Douleur au bout du coccyx : causes, diagnostics et prises en charge

Comprendre pourquoi le bout du coccyx peut faire mal, les causes traumatiques ou organiques possibles, les examens diagnostiques à envisager et les spécialistes à consulter selon l'origine.
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Les personnes souffrant de douleurs au niveau du coccyx ont souvent du mal à préciser l’endroit exact de la douleur. Cela complique le diagnostic et la prise en charge médicale. Deux syndromes douloureux fondamentalement distincts sont associés au coccyx : la coccygodynie (douleurs véritablement coccygiennes) et les douleurs anococcygiennes, liées à des affections des organes internes ou de la colonne vertébrale.

Coccygodynie

Habituellement, la douleur est de caractère localisé et persiste de manière constante. Dans ces cas, les patients se plaignent que « le bout du coccyx » fait mal, notamment en position assise. S’asseoir sur une surface dure ou l’inclinaison du tronc vers l’arrière (le bout du coccyx s’appuie sur la surface sous-jacente) peut être douloureux.

Causes possibles :

  • lésion consécutive à un traumatisme (contusion, entorse, fracture) ;
  • infection d’un sinus pilonidal ou d’une kyste coccygien ;
  • tumeurs des structures osseuses.

Lésion traumatique du coccyx

On observe un début brutal des douleurs après une chute ou un coup. La pression sur le bout du coccyx accentue la douleur ; un gonflement et une rougeur peuvent être présents.

Processus suppuratifs

Tant qu’une infection n’est pas développée, le sinus épithélial coccygien (kyste coccygien) est généralement indolore. Il s’agit d’une anomalie congénitale dans laquelle le « bout » embryonnaire ne disparaît pas complètement. Des fragments de tissus forment un trajet tubulaire dans le pli inter-fessier. Si une infection survient, un foyer suppuré peut se former. Dans ce cas, non seulement le coccyx fait mal, mais la température peut augmenter et un écoulement purulent peut apparaître dans le pli inter-fessier.

Tumeurs

En cas de tumeur, on observe une destruction des structures osseuses et cartilagineuses. La douleur survient dans la zone de dégradation osseuse du coccyx. Si le processus est lié à des métastases, d’autres signes en rapport avec l’organe primitif pourront apparaître.

Douleurs anococcygiennes

Ce syndrome douloureux repose sur un processus pathologique situé dans les organes et tissus voisins du coccyx, ou sur une pathologie des disques intervertébraux. Le coccyx, le périnée et la région anale peuvent être douloureux. Les causes les plus probables sont des affections de l’utérus et annexes, du rectum, ou des troubles dégénératifs de la colonne lombo-sacrée comme l’ostéochondrose ou le spondylosis.

Affections des organes génitaux féminins

Dans ce cas, la douleur au bout du coccyx varie selon la phase du cycle menstruel (pendant les règles ou juste avant). Le processus pathologique étant situé en dehors du coccyx, la localisation de la douleur peut varier :

  • zone inguinale unilatérale (souvent en cas de kystes ovariens, d’endométriose) ;
  • périnée et région anale avec aggravation lors d’efforts physiques (en cas de paramétrite postérieure) ;
  • bas-ventre et périnée (en cas de prolapsus utérin).

Pathologies du rectum

La variante la plus fréquente est l’hémorroïdage externe et/ou interne. La douleur est particulièrement intense lors de la défécation ou en cas de constipation. Une fissure anale peut aussi provoquer des douleurs similaires. D’autres causes possibles sont des tumeurs de cette portion intestinale.

Processus dégénératifs et dystrophiques

Comme les autres segments vertébraux, le coccyx peut être atteint par l’ostéochondrose : formation d’ostéophytes, protrusions et hernies discales au niveau sacro-coccygien. Le bout du coccyx peut alors faire mal conjointement avec le sacrum, et parfois avec la région lombaire.

Méthodes diagnostiques

Un médecin seul peut prescrire les examens nécessaires pour déterminer pourquoi le bout du coccyx fait mal. L’orientation diagnostique dépendra des caractéristiques de la douleur. En cas de suspicion de coccygodynie, notamment après un traumatisme, il est conseillé de consulter un chirurgien ou un spécialiste en traumatologie. Les examens possibles sont :

  • radiographie de la région sacro-coccygienne ;
  • imagerie par résonance magnétique (IRM) ou tomodensitométrie (scanner) ;
  • numération formule sanguine complète (en cas de suspicion d’infection ou de processus tumoral).

Sur les clichés radiographiques (voir photo), les altérations osseuses seront visibles (fracture ou déplacement du coccyx). L’IRM ou le scanner montrent non seulement les vertèbres mais aussi les ligaments, les disques intervertébraux et d’éventuelles masses tumorales (voir photo). En cas d’infection d’un kyste coccygien, on peut observer une augmentation des leucocytes et une légère élévation de la vitesse de sédimentation ; pour des processus tumoraux, la VS peut être fortement augmentée.

Pour les douleurs anococcygiennes chez la femme, la consultation d’un gynécologue est indispensable, surtout si la douleur est liée au cycle menstruel. Après un examen gynécologique, le praticien peut prescrire :

  • un prélèvement pour dépister des infections urogénitales et/ou des analyses sanguines pour les anticorps correspondants ;
  • une échographie des organes pelviens ;
  • un bilan hormonal.

L’échographie permet de détecter des kystes et autres formations au niveau des organes génitaux, et d’identifier des signes d’inflammation comme la présence d’adhérences ou de liquide libre dans le pelvis.

En cas de pathologie du rectum, il est nécessaire de consulter un proctologue pour une rectoscopie. Cet examen mettra en évidence des manifestations d’hémorroïdes, des fissures ou des masses tumorales.

Dr. Maxime Leroy
Médecin urgentiste
leroy@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Quelle est la différence entre coccygodynie et douleurs anococcygiennes ?
La coccygodynie désigne une douleur localisée directement au niveau du coccyx, souvent consécutive à un traumatisme ou à une lésion locale. Les douleurs anococcygiennes proviennent de pathologies proches (organes pelviens, rectum, disques intervertébraux) et la douleur est référée vers la région coccygienne, ce qui implique une approche diagnostique et thérapeutique différente selon l'origine.
Quels signes doivent faire consulter rapidement ?
Il faut consulter sans délai si la douleur débute brutalement après un traumatisme, s'accompagne d'un gonflement, d'une rougeur, d'un écoulement purulent, d'une fièvre ou de signes neurologiques. Ces symptômes peuvent traduire une infection suppurée, une fracture ou une complication nécessitant un traitement urgent et des examens d'imagerie.
Quels examens permettent d'identifier la cause de la douleur ?
Les examens utiles incluent la radiographie du sacro-coccyx pour rechercher fractures et déplacements, l'IRM ou le scanner pour visualiser disques, ligaments et masse tissulaires, ainsi que des analyses de sang en cas de suspicion d'infection ou de processus tumoral. Le choix des examens dépend du contexte clinique et de l'anamnèse.
Comment les affections gynécologiques peuvent-elles causer des douleurs au coccyx ?
Des affections comme l'endométriose, des kystes ovariens ou un trouble inflammatoire pelvien peuvent provoquer des douleurs référées au niveau du coccyx, notamment en lien avec le cycle menstruel. Un bilan gynécologique comprenant examen, prélèvements, échographie et bilans hormonaux est nécessaire pour identifier une origine gynécologique.
Les problèmes rectaux peuvent-ils être responsables de douleurs au bout du coccyx ?
Oui, des affections telles que l'hémorroïde, une fissure anale ou des tumeurs rectales peuvent entraîner des douleurs irradiant vers le coccyx, particulièrement lors de la défécation ou en cas de constipation. Une consultation proctologique avec rectoscopie permet de confirmer ces diagnostics.
Quels traitements sont généralement proposés selon la cause ?
Les traitements varient selon l'étiologie : prise en charge conservatrice (repos, antalgiques, kinésithérapie, rééducation, massages, traction), traitements locaux pour infection ou kyste, ou interventions chirurgicales en cas de fracture instable, d'abcès ou de tumeur. La stratégie doit être adaptée après diagnostic précis.
La physiothérapie peut-elle aider en cas de coccygodynie ?
La rééducation fonctionnelle est souvent bénéfique : exercices ciblés, renforcement des muscles pelviens et des fessiers, mobilisation et massage permettent de diminuer la douleur et d'améliorer la posture. Un programme individualisé aide à prévenir la récidive, surtout chez les personnes exposées à des microtraumatismes répétés.
Quand la chirurgie devient-elle nécessaire pour des douleurs coccygiennes ?
La chirurgie, telle que la coccygectomie, n'est envisagée qu'après échec prolongé des traitements conservateurs et si l'examen objectivé ou l'imagerie confirme une lésion (fracture instable, foyer infectieux ou tumeur) responsable d'une douleur invalidante. La décision doit être prise par un spécialiste après discussion bénéfices-risques.