Que faire en cas de douleur dentaire pendant l'allaitement
La douleur dentaire est toujours désagréable et inattendue. Une attention particulière est portée au traitement des affections bucco-dentaires chez les enfants, les femmes enceintes et les mères qui allaitent, car cette catégorie de patientes est particulière. Pendant la grossesse et la lactation, l’organisme de la femme subit de fortes sollicitations pouvant entraîner une perte de certaines vitamines, minéraux et nutriments, notamment le calcium. Or le calcium est l’un des éléments essentiels pour la santé des dents. Durant la grossesse, l’alimentation peut être irrégulière en raison d’envies ou d’intolérances individuelles, et il arrive que l’on consomme des aliments néfastes pour l’émail dentaire.
Si l’on ajoute à cela le manque de temps pour consulter un dentiste, même pour une simple consultation, et une possible déminéralisation, il n’est pas rare qu’après l’accouchement la mère se retrouve avec des dents fragilisées.
Lors de l’allaitement, la maman perd également une quantité importante de calcium, qui passe dans le lait maternel au bénéfice du nouveau-né ; cela représente une charge supplémentaire pour l’organisme et peut contribuer à l’altération de l’émail dentaire et des tissus osseux.
Causes de la douleur pendant la lactation
Comme indiqué plus haut, les douleurs dentaires durant l’allaitement résultent d’un ensemble de facteurs liés à l’état de santé pendant la grossesse et l’après-naissance. Parmi les causes principales on trouve :
- le développement de caries ;
- la pulpite (inflammation de la pulpe dentaire) ;
- l’inflammation des gencives (gingivite) ;
- la parodontite ;
- les fissures de l’émail dentaire ;
- la chute d’une obturation (plombe) ;
En règle générale, ces causes ne diffèrent pas de celles observées chez une personne qui n’allaite pas. La spécificité réside dans l’état général affaibli de la mère après la grossesse, ce qui facilite la survenue d’infections buccales.
Il est important de se rappeler qu’il ne faut pas s’automédiquer, car de nombreux remèdes et préparations peuvent passer dans le lait maternel et ne pas être sans risque pour l’enfant. Une autre raison de consulter un professionnel est le risque de perte dentaire : seul un dentiste peut prescrire le traitement adéquat compatible avec l’allaitement.
Moyens de soulager la douleur dentaire
Parmi les antalgiques les plus couramment utilisés pour soulager une douleur dentaire figurent le paracétamol et l’ibuprofène. Ces médicaments sont généralement considérés comme compatibles avec l’allaitement, mais l’auto-traitement ne doit pas dépasser deux jours sans avis médical. Il est préférable de prendre le médicament dans les intervalles les plus longs entre les tétées, par exemple la nuit.
Les dentistes recommandent parfois, en cas de douleur localisée, d’utiliser une anesthésie locale à base de lidocaïne à faible dose pour obtenir un soulagement immédiat. Il ne faut pas oublier que la douleur est une situation de stress pour l’organisme, et le bébé ressent souvent cette tension en même temps que sa mère. Avant toute prise de médicament, il est indispensable de vérifier l’absence d’allergie aux composants et, si nécessaire, de connaître la durée d’élimination du produit.
Pendant la période d’autotraitement, il convient de prendre rendez-vous chez le dentiste et de s’y rendre dès que possible, car les complications d’une douleur dentaire peuvent être sérieuses. Au cabinet, informez toujours le praticien que vous allaitez, car cela influencera le choix des traitements et des médicaments.
Le dentiste peut parfois traiter sans anesthésie, selon la situation, mais cela nécessite de la patience. Il est recommandé de consulter juste après une tétée, afin que les médicaments administrés aient le plus de temps possible pour être éliminés avant la prochaine tétée et ainsi minimiser l’exposition du nourrisson.
Médicaments à éviter pendant l’allaitement
Avant d’utiliser un médicament, lisez toujours la notice et demandez conseil à un professionnel de santé. Certaines substances sont déconseillées voire contre-indiquées pendant la grossesse et l’allaitement. Parmi elles figurent l’aspirine et le métamizole (connu sous le nom commercial Analgine) : tous les médicaments contenant ces principes actifs doivent être évités en l’absence d’avis médical approprié.
Prévention de la douleur dentaire
La prévention doit idéalement commencer avant la grossesse. Ainsi on évite de nombreuses complications dentaires. Pour cela, il est conseillé de :
- Consulter un cabinet dentaire pour un examen complet de la cavité orale et traiter au besoin la plaque, le tartre et les foyers inflammatoires.
- Programmer une seconde visite chez le dentiste au cours du premier trimestre de grossesse si aucun motif de consultation n’existe auparavant. Pendant la grossesse, l’activité bactérienne et l’accumulation de dépôt peuvent augmenter, et un nettoyage tardif peut entraîner des complications.
- Ne pas croire l’idée reçue selon laquelle il serait interdit de soigner les dents pendant la grossesse. Au contraire, les infections buccales représentent un risque pour le fœtus et doivent être prises en charge de manière adaptée.
- Après la sortie de la maternité, prévoir une consultation dentaire pour évaluer l’état bucco-dentaire et traiter rapidement les problèmes débutants ; cela permettra d’éviter des douleurs et des traitements plus lourds par la suite.
Rappelez-vous que tout ce que la mère ingère peut passer dans le lait maternel et atteindre l’enfant ; il faut donc prendre soin de sa santé et demander conseil avant toute automédication. La douleur est aussi un facteur de stress pour l’enfant, qui perçoit l’état de sa mère et peut en souffrir tant sur le plan physique que psychologique. La médecine moderne propose aujourd’hui de nombreux traitements compatibles avec la grossesse et l’allaitement.
Ne retardez pas la visite chez le dentiste : la période postnatale est une phase sensible où l’organisme s’est beaucoup dépensé. Prendre soin de vous en priorité permet d’assurer le bien-être et la santé de votre enfant.
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