Interprétation de la NFS chez l'enfant : guide pratique
La numération formule sanguine chez l’enfant peut révéler la présence de diverses maladies. Il est donc recommandé, à des fins préventives, de faire réaliser périodiquement une NFS pour l’enfant. Cela permet de prévenir des pathologies graves en les dépistant précocement.
L’interprétation des résultats doit être faite par un médecin expérimenté, qui tirera des conclusions et prescrira un traitement en cas d’anomalies.
Il est également important de prendre en compte différents facteurs susceptibles d’influencer les valeurs : fractures, interventions chirurgicales, médicaments administrés, etc. Des valeurs normales de la NFS sont le signe d’un bon état de santé. Au final, le médecin obtient des paramètres précis qui reflètent la proportion des éléments sanguins suivants :
- hémoglobine ;
- leucocytes ;
- érythrocytes, etc.
Préparation au prélèvement
Il faut préparer l’enfant à la prise de sang pour la NFS. Il est conseillé de se rendre à l’hôpital le matin. Chez le nouveau-né, le prélèvement se fait au début sur les capillaires du talon, puis plus tard au bout des doigts. Si un bilan biochimique est requis, le prélèvement se fait au niveau veineux.
Le prélèvement se pratique à jeun. Toutefois, un adulte peut supporter plus facilement le jeûne que l’enfant ; c’est pourquoi de nombreux parents se demandent s’il est possible de nourrir l’enfant avant de se rendre au laboratoire.
Le matin, les érythrocytes peuvent être légèrement augmentés, mais les médecins en tiennent compte et ajustent leur interprétation en conséquence.
Le repas pris avant la NFS peut toutefois modifier certains paramètres : après avoir mangé, le nombre de leucocytes peut augmenter. C’est pourquoi les médecins recommandent de ne pas nourrir l’enfant avant le prélèvement. Cependant, pour les nourrissons, il ne faut pas les privier de leur repas. Un bébé doit être nourri à l’heure prévue : le jeûne est un stress pour lui.
Une situation stressante, comme la douleur ou la peur, peut fausser les résultats. Avant le rendez-vous, il est donc utile de préparer l’enfant moralement. Expliquez-lui que l’analyse est pour son bien et qu’il ressentira une petite piqûre. En guise de récompense, on peut proposer une petite surprise après l’examen afin qu’il coopère.
Interprétation
Après la NFS, différents paramètres sont fournis et doivent être interprétés par le médecin. Voici la liste de ces paramètres :
- Hémoglobine. C’est la protéine qui assure le transport de l’oxygène vers tous les organes.
- Érythrocytes. Ils contiennent l’hémoglobine.
- Indice de couleur (ou indice de saturation), qui montre à quel point les érythrocytes sont riches en hémoglobine.
- Réticulocytes, qui sont de nouveaux érythrocytes. Leur nombre renseigne sur l’activité de la moelle osseuse et, indirectement, sur la fonction rénale.
- Leucocytes. Ils reflètent l’état du système immunitaire et permettent de détecter des infections virales ou bactériennes. L’interprétation des leucocytes aide à distinguer les types d’infections chez l’enfant ; des valeurs de référence existent.
- Neutrophiles segmentés, correspondant aux neutrophiles matures engagés dans la lutte contre les bactéries.
- Neutrophiles en bâtonnets, neutrophiles immatures. Leur augmentation traduit souvent une inflammation aiguë ou une infection bactérienne.
- Éosinophiles, qui interviennent contre les protéines étrangères : ils participent aux réactions allergiques, luttent contre les parasites, favorisent la cicatrisation et s’opposent parfois aux néoplasies.
- Basophiles. Comme les autres leucocytes, ils interviennent dans la réponse aux antigènes. Leur augmentation peut orienter vers une infection virale ou d’autres états dysimmunitaires.
- Plaquettes, responsables de la coagulation sanguine.
- Monocytes. Ils phagocytent les cellules mortes et les bactéries ; leur augmentation peut être observée dans les infections chroniques ou certaines pathologies hématologiques.
- Vitesse de sédimentation (VS). Cet indice augmente en cas d’inflammation chez l’enfant.
Écarts par rapport à la normale
Souvent, les résultats de la NFS comportent, en regard des valeurs du enfant, les valeurs de référence. L’interprétation permet d’évaluer l’état de santé. Les écarts traduisent des perturbations pathologiques et doivent être mis en relation avec le tableau clinique. Voici quelques exemples :
- Hémoglobine. Une valeur élevée peut indiquer une déshydratation : elle survient souvent après vomissements ou diarrhée, ou lorsque l’enfant ne boit pas suffisamment. Un taux bas traduit une anémie, fréquemment liée à une carence en fer ou en vitamines.
- Érythrocytes. Une diminution peut être liée à une mauvaise alimentation, une leucémie ou une maladie auto-immune. Une augmentation évoque la déshydratation, des maladies cardiaques ou vasculaires.
- Leucocytes. Une élévation oriente vers des processus inflammatoires purulents, comme une bronchite ou une sinusite, ou vers des hémopathies. Une baisse des leucocytes est souvent observée dans les infections virales (grippe, rougeole) ou sous chimiothérapie.
- Indice de couleur. Des valeurs élevées peuvent traduire une insuffisance cardiaque ou une déshydratation ; un indice bas évoque une anémie ou une insuffisance rénale.
- Neutrophiles. Une augmentation signale une infection bactérienne (angine, pneumonie, septicémie), tandis qu’une baisse est plus typique des infections virales.
- Éosinophiles. Leur élévation peut indiquer une infestation parasitaire intestinale, une tuberculose, ou des troubles hématologiques ; une diminution se voit souvent dans les infections purulentes.
- Monocytes. Leur augmentation se voit dans certaines infections virales, fongiques ou parasitaires et dans des affections du système hématopoïétique ; leur baisse peut être observée dans les infections aiguës purulentes et l’anémie.
- Basophiles. Leur augmentation se rencontre lors de réactions allergiques, d’anémies ou de certaines leucémies.
- Lymphocytes. Leur augmentation survient lors d’infections virales ; leur diminution peut évoquer une anémie, des atteintes rénales, une tuberculose ou une néoplasie.
- Plaquettes. Elles peuvent augmenter en cas d’inflammation et diminuer en cas d’infection ou d’atteinte médullaire.
Tous ces seuls paramètres ne suffisent pas toujours à affirmer un diagnostic précis ; le médecin doit confronter les résultats de la NFS aux symptômes et aux autres données cliniques. En présence d’anomalies, des examens plus approfondis sont fréquemment nécessaires.
Faut-il s’alarmer ?
Beauxoup de parents s’inquiètent fortement en découvrant des écarts à la normale chez leur enfant. Toutefois, il ne faut pas céder à la panique systématique : si l’enfant présente des signes cliniques sévères, son état général se dégrade et les anomalies seront manifestes. Si l’enfant se porte bien malgré un écart isolé, cela ne signifie pas forcément une maladie grave. La NFS permet d’évaluer l’hémoglobine, l’hydratation, la nature probable d’une infection (virale ou bactérienne), la présence d’un processus inflammatoire ou l’état du système immunitaire.
Prélèvements chez le nouveau-né
Le prélèvement sanguin peut être réalisé pour le dépistage à partir de l’âge de 3 mois afin de prévenir une carence en fer et pour évaluer l’état de santé avant des vaccinations. Si des anomalies héréditaires sont suspectées dans la famille, un test peut être pratiqué plus tôt. Le prélèvement chez le très jeune enfant est stressant ; il convient donc que les parents distraient et rassurent l’enfant pour limiter l’impact de ce stress.
Les parents sont parfois déconcertés par les résultats car ils ne maîtrisent pas ces paramètres. L’interprétation par un médecin permet de comprendre la signification des chiffres. Ainsi, la NFS fournit des informations essentielles pour prévenir et détecter de nombreuses maladies chez l’enfant.
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