Coma diabétique : symptômes et gestes d’urgence

Une conscience qui se trouble chez une personne diabétique exige une réaction rapide. Les gestes dépendent de sa capacité à avaler et de sa respiration, pas d’un diagnostic improvisé.

Une personne diabétique répond soudain de travers, ne reconnaît plus l’endroit où elle se trouve ou semble s’endormir en pleine conversation. N’attendez pas de savoir si sa glycémie est trop basse ou trop élevée : appelez le 15 ou le 112. Une conscience qui se trouble peut évoluer rapidement, et une autre urgence, notamment neurologique ou infectieuse, peut donner un tableau voisin.

Les symptômes d’un coma diabétique ne se résument pas à une perte de connaissance brutale. Sueurs, tremblements, faim, soif, urines abondantes, nausées, faiblesse ou respiration inhabituelle peuvent la précéder. La conduite dépend surtout de trois faits : la personne répond-elle clairement, peut-elle avaler sans tousser et respire-t-elle normalement ? Une mesure déjà accessible renseigne les secours, mais elle ne doit jamais retarder l’appel.

Comprendre le mot coma

Dans le langage courant, « coma diabétique » désigne plusieurs complications aiguës capables d’altérer profondément la vigilance. Le terme peut faire penser à une maladie unique, alors qu’il décrit d’abord un état : la personne ne réagit plus normalement aux paroles ou au contact, puis peut ne plus répondre du tout. La cause exacte sera déterminée par l’histoire, les mesures et les examens médicaux.

Conscience et glycémie

Une glycémie basse peut priver rapidement le cerveau du glucose dont il a besoin. Une hyperglycémie majeure peut, de son côté, entraîner une perte d’eau, une production de cétones et des déséquilibres qui finissent par perturber le fonctionnement cérébral. Dans les deux cas, une réponse incohérente, une somnolence anormale, une convulsion ou une absence de réaction signale une urgence. Le chiffre n’est qu’une partie de la situation ; l’état de la personne reste prioritaire.

Un lecteur de glycémie ou un capteur peut afficher une valeur utile, mais l’appareil peut être absent, mal lu ou en retard sur une évolution rapide. Une mesure normale n’explique pas une perte de connaissance et ne permet pas de rester seul à domicile. De même, une valeur très élevée ne dit pas à elle seule s’il existe une acidocétose, un état hyperosmolaire ou une autre maladie aiguë.

Lorsqu’une personne diabétique ne répond plus comme d’habitude, le proche privilégie les faits qui changent immédiatement la sécurité. Il agit sans attendre qu’un appareil confirme la cause.

  1. Vérifiez si la personne répond et si sa respiration est normale.
  2. Appelez le 15 ou le 112 dès que la conscience est altérée, que la respiration change ou que la situation reste incertaine.
  3. Transmettez la glycémie ou les cétones seulement si la mesure est déjà disponible et n’a pas retardé l’alerte.

Le médecin régulateur peut demander quand la personne a été vue pour la dernière fois dans son état habituel, quels traitements elle prend et comment les signes ont évolué. Ces renseignements valent davantage qu’un nom de diagnostic proposé par le témoin.

Trois situations aiguës

L’hypoglycémie, l’acidocétose et l’état hyperosmolaire n’ont pas le même mécanisme. L’hypoglycémie s’installe souvent plus vite et peut provoquer des signes corporels puis neurologiques. L’acidocétose associe un manque d’insuline à la production de cétones. L’état hyperosmolaire correspond surtout à une hyperglycémie très importante accompagnée d’une déshydratation profonde, souvent progressive. Ces tendances aident à raconter l’épisode ; elles ne remplacent pas l’évaluation.

SituationÉvolution fréquenteLimite
HypoglycémieInstallation parfois rapide, avec sueurs, faim, tremblements puis confusionLes signes varient et peuvent être masqués par certains traitements
AcidocétoseSoif, urines fréquentes, troubles digestifs et respiration inhabituelle sur plusieurs heuresL’haleine fruitée n’est ni constante ni suffisante pour conclure
État hyperosmolaireDéshydratation et baisse de vigilance qui progressent souvent sur plusieurs joursSeules des analyses confirment le mécanisme et sa gravité

Une peau moite oriente parfois vers une hypoglycémie et une bouche très sèche vers une urgence hyperglycémique. Pourtant, la température, une infection, les médicaments ou le stade de l’épisode modifient ces apparences. Il serait dangereux d’en déduire qu’une personne inconsciente peut avaler du sucre ou qu’elle a besoin d’une dose d’insuline.

Les symptômes d’un coma diabétique ne composent pas un portrait unique. Plusieurs observations empêchent de déduire la cause à partir d’un seul signe :

  • des sueurs peuvent accompagner une hypoglycémie, mais leur absence ne l’exclut pas ;
  • une glycémie élevée n’indique pas à elle seule une acidocétose ni la gravité de la déshydratation ;
  • une confusion peut aussi révéler un AVC, une infection, une intoxication ou une autre urgence ;
  • une personne peut passer d’un malaise encore accessible à une perte de connaissance en peu de temps.

L’expression « coma » ne doit donc pas faire attendre le stade où la personne ne répond plus du tout. Une confusion nouvelle, une parole inhabituelle ou une somnolence qui s’accentue suffit à interrompre l’activité et à demander une aide urgente.

Le mot coma décrit un niveau de conscience, pas une valeur de glycémie : une personne qui ne répond plus exige des secours avant toute classification.

Hypoglycémie sévère

L’hypoglycémie concerne surtout les personnes dont le traitement peut faire baisser la glycémie, notamment l’insuline, les sulfamides ou les glinides. Elle peut suivre un repas retardé, une quantité de féculents inhabituelle, un effort non prévu, une erreur de dose ou une consommation d’alcool. La même situation n’entraîne pas toujours les mêmes signes : certaines personnes ressentent très tôt la faim et les tremblements, d’autres perçoivent peu l’alerte avant les troubles cognitifs.

Premiers signes

Les symptômes d’une hypoglycémie sévère commencent parfois par une sensation corporelle nette. Des sueurs avec tremblements et faim soudaine, une pâleur, des palpitations ou des picotements autour de la bouche peuvent apparaître. À ce stade, la personne peut encore parler et reconnaître ce qui lui arrive. Elle arrête l’activité, s’assoit et suit les consignes de resucrage reçues lors de son suivi.

Lorsque le cerveau manque davantage de glucose, l’humeur ou le comportement peuvent changer avant la conscience. Irritabilité inhabituelle, refus d’aide, gestes maladroits, vision trouble, difficulté à se concentrer ou à parler donnent parfois l’impression d’une ivresse. Une faiblesse d’un côté ou un trouble de la parole peut aussi évoquer un AVC ; si le doute persiste, l’appel au 15 est plus sûr qu’une interprétation à domicile.

FamilleExemplesConséquence
Signes corporelsSueurs, faim, pâleur, tremblements ou palpitationsArrêter l’activité et vérifier la glycémie si cela reste possible
Troubles cognitifsConfusion, irritabilité, réponse inadaptée ou parole inhabituelleRester auprès de la personne et évaluer sa capacité à avaler
Troubles moteursFaiblesse, instabilité, gestes maladroits ou contractionsPrévenir la chute et ne pas laisser conduire
Perte d’autonomieConvulsion, somnolence profonde ou absence de réponseNe rien faire avaler et appeler les secours

Ces familles ne forment pas des étapes obligatoires. Une convulsion peut survenir sans longue période de tremblements, et des médicaments qui ralentissent le cœur peuvent atténuer les palpitations. Le changement par rapport à l’état habituel et la capacité à se traiter seul comptent plus que la présence de tous les signes.

Le proche comprend mieux l’épisode lorsqu’il relie les signes à ce qui s’est passé depuis la dernière prise alimentaire ou le dernier traitement. Les circonstances utiles à signaler sont :

  • un repas retardé, plus léger ou impossible à prendre ;
  • un effort inhabituel ou plus long que prévu ;
  • une erreur possible de dose d’insuline ou d’un médicament hypoglycémiant ;
  • une consommation d’alcool susceptible de masquer ou prolonger l’hypoglycémie ;
  • une maladie récente avec baisse de l’appétit ou changement du traitement.

Un repas retardé, un effort inhabituel ou une erreur de dose donne un contexte utile au médecin, sans désigner une faute. Une hypoglycémie peut survenir malgré un traitement suivi correctement, notamment lorsque l’alimentation, l’activité, la fonction rénale ou un autre médicament change.

Resucrage sans danger

Le resucrage oral ne concerne qu’une personne éveillée, coopérante et capable d’avaler normalement. En France, l’Assurance Maladie indique quinze grammes de sucre lorsque la déglutition est sûre, par exemple trois morceaux de sucre, puis un repos et un nouveau contrôle quinze minutes plus tard si le matériel est disponible. Le chocolat et les fruits entiers agissent moins vite et ne constituent pas le premier choix pour corriger une hypoglycémie immédiate.

La personne éveillée, coopérante et capable d’avaler peut suivre le plan de resucrage expliqué par son équipe soignante. La surveillance porte autant sur le retour des capacités que sur le chiffre mesuré.

  1. Arrêtez l’activité et asseyez-vous ou allongez-vous dans une position stable.
  2. Prenez l’équivalent de quinze grammes de sucre rapide selon les consignes reçues.
  3. Attendez quinze minutes au repos, puis contrôlez de nouveau la glycémie si le matériel est disponible.
  4. Renouvelez le resucrage si la glycémie reste basse et appelez le 15 si l’état ne s’améliore pas, s’aggrave ou devient difficile à interpréter.

Une amélioration du chiffre ne suffit pas si la personne reste confuse, très faible ou incapable de tenir debout. Elle ne reprend pas la conduite ni une activité dangereuse. Un proche reste avec elle jusqu’au retour d’un comportement habituel et demande un avis lorsque l’épisode a été sévère, inhabituel ou répété.

Si la bouche ne se ferme plus correctement, si la voix devient gargouillante, si la personne tousse en essayant d’avaler ou si elle répond de moins en moins, aucun aliment ni liquide n’est donné. Le risque de fausse route prend alors le pas sur le bénéfice du sucre oral.

Glucagon et perte de connaissance

Une perte de connaissance liée à une hypoglycémie ne se traite pas en versant une boisson sucrée entre les lèvres. Le liquide peut passer dans les voies respiratoires. Le témoin appelle le 15 ou le 112, vérifie la respiration et suit les consignes. Il ne glisse ni sucre, ni miel, ni comprimé sous la langue d’une personne qui ne répond pas.

Le glucagon peut être prescrit à certaines personnes exposées à une hypoglycémie sévère. Un glucagon prescrit utilisé par un proche formé suit la notice du dispositif nasal ou injectable. Le proche note l’heure, informe les secours et continue de surveiller la respiration : ce geste ne retarde jamais l’appel au 15. Attendre seul un réveil serait risqué, car l’effet peut être insuffisant, transitoire ou inadapté à la cause réelle.

Après l’administration, la position dépend de la respiration et des consignes du régulateur. Lorsque la personne reprend pleinement conscience et peut avaler, le 15 ou le plan personnel précise la suite du resucrage. Un vomissement reste possible ; la protection des voies aériennes et la présence d’un proche sont donc nécessaires jusqu’au relais.

Dès que la personne ne peut plus avaler sans danger, le sucre par la bouche devient un risque ; le glucagon prescrit et l’appel des secours relèvent alors d’un proche préparé.

Hyperglycémie et cétones

Une glycémie élevée peut rester silencieuse ou provoquer soif, urines fréquentes, bouche sèche, fatigue et vision floue. L’urgence apparaît lorsque la perte d’eau s’accentue, que des cétones s’accumulent ou que l’état général se dégrade. L’oubli d’insuline, une panne de pompe, une infection, une intervention, certains médicaments ou une maladie aiguë peuvent augmenter les besoins et déséquilibrer un traitement jusque-là stable.

Acidocétose diabétique

Lorsque l’insuline manque par rapport aux besoins, le glucose entre moins bien dans les cellules et l’organisme utilise davantage les graisses. Cette production d’énergie libère des corps cétoniques qui acidifient le sang lorsqu’ils s’accumulent. L’acidocétose concerne surtout le diabète de type 1, mais elle peut aussi survenir dans d’autres situations. Elle ne se réduit pas à une glycémie élevée : les cétones, l’état clinique et les analyses orientent le diagnostic.

Les symptômes d’une acidocétose diabétique se construisent souvent sur plusieurs heures : soif intense, urines fréquentes, fatigue, perte d’appétit et douleurs abdominales. Une haleine fruitée associée à des nausées peut apparaître, ainsi qu’une respiration profonde et inhabituelle lorsque l’organisme tente de compenser l’acidité. L’absence d’odeur particulière n’écarte rien. Des vomissements, une gêne respiratoire ou une somnolence signalent une détérioration qui nécessite une évaluation urgente.

La personne qui ressent une soif inhabituelle associée à des troubles digestifs ou respiratoires mérite une évaluation rapide, surtout lorsque l’insuline a été interrompue ou qu’une infection est possible. Son plan écrit reste la seule base d’une correction avant l’avis médical.

  1. Repérez l’association entre soif, urines fréquentes, nausées, douleurs abdominales, haleine fruitée ou respiration inhabituelle.
  2. Mesurez la glycémie et les cétones si le matériel est disponible et si cette vérification ne retarde pas l’appel.
  3. Contactez sans attendre l’équipe indiquée dans le plan personnel ou le 15 devant des vomissements, une gêne respiratoire, une somnolence ou une aggravation.

Une personne consciente peut boire de l’eau non sucrée selon son plan habituel et l’avis reçu, mais des vomissements répétés ou une baisse de vigilance rendent la prise orale incertaine. Elle ne s’administre pas au hasard plusieurs doses d’insuline rapprochées : le risque d’erreur et d’hypoglycémie ultérieure augmente lorsque les doses actives se superposent.

À l’hôpital, la correction repose sur des perfusions, de l’insuline et une surveillance biologique adaptées. Ce sont des actes médicaux, car le potassium, l’acidité, la fonction rénale et la cause déclenchante modifient le traitement. Ils ne constituent pas des gestes à reproduire à domicile.

Déshydratation progressive

L’état hyperosmolaire touche plus souvent des personnes ayant un diabète de type 2, parfois âgées ou dépendantes pour boire. Une hyperglycémie très importante fait perdre beaucoup d’eau dans les urines. La soif, la bouche sèche, la fatigue et la faiblesse s’installent, puis la personne devient somnolente, désorientée ou difficile à mobiliser. L’évolution peut s’étendre sur plusieurs jours et être confondue avec un simple épuisement, une chaleur excessive ou le vieillissement. Une infection, la fièvre, des diurétiques, une diminution des boissons ou l’impossibilité d’accéder à l’eau aggravent la déshydratation.

Une somnolence qui s’installe sur plusieurs heures ou jours n’est pas moins urgente qu’un malaise brutal. Une personne très déshydratée peut chuter, ne plus pouvoir boire seule ou présenter des troubles neurologiques. Le proche décrit la quantité approximative de boissons, les urines, la fièvre, les médicaments et le changement de comportement, sans essayer de faire absorber rapidement un grand volume à quelqu’un qui avale mal.

Signes qui s’aggravent

Une urgence hyperglycémique devient particulièrement préoccupante lorsque plusieurs fonctions se dégradent en même temps. Les troubles digestifs empêchent de compenser les pertes d’eau, la respiration change, la faiblesse rend les déplacements dangereux et la conscience diminue. À ce stade, chercher à savoir si le tableau correspond exactement à une acidocétose ou à un état hyperosmolaire n’apporte rien au témoin.

La glycémie et les cétones transmises au 15 si elles sont déjà disponibles complètent la description. Le régulateur doit aussi connaître les vomissements, la respiration, la dernière injection d’insuline connue, l’existence d’une pompe, une fièvre éventuelle et l’heure du changement de comportement.

ChangementCe qu’il peut traduireAction
Soif et urinesPerte d’eau qui se poursuit avec l’hyperglycémieSignaler l’évolution et la capacité réelle à boire
Nausées et douleursProduction de cétones ou autre maladie aiguëDemander un avis rapide, surtout avec vomissements
RespirationCompensation d’une acidité ou détresse d’une autre causeAppeler devant une respiration profonde, rapide ou difficile
DéshydratationPertes d’eau importantes avec faiblesse et bouche sècheNe pas laisser la personne seule ni la faire marcher
ConscienceAtteinte neurologique liée au déséquilibre ou à une autre urgenceNe rien faire avaler et vérifier la respiration

Une mesure très élevée renforce l’alerte mais ne fixe pas un seuil universel de coma. À l’inverse, une valeur moins impressionnante ne rassure pas lorsque la respiration ou la conscience change. Le tableau sert à décrire les conséquences visibles, pas à décider seul d’un traitement.

L’évolution clinique prime sur la recherche d’une valeur parfaite. Une complication hyperglycémique doit être signalée sans délai lorsque l’un de ces changements apparaît :

  • des vomissements répétés ou l’impossibilité de garder les liquides ;
  • une respiration profonde, rapide, difficile ou franchement inhabituelle ;
  • une faiblesse majeure avec bouche très sèche et signes de déshydratation ;
  • une confusion, une somnolence croissante, une convulsion ou une perte de connaissance.

Si l’un de ces signes apparaît, la personne ne reste pas seule. Le proche appelle, facilite l’accès au logement et rassemble uniquement ce qui est à portée. Il ne retarde pas l’intervention pour rechercher un ancien carnet ou refaire plusieurs mesures.

Vomissements, respiration inhabituelle, déshydratation ou somnolence comptent davantage qu’une nouvelle mesure : l’état qui se détériore doit être signalé au 15.

Gestes selon la conscience

Que faire devant un malaise diabétique dépend moins du type supposé que de l’état présent. Une personne qui répond clairement et avale normalement peut participer aux gestes prévus dans son plan. Une personne qui ne répond plus ne reçoit rien par la bouche. Si sa respiration n’est pas normale, la priorité devient la réanimation guidée. Ces situations peuvent se succéder pendant l’attente ; le témoin réévalue donc sans secouer ni pincer.

Personne qui répond

La personne arrête de conduire, de cuisiner, de monter un escalier ou d’utiliser une machine. Elle s’assoit ou s’allonge dans une position stable. Un proche reste auprès d’elle, écoute ses réponses et garde le téléphone accessible. Une mesure de glycémie est utile si elle se fait immédiatement, mais le comportement, la parole et l’équilibre continuent d’être observés.

Avant tout sucre ou boisson, la déglutition doit être sûre. Une personne éveillée peut néanmoins être trop confuse pour boire correctement. Si elle ne comprend pas ce qu’on lui propose, garde le liquide dans la bouche, tousse ou s’endort, le témoin arrête la tentative et appelle. Aucun médicament supplémentaire n’est donné sur la seule supposition d’une hyperglycémie.

ÉtatRisque immédiatConduite
Répond et avaleAggravation, chute ou erreur de traitementInstaller, mesurer si possible et suivre le plan personnel
Ne répond pas mais respireFausse route ou obstruction des voies aériennesNe rien faire avaler et protéger selon le 15
Ne respire pas normalementArrêt cardiorespiratoireCommencer immédiatement les gestes guidés

Le passage d’une ligne à l’autre peut être rapide. Une personne qui parlait encore peut cesser de répondre, et une respiration présente peut devenir irrégulière. Le témoin signale immédiatement ce changement au régulateur au lieu de terminer un contrôle commencé quelques minutes plus tôt.

Le proche ajuste son aide dès que les réponses deviennent confuses ou que la personne avale mal. Certaines actions ajoutent alors un risque immédiat :

  • faire boire, manger ou avaler des comprimés malgré une déglutition incertaine ;
  • injecter une dose supplémentaire d’insuline sans le plan personnel prescrit ;
  • faire marcher la personne ou la conduire soi-même vers l’hôpital.

Le médecin régulateur choisit le mode de transport et peut orienter les secours vers une autre cause que le diabète. Laisser la personne stable et joignable protège mieux que chercher à rejoindre soi-même un service d’urgence.

Personne qui ne répond plus

Le témoin parle à voix normale, demande une réponse simple et touche doucement l’épaule. L’absence de réaction suffit ; il ne secoue pas la personne et ne provoque pas de douleur. Il ouvre les voies aériennes pour vérifier si la respiration est normale selon les indications reçues. Une respiration normale soulève régulièrement la poitrine ; des gasps espacés, bruyants et irréguliers ne sont pas une respiration normale.

L’absence de réponse retire toute possibilité de resucrage oral et transforme la surveillance en urgence vitale. Le proche garde le téléphone près de lui afin que chaque changement soit entendu par la régulation.

  1. Appelez immédiatement le 15 ou le 112 et activez le haut-parleur.
  2. Vérifiez si la poitrine se soulève et si la respiration est normale sans chercher longuement le pouls.
  3. Placez la personne dans la position indiquée par le régulateur si elle respire normalement, sans rien mettre dans sa bouche.
  4. Surveillez la respiration et signalez aussitôt tout changement jusqu’à l’arrivée des secours.

L’absence de boisson chez une personne inconsciente protège d’abord contre la fausse route. La position latérale peut ensuite protéger les voies aériennes lorsqu’elle respire, notamment en cas de vomissement. Elle s’effectue selon les consignes, en tenant compte d’une chute, d’un traumatisme ou d’une grossesse. Le témoin ne laisse pas la personne seule après l’avoir tournée ; il garde son visage visible et continue d’observer la poitrine.

Si un glucagon a été administré, son emballage reste à proximité pour informer l’équipe. L’heure et la voie d’administration sont transmises. Rien n’est donné à manger tant que le réveil n’est pas complet et que la déglutition n’a pas retrouvé un fonctionnement normal.

Respiration anormale

Une personne qui ne respire pas, qui ne présente que des gasps ou dont la respiration paraît franchement anormale doit être signalée immédiatement. Le régulateur guide l’installation sur une surface ferme et les compressions thoraciques. Un défibrillateur automatisé est utilisé dès qu’il est disponible, en suivant ses instructions vocales. La recherche de sucre, d’insuline ou d’un lecteur s’arrête.

Les compressions se poursuivent jusqu’à ce que l’équipe prenne le relais, que la personne recommence à respirer normalement ou que le régulateur donne une autre consigne. Une reprise de mouvements isolés n’est pas confondue avec un réveil complet ; la respiration est réévaluée et décrite.

Une personne inconsciente qui respire normalement n’est pas aidée comme une personne qui ne respire pas normalement ; le 15 guide cette différence et les gestes qui suivent.

Parler aux secours

Le 15 joint le Samu et le 112 oriente vers le service d’urgence approprié. Le premier renseignement est l’adresse exacte, avec l’étage, le code d’accès et un numéro de rappel. Vient ensuite l’état actuel : réponse cohérente ou non, respiration normale ou inhabituelle, convulsion, vomissement, chute. Dire « elle ne répond plus depuis deux minutes » aide davantage que d’affirmer « c’est un coma hyperglycémique ».

Informations disponibles

La glycémie, la flèche d’un capteur, les cétones et l’heure de la dernière injection sont transmises si elles sont déjà connues. Le proche peut mentionner une pompe débranchée, un repas manqué, un effort inhabituel, de l’alcool, une fièvre ou des vomissements. Il précise aussi si du sucre ou du glucagon a été donné et à quelle heure. Ces faits permettent au médecin régulateur d’adapter les consignes sans que le témoin fouille le logement.

Les ordonnances, la carte de diabétique et le traitement sont regroupés lorsqu’ils se trouvent à portée. La recherche s’arrête si elle exige de quitter une personne inconsciente. Un enfant, une personne enceinte, quelqu’un qui utilise une pompe ou une personne âgée déshydratée peut avoir des besoins particuliers ; le régulateur pose les questions nécessaires.

Si la parole devient difficile, l’appel reste ouvert. Le haut-parleur permet au témoin de garder les mains libres. Le 114 offre un accès adapté aux personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles ou aphasiques selon le canal disponible. Personne ne raccroche avant que le service d’urgence le demande.

Préparer les proches

Après un épisode, l’équipe soignante aide à comprendre les circonstances et à ajuster le plan personnel. Des consignes écrites adaptées au traitement précisent le sucre rapide choisi, la quantité, le délai de contrôle, les personnes à contacter et le moment où appeler. Elles sont plus fiables qu’une règle générale mémorisée des années auparavant.

Le matériel reste accessible et identifiable : lecteur chargé, bandelettes compatibles, sucre rapide, cétones si elles font partie du suivi et glucagon lorsqu’il est prescrit. Les proches savent où il se trouve, vérifient la date de péremption du glucagon et s’entraînent à reconnaître son dispositif. Un bracelet ou une carte peut signaler le diabète, mais il ne remplace ni la présence d’un témoin ni l’appel.

Le glucagon, le sucre rapide et les consignes ne servent que s’ils sont accessibles, non périmés et compris avant le malaise.

Conclusion : agir sans certitude

Savoir que faire en cas de coma diabétique ne consiste pas à choisir entre hypoglycémie, acidocétose et état hyperosmolaire sur l’aspect de la peau ou l’odeur de l’haleine. Une altération de la conscience chez une personne diabétique reste une urgence quelle que soit la glycémie supposée. Une confusion nouvelle, une somnolence profonde, une convulsion, une perte de connaissance ou une respiration inhabituelle justifie le 15 ou le 112. Une valeur déjà disponible est transmise, mais l’appel n’attend pas une nouvelle mesure.

Chez une personne diabétique, une conscience qui se trouble suffit à appeler : ne lui faites rien avaler si elle répond mal et surveillez sa respiration jusqu’au relais des secours.

Le sucre oral reste réservé à une personne pleinement éveillée qui avale sans difficulté. En cas d’inconscience, le proche ne place rien dans la bouche, utilise le glucagon prescrit seulement s’il est formé, puis suit les consignes pour la respiration et la position. Cette limite simple évite la fausse route et laisse aux secours les informations nécessaires pour traiter la cause réelle.

Dr. Antoine Morel
Médecin urgentiste
antoine@tonpharmacien.fr
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Questions Fréquemment Posées

Peut-on donner du sucre à une personne diabétique inconsciente ?
Non. Une personne inconsciente ou incapable d’avaler normalement risque une fausse route. Appelez le 15 ou le 112, vérifiez sa respiration et suivez les consignes. Le glucagon prescrit peut être utilisé par un proche formé.
Quand faut-il utiliser le glucagon ?
Le glucagon est destiné à certaines hypoglycémies sévères lorsqu’une personne ne peut plus prendre de sucre par la bouche. Un proche formé l’utilise selon la prescription et la notice, sans retarder l’appel des secours.
Une glycémie normale exclut-elle une urgence ?
Non. Une confusion, une convulsion ou une perte de connaissance peut avoir une autre cause, notamment neurologique ou infectieuse. L’état de conscience et la respiration imposent une évaluation urgente même si la valeur paraît normale.
Combien de temps peut durer un coma diabétique ?
La durée dépend de la cause, de la profondeur de l’altération de conscience, des maladies associées et du délai de prise en charge. Seule l’équipe médicale peut donner un pronostic après les examens et l’évolution.
Faut-il mesurer les cétones avant d’appeler ?
Non si des signes de gravité sont présents. Transmettez une mesure déjà disponible, mais n’attendez pas pour appeler devant des vomissements répétés, une respiration inhabituelle, une somnolence ou une perte de connaissance.