Pose d’un garrot en cas d’hémorragie artérielle
Une hémorragie artérielle est l’un des traumatismes les plus graves, car elle peut entraîner une perte massive de sang en quelques minutes, avec un risque de décès élevé. Il est donc essentiel de savoir comment agir rapidement. La méthode la plus efficace pour stopper une hémorragie artérielle est la pose d’un garrot.
Comment poser un garrot correctement ? Combien de temps peut-il rester en place ? Quelles informations faut-il transmettre aux secours lors du transport vers l’hôpital ? Comment le retirer en toute sécurité ? Vous trouverez toutes ces réponses dans cet article.
Caractéristiques principales d’une hémorragie artérielle
Avant d’intervenir, il faut s’assurer qu’il s’agit bien d’un saignement artériel. En effet, les méthodes varient selon le type de blessure et une mauvaise intervention pourrait aggraver la situation.
Les signes d’une hémorragie artérielle sont :
- sang de couleur rouge vif ;
- écoulement pulsatile (au rythme du cœur) ;
- état général qui se dégrade rapidement ;
- baisse de la température corporelle et de la tension ;
- perte de conscience possible.
Si vous avez la certitude qu’il s’agit d’un saignement artériel, il est temps de poser un garrot.
Procédure pour poser un garrot en cas de lésion artérielle
Pour maximiser les chances de survie, chaque geste doit être rapide et précis. Voici les éléments à prendre en compte :
- position du corps ;
- protection de la peau avant la pose ;
- pression modérée sur la zone concernée ;
- bonne fixation du garrot.
Position correcte du corps
La pression sanguine dans les membres dépend de la position du corps. En station debout, la pression est plus forte dans les jambes ; allongée, elle est homogène. Il faut donc placer la victime de manière à réduire la pression dans le membre touché, en le surélevant légèrement avant de poser le garrot.
Protection des tissus mous
Ne jamais poser un garrot directement sur la peau nue. Il faut intercaler un tissu propre ou un bandage. La pose doit se faire au-dessus de la plaie, sans comprimer directement la zone blessée.
Pression adaptée
Le garrot doit stopper le saignement sans écraser les tissus. Il faut doser la force : ni trop lâche, ni trop serré pour éviter des lésions supplémentaires.
Fixation correcte
Déroulez le garrot, entourez le membre blessé et serrez fermement. Selon le modèle utilisé, les techniques de fixation varient.
Il est impératif de glisser sous le garrot un papier avec l’heure exacte de la pose. Cela est essentiel : en été, le garrot ne doit pas rester plus de deux heures. En hiver, il faut le retirer après une heure, faute de quoi un risque de nécrose et de gangrène peut apparaître.
Où poser le garrot ?
La pose dépend de la localisation de la blessure :
- Pour un bras blessé : placez le garrot sur le tiers supérieur du bras (au-dessus du coude).
- Pour une jambe blessée : la cuisse est divisée en trois zones ; le garrot se place sur le tiers supérieur, proche de l’aine.
Que faire si le garrot est trop serré ?
Si la pression est excessive, il faut en poser un second légèrement au-dessus du premier avant de retirer celui-ci. Une fois le saignement arrêté, le pouls en aval doit disparaître.
Pour retirer le garrot : il ne faut jamais le faire brusquement. Un caillot fragile peut être expulsé et relancer l’hémorragie. Il faut desserrer progressivement pour permettre une reprise douce de la circulation.
Quand peut-on éviter la pose d’un garrot ?
Si seuls de petits vaisseaux sont touchés, ou une artère mineure, il est parfois possible de stopper le saignement avec un bandage compressif. Placez une compresse stérile non déroulée sur la plaie et serrez fermement.
Dès que possible, il faut emmener la victime dans un centre hospitalier pour une prise en charge complète.
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