Trachéobronchite : symptômes, diagnostic et soins
La trachéobronchite est une pathologie inflammatoire née de l’association d’une trachéite et d’une bronchite. Elle débute le plus souvent dans les voies respiratoires supérieures, puis progresse vers le bas en atteignant les bronches. Cette affection peut évoluer sous deux formes : aiguë et chronique.
Informations générales
Cette maladie survient fréquemment comme complication de la grippe, des infections respiratoires aiguës (rhumes, ORL), ou d’autres affections hivernales. Plus rarement, certaines infections comme la fièvre typhoïde peuvent précéder une trachéobronchite aiguë. Elle peut aussi toucher des fumeurs de longue date, ainsi que des personnes consommant de l’alcool de façon excessive. On l’observe également chez des patients présentant des déformations de la cage thoracique ou de la cavité nasale. La forme chronique, elle, peut s’installer d’elle-même, notamment chez les personnes exposées au tabac ou travaillant dans des environnements très poussiéreux.
Parfois, la maladie se développe sous l’action conjointe de plusieurs facteurs, le plus souvent un refroidissement marqué survenant dans un contexte d’alcoolisation.
La question de la contagiosité revient souvent. Les médecins estiment que la trachéobronchite n’est généralement pas dangereuse pour l’entourage ; elle peut toutefois être contagieuse au moment des poussées aiguës, lorsqu’un virus est en cause.
Selon la CIM-10 (classification internationale des maladies, 10e révision), l’affection est codée J20.
Elle comprend :
- Forme aiguë due à Mycoplasma pneumoniae (J20.0).
- Forme aiguë due au bacille d’Haemophilus influenzae (J20.1).
- Forme aiguë due au streptocoque (J20.2).
- Forme aiguë due au virus Coxsackie (J20.3).
- Forme aiguë due au virus para-grippal (J20.4).
- Forme aiguë due à un autre virus respiratoire (J20.5).
- Forme aiguë due au rhinovirus (J20.6).
- Forme aiguë due à d’autres agents (J20.8).
- Forme aiguë, non précisée (J20.9).
Symptomatologie
La clinique n’est pas très spécifique. Les premiers signes associent picotements ou irritation de la gorge et toux. L’inconfort peut être ressenti bas dans la gorge ; la toux est souvent sèche, quinteuse et fatigante, source de véritables gênes au quotidien.
Manifestations de la forme aiguë
Le tableau de la trachéobronchite aiguë ne permet pas toujours un diagnostic d’emblée. Une prise en charge précoce par un médecin permet toutefois d’obtenir une amélioration rapide. À l’inverse, un retard de consultation peut allonger la durée des symptômes et exposer à :
- une hyperémie muqueuse marquée ;
- des signes d’obstruction bronchique ;
- des atteintes inflammatoires plus profondes des parois des voies respiratoires.
Les signes évoquent souvent un « gros rhume » : d’abord une gêne rétrosternale, puis une toux déchirante. La respiration devient plus rude, avec des râles. Peuvent s’y ajouter un essoufflement et des douleurs dans la partie inférieure du sternum, dues au surmenage des muscles par les quintes.
Dans les formes plus sévères, on observe :
- une expectoration purulente (parfois mêlée de mucus) ;
- de la fièvre pendant quelques jours ;
- une dyspnée pouvant aller jusqu’à des épisodes de suffocation ;
- occasionnellement des stries de sang dans les crachats.
Manifestations de la forme chronique
Sans traitement adéquat, une trachéobronchite peut évoluer vers une forme chronique, avec des altérations atrophiques de la muqueuse, une toux fréquente, une expectoration séro-purulente et des douleurs thoraciques persistantes.
Forme allergique
Une trachéobronchite d’origine allergique peut se développer progressivement, déclenchée par certains médicaments ou par l’exposition professionnelle à des substances irritantes.
Elle se manifeste par :
- douleurs ou brûlures rétro-sternales ;
- toux sèche, pénible ;
- expectorations ;
- fébricule ;
- fatigue, asthénie, perte d’appétit ;
- parfois foyers de pneumonie.
Chez l’enfant
Le diagnostic peut être délicat, la symptomatologie pouvant mimer un laryngite. Il ne faut pas retarder la consultation afin d’éviter des complications.
À mesure que l’affection progresse, on retrouve :
- une toux par quintes, douloureuse, parfois jusqu’aux vomissements (déclenchée par le rire ou l’inspiration) ;
- des sécrétions séreuses nasales et pharyngées ;
- une voix enrouée ;
- une pharyngite érythémateuse ;
- une fièvre pouvant atteindre 38 °C sur une courte durée ;
- malaise, faiblesse, sueurs ;
- polypnée ;
- cyanose des lèvres.
Dans les formes aiguës, l’état général est le plus altéré durant les 2 à 3 premiers jours, puis s’améliore si le traitement est rapidement instauré et bien conduit.
Diagnostic
Le médecin établit le diagnostic après l’examen clinique et l’auscultation. Une radiographie thoracique peut être demandée selon le contexte. Un examen des expectorations est parfois utile.
Prise en charge
Le traitement doit être global. En phase virale, des mesures symptomatiques et des conseils d’hygiène de vie sont privilégiés ; des expectorants peuvent être proposés sous contrôle médical. Des inhalations et, selon avis, des applications de chaleur (type cataplasmes ou équivalents locaux) peuvent compléter la prise en charge.
Traitement médicamenteux
La première étape consiste à restaurer le drainage bronchique (hydratation, kinésithérapie respiratoire, mesures physiques). Pour soulager la toux invalidante, on peut recourir, en France, à des antitussifs adaptés (par exemple dextrométhorphane ou oxéladine) sur avis médical ; les spécialités à base de codéine sont strictement encadrées.
Des médicaments utilisés couramment en France peuvent être prescrits :
- Acétylcystéine.
- Carbocistéine.
- Guaïfénésine.
- Dextrométhorphane (antitussif, selon les contre-indications).
- Oxéladine (antitussif, sur avis médical).
Pour favoriser l’expectoration, les mucolytiques et fluidifiants sont utiles ; combinés à des inhalations, ils accélèrent l’amélioration.
Si la toux est productive, il n’est pas souhaitable de la bloquer ; on privilégie alors les mucolytiques/expectorants :
- Acétylcystéine.
- Carbocistéine.
- Guaïfénésine.
- Extraits de lierre grimpant (héderine) selon l’âge et les précautions d’emploi.
En cas de fièvre inférieure à 38 °C, les antipyrétiques ne sont pas systématiques. Au-delà et selon le terrain, des antipyrétiques « doux » peuvent être proposés pour limiter la charge cardiorespiratoire.
La trachéobronchite étant le plus souvent virale, les antibiotiques ne sont réservés qu’à des situations particulières (suspicion bactérienne, comorbidités, sur-infection), sur prescription médicale.
Phytothérapie
Des plantes à visée expectorante et adoucissante peuvent accompagner la prise en charge, en complément du traitement médical.
On utilise notamment des infusions de :
- Lierre grimpant.
- Guimauve (racine/feuilles).
- Plantain lancéolé.
- Tilleul.
- Achillée millefeuille.
- Thym.
- Origan.
- Réglisse.
- Mélanges adoucissants adaptés en pharmacie.
Inhalations
Les inhalations (avec dispositif adapté) peuvent améliorer les symptômes. Les solutions prêtes à l’emploi sont préférables ; à domicile, des vapeurs tièdes peuvent être utilisées avec prudence. Outre les préparations pharmaceutiques, certaines personnes utilisent des décoctions (plantes balsamiques) ou un bouillon de pomme de terre avec gingembre ; ces pratiques doivent rester encadrées médicalement.
Il est essentiel de suivre l’avis du médecin afin d’éviter tout risque (brûlures, bronchospasmes).
Des applications de chaleur locales peuvent être proposées après avis. La kinésithérapie respiratoire et des exercices spécifiques favorisent l’évacuation des sécrétions.
Soins chez l’enfant
Dès les premiers signes chez l’enfant, une consultation pédiatrique s’impose. Le repos au lit est recommandé en phase aiguë.
Une hydratation régulière est essentielle (boissons chaudes adaptées à l’âge ; par exemple infusions douces validées par le pédiatre).
Même si la météo est clémente, garder l’enfant bien couvert aide à préserver ses forces et à soutenir les mécanismes de défense.
Rôle du médecin
Pendant la phase aiguë, éviter les lieux publics limite les aggravations et les surinfections. Le médecin ausculte, examine et évalue la sévérité. En cas de suspicion d’obstruction bronchique significative ou de terrain atopique, un avis allergologique peut être demandé.
Particularités thérapeutiques chez l’enfant
Le traitement est individualisé. Selon la situation, des antiviraux ou des antibiotiques peuvent être proposés, uniquement sur prescription. Les antipyrétiques sont utilisés en cas de fièvre élevée, avec prudence chez les plus jeunes. Des gouttes expectorantes adaptées à l’âge peuvent être suggérées. Une fois la phase aiguë passée, une kinésithérapie respiratoire peut être indiquée. En cas de terrain allergique, des antihistaminiques peuvent être envisagés.
Les applications de chaleur locales peuvent être efficaces, en alternance avec d’autres mesures, si elles sont validées par le pédiatre.
Des inhalations douces peuvent être réalisées à domicile avec des préparations adaptées à l’enfant. Certaines plantes peuvent être contre-indiquées (par exemple le tussilage ou certaines menthes) en raison d’allergies ou d’âge : l’avis médical est indispensable. Les traitements hormonaux inhalés ne sont utilisés que dans des cas particuliers et sur courte durée.
Même si l’amélioration est rapide, il faut aller au bout du traitement pour éviter les rechutes et les complications. L’enfant doit rester à la maison jusqu’à la guérison clinique, en limitant les contacts.
L’alimentation sera légère, fractionnée, et adaptée selon les conseils du médecin.
Approches traditionnelles
Certains remèdes traditionnels sont rapportés : chou, pomme de terre, feuilles de cerisier, abricots riches en vitamines. Ils peuvent compléter l’alimentation mais ne remplacent pas un traitement médical validé.
Le genévrier est parfois cité comme expectorant ; toute utilisation doit être discutée avec un professionnel de santé.
L’ortie dioïque peut entrer dans des mélanges adoucissants ; associée à des plantes comme le plantain et, avec prudence, le tussilage, on obtient des infusions émollientes. L’avis pharmaceutique est recommandé, notamment chez l’enfant et la femme enceinte.
La guimauve officinale (racine) est traditionnellement utilisée ; on peut en prendre en dehors des repas selon les posologies usuelles.
En cas d’évolution sévère, certains recourent à l’ail pour ses composés soufrés ; ces pratiques ne doivent pas se substituer aux soins médicaux, et peuvent irriter les muqueuses.
Pronostic
La trachéobronchite répond généralement bien au traitement, avec un pronostic favorable si les conseils médicaux et les mesures d’hygiène sont respectés. Un rythme de vie adapté favorise une guérison rapide.
La maladie pouvant récidiver, la prévention et le suivi sont essentiels pour limiter les complications.
Pour prévenir l’apparition de l’affection, il faut soigner correctement les infections hivernales, éviter le froid prolongé et renforcer l’immunité (vaccination, hygiène, arrêt du tabac, activité physique régulière).
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