Douleur au genou : pourquoi ça fait mal et que faire

Comprendre la douleur au genou chez l'enfant : distinguer une plainte d'attention, un traumatisme, une douleur de croissance ou une pathologie (Osgood-Schlatter, arthrite) et savoir quand consulter.
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Le corps humain, aussi parfait soit-il, est exposé à diverses maladies. Malheureusement, tombent malades non seulement les adultes et les personnes âgées, mais aussi les enfants, et leurs affections ne se limitent pas aux rhumes et aux troubles digestifs. Très souvent, un enfant se plaint d’avoir mal au genou. Dans ce cas, il ne faut pas paniquer, mais il ne faut pas non plus laisser ce problème sans attention.

Avant tout, il convient de vérifier que la douleur existe réellement. Dans de nombreuses familles, l’arrivée d’un nouvel enfant fait parfois ressentir aux aînés un déficit d’attention parentale ; ils cherchent alors à attirer l’attention en se plaignant. Si l’enfant se manifeste surtout lorsque la mère s’occupe d’un cadet ou que les parents sont distraits, on peut suspecter une mise en scène.

Un autre indice est l’absence de plainte pendant les jeux avec d’autres enfants. Dans ce cas, essayez de consacrer plus de temps à l’enfant et d’expliquer que la venue d’un frère ou d’une sœur n’affecte en rien l’amour des parents pour lui.

Traumatismes du genou

En raison de la structure du genou chez l’enfant — les ligaments et les tendons sont souvent plus résistants que les os en croissance — il se blesse moins fréquemment que chez l’adulte. Chez les adolescents, on observe des lésions plus proches de celles des adultes, tandis que chez les plus jeunes on constate plutôt des fractures osseuses que des entorses ligamentaires.

La cause traumatique des douleurs à la marche ou lors d’activités motrices est la plus facile à diagnostiquer.

Selon la nature et la gravité de la blessure on distingue :

  • contusion ;
  • entorses et déchirures des ligaments soutenant la rotule ;
  • déchirures des ménisques (disques cartilagineux du genou) ;
  • fracture de la rotule, de la partie inférieure du fémur ou du haut du tibia et de la fibula ;
  • luxation de la rotule ;
  • luxation de l’articulation du genou.

Les signes de toute blessure sont des douleurs d’intensité variable, un gonflement survenant quelques minutes après le traumatisme, un hématome et une limitation de la mobilité articulaire.

Le genou, en particulier chez l’adolescent, est exposé à de nombreux dommages liés aux efforts. Il ne faut donc pas prendre les traumatismes à la légère, même s’ils paraissent anodins au premier abord. Si la douleur ne disparaît pas au bout de 2–3 jours, il est nécessaire de consulter un spécialiste, car une contusion apparemment banale peut évoluer en problème sérieux.

Douleurs de croissance

Chez les enfants et les adolescents, il existe fréquemment des douleurs du genou d’étiologie incertaine, appelées douleurs de croissance. Elles s’expliquent par des processus physiologiques liés à la croissance du squelette. Ce phénomène concerne surtout les enfants plus âgés que les tout-petits et se rencontre dans environ 5 % des cas. Ces douleurs sont en général peu symptomatiques et de courte durée. L’enfant se plaint souvent la nuit, pendant le sommeil, surtout après une journée de sursollicitation physique. Cela tient aux particularités du réseau vasculaire de l’adolescent : lors d’une poussée de croissance, la vascularisation des extrémités peut être momentanément insuffisante et requérir une activité physique pour une meilleure irrigation. La douleur disparaît habituellement le matin et l’examen clinique ne révèle pas de pathologie ; les parents doivent faire preuve de patience — avec le temps, cela passe.

Par ailleurs, un effort physique excessif peut provoquer des douleurs au genou. De longues promenades ou un surmenage sportif peuvent engendrer des douleurs au genou et au tiers supérieur de la jambe. Le surpoids et la présence d’un pied plat constituent également des facteurs de risque.

Maladie d’Osgood-Schlatter

Une autre cause fréquente de douleur au genou chez l’enfant pendant la marche ou l’effort est la maladie d’Osgood-Schlatter. Elle résulte de microtraumatismes répétés au niveau de la tubérosité tibiale antérieure. Les adolescents très sportifs sont le plus souvent touchés. La douleur se localise dans le tiers supérieur de la jambe, se manifeste lors de la course et à la montée des escaliers, et s’intensifie au moment de l’appui du talon sur le sol. La douleur diminue lorsque le pied se détache du sol. L’intensité varie de quasi imperceptible à brûlante et presque insupportable. En général, cette maladie dure plusieurs mois et nécessite une limitation des efforts physiques. Après la fin de la croissance osseuse, la pathologie disparaît sans séquelles.

Arthrite juvénile

Cependant, une douleur au genou peut aussi signaler le début d’une maladie grave, comme l’arthrite juvénile. Il s’agit d’une affection articulaire sévère, pouvant conduire à un handicap. Les causes précises de l’arthrite juvénile ne sont pas complètement élucidées. Des facteurs favorisants peuvent être :

  • hérédité ;
  • hypothermie ou exposition prolongée au soleil ;
  • traumatismes articulaires.

La maladie se manifeste par une douleur à la marche, une limitation de la mobilité. On observe visuellement un gonflement et une rougeur de l’articulation atteinte, une élévation de la température locale. Un autre signe peut être une fièvre matinale accompagnée de frissons, une amplification de la douleur au réveil et l’apparition d’éruptions allergiques. Au premier signe de la maladie, il faut consulter un médecin sans délai.

Comme on le voit, les causes de la douleur du genou lors de la marche ou d’autres efforts sont nombreuses. Il est important de prendre ce problème au sérieux et, si les douleurs persistent plusieurs jours, de consulter des spécialistes.

Dr. Maxime Leroy
Médecin urgentiste
leroy@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Pourquoi mon enfant se plaint-il souvent du genou sans qu'il y ait de blessure apparente ?
Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ces plaintes : parfois il s'agit d'un appel d'attention chez l'enfant, mais souvent ce sont des douleurs de croissance liées à une poussée osseuse ou à une surcharge après une journée active. Si la douleur est récurrente, nocturne, ou associée à un gonflement, il faut consulter pour exclure toute pathologie.
Quels sont les signes d'alerte après un traumatisme du genou nécessitant une consultation immédiate ?
Après un choc, consultez en urgence si l'enfant présente une incapacité à poser le pied au sol, une déformation visible, un gonflement rapide, une douleur progressive malgré le repos, une fièvre ou des engourdissements : ces signes peuvent traduire une fracture, une lésion ligamentaire majeure ou une infection.
Qu'appelle-t-on « douleurs de croissance » et doivent-elles inquiéter ?
Les douleurs de croissance sont des douleurs transitoires souvent nocturnes chez l'enfant en pleine croissance, sans signe inflammatoire local. Elles surviennent après l'effort et disparaissent le matin. Elles sont bénignes mais il convient d'observer leur fréquence et leur intensité ; un bilan est nécessaire si elles persistent ou s'aggravent pour éliminer une autre cause.
Qu'est-ce que la maladie d'Osgood-Schlatter et comment la traiter ?
La maladie d'Osgood-Schlatter résulte de microtraumatismes répétés au niveau de la tubérosité tibiale chez l'adolescent sportif. Le traitement est conservateur : repos relatif, réduction des sports à impact, glace, anti-inflammatoires si prescrits et rééducation pour étirer et renforcer le quadriceps. L'évolution est favorable après la fin de la croissance.
Quand faut-il suspecter une arthrite juvénile et quelles démarches entreprendre ?
Suspectez une arthrite juvénile si l'enfant présente douleur persistante, gonflement, rougeur, raideur matinale, fièvre ou éruptions cutanées. Il est impératif de consulter un pédiatre ou un rhumatologue pédiatrique rapidement : un diagnostic et un traitement précoces limitent le risque de complications et de handicap à long terme.
Que faire immédiatement si mon enfant se blesse au genou en jouant ?
Appliquez les gestes de premiers soins : repos, glace (par intermittence), compression légère et surélévation si possible. Évitez les massages vigoureux. Donnez un antidouleur adapté à l'âge si nécessaire et consultez un médecin si l'enfant ne peut pas marcher, si la douleur persiste plus de 48–72 heures ou s'il y a déformation ou engourdissement.
Comment prévenir les douleurs au genou chez les enfants actifs ?
Pour prévenir, favorisez un échauffement adapté, limitez les surcharges et les entraînements excessifs, veillez à un poids sain, portez des chaussures appropriées et stimulez le renforcement musculaire et la proprioception. En cas de douleur répétée, faites évaluer l'enfant pour adapter l'activité et prévenir les complications.