À quelle fréquence passer une IRM : recommandations cliniques

L'IRM est un examen de référence en neurodiagnostic. Sa fréquence dépend des indications cliniques : en général 1–2 fois/an pour certaines pathologies, sinon au cas par cas selon l'évolution.
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L’imagerie par résonance magnétique (ou IRM) est aujourd’hui l’une des méthodes de neuroimagerie les plus précises, fondée sur le phénomène de résonance magnétique nucléaire. C’est une méthode clé pour le diagnostic des maladies neurologiques de tout type, pour laquelle on réalise des examens IRM du cerveau et de la moelle épinière.

Les méthodes modernes de diagnostic reposent sur des phénomènes physiques complexes, qui peuvent dérouter le patient non initié aux subtilités de la physique nucléaire ou de la théorie de la résonance magnétique. Et comme tout le monde sait que des examens fréquents comme les radiographies ou la tomodensitométrie peuvent entraîner certains risques, cette prudence se transpose aussi à d’autres techniques. L’IRM fait elle aussi l’objet d’interrogations. De plus, elle est souvent confondue avec la tomodensitométrie (scanner), qui utilise des rayons X et dont les usages répétés peuvent être nocifs pour la santé.

Il est difficile de répondre de façon catégorique à la question de la fréquence des IRM : d’une part, aucun effet nocif avéré lié à l’IRM n’a été consigné de façon claire dans la pratique médicale courante. D’autre part, l’exposition à des champs magnétiques de haute fréquence pourrait théoriquement influencer l’organisme humain, et l’absence d’effets observés jusqu’à présent ne garantit pas qu’il en sera toujours ainsi. Les champs magnétiques et les ondes radio sont considérés comme sûrs, mais il est recommandé d’éviter de placer un téléphone portable directement sur le corps.

Par ailleurs, les médias diffusent parfois des informations alarmistes sur les champs géomagnétiques, les orages magnétiques solaires et leurs effets, informations qui sont souvent peu fondées mais troublent les personnes sensibles aux rumeurs. Par conséquent, la décision sur la fréquence des IRM doit revenir au médecin, qui l’établira en fonction de l’état du patient et des indications médicales.

La procédure d’IRM peut être éprouvante et déclencher chez certains patients des troubles psychologiques. Le fait d’être placé à l’intérieur d’un appareil fermé provoque chez les personnes souffrant de claustrophobie un fort malaise pouvant évoluer vers une crise d’angoisse et aggraver l’état général.

Contre-indications à l’IRM

Les patients porteurs de stimulateurs cardiaques ne doivent pas être exposés à cet examen en raison du risque de dysfonctionnement de l’appareil. S’agissant de l’effet des champs magnétiques sur le fœtus, il n’existe pas de données définitives, c’est pourquoi la grossesse est considérée comme une contre-indication à partir du troisième trimestre. Plus précisément, l’IRM n’est recommandée que si le bénéfice pour la mère l’emporte sur le risque potentiel pour l’enfant. Parmi les autres contre-indications catégoriques figurent :

  • la présence d’implants plastiques ou métalliques dans le corps du patient;
  • la nécessité d’une surveillance physiologique continue du patient;
  • la présence d’implants dans la région de l’oreille moyenne ou de pathologies ORL;
  • la période post-opératoire après une intervention sur une hernie discale lorsque des fixations métalliques ont été posées;
  • la présence d’un appareil Ilizarov ferromagnétique, susceptible de fausser l’imagerie du fait de l’interaction avec les champs magnétiques.

L’examen de la moelle épinière (ou du rachis, comme le disent souvent les patients) est prescrit dans les cas suivants :

  • en cas de traumatisme du rachis avec suspicion d’atteinte de la moelle;
  • suspicion de hernie discale;
  • mise en évidence de signes de myélopathie;
  • suspicion de sclérose en plaques.

À quelle fréquence passer une IRM ?

La fréquence recommandée des examens pour la sclérose en plaques et la myélopathie est d’une à deux fois par an. Pour les hernies discales, si le diagnostic est posé et qu’aucune manifestation neurologique n’apparaît, un contrôle tous les deux à trois ans peut être suffisant. Cependant, certains cas nécessitent des réexamens répétés :

  • après des efforts physiques intenses ayant entraîné une aggravation de l’état;
  • apparition de manifestations neurologiques (déficits) telles que une faiblesse musculaire ou une diminution du tonus, en particulier au niveau pelvien;
  • si le patient a subi un traumatisme du rachis;
  • lorsqu’un suivi est requis dans le cadre d’une prise en charge par un thérapeute manuel et que des données d’imagerie sont nécessaires pour orienter le traitement.

Bien que la méthode elle-même soit non nocive, l’IRM peut être source d’inconfort pour le patient : durée (jusqu’à 1 heure), niveau sonore élevé et nécessité de rester immobile longtemps dans le tunnel de l’appareil rendent l’examen subjectivement pénible pour certains sujets.

Sur le plan clinique, les informations fournies par l’IRM peuvent se recouper avec celles d’autres examens, de sorte que le praticien peut estimer qu’un nouvel examen n’est pas nécessaire si toutes les données requises sont déjà disponibles. Il n’est donc généralement pas utile de répéter des IRM trop fréquemment. En règle générale, l’évolution anatomique du corps ne justifie pas plus de deux IRM par an sauf indication médicale particulière.

Dr. Samuel Richard
Radiologue
richard@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu'est-ce que l'IRM et en quoi diffère-t-elle d'un scanner ?
L'IRM (imagerie par résonance magnétique) utilise des champs magnétiques et des ondes radio pour obtenir des images détaillées des tissus sans recourir aux rayons X, contrairement au scanner. Elle ne comporte pas d'irradiation ionisante et permet d'étudier finement le cerveau, la moelle et les structures molles, ce qui est un avantage majeur pour le suivi des pathologies neurologiques.
Y a-t-il un risque à passer une IRM fréquemment ?
À ce jour, aucun risque sérieux directement attribué à l'IRM n'a été établi dans la pratique clinique courante, mais l'usage répété doit rester motivé par une indication médicale. Les champs magnétiques peuvent théoriquement avoir des effets, aussi la décision de répéter un examen doit être prise par le médecin en fonction du bénéfice attendu et de l'état du patient.
Peut-on faire une IRM pendant la grossesse ?
La grossesse est en général considérée comme une précaution, notamment à partir du troisième trimestre. L'IRM n'est réalisée que si le bénéfice pour la mère dépasse le risque potentiel pour le fœtus. Chaque situation doit être évaluée au cas par cas, et les médecins prescrivent l'examen uniquement si les informations attendues sont nécessaires au traitement.
Les patients porteurs d'un stimulateur cardiaque peuvent-ils passer une IRM ?
Les stimulateurs cardiaques constituent une contre-indication fréquente à l'IRM en raison du risque d'interférence et de dysfonctionnement. Certains dispositifs récents sont dits "IRM compatibles", mais cela nécessite une vérification précise du modèle et une décision concertée entre cardiologue et radiologue avant tout examen.
À quel âge peut-on réaliser une IRM chez l'enfant ?
L'IRM peut être réalisée chez l'enfant si l'indication est posée et si la coopération est suffisante. Dans la pratique, elle est souvent possible à partir d'un âge où l'enfant peut rester immobile (souvent autour de sept ans), mais pour les plus jeunes un accompagnement spécifique ou une anesthésie sédative peut être envisagé selon le contexte clinique.
Dans quels cas faut-il répéter une IRM rapidement ?
Un réexamen rapproché est justifié en cas d'apparition ou d'aggravation de signes neurologiques (déficits moteurs ou sensitifs, troubles sphinctériens), après un traumatisme du rachis, suite à un effort physique ayant déclenché une aggravation, ou lorsque le suivi d'une prise en charge thérapeutique nécessite des données d'imagerie pour réorienter le traitement.
Comment se déroule l'examen et combien de temps dure-t-il ?
L'IRM se déroule allongé sur une table d'examen, la tête ou la région à étudier étant positionnée dans la bobine dédiée. L'examen peut durer jusqu'à une heure selon les séquences, est bruyant et exige une immobilité prolongée. Des séquences en mode couleur et spectral permettent d'affiner l'analyse anatomique et hémodynamique selon l'indication.
Que faire si une anomalie est détectée à l'IRM ?
Si l'IRM révèle une anomalie significative, le patient est orienté vers le spécialiste approprié (neurologue, neurochirurgien, orthopédiste ou autre) pour décider de la prise en charge. Des examens complémentaires (angio-CT, angio-IRM, ou bilans biologiques) ou une approche thérapeutique médicale ou interventionnelle peuvent être recommandés selon la nature de la lésion.