AVC : que faire dans les premières minutes ?
Un sourire devient asymétrique, un bras lâche un objet ou une phrase n’arrive plus à sortir comme d’habitude. Devant ce changement soudain, la question n’est pas de confirmer soi-même un accident vasculaire cérébral : il faut appeler le 15 ou le 112. Le médecin régulateur apprécie l’urgence, choisit le mode de transport et guide les gestes jusqu’à l’arrivée de l’équipe.
Savoir que faire en cas d’AVC revient d’abord à ne pas perdre les premières minutes. Un signe isolé, discret ou déjà amélioré peut suffire. La personne ne conduit pas, ne mange pas, ne boit pas et ne prend pas un médicament de sa propre initiative. Le témoin décrit des faits, note leur heure et observe la conscience comme la respiration sans multiplier les tests.
Reconnaître le changement
Un AVC perturbe brutalement une fonction du cerveau parce qu’une artère se bouche ou qu’un vaisseau saigne. Ces deux mécanismes ne se distinguent pas à domicile, et les symptômes ne révèlent pas toujours l’étendue de la lésion. Pour comprendre comment reconnaître un AVC, il faut regarder le contraste avec l’instant précédent : une capacité présente quelques minutes plus tôt devient difficile, maladroite ou impossible.
Visage, bras et parole
Le visage peut perdre sa symétrie lorsque la personne sourit : une commissure tombe, une joue bouge moins ou la bouche se dévie. Un bras peut retomber lorsqu’elle essaie de le garder levé, mais le déficit prend aussi la forme d’un engourdissement, d’une main devenue inhabile ou d’une jambe qui cède. Une faiblesse partielle compte autant qu’une paralysie complète lorsqu’elle apparaît soudainement.
La parole change de plusieurs façons. La personne articule des sons incompréhensibles, cherche des mots ordinaires, répond à côté de la question ou ne comprend plus une consigne simple. Elle peut rester éveillée et sembler reconnaître son entourage tout en étant incapable de nommer un objet. Lui demander une phrase courte aide à décrire le trouble, mais répéter l’épreuve ne doit pas repousser l’appel.
| Fonction | Changement observé | Décision |
|---|---|---|
| Visage | Bouche déviée, sourire asymétrique ou joue moins mobile | Décrire l’apparition soudaine au 15 |
| Bras ou jambe | Faiblesse, engourdissement, maladresse ou membre qui retombe | Ne pas faire marcher et appeler |
| Parole ou compréhension | Mots absents, phrase incompréhensible ou consigne mal comprise | Parler calmement sans retarder l’alerte |
| Vision ou équilibre | Perte visuelle, vision double, instabilité ou chute inhabituelle | Maintenir la personne stable et appeler |
Ce tableau ne constitue pas un score. Une parole normale n’annule pas une faiblesse soudaine, et un sourire symétrique n’écarte pas une perte visuelle. Le témoin n’a pas besoin d’obtenir plusieurs réponses positives ; il rapporte le changement réellement constaté.
Vision et équilibre
Une personne peut perdre la vue d’un œil, voir double ou ne plus percevoir correctement un côté de l’espace. Elle heurte alors le chambranle situé à sa gauche, ne trouve plus un objet pourtant visible ou décrit un rideau devant l’œil. Ailleurs, le premier signe est une instabilité brutale, une coordination impossible ou une chute sans obstacle. Le vertige isolé a de nombreuses causes ; associé à une difficulté soudaine de parler, voir, marcher ou utiliser un membre, il renforce l’urgence.
Le proche s’appuie sur ce qui vient de changer, sans faire marcher la personne ni multiplier les épreuves. Une observation brève suffit à décrire au 15 une fonction soudainement perdue.
- Le proche demande à la personne de rester assise ou immobile si elle est instable.
- Il note une vision soudainement brouillée, double ou absente d’un côté, sans faire lire plusieurs textes.
- Il décrit au 15 l’apparition brutale et les autres changements présents, puis suit les consignes reçues.
Faire quelques pas pour vérifier l’équilibre n’apporte pas une preuve fiable et expose à une chute. La personne reste dans la position où elle est stable. Si elle se trouve dans un escalier, une salle de bains ou près d’une source de chaleur, le témoin signale ce contexte à la régulation avant de tenter un déplacement.
Vigilance et céphalée
Une somnolence inhabituelle, des réponses de plus en plus lentes ou une perte de connaissance peuvent accompagner un AVC grave, mais aussi d’autres urgences comme une crise épileptique ou une hypoglycémie. Une céphalée soudaine, extrêmement intense et différente des douleurs connues peut faire évoquer un saignement, surtout avec des vomissements, une raideur ou un déficit neurologique. Le témoin ne choisit pas entre ces causes : il décrit l’installation et l’état actuel.
Une altération soudaine de la vigilance ou une douleur très inhabituelle prend son sens par rapport à l’état habituel et aux autres fonctions neurologiques. Les observations à transmettre sans essayer de provoquer une réaction sont :
- une somnolence inhabituelle ou des réponses qui deviennent incohérentes ;
- une perte de connaissance, même brève, ou une difficulté croissante à réveiller la personne ;
- une céphalée brutale, très intense ou différente des douleurs habituelles ;
- des vomissements associés à un déficit neurologique, une forte céphalée ou une baisse de vigilance.
Secouer vigoureusement la personne, pincer sa peau ou lui demander de se lever ne précise pas le diagnostic. Une question simple et un contact léger suffisent pour constater si elle répond. La respiration s’observe ensuite en regardant le thorax et en écoutant les bruits, pendant que le téléphone reste accessible.
Un seul changement neurologique soudain suffit à appeler : le témoin décrit ce qu’il voit, il n’attend pas que tous les signes soient réunis.
Appeler sans attendre
Le 15 donne accès au Samu et le 112 au numéro d’urgence européen. En France, l’appel direct permet au médecin régulateur d’évaluer les symptômes, de décider du transport et d’orienter la personne vers la filière adaptée. Se rendre d’abord chez le médecin, attendre un proche ou conduire vers l’hôpital peut faire perdre du temps et mener au mauvais établissement.
Le type d’AVC ne sera connu qu’après l’examen et l’imagerie. Cette distinction compte pour les traitements, mais elle ne change pas l’action du témoin. Quand une artère est bouchée, certains traitements dépendent du délai et de critères précis ; lorsqu’un vaisseau saigne, d’autres décisions s’imposent. L’heure du dernier état habituel fournit donc une donnée plus utile qu’une estimation de la gravité faite à domicile.
Parler au 15 ou au 112
Le premier échange commence par l’adresse exacte et un numéro de rappel. Dans un immeuble, l’étage, l’entrée et le digicode évitent une recherche. Le témoin nomme ensuite la fonction devenue difficile : « son bras droit ne tient plus », « ses mots sont incompréhensibles » ou « elle voit double depuis quelques minutes ». Cette description est plus informative que « il fait un AVC », qui reste une hypothèse.
| Information | Formulation utile | Pourquoi elle compte |
|---|---|---|
| Lieu précis | Adresse, étage, entrée, code et numéro de rappel | Permet à l’équipe de trouver la personne sans délai |
| Changement soudain | Fonction devenue faible, absente ou inhabituelle | Décrit le déficit sans poser un diagnostic |
| Heure de début | Dernier moment où la personne allait comme d’habitude | Cadre les décisions de la filière AVC |
| Évolution | Signes stables, aggravés, régressifs ou récidivants | Renseigne la dynamique de l’épisode |
| Conscience et respiration | Personne éveillée, somnolente, sans réponse ou respiration anormale | Modifie les consignes données immédiatement |
Si quelqu’un connaît les traitements habituels, il peut signaler la prise d’un anticoagulant ou d’un médicament qui modifie la coagulation. Les ordonnances et les derniers comptes rendus disponibles peuvent être regroupés pendant l’attente, mais l’appel ne doit jamais attendre leur recherche. Une allergie, une chute récente ou une opération peuvent également être mentionnées si la régulation les demande.
La personne qui appelle n’a pas à trouver le nom médical de chaque signe. Des faits datés et une adresse complète permettent au médecin régulateur d’organiser l’aide pendant que l’état peut encore évoluer.
- Donnez l’adresse exacte, l’étage, le code d’accès et le numéro depuis lequel vous appelez.
- Décrivez la fonction devenue difficile, l’heure du dernier état habituel et l’évolution depuis ce moment.
- Répondez aux questions, activez le haut-parleur si nécessaire et appliquez les consignes sans interrompre l’appel.
Le médecin régulateur peut demander une vérification courte ou modifier les consignes si la personne vomit, s’endort ou ne respire plus normalement. Garder la ligne libre et le téléphone près de soi permet de signaler ce changement. Une fois l’intervention organisée, le témoin rassure sans promettre que tout va revenir rapidement.
Signes qui régressent
Une bouche déviée peut reprendre sa forme, un bras retrouver de la force ou la parole redevenir compréhensible avant l’arrivée des secours. Cette amélioration ne prouve pas que la circulation cérébrale est durablement rétablie. Se demander que faire en cas de suspicion d’AVC reste donc pertinent même si l’aspect paraît normal à nouveau : l’épisode peut correspondre à un accident ischémique transitoire, dont les signes disparaissent mais qui annonce un risque d’AVC constitué. L’appel reste systématique et immédiat.
Si la personne refuse l’aide parce qu’elle se sent mieux, le témoin explique au 15 ce qu’il a vu et laisse le médecin régulateur conduire l’échange. Il ne faut ni dramatiser ni négocier pendant de longues minutes. Un déficit bref conserve une valeur médicale même si l’examen visuel paraît redevenu normal.
Un déficit qui s’améliore peut ne plus être visible au moment de l’appel, mais son récit reste une donnée médicale essentielle. Les informations qui permettent de reconstituer l’épisode sont :
- l’heure du dernier moment où tout était habituel ;
- la fonction devenue difficile, même si elle a retrouvé un aspect normal ;
- la durée approximative avant l’amélioration ou la disparition ;
- le retour d’un signe, son aggravation ou l’apparition d’un autre déficit.
Une vidéo prise spontanément peut parfois montrer le changement, mais personne ne doit retarder l’appel pour filmer ou recommencer un test. Le récit daté du témoin garde sa valeur. Si les signes reviennent pendant l’attente, leur nouvel horaire et leur nature sont transmis immédiatement.
La disparition d’une faiblesse ou d’un trouble de la parole ne ferme pas l’alerte : l’heure de début et la durée restent essentielles au 15.
Urgence sans témoin
La requête « que faire en cas d’AVC si l’on est seul ? » décrit une difficulté concrète : les fonctions nécessaires pour demander de l’aide peuvent justement être touchées. Une main devient maladroite, la parole se brouille ou l’équilibre se dégrade. Il faut appeler avant d’essayer de rejoindre un voisin, une voiture ou l’entrée de l’immeuble.
Déclencher l’alerte
Le téléphone est utilisé dès le premier changement, même si les mots sortent mal. Dire d’abord l’adresse et « difficulté soudaine à parler » permet au régulateur de comprendre le risque si la communication se dégrade. Le haut-parleur laisse les mains libres et évite de tenir l’appareil contre l’oreille lorsqu’un bras manque de force. Le 114 constitue un accès adapté pour une personne sourde, sourdaveugle, malentendante ou aphasique selon le canal qu’elle peut utiliser.
La personne seule privilégie ce qui reste réalisable immédiatement avec sa voix et son téléphone. Marcher jusqu’à une voiture ou chercher longtemps des documents augmente le risque sans accélérer la prise en charge.
- Appelez le 15 ou le 112 dès le premier changement soudain, même si vous n’êtes pas certain qu’il s’agit d’un AVC.
- Activez le haut-parleur, donnez votre adresse et dites immédiatement si parler ou bouger devient plus difficile.
- Asseyez-vous ou allongez-vous dans un endroit stable et ne tentez pas de conduire.
Un système d’appel vocal, une montre connectée ou un bouton de téléassistance peut être utilisé s’il est déjà installé et accessible. Il ne remplace pas une alerte claire au service d’urgence. Taper un long message à plusieurs proches consomme du temps et peut devenir impossible ; un contact unique peut être prévenu après que la régulation a localisé la personne.
Si la personne se trouve dehors, elle donne un repère visible, le nom de la rue ou la géolocalisation disponible sur son téléphone, puis reste assise à l’écart de la circulation. Elle n’essaie pas de rentrer seule. Dans un lieu public, attirer l’attention d’une personne proche permet de lui confier le téléphone et les indications du régulateur.
Faciliter l’accès
Une équipe qui connaît l’étage et le code peut atteindre plus vite le logement. Déverrouiller une porte est utile seulement si celle-ci se trouve à quelques pas sûrs et si la régulation l’autorise. Descendre un escalier, prendre un ascenseur seul ou se pencher à une fenêtre avec un trouble de l’équilibre crée un second danger. Le médecin régulateur peut demander de contacter un voisin, un gardien ou les forces de secours pour ouvrir autrement.
| Préparation | Aide apportée | Limite de sécurité |
|---|---|---|
| Téléphone | Maintient le dialogue et le numéro de rappel | Le garder à portée sans se déplacer |
| Adresse et code | Oriente l’équipe vers la bonne entrée | Les donner avant que la parole se dégrade |
| Porte | Réduit le temps d’accès au logement | Ne la rejoindre que si le trajet est sûr |
| Position | Limite la chute et facilite la surveillance | Suivre les consignes sans chercher la porte |
Les papiers d’identité, l’ordonnance et le téléphone peuvent rester là où ils sont s’ils ne sont pas accessibles sans effort. Les secours savent commencer leur évaluation sans dossier complet. Une recherche dans plusieurs pièces n’apporte pas le même bénéfice que rester stable, joignable et capable de signaler une aggravation.
L’arrivée de l’équipe dépend surtout d’informations que la personne peut donner depuis sa position stable. Si une action exige de se lever ou de prendre un escalier, le médecin régulateur décide avec elle de la solution la moins risquée :
- le nom du bâtiment, l’entrée et l’étage exacts ;
- le digicode, l’interphone ou la personne à contacter pour ouvrir ;
- le numéro de rappel et l’état de la batterie du téléphone ;
- la présence d’un animal ou d’un obstacle susceptible de gêner l’entrée.
Un animal est enfermé dans une autre pièce uniquement si cela se fait sans trajet dangereux. À défaut, sa présence est simplement annoncée. De même, laisser la porte ouverte n’est pas une règle générale : le contexte du logement, la sécurité de la personne et la durée estimée orientent la solution choisie avec la régulation.
Quand les signes surviennent sans témoin, appeler avant de bouger protège davantage que chercher à rejoindre soi-même une voiture ou une autre personne.
Pendant l’attente
Que faire en attendant les secours après un AVC suspecté dépend de deux observations simples : la personne répond-elle et respire-t-elle normalement ? Les gestes de premiers secours lors d’un AVC s’adaptent à ces réponses et aux consignes du médecin régulateur. Le témoin ne cherche pas le pouls pendant de longues secondes, ne place rien dans la bouche et ne provoque pas de douleur. Il observe et décrit ; si l’état change, la conduite change avec lui.
Personne consciente
Une personne éveillée reste assise ou allongée dans une position stable et confortable. Elle n’a pas à garder la tête dans un angle imposé ni les jambes surélevées. Un vêtement trop serré peut être desserré sans la déshabiller ni la déplacer. Le témoin évite le froid, reste présent et parle avec des phrases courtes, car un trouble du langage n’empêche pas forcément de comprendre.
La surveillance porte sur ce qui évolue : capacité à répondre, respiration, nouveau déficit, vomissement, douleur inhabituelle ou convulsion. Noter une heure sur le téléphone suffit. Demander sans cesse de sourire ou de lever les bras fatigue et inquiète sans ajouter d’information ; une nouvelle vérification n’est faite que si la régulation la demande ou si un changement apparaît.
| État observé | Risque principal | Conduite |
|---|---|---|
| Répond et respire normalement | Chute, aggravation ou fausse route | Laisser stable et observer |
| Ne répond pas mais respire | Obstruction des voies aériennes ou vomissement | Suivre les consignes de protection |
| Ne respire pas normalement | Arrêt cardiorespiratoire | Commencer la réanimation guidée |
Une somnolence progressive peut faire passer de la première à la deuxième situation. Le témoin reste donc assez près pour remarquer une réponse qui disparaît ou une respiration qui devient irrégulière. Il ne retarde pas le signalement pour finir de mesurer la tension ou chercher un oxymètre.
Conscience altérée
Si la personne ne répond plus à la voix et à un contact léger, le témoin l’annonce immédiatement. Il observe la respiration pendant le temps indiqué par la régulation. Des mouvements irréguliers, espacés ou bruyants peuvent ne pas correspondre à une respiration normale. Lorsque la respiration est présente, la position latérale de sécurité peut protéger les voies aériennes, notamment en cas de vomissement, mais sa réalisation suit les consignes reçues et tient compte d’un éventuel traumatisme lié à une chute.
Le proche observe la personne là où elle se trouve et maintient le dialogue avec les secours. Pour choisir la protection adaptée, il décrit uniquement des faits accessibles sans geste agressif :
- la réponse ou l’absence de réponse à la voix et à un contact léger ;
- le mouvement du thorax, les bruits respiratoires et leur régularité apparente ;
- la présence de vomissements, de salive abondante ou d’un encombrement visible ;
- tout changement survenu depuis l’appel, notamment une respiration qui devient irrégulière.
Après la mise en position demandée, la respiration continue d’être surveillée. Une couverture peut maintenir la chaleur sans cacher le visage ni le thorax. Aucun objet ne reste sous la tête si la régulation demande une position particulière, et rien n’est introduit dans la bouche, même si une crise convulsive survient.
Respiration anormale
Une personne inconsciente qui ne respire pas ou présente seulement des gasps a une urgence vitale immédiate. Le problème n’est alors plus de reconnaître l’AVC, mais de maintenir une circulation jusqu’au relais professionnel. Le téléphone reste en haut-parleur. Le médecin régulateur précise où placer les mains, quel rythme suivre et comment utiliser un défibrillateur si quelqu’un peut en apporter un.
Le proche qui constate une absence de réponse et une respiration absente ou non normale le dit immédiatement au 15 ou au 112. Les consignes téléphoniques adaptent les gestes à la situation et au niveau de formation du témoin.
- Le proche met le téléphone en haut-parleur et annonce que la personne ne répond pas et ne respire pas normalement.
- Il place la personne sur un support ferme selon les indications du médecin régulateur.
- Il commence les compressions ou les gestes demandés et les poursuit jusqu’au relais des secours ou au retour d’une respiration normale.
Si la respiration redevient normale, le témoin le dit et suit les nouvelles indications. Il ne s’arrête pas parce qu’il pense avoir senti un mouvement isolé. À l’inverse, un proche formé n’a pas besoin d’attendre une explication complète pour commencer les gestes connus dès que l’absence de respiration normale est établie et l’alerte déclenchée.
Une personne qui ne répond plus mais respire n’est pas protégée comme une personne qui ne respire pas normalement ; le 15 guide cette distinction et les gestes qui suivent.
Gestes à éviter
L’ancien texte recommandait de la glycine, un bain de pieds chaud, un médicament contre l’hypertension et des piqûres aux doigts ou aux oreilles. Ces pratiques n’ont pas leur place dans les premiers secours. Elles peuvent provoquer une fausse route, une blessure, une chute ou une modification dangereuse de l’état, et surtout retarder l’appel qui ouvre l’accès à l’imagerie et aux traitements adaptés.
Boire, manger ou prendre un médicament
La déglutition peut être altérée sans que la personne s’en rende compte. Une gorgée d’eau, un comprimé ou un aliment risque alors de passer dans les voies respiratoires. Il ne faut pas tester la déglutition avec une petite quantité. L’équipe évaluera cette fonction et décidera quand une prise orale redevient sûre.
L’aspirine n’est pas un premier secours universel. Elle pourrait être dangereuse si un vaisseau saigne, tandis que d’autres situations exigent des traitements choisis après l’imagerie. Une tension très élevée ne justifie pas davantage une dose supplémentaire du traitement habituel : la pression est interprétée avec le type d’AVC, les autres signes et les objectifs médicaux de la phase aiguë. La glycine ne remplace ni l’appel ni la filière spécialisée.
Avant l’imagerie, personne ne sait à domicile si une artère est bouchée ou si un vaisseau saigne ; boire, avaler un comprimé ou modifier la tension peut ajouter un risque.
Quand la bouche est sèche, le témoin peut humidifier les lèvres sans faire avaler de liquide si la régulation l’autorise. Les médicaments et les ordonnances sont conservés pour l’équipe, non administrés. Même une personne qui affirme pouvoir avaler attend l’évaluation, car le trouble peut être discret et fluctuant.
Conduire, marcher ou tester
La personne ne prend pas le volant. Une faiblesse, une perte visuelle ou un trouble de l’attention peut s’aggraver en route, et un proche qui conduit ne peut pas surveiller correctement. Le Samu choisit le transport et l’établissement selon la situation. Faire marcher la personne jusqu’à la voiture ou dans la pièce pour « voir si ça passe » l’expose à tomber et ne mesure pas la gravité de l’AVC.
Piquer les doigts, percer les lobes d’oreille, les frotter énergiquement ou plonger les pieds dans l’eau chaude ne rétablit pas la circulation cérébrale. Ces gestes peuvent causer une plaie, une brûlure ou une douleur et donner une impression trompeuse d’action. Ils sont abandonnés au profit de l’appel, de la datation des signes et de la protection guidée.
Mesurer plusieurs fois la tension, la glycémie ou la saturation n’est utile que si le matériel est immédiatement disponible et si le médecin régulateur le demande. Une valeur normale n’écarte pas un AVC. Une valeur anormale ne donne pas au témoin la permission de corriger seul le chiffre. Le résultat est transmis, puis l’attention revient à la conscience, à la respiration et à l’évolution du déficit.
Au moindre doute
Un visage modifié, un membre soudain faible, une parole inhabituelle, une vision perdue ou un équilibre brutalement troublé ne demandent pas une certitude. Appelez le 15 ou le 112, donnez l’heure du dernier état habituel et décrivez ce qui a changé. Si les signes s’effacent, l’appel reste nécessaire.
Visage modifié, bras faible, parole inhabituelle, vision perdue ou équilibre brutalement troublé : même isolé ou transitoire, le changement justifie l’appel au 15 ou au 112.
Pendant l’attente, la personne reste stable et ne reçoit ni boisson, ni aliment, ni médicament. Le témoin suit la conscience et la respiration, puis applique les consignes reçues. Sans témoin, le téléphone et l’adresse passent avant tout déplacement. Ces décisions simples donnent aux secours les meilleures conditions pour prendre le relais sans ajouter de danger.
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