Guide pratique du dosage sanguin de l'hCG pendant la grossesse
Le dosage sanguin de l’hCG est une procédure indispensable. Il fait partie du suivi de la grossesse. Cet examen spécifique est utilisé à tout trimestre, mais il est préférable de le réaliser durant le premier. Le résultat renseigne sur le développement du fœtus. La précision des résultats dépend de la façon dont et du nombre de semaines de grossesse auxquelles il est effectué.
Caractéristiques de la gonadotrophine chorionique
L’hCG (gonadotrophine chorionique) désigne la mesure de la gonadotrophine chorionique, une hormone spécifique sécrétée par l’embryon pendant la grossesse. Le taux de cette hormone dans le plasma sanguin indique la présence d’une nouvelle vie et les changements à venir chez la femme.
En raison de la sécrétion de cette hormone spécifique, les signes suivants apparaissent :
- les règles régulières s’interrompent;
- l’activité des systèmes sécréteurs augmente pour soutenir la croissance et le développement du fœtus.
L’hCG participe à l’adaptation de l’organisme féminin à la grossesse, contribuant au maintien de l’embryon et prévenant l’interruption de la grossesse.
Grâce à ce dosage, il est possible de détecter une grossesse à un stade précoce, car la concentration dans les urines ou le sang augmente rapidement.
Composants de l’hormone chorionique
La gonadotrophine se compose d’unités alpha et bêta spécifiques. Les unités alpha sont toujours présentes chez la femme. Les sous-unités alpha sont produites par l’hypophyse et peuvent être observées chez l’homme comme chez la femme. C’est pourquoi, lors d’un dosage précoce, le médecin peut se tromper si l’activité de cette partie du système endocrinien est élevée chez la patiente. Aux trimestres suivants, l’hCG permettra d’affirmer avec précision la présence du fœtus dans l’utérus.
Les structures bêta sont produites uniquement durant la grossesse, en raison de la structure du chorion. Cette structure protéique est sécrétée par l’embryon et peut être détectée dans les urines et dans le sang. C’est la sous-unité bêta qui entraîne l’augmentation de la production de progestérone, stimule le développement des glandes mammaires et la formation du colostrum, prépare l’organisme à l’accouchement et favorise la croissance du fœtus.
Au bout d’une dizaine de semaines, le chorion se transforme progressivement en placenta et l’hormone circule en permanence dans l’organisme de la future mère, contribuant au maintien de la grossesse.
Indications du dosage
Plusieurs facteurs prédéterminés indiquent la nécessité de cet examen :
- une aménorrhée prolongée ou des règles irrégulières;
- la suspicion de grossesse, dès la première semaine;
- le dépistage d’une évolution pathologique (menace d’accouchement prématuré, grossesse extra-utérine, risque de fausse couche), ou la recherche d’anomalies du développement en association avec les dosages d’estriol et d’AFP.
Le médecin généraliste ou un spécialiste des tumeurs peut prescrire un dosage de l’hCG en raison d’éventuelles néoplasies issues des tissus embryonnaires, ou de tumeurs des ovaires, et chez l’homme des testicules.
Le dosage est systématiquement réalisé chez toutes les femmes enceintes entre 12 et 18 semaines de grossesse. Il sert au suivi de la grossesse et si l’interprétation révèle des anomalies sévères, une interruption volontaire de grossesse peut être envisagée à ce stade.
Les délais précis pour réaliser un premier ou un contrôle secondaire du dosage sont déterminés par le gynécologue, en fonction des antécédents de la patiente.
Préparation et réalisation de l’examen
Le dosage sanguin de l’hCG est effectué exclusivement en laboratoire. Les patientes doivent être informées des conditions de préparation à l’examen. Le résultat est généralement disponible après quelques jours.
Comme il s’agit d’un examen de niveau ‘complexe’, l’interprétation doit être réalisée uniquement par des spécialistes expérimentés et qualifiés. Étant donné que le médecin peut se tromper, il est nécessaire de prendre en compte toutes les particularités du cas diagnostiqué. Tout facteur peut influencer les résultats, y compris des éléments auparavant négligés.
Particularités de la préparation
- Le prélèvement doit être effectué à jeun.
- Il doit s’écouler au moins 7 à 8 heures depuis la dernière prise alimentaire.
- L’examen se déroule de préférence le matin.
- Il est formellement recommandé d’éviter de fumer, de consommer de l’alcool, ainsi que les situations de stress ou les efforts excessifs en raison de leurs effets négatifs sur l’organisme.
Le non-respect de ces consignes peut fausser l’interprétation et conduire à des résultats erronés.
Approche technique du prélèvement sanguin
L’étude de la gonadotrophine chorionique nécessite le recours au plasma, obtenu par prélèvement d’une veine périphérique. Le sang est ensuite centrifugé afin de séparer les cellules du plasma. L’analyse et l’interprétation sont réalisées à l’aide de réactifs diagnostiques. Le délai d’obtention du résultat dépend des équipements du laboratoire ou du centre de diagnostic.
Valeurs de référence
Chez l’homme et la femme, une valeur jusqu’à 5 mU/ml est considérée comme normale. Tout dépassement de cette valeur, en particulier durant la grossesse, nécessite une interprétation spécifique. L’interprétation s’appuie sur des tableaux établissant les valeurs attendues selon les semaines de grossesse. Tout écart est examiné au cas par cas.
Lorsque le placenta se forme, cette période est considérée comme un ‘pic’ où il est possible de déterminer avec précision la concentration d’hCG dans le plasma.
Les valeurs se normalisent après 14 semaines de grossesse et restent proches des valeurs indiquées dans les tableaux. Un taux élevé d’hormone durant la grossesse peut indiquer :
- des malformations du fœtus, notamment le syndrome de Down, l’hypoxie, ou l’hypoplasie d’organes;
- une prééclampsie de la première moitié de la grossesse;
- une possible grossesse gémellaire;
- des erreurs dans la datation de la grossesse.
Il est donc nécessaire d’effectuer un nouveau dosage de la gonadotrophine et de recourir à l’échographie. Cela réduit le risque d’erreur médicale. Le test urinaire est la méthode de confirmation aux premiers stades et il est le plus efficace durant le premier mois de grossesse. Le dosage sanguin réalisé ce mois-là peut permettre de détecter des risques de fausse couche et d’autres causes d’avortements spontanés.
Erreurs diagnostiques
Dans certains cas, l’interprétation et le résultat peuvent être erronés.
Possibilité de résultat faussement positif
En l’absence de grossesse, un résultat faussement positif peut survenir pour plusieurs raisons :
- une production excessive de gonadotrophine par l’hypophyse, pouvant témoigner d’un adénome ;
- une réaction croisée avec des substances de structure proche de l’hCG;
- les suites d’un traitement de l’infertilité impliquant des préparations contenant de la gonadotrophine ;
- des tumeurs des organes génitaux féminins.
Si le dosage révèle un taux élevé alors que l’échographie n’indique pas de grossesse, le médecin peut prescrire des investigations complémentaires :
- le dosage de l’hCG dans les urines ;
- un scanner abdominal ;
- un essai thérapeutique sous contraceptifs hormonaux, si indiqué.
Faux négatif et causes
Si la grossesse est avérée mais que le taux d’hCG est bas et s’écarte des valeurs attendues, cela peut correspondre à un faux négatif lié à un délai trop précoce pour le dosage.
Le médecin peut prescrire un nouveau dosage quelques semaines plus tard et réaliser une échographie pelvienne.
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