Douleur au cou lors du mouvement de la tête : causes et prise en charge
En cas de blocage fonctionnel, les patients ressentent une douleur au cou lorsqu’ils tournent la tête. Par blocage fonctionnel on entend l’incarcération de certaines parties de l’articulation plane entre les surfaces articulaires. Cette pathologie s’accompagne de douleurs intenses, de contractions musculaires et de l’impossibilité d’effectuer des mouvements actifs dans la zone cervicale bloquée.
Parmi les causes du blocage fonctionnel on retient :
- charge statique inadaptée ;
- charge statique prolongée dans une position inconfortable ;
- tension dynamique sous forme de secousses violentes ;
- entorse au niveau cervical.
L’intensité du syndrome douloureux accompagnant un blocage fonctionnel dépend de l’acuité du processus et du seuil de douleur individuel. Si la blockade se développe de façon aiguë, la personne ressentira des douleurs vives au niveau cervical.
Apparition des blocages fonctionnels
Il existe plusieurs théories principales expliquant l’apparition des blocages fonctionnels dans la région cervicale. L’une des causes principales serait des subluxations des articulations intervertébrales, entraînant une perturbation du fonctionnement des nerfs spinaux qui assurent des fonctions importantes. Les blocages fonctionnels peuvent aussi apparaître suite à des modifications réflexes provoquées par un spasme musculaire, aboutissant à une limitation des mouvements et à un syndrome douloureux.
Certaines autorités avancent que les blocages cervicaux se produisent après la formation de petites proliférations cartilagineuses dans les articulations, lesquelles se coinceraient entre les surfaces articulaires. Les changements dégénératifs-dystrophiques du tissu conjonctif sont également considérés comme une cause étiologique des blocages fonctionnels.
Dans ces processus pathologiques, il y a d’abord atteinte du tissu cartilagineux accompagnée d’une réaction auto-immune. Les modifications qui surviennent au niveau de la capsule articulaire favorisent une hyperproduction de liquide synovial. Cela altère la nutrition du cartilage et de l’os adjacent. Divers processus pathologiques peuvent déclencher ce mécanisme.
La douleur lors de la rotation de la tête peut être causée par un blocage des articulations intervertébrales. Cela survient en raison de l’atteinte des récepteurs sensibles situés dans les muscles, les ligaments et les tissus périarticulaires. Dans ce cas, l’espace articulaire se réduit non pas par dégénérescence mais en réaction à une perturbation fonctionnelle.
Dans une telle situation, des mécanismes compensatoires se déclenchent d’abord, entraînant une hypermobilité des segments voisins de la zone cervicale. Ensuite, le blocage peut se propager aux segments adjacents ou au dessus du site initial. Ce phénomène engendre une chaîne de troubles se manifestant par une hyper- ou hypofonction et des modifications morphologiques. À long terme, des processus dégénératifs réduisent l’état fonctionnel de la région cervicale, entraînant raideur, douleur et autres manifestations neurologiques.
Mécanisme de la douleur cervicale
Il est important de comprendre ce qui se passe dans les articulations intervertébrales cervicales lors d’un blocage fonctionnel. Comme on le sait, tout mouvement de la colonne résulte de l’interaction musculaire. Pour tourner la tête, les muscles agonistes doivent se contracter et les antagonistes se relâcher. Si ce mécanisme ne se produit pas, des éléments articulaires se coincent entre leurs surfaces.
La capsule coincée réagit rapidement en envoyant des influx nerveux. En conséquence, un spasme musculaire se déclenche comme mécanisme de protection. Pour limiter les mouvements actifs de la tête, la pression entre les surfaces articulaires augmente encore. Tourner le cou devient douloureux car l’articulation coincée se retrouve dans une sorte de piège : le spasme musculaire empêche sa libération.
Par la suite, une inflammation articulaire et un œdème peuvent survenir. La membrane synoviale produit alors une quantité accrue de liquide articulaire, irritant davantage les terminaisons nerveuses et augmentant la pression intra-articulaire. Si l’on parvient à lever le blocage fonctionnel et à prodiguer une aide médicale en temps utile, le soulagement peut être quasi immédiat. Les patients ressentent une nette amélioration et retrouvent la possibilité de tourner la tête.
Les séquelles résiduelles du blocage persistent en moyenne environ trois jours. Cela s’explique par l’œdème consécutif à l’accumulation de liquide dans la capsule articulaire. L’excès de liquide s’épaissit et favorise la formation d’adhérences au sein de l’articulation intervertébrale, ce qui entraîne une restriction de mobilité et une limitation des mouvements dans la région cervicale.
Contrôle du syndrome douloureux
Pour contrôler le syndrome douloureux on recourt aux blocs médicamenteux réalisés avec des anesthésiques. Les syndromes inflammatoire et douloureux sont traités par des corticoïdes et des chondroprotecteurs. Les blocs à la novocaïne sont utilisés uniquement selon des indications médicales strictes. En raison de leurs puissants effets anti-inflammatoires, analgésiques et anti-œdémateux, les corticoïdes sont prescrits lorsque le patient présente des blocages fonctionnels aigus avec complications associées.
Pour restaurer la fonction motrice, on prescrit des chondroprotecteurs tels que sulfate de glucosamine, Traumeel, Cel T, Dona et autres. En cas de symptômes inflammatoires et douloureux, l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (Naproxène, Diclofénac, Olfen, Dicloberyl) s’avère souvent efficace. Parmi les dérivés d’indométacine on utilise des formes comme Ibuprom ou Ibuprofène. Les symptômes douloureux peuvent être atténués par des médicaments tels que Movalis, Nimesil, Piroxicam, Kétorolac, Célécoxib, Ceréflex, Rofika.
Des myorelaxants (Midocalm, Sirdalud, No-Spa) et des agents renforçant la paroi vasculaire (Ascorutin) sont indiqués. On prescrit aussi des médicaments améliorant la microcirculation (Cavinton, Pentoxifylline, Trental) et la trophicité locale (Actovegin). Pour améliorer l’état des fibres nerveuses, des complexes vitaminiques du groupe B comme Neurobion sont utilisés.
Localement, on recommande des préparations à effet chauffant (Finalgon, Espol, Nicoflex). Les procédures de physiothérapie réduisent l’œdème, l’inflammation et la douleur. On pratique l’électrophorèse à la novocaïne, l’amplipulse et la magnétothérapie. Après la résolution de l’épisode aigu, le massage de la région cervico-rachidienne et la gymnastique thérapeutique sont bénéfiques.
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