Migraine avec aura : signes, diagnostic et traitement
Différentes maladies peuvent provoquer des douleurs à la tête. Pour la migraine, la douleur est épuisante et pulsatile, difficile à calmer avec des moyens habituels. Cette maladie se divise en 2 types :
- associée (migraine avec aura) ;
- simple.
Le premier type est la forme « classique », observée chez un quart des patients. Il s’accompagne de divers troubles (neurologiques, olfactifs et visuels) regroupés sous le nom d’aura. Le plus souvent, il s’agit de troubles visuels transitoires : apparition de points et de taches dans le champ de vision, éclairs lumineux, lignes pulsantes, illusions diverses déformant la réalité environnante. Les objets peuvent être perçus avec une altération de leur taille, de leur forme et de leur couleur.
La migraine avec aura se caractérise par un stade principal, précédé des symptômes mentionnés : une douleur intense apparaît d’un seul côté de la tête, puis s’étend au cou, à la mâchoire et à l’œil. Elle s’aggrave au moindre stimulus externe : bruit, lumière vive, odeurs, effort. La crise est en général brève, mais peut parfois se prolonger.
La majorité des patients présentent une migraine sans aura, qui débute directement par la céphalée.
Causes de la migraine
Malgré l’ancienneté du trouble, on ne peut toujours pas expliquer de manière exhaustive son origine. Les données épidémiologiques confirment une transmission héréditaire. La douleur serait liée à un apport insuffisant d’oxygène aux tissus cérébraux, dû à des spasmes des vaisseaux sanguins.
Les crises par lesquelles se manifeste la migraine avec aura surviennent pour les raisons suivantes :
- situations de stress ;
- changements météorologiques ;
- charges importantes ;
- stimuli visuels ou auditifs ;
- manque de sommeil ;
- certains aliments ;
- alcool ;
- certains médicaments.
Lorsque la migraine avec aura devient récurrente, il est utile de tenir un carnet décrivant les événements les jours de crise : durée du sommeil, quantité et type d’aliments, variations météo, etc. Le patient ne trouve pas toujours seul les véritables déclencheurs ; le médecin aide à identifier les facteurs qui provoquent les crises.
Particularités, complications et méthodes de traitement
Selon les statistiques, la migraine touche davantage les femmes. Elle se transmet souvent par la mère aux enfants. Le risque héréditaire est particulièrement élevé lorsque les deux parents sont concernés.
Les crises surviennent en moyenne de 2 à 8 fois par mois, avec une variabilité importante : de très rares épisodes à des manifestations quasi quotidiennes.
Particularités de la migraine
- sans prise en charge, une crise dure de 4 heures à plusieurs jours ;
- la douleur est intense, pulsatile, majorée par l’activité physique ;
- elle s’accompagne d’une hypersensibilité aux stimuli externes et de nausées ;
- elle n’est pas imputable à une autre maladie.
Pour diagnostiquer la migraine, il faut identifier les troubles suivants :
- Anomalies visuelles.
- Troubles sensitifs : picotements débutant au bout des doigts et s’étendant parfois jusqu’à une moitié du corps, pouvant être suivis d’un engourdissement.
- Dyspasie : discours décousu ou difficulté à trouver ses mots.
Les symptômes de l’aura se développent et durent 5 à 60 minutes. Après l’aura, ou en chevauchement, survient la céphalée ; sa concordance avec la migraine est déterminée par les éléments suivants :
- Sans médicament, la douleur persiste longtemps.
- Localisation unilatérale au front-tempe ou à l’occiput.
- Douleur intense et pulsatile, aggravée par les stimuli externes et l’effort.
- Survenue de nausées et hypersensibilité aux facteurs externes.
Parfois, la migraine sans aura est aussi présente chez un même patient, même si ce n’est pas la forme habituelle.
Un diagnostic hospitalier permet d’affiner la situation, la céphalée pouvant avoir de nombreuses causes. Lorsque les symptômes d’aura se combinent à d’autres signes de céphalée, un état potentiellement dangereux peut survenir. Il faut alors consulter sans tarder. Même si la personne gère ses crises, les questions de traitement et de prévention doivent être discutées avec un neurologue pour exclure d’autres pathologies et choisir les médicaments les plus adaptés.
Procédures thérapeutiques
La migraine s’accompagne d’une dysrégulation du tonus vasculaire cérébral, difficile à corriger radicalement. Les mesures visent surtout à atténuer et prévenir les crises à l’aide des classes de médicaments suivantes :
- antidépresseurs (prévention) ;
- antalgiques ;
- agonistes sérotoninergiques ;
- triptans ;
- antiépileptiques, etc.
L’efficacité est souvent meilleure lorsque les médicaments sont pris au stade de l’aura.
Le médecin peut associer des mesures complémentaires (hygiène de vie, supplémentation vitaminique adaptée, techniques de relaxation). En France, pour soulager une crise au tout début de l’aura, on privilégie généralement le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène ou le naproxène, sur avis médical, afin de réduire la douleur et les symptômes associés.
Le caractère individuel de la maladie impose d’élaborer une stratégie personnalisée : éventuellement prise médicamenteuse précoce, repos, douche tiède pendant l’aura. Les massages peuvent aider, y compris hors crise, mais doivent être effectués par un professionnel pour éviter toute aggravation.
Complications de la migraine
- Installation d’une dépression et de maladies chroniques.
- Accident vasculaire lié à la migraine (infarctus migraineux) avec symptômes neurologiques focaux ; même après succès thérapeutique, des séquelles peuvent persister.
- Status migrainosus : crise prolongée sur plusieurs jours, avec douleur envahissant toute la tête. Une hospitalisation est nécessaire pour prévenir la déshydratation due aux vomissements et la survenue de convulsions.
Mesures de prévention
Pour réduire la fréquence des crises, il convient d’appliquer les recommandations suivantes.
- Limiter les facteurs stimulants en période symptomatique : café, alcool, tabac, régimes drastiques.
- Respecter un rythme de sommeil régulier, en tenant compte du fait que la première partie de la nuit favorise la récupération énergétique.
- Adopter une alimentation équilibrée à base de produits simples et nutritifs ; éviter si possible les épices très fortes et les additifs alimentaires susceptibles de déclencher des crises.
- Pratiquer une activité physique régulière ; après 30 ans, adapter l’intensité et viser la modération.
- Le renforcement par l’eau froide peut être utile, en veillant à ce que la température de l’eau ne soit pas inférieure de plus de 5 °C à celle du corps.
- Préserver un bon équilibre émotionnel en s’entourant de personnes bienveillantes ; se fixer des objectifs réalistes et atteignables pour progresser sereinement.
- Éviter l’automédication : les traitements doivent être prescrits par un médecin. Le soulagement des symptômes ne signifie pas l’innocuité des médicaments ; certains, notamment les antalgiques, peuvent induire une dépendance ou des céphalées de rebond.
La migraine sans aura nécessite des mesures similaires. En cas de crises fréquentes altérant la qualité de vie, un traitement préventif est prescrit par le médecin.
Conclusion
La migraine avec aura est le plus souvent d’origine familiale et il est difficile de trouver un traitement « définitif ». Cependant, avec une hygiène de vie adaptée, les crises peuvent être espacées ou nettement atténuées.
De nombreux moyens existent pour faire face à la maladie ; ils doivent être mis en œuvre sous suivi médical et appliqués rapidement dès l’apparition des symptômes.
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