils des spécialistes. Comment préparer l’examen, notamment pour la TSH ? Les recommandations médicales sont les suivantes :
- Quelques jours avant l’examen, adopter un mode de vie calme ; éviter les efforts physiques et les tensions émotionnelles.
- La préparation inclut également l’arrêt des mauvaises habitudes — tabac et alcool.
- Réaliser le prélèvement le matin, à jeun.
- Il est souhaitable d’éviter la prise de médicaments la veille ; si l’arrêt est impossible, il faut absolument en informer le médecin. Cela concerne particulièrement tout médicament hormonal.
- En cas de malaise ou de symptômes d’infection, il est préférable de reporter l’examen.
- Quant au moment par rapport aux règles, il est recommandé d’effectuer l’examen après le début des règles, généralement du 5ᵉ au 7ᵉ jour du cycle.
Ces examens doivent être réalisés dans un état calme et sain. En respectant toutes les recommandations ci-dessus, il est possible d’obtenir un résultat fiable et objectif, qui facilitera, si nécessaire, un traitement rapide et efficace. Le traitement est basé sur des médicaments choisis individuellement pour chaque patient. Une approche personnalisée augmente les chances d’un bon résultat thérapeutique.
Une mesure préventive consiste en un bilan médical annuel, qui permet de détecter précocement des anomalies et des écarts des concentrations hormonales.
Nouveau commentaire