Guide pratique : comprendre le MCHC dans l'analyse sanguine

Le MCHC renseigne sur l'efficacité des globules rouges à transporter l'hémoglobine. Ce guide détaille les normes selon l'âge, les causes d'anomalies, les symptômes et les mesures correctrices.
Écouter la version audio

Lorsque le patient est hospitalisé pour traitement, la première chose prescrite est souvent une prise de sang. Cette méthode simple et la plus courante d’examen de laboratoire peut fournir de nombreuses informations sur l’état de santé du patient, notamment la quantité et la qualité des différents éléments sanguins. Toutefois, il arrive parfois que des termes ou des notions inconnus apparaissent dans les résultats, par exemple l’indicateur MCHC. Qu’est-ce que c’est ? Que peut-il signaler au médecin traitant ? Pourquoi le mesurer ?

Objectif de la mesure du MCHC

Comme indiqué précédemment, lors d’un examen de laboratoire le spécialiste calcule le nombre et détermine la composition qualitative des principaux composants du sang. Parmi eux :

  • les érythrocytes ;
  • les leucocytes ;
  • les thrombocytes.

L’indicateur MCHC renseigne sur l’état des érythrocytes dans le sang du patient. Cet indice aide à évaluer la quantité d’hémoglobine que peuvent transporter les globules rouges de la personne examinée.

En substance, l’analyse déterminant le MCHC est très importante. Le transport de l’hémoglobine vers les tissus et les organes est l’une des fonctions essentielles des érythrocytes. Par conséquent, l’efficacité des érythrocytes conditionne l’état général de l’organisme.

Le niveau de MCHC ne peut être déterminé que par une prise de sang. L’interprétation des résultats donne une idée de la qualité de l’hémoglobine présente dans le système circulatoire du patient.

Souvent, en même temps que l’orientation pour un dosage du MCHC, le médecin prescrit un examen du volume globulaire moyen (VGM). Il est également possible de mesurer la quantité d’hémoglobine transportée par chaque cellule individuelle.

Tous ces examens aident les médecins à déterminer l’efficacité des globules rouges et à savoir s’ils remplissent correctement leurs fonctions.

Quelles sont les valeurs normales pour ce paramètre

Le dosage sanguin du MCHC est réalisé sur prescription médicale. L’unité de mesure de cet indicateur est le gramme par litre. La norme varie en fonction de l’âge du patient. Le sexe joue également un rôle non négligeable.

Normes pour les enfants

Jusqu’à 12 ans, la valeur normale du MCHC est identique pour les garçons et les filles. De la naissance aux premières semaines, elle se situe aux alentours de 280–350 g/l.

Si la prise de sang a été réalisée chez un nourrisson âgé de quelques semaines à quatre mois, cet indicateur augmente légèrement. La valeur acceptable est alors d’environ 370 g/l. Ce niveau de MCHC doit se maintenir jusqu’à l’âge de 12 ans.

Enfants plus âgés

Après 12 ans, les valeurs du MCHC diffèrent entre filles et garçons. La limite acceptable ne doit pas dépasser 360 g/l chez les filles et 380 g/l chez les garçons.

Cette différence s’explique par les modifications du profil hormonal et l’apparition des règles chez les adolescentes. En raison des pertes sanguines, le dosage peut indiquer une baisse du taux.

Normes pour les adultes de 18 à 45 ans

Durant cette période, les valeurs du MCHC tendent à s’équilibrer. Chez les femmes comme chez les hommes, la fourchette considérée comme normale se situe entre 320 et 360 g/l.

Après 45 ans, l’analyse peut montrer des valeurs diminuées. Ce phénomène est plus fréquent chez les femmes et s’explique par le ralentissement de la régénération cellulaire et par le vieillissement général de l’organisme.

Causes principales d’un MCHC bas ou élevé

Si l’analyse sanguine révèle une augmentation ou une diminution du MCHC, il convient d’en rechercher la cause. Parfois, cela alerte le médecin sur des maladies invisibles à un stade précoce.

Causes d’un indicateur bas

Si l’interprétation du bilan montre un taux réduit, il faut considérer les problèmes suivants :

  • présence d’inflammations en cours dans l’organisme ;
  • déficit en liquide corporel (déshydratation) ;
  • toute forme d’anémie ;
  • facteur héréditaire lié à une petite taille des érythrocytes.

Causes d’un indicateur élevé

Si l’interprétation indique une augmentation du MCHC, il convient d’envisager les facteurs suivants :

  • habitudes de vie délétères (tabac, alcool) ;
  • carence en vitamine B ;
  • prise de traitements hormonaux.

Par ailleurs, un taux élevé peut signaler des pathologies graves telles que certains cancers ou une myxœdème. Lors d’examens complémentaires, on découvre parfois des troubles de la moelle osseuse ou des dysfonctionnements hépatiques.

Une prise prolongée de sédatifs peut aussi entraîner une hausse du MCHC. Parfois, on observe une destruction aiguë d’une portion des globules rouges, provoquant des pertes sanguines importantes et une anémie.

Types d’anémies influençant le MCHC

L’anémie est l’une des affections les plus fréquemment responsables d’une variation du MCHC. Quels sont les types d’anémies concernés ?

Un type d’anémie est lié à des pathologies de la lignée érythrocytaire. Ces troubles sont souvent diagnostiqués chez des patients exposés à des radiations. Ce type d’anémie peut aussi être observé chez des personnes atteintes de gastrite ou de maladie pulmonaire obstructive chronique.

Un second type d’anémie découle d’un dysfonctionnement splénique. La rate est responsable de l’élimination des érythrocytes usés et de leur recyclage. Chez certains sujets, l’activité splénique est excessive, conduisant à une hyperplasie splénique. Dans ce syndrome, les globules rouges meurent prématurément et les nouveaux ne se forment pas suffisamment, provoquant une diminution du MCHC.

Un troisième type d’anémie touche principalement les femmes en âge de procréer. Il est souvent lié à des règles abondantes. On y inclut également les anémies résultant de pertes de sang dues à des ulcères gastriques ou intestinaux.

Les erreurs possibles lors du dosage du MCHC

Oui, une erreur est possible. La fiabilité de toute analyse de laboratoire peut être affectée par plusieurs facteurs :

  • le respect de l’asepsie lors du prélèvement ;
  • la qualité et la fraîcheur des réactifs employés ;
  • des réglages inappropriés de l’analyseur.

Il est également important de prendre en compte la méthode de prélèvement. Parfois, le sang est prélevé à l’aide d’une seringue ; durant cette procédure, la structure cellulaire peut être altérée, ce qui fausse les résultats.

Comment augmenter le MCHC

Avant tout, il convient d’ajuster l’alimentation et le mode de vie du patient. Le repos et une alimentation équilibrée sont indispensables. Il faut prêter une attention particulière aux aliments suivants :

  • pommes ;
  • grenades ;
  • foie ;
  • viande.

Après une période de correction, il est nécessaire d’effectuer un nouveau contrôle pour évaluer l’évolution du MCHC.

Parfois, l’organisme révèle le développement d’une anémie par certains signes. En voici les principaux :

  • faiblesse générale ;
  • fatigabilité rapide ;
  • lassitude ;
  • somnolence.

Si ces symptômes persistent, il est recommandé de consulter un médecin. Celui-ci prescrira les examens nécessaires et proposera un traitement adapté afin de prévenir d’éventuelles complications.

Dr. Samuel Richard
Radiologue
richard@tonpharmacien.fr
Contacter l'auteur

Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu'est-ce que le MCHC et quelle information apporte-t-il dans une numération formule sanguine ?
Le MCHC (concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine) mesure la quantité moyenne d'hémoglobine contenue dans un globule rouge. Il renseigne sur la qualité du transporteur d'oxygène et oriente le diagnostic vers différents types d'anémies ou de troubles de la production médullaire.
Quelles sont les valeurs normales du MCHC selon l'âge et le sexe ?
Les valeurs normales varient selon l'âge et le sexe : chez l'enfant elles évoluent durant la première année, puis se stabilisent. Pour les adultes de 18 à 45 ans, la plage habituelle se situe autour de 320 à 360 g/l. Des différences mineures existent entre hommes et femmes, surtout autour de la puberté et chez les femmes en âge de procréer.
Quelles situations entraînent une baisse du MCHC et quelles en sont les conséquences cliniques ?
Un MCHC bas peut résulter d'inflammations, de déshydratation, de différentes formes d'anémie ou de facteurs héréditaires liés à la taille des globules rouges. Cliniquement, cela peut se traduire par une fatigue marquée, une faiblesse et une tolérance à l'effort réduite, nécessitant des bilans complémentaires.
Quelles sont les causes possibles d'un MCHC élevé et que faut-il investiguer ?
Un MCHC élevé peut être lié à des habitudes de vie nocives, une carence en vitamine B, la prise de traitements hormonaux ou des pathologies plus graves comme certains cancers ou troubles hépatiques. Le médecin réalisera des examens complémentaires pour éliminer ou confirmer ces hypothèses.
Comment se déroule l'exploration supplémentaire si le MCHC est anormal ?
En cas d'anomalie du MCHC, le clinicien combine l'interprétation avec d'autres paramètres (VGM, numération des réticulocytes, bilan martial). Des examens complémentaires peuvent inclure des dosages vitaminiques, un bilan hépatique, une imagerie ou une exploration de la moelle osseuse selon le contexte clinique.
Que puis-je faire pour corriger un MCHC faible par des mesures simples au quotidien ?
Pour améliorer un MCHC bas, il est recommandé d'adopter une alimentation équilibrée riche en fer et en vitamines du groupe B, d'assurer un repos suffisant et d'éviter les habitudes nocives. Suivez les conseils de votre médecin et réalisez un contrôle sanguin après quelques semaines pour évaluer l'efficacité des mesures.