Bronchiolite oblitérante : repérage, bilan et prise en charge
La bronchiolite est une atteinte inflammatoire des bronchioles, accompagnée d’un trouble de leur perméabilité. On distingue plusieurs formes classées selon l’étiologie. Parmi elles, la plus préoccupante est la bronchiolite oblitérante chronique, d’origine virale ou bactérienne.
Classification
- Bronchiolite post-infectieuse, provoquée par des virus. C’est la forme la plus fréquente chez l’enfant.
- Bronchiolite médicamenteuse. Elle peut être due à des médicaments tels que les céphalosporines, l’interféron, la pénicillamine. Rare chez l’enfant.
- Bronchiolite d’inhalation, résultant de l’action, sur les voies respiratoires, de gaz et de vapeurs acides. Le tabagisme, y compris passif chez l’enfant, peut également en être la cause.
- Bronchiolite idiopathique. La cause n’est pas élucidée. La pathologie peut être isolée ou associée à d’autres maladies.
La maladie est rattachée au 10e chapitre regroupant les affections de l’appareil respiratoire : J21 – bronchiolite aiguë.
Étiologie
La bronchiolite oblitérante chronique se caractérise par une obstruction partielle ou totale des bronchioles. Les causes chez l’enfant et l’adulte sont multiples.
- Infection. L’évolution est particulièrement sévère en cas d’infection par le VIH ou le cytomégalovirus. Les bronchiolites dues à l’adénovirus ou au virus de l’herpès présentent également un risque élevé de complications.
- Inhalation de substances toxiques agressant la muqueuse des voies respiratoires : dioxyde de soufre, d’azote et de chlore, ainsi que vapeurs de diverses bases et acides.
- Foyers infectieux chroniques dans l’organisme, avec dissémination hématogène des micro-organismes. Par exemple, des foyers infectieux intestinaux.
- Maladies touchant le tissu conjonctif.
- Idiopathiques, de cause non déterminée.
Facteurs favorisants
Parmi eux :
- pathologies du système immunitaire ;
- immunité diminuée chez l’enfant et la personne âgée ;
- antécédents d’infections respiratoires fréquentes ;
- prise en charge insuffisante ou absence de traitement des infections respiratoires ;
- maladies chroniques.
Symptomatologie
Le symptôme principal est la dyspnée. Au début, elle survient à l’effort, puis, avec le temps, elle apparaît même au repos. On observe aussi une toux sèche, avec très peu d’expectorations. La fièvre est généralement modérée – ne dépassant pas 37,5 °C. Les patients se fatiguent rapidement et ressentent faiblesse et malaise. En cas d’évolution prolongée, une cyanose cutanée peut être notée.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur les symptômes et des examens complémentaires. La démarche différentielle, grâce à des méthodes modernes, permet de distinguer l’atteinte des bronchioles d’un bronchite, d’une pneumonie et d’autres pathologies respiratoires.
Interrogatoire et examen
Le médecin recueille les plaintes, recherche les causes probables à partir des antécédents, puis examine la peau à la recherche d’une cyanose.
Radiographie et tomodensitométrie
Qui évaluent précisément l’état des organes internes. Des signes indirects de bronchiolite chronique incluent une transparence en mosaïque et des foyers de remaniements parenchymateux en aval de l’oblitération. On peut aussi constater une diminution du volume pulmonaire et des troubles de la lumière des bronchioles.
Bronchoscopie
Cette méthode apprécie les parois bronchiolaires et leur perméabilité. Elle est souvent associée à une biopsie, c’est-à-dire un prélèvement de tissu pour analyse, afin de préciser l’étiologie et guider le traitement.
ECG
L’examen peut révéler des signes d’hypertension pulmonaire, voire un cœur pulmonaire. Dans ce cas, une prise en charge plus intensive est nécessaire.
Traitement
Il est recommandé d’associer traitement médicamenteux, rééducation respiratoire et oxygénothérapie. Cette approche offre des résultats plus rapides et réduit le risque de complications. Les médicaments et leurs posologies ne doivent être prescrits que par un médecin, en tenant compte des caractéristiques individuelles, notamment des antécédents allergiques.
L’automédication est souvent inefficace et n’exclut pas les complications. Chez l’enfant, l’ajustement des doses doit être particulièrement rigoureux.
- Les corticoïdes sont largement utilisés pour leur puissant effet anti-inflammatoire. La prednisolone est souvent prescrite, à dose individualisée. Ils sont plutôt utilisés chez l’adulte. Chez l’enfant, on privilégie généralement d’autres schémas.
- Les antibiotiques sont indiqués lorsque l’étiologie bactérienne est établie. En cas de bronchiolite d’origine virale, des antiviraux peuvent être proposés.
- Les mucolytiques, qui facilitent l’expectoration et la restauration de la perméabilité bronchiolaire. Par exemple, l’ambroxol (mucolytique couramment utilisé en pédiatrie).
- En présence, à l’ECG, de signes d’hypertension pulmonaire, on peut recourir aux diurétiques, aux inhibiteurs de l’ECA et aux méthylxanthines.
- Les vitamines et immunostimulants, qui soutiennent les défenses de l’organisme et l’aident à combattre la maladie.
Les formes non compliquées ne nécessitent généralement pas d’hospitalisation. Le traitement doit être suivi par un médecin, car la bronchiolite oblitérante chronique est une maladie sévère avec un risque élevé de complications. L’évolution est surveillée pendant la prise en charge. Les critères d’efficacité sont la régression des symptômes et la restauration de la perméabilité des bronchioles, objectivable en bronchoscopie.
Avec un traitement approprié, le pronostic est favorable. En quelques semaines, le patient peut reprendre une vie active.
Prévention
La mesure clé est le traitement rapide des infections respiratoires (surtout chez l’enfant) et l’assainissement des foyers infectieux chroniques. En milieu professionnel exposé, il ne faut pas négliger la protection respiratoire. Par ailleurs, le tabagisme est une cause fréquente : il convient donc d’arrêter de fumer ou de réduire le nombre de cigarettes. Les enfants doivent être protégés de l’inhalation de la fumée de tabac.
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