Varices des jambes : reconnaître, traiter, prévenir

Les varices des jambes provoquent lourdeur, douleur et fatigue. Découvrez les causes, les signes d’alerte, les risques de complications et les traitements modernes, ainsi que les gestes de prévention au quotidien.

Les jambes sont notre soutien. Parfois, on a l’impression que ce soutien s’affaiblit et ne suit plus le rythme de notre vie. En cause : les varices. Cette affection désagréable empêche de profiter pleinement du quotidien. Douleurs, fatigue chronique des jambes et de nombreuses limitations.

Pourtant, ce diagnostic n’est pas une fatalité : on peut et on doit y faire face. Il existe des méthodes de traitement ainsi que des mesures de prévention.

Qu’est-ce que c’est et quelles en sont les causes

Les varices appartiennent aux maladies chroniques. Elles se caractérisent par une mauvaise circulation sanguine dans les jambes. Plus précisément, elles se développent à la suite d’un dysfonctionnement des valvules veineuses situées dans les veines des membres inférieurs. Normalement, ces valvules se ferment de façon à empêcher le reflux du sang, évitant ainsi sa stase. Si la valvule fonctionne mal, une stagnation se produit.

Plusieurs facteurs favorisent ce processus :

  1. Hérédité. Les varices des jambes se transmettent souvent au sein de la famille, en raison d’une faiblesse congénitale de la paroi veineuse.
  2. Sexe. Statistiquement, les femmes sont plus fréquemment touchées que les hommes. Les spécialistes l’expliquent par le port de talons hauts et les variations hormonales, notamment pendant la grossesse et la ménopause.
  3. Âge. Après 45 ans, l’extension veineuse devient plus courante. Toutefois, la maladie « rajeunit » et peut aussi concerner les plus jeunes.
  4. Mode de vie. Le manque d’activité favorise l’apparition de veines dilatées. Certaines professions exposent davantage, notamment celles exercées debout de longues heures (coiffeurs, caissiers, etc.).
  5. Efforts physiques excessifs : tout aussi risqués que la sédentarité, ils peuvent provoquer des varices.
  6. Surpoids : il accroît la charge sur les membres inférieurs et entraîne une stase veineuse.
  7. Maladies sévères (cirrhose, hépatite) pouvant se compliquer d’atteintes des jambes, dont les varices.
  8. Fistules artério-veineuses maintenant des communications anormales entre veines et artères et provoquant une dilatation veineuse.

Parmi les facteurs de risque figurent aussi une alimentation déséquilibrée, l’alcool et le tabac, l’habitude de croiser les jambes, des vêtements et chaussures trop serrés, ainsi que l’exposition à la chaleur excessive pour les jambes.

Symptômes des varices

Le tableau clinique n’apparaît pas immédiatement. Un temps, la maladie peut être silencieuse ou ne se manifester qu’à l’extérieur par un réseau vasculaire. Celui-ci gêne d’abord surtout sur le plan esthétique, mais des sensations inconfortables peuvent survenir plus tard.

Le plus souvent, les symptômes émergent après l’action de facteurs déclenchants. On reconnaît le début d’une atteinte veineuse par les signes suivants :

  1. Gonflement des veines des membres inférieurs, surtout visible en position debout.
  2. Œdème autour des chevilles, notamment après une longue station debout.
  3. Altérations cutanées au niveau de la jambe : épaississement, taches pigmentaires, aspect luisant, chute des poils sur la zone touchée.
  4. Fatigue rapide des jambes, sensation de lourdeur, crampes ou douleurs brûlantes dans les membres inférieurs.

En quoi les varices sont-elles dangereuses

Laisser la maladie évoluer expose à de nombreux problèmes parfois irréversibles. Outre l’augmentation des douleurs, des complications peuvent survenir.

Parmi les pathologies associées :

  • eczéma variqueux ;
  • dermatite ;
  • ulcères trophiques ;
  • thrombophlébite aiguë ;
  • hémorragies dues à la rupture de veines.

Autant de complications sérieuses qu’il vaut mieux prévenir. Rappelons que l’organisme fonctionne de façon interdépendante : négliger une maladie peut en aggraver d’autres. Au premier signe de varices, il faut débuter une prise en charge.

Traitement des varices

La prise en charge d’une stase sanguine des membres inférieurs commence impérativement par une consultation spécialisée. En France, un angiologue ou un phlébologue s’en charge. Évitez l’automédication (crèmes, bas, etc.) : il existe peut-être des options plus adaptées à votre cas.

Le traitement est individualisé selon la sévérité, les antécédents familiaux, l’âge et d’autres facteurs. Détectées tôt, les varices relèvent souvent d’une approche conservatrice (crèmes veinotoniques, bas ou collants de compression, séances spécifiques de prise en charge, etc.). En cas d’évolution avancée, une solution interventionnelle peut s’imposer pour supprimer ou traiter les veines défaillantes ; les crèmes, la simple compression ou d’autres méthodes « douces » ne suffisent alors plus.

On peut traiter la stase veineuse de différentes manières, mais uniquement après avis médical. Certains utilisent des crèmes, des collants ; d’autres recourent à des méthodes complémentaires. Plusieurs techniques ont gagné en popularité :

  1. Traitement endoveineux au laser, alternative à la chirurgie classique. Le laser « ferme » la veine en chauffant sa paroi, ce qui réduit son diamètre et rétablit le flux. Réalisé sous anesthésie locale, ce geste est considéré comme sûr.
  2. Hirudothérapie (thérapie par les sangsues). Elle peut soulager certains symptômes : fluidification du sang, diminution des douleurs et des œdèmes. Elle doit être effectuée exclusivement dans des centres agréés.
  3. Crèmes et gels. Malgré la variété disponible, l’héparine reste une référence. Une application trois fois par jour pendant deux semaines améliore souvent l’état des jambes. Contre-indiquée en cas d’ulcères trophiques.
  4. Bas ou collants de compression. Choisis sur mesure, ils stimulent le retour veineux. Le port régulier est recommandé ; cette méthode peut rivaliser avec d’autres approches en termes de soulagement des symptômes.
  5. Traitements médicamenteux. En complément des mesures locales et de la compression, des médicaments (veinotoniques, antalgiques, etc.) peuvent être prescrits par le médecin.

Au-delà du traitement bien choisi, la prévention joue un rôle essentiel. Mieux vaut éviter la maladie que devoir la traiter longuement.

Prévention des varices

La prévention de la stase veineuse des membres inférieurs est primordiale. Elle aide à éviter la maladie des jambes et, par conséquent, des traitements lourds ou une intervention.

Les mesures préventives reposent sur quelques règles :

  1. Éviter les stations debout prolongées.
  2. Limiter le temps passé dans des chaussures ou vêtements inconfortables : talons hauts, pantalons trop serrés, collants compressifs non adaptés.
  3. Éviter la position jambes croisées.
  4. Utiliser des crèmes favorisant la diminution des œdèmes et de la fatigue.
  5. Adapter son mode de vie : bouger davantage, adopter une alimentation équilibrée, réduire les mauvaises habitudes si possible.
  6. Pratiquer des exercices pour les jambes.
  7. Boire davantage d’eau.
  8. Renforcer l’immunité – une bonne protection contre de nombreuses maladies.
  9. Tonifier les veines grâce à la douche écossaise (alternance chaud/froid).

La prévention n’est pas compliquée : consacrer un peu de temps à la santé de ses jambes suffit souvent à éviter bien des problèmes.

Dr. Nadège Lambert
Médecin interniste
n.lambert@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Quels sont les premiers signes des varices à surveiller ?
Les varices débutent souvent par un réseau vasculaire visible, une sensation de lourdeur en fin de journée et des chevilles qui gonflent. Avec le temps, on peut noter des crampes nocturnes, des démangeaisons, une peau luisante et des douleurs brûlantes. Un examen précoce permet d’éviter les complications.
Quelles complications les varices peuvent-elles entraîner si elles ne sont pas traitées ?
Sans prise en charge, les varices peuvent évoluer vers une dermatite ou un eczéma variqueux, des ulcères trophiques, une thrombophlébite aiguë et même des hémorragies en cas de rupture veineuse. Ces complications diminuent la qualité de vie et allongent la durée des soins nécessaires.
La compression médicale suffit-elle à traiter les varices ?
Les bas ou collants de compression soulagent efficacement lourdeur et œdèmes en améliorant le retour veineux, mais ils ne corrigent pas la valvule défaillante. Selon le stade, ils s’emploient seuls ou en complément d’autres traitements (laser, médication). Un spécialiste détermine le niveau de compression adapté.
Quelles options thérapeutiques modernes existent en dehors de la chirurgie classique ?
Les techniques endoveineuses comme le laser ou la radiofréquence ferment la veine malade de l’intérieur sous anesthésie locale, avec reprise rapide des activités. Elles peuvent être associées à une sclérothérapie ciblée et à des traitements médicamenteux et de compression pour optimiser les résultats et limiter les récidives.
Comment réduire le risque d’apparition ou d’aggravation des varices au quotidien ?
Marchez régulièrement, évitez les stations debout ou assise prolongées, surélevez les jambes au repos, portez des chaussures confortables, hydratez-vous, maintenez un poids stable et pratiquez la douche tiède-fraîche sur les mollets. La compression adaptée et le suivi médical régulier renforcent l’efficacité de ces mesures.