Comprendre les douleurs au coccyx et aux fesses

Article sur les douleurs au coccyx et aux fesses : origines fréquentes, diagnostic clinique et par imagerie, traitements conservateurs et physiothérapeutiques, exercices et prévention pour éviter la récidive.

Les sensations désagréables au niveau du coccyx et des fesses peuvent causer beaucoup de souffrances physiques et morales. Cependant, en raison de leur apparition et disparition parfois soudaines, beaucoup de personnes n’y prêtent pas attention. À tort. Il ne faut pas pratiquer l’automédication ni retarder la consultation d’un médecin, car dans les cas avancés, les douleurs dans les fesses et au coccyx peuvent entraîner une détérioration importante de l’état, voire une coccygectomie (ablation chirurgicale du coccyx).

Étiologie

Souvent, la douleur sous le coccyx est la conséquence d’un traumatisme important de la jambe ou de la région anorectale. Les causes peuvent également inclure :

  • constipation ;
  • diarrhée ;
  • déformation de l’anus après une opération ;
  • position assise prolongée ;
  • radiculite ;
  • hernie intervertébrale ;
  • ostéochondrose ;
  • infection ;
  • maladies neurologiques de la colonne vertébrale.

Il convient de mentionner séparément les maladies dégénératives et dystrophiques de la colonne vertébrale. Dans ce contexte, les douleurs aux jambes, aux fesses et dans la partie basse du coccyx sont la conséquence d’un syndrome sciatique et d’un syndrome réflexe.

Diagnostic différentiel

La région basse du coccyx peut devenir douloureuse longtemps après un traumatisme. Pour confirmer la pathologie, on utilise des méthodes cliniques et instrumentales. Pour le diagnostic, il est nécessaire de consulter un proctologue.

Pour poser un diagnostic, il faut exclure de nombreuses autres maladies proctologiques. À cette fin, on réalise un interrogatoire, un examen clinique et des investigations instrumentales.

Méthodes subjectives de diagnostic

Cette méthode d’examen permet d’établir la nature des douleurs d’après le récit du patient.

SyndromeTableau cliniqueIrradiation
Syndrome douloureux anococcygien Apparaît et disparaît soudainement et sans raison apparente. Localisé dans le canal anal, le rectum ou sous le coccyx. Douleurs sourdes ou lancinantes, durant de quelques secondes à une demi-heure.Irradie vers le périnée, la cuisse, les côtes ou les fesses.
CoccydynieLes douleurs s’accentuent lors des mouvements ou en position assise. Un brûlement au niveau du coccyx peut survenir.Absente.
Névralgie anorectaleDouleurs étendues (ou diffuses). Survient plus fréquemment chez les femmes.Irradie vers la cuisse, le périnée, la partie basse du sacrum ou les fesses.
Douleurs liées au sciatiqueSurviennent dans la région lombaire. L’intensité varie d’un léger picotement à une brûlure sévère.Irradie vers le bas du coccyx, la jambe, la cuisse, les orteils ou les fesses.
Syndrome réflexeLumbago – douleur lombaire aiguë soudaine, survenant lors d’une flexion ou d’une extension.Absente
Lumbalgie – douleur lombaire progressive avec limitation de la mobilité.Absente
Sacralgie – douleur au sacrum irradiant vers les jambes. S’aggrave en position assise ou lors du port de charges.Absente
Coccyalgie – douleur épuisante sous le sacrum, au niveau du coccyx.Absente
Lumboischialgie – combinaison de plusieurs sources de douleur.Irradie vers les fesses

Méthodes objectives

Syndrome douloureux anococcygien

Ce syndrome n’est posé qu’après un examen approfondi réalisé dans un ordre précis.

  1. Examen par doigtage pour déterminer les modifications tactiles dans la région lombaire et le périnée. On prête une attention particulière à la douleur dans la partie basse du coccyx lors de la palpation.
  2. Radiographie pour exclure les traumatismes.
  3. Étude électrophysiologique des muscles du plancher pelvien et du rectum. On recherche la présence d’un spasme musculaire et le type de motricité du côlon.
  4. Culture des selles pour la flore microbienne.
  5. Étude coprologique.
  6. Iléographie ou échographie. Cette méthode permet d’exclure une invagination intrarectale.
  7. Chez l’homme, examen de la prostate. Chez la femme, examen des organes pelviens. On élimine les affections inflammatoires.
  8. En complément, chez la femme, examen bimanuelle ou par rectoromanoscopie du vagin et du rectum pour exclure une proctite ou des maladies du bas côlon.

Coccydynie

Pour diagnostiquer la coccydynie, on utilise les examens suivants :

  • détermination de la nature de la douleur et localisation précise par palpation ;
  • examen de l’état du rectum et du coccyx via une rectoscopie ou une sigmoïdoscopie, ainsi que la sphinctérométrie ;
  • radiographie, scanner ou IRM – pour détecter inflammations, œdème ou traumatismes ;
  • exclusion d’autres maladies inflammatoires proctologiques par cultures fécales pour dysbiose.

Diagnostic en présence de maladies de la colonne vertébrale

Dans ce cas, on emploie les méthodes suivantes :

  • antécédents de traumatismes ou de maladies rachidiennes ;
  • radiographie ;
  • scanner ou IRM ;
  • examen par un traumatologue et un neurologue.

Traitement

Presque toujours, la région basse du coccyx est traitée par des méthodes conservatrices (médicamenteuses, physiques et physiothérapeutiques). Une attention particulière est accordée aux femmes enceintes. Elles ne peuvent pas prendre d’analgésiques ou d’anti-inflammatoires, c’est pourquoi pour réduire la douleur on recommande un anneau en caoutchouc ou un coussin moelleux. Les hommes peuvent également l’utiliser pour diminuer la pression en position assise.

Antalgie

Comme la douleur au coccyx irradie parfois dans les jambes, plusieurs médicaments sont prescrits simultanément. En règle générale, ce sont des anti-inflammatoires non stéroïdiens administrés en microclystères ou en suppositoires. L’ibuprofène et le naproxène sont très populaires.

Pour les douleurs intenses, on réalise des blocs à la novocaïne. La procédure consiste à injecter le médicament autour de la zone douloureuse. Parfois on utilise la lidocaïne, l’hydrocortisone, le Kenalog ou d’autres analogues.

Traitement physiothérapeutique

Cette méthode est aussi répandue que le traitement médicamenteux. On applique :

  • thérapie laser ;
  • électrothérapie ;
  • ultrasons ;
  • UHF ;
  • bains de boue thérapeutiques ;
  • courants diadynamiques ;
  • ozokérite ;
  • darsonvalisation.

Gymnastique thérapeutique

Les exercices physiques permettent de réduire la douleur. Des sauts, la course, la marche rapide, les mouvements brusques et l’effort intense sont exclus du programme. Le patient peut réaliser certains exercices lui-même.

  1. Allongé sur le dos, plier les jambes, poser les paumes sur la face interne des genoux et écarter les jambes. Tenter de rapprocher les genoux en opposant la résistance des mains. Répéter 8 à 12 fois.
  2. Allongé sur le dos, jambes pliées, maintenir un ballon entre les genoux, les mains posées sur l’abdomen. Serrer le ballon avec les genoux tout en opposant une résistance avec les mains pour empêcher la protrusion abdominale. Répéter 6 à 8 fois.
  3. Allongé sur le dos, jambes tendues, maintenir un ballon entre les pieds. Serrer le ballon 6 à 8 fois pendant 5 secondes.
  4. Allongé sur le dos, écarter les jambes pliées sur les côtés. Tenter de lever le bassin quelques secondes. Répéter 6 à 8 fois.

Les exercices doivent être effectués lentement, avec des pauses de 10 à 15 secondes entre les répétitions.

Intervention chirurgicale

Elle est pratiquée en cas de fracture ou de forme avancée de la maladie. La décision d’opérer est prise après consultation avec un traumatologue. L’intervention consiste en l’ablation du coccyx.

Dr. Maxime Leroy
Médecin urgentiste
leroy@tonpharmacien.fr
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Questions Fréquemment Posées

Quelles sont les causes les plus courantes des douleurs au coccyx et aux fesses ?
Les causes fréquentes incluent des traumatismes directs, des constipations ou diarrhées répétées, une position assise prolongée, des affections rachidiennes comme hernies ou ostéochondrose, des processus inflammatoires ou infectieux, ainsi que des troubles neurologiques affectant la colonne. L'origine précise conditionne la prise en charge.
Quand faut-il consulter un médecin pour ces douleurs ?
Il convient de consulter rapidement lorsque la douleur est intense, persistante, s'accompagne de fièvre, d'un gonflement, d'une perte de mobilité ou d'une irradiation vers la jambe, ou lorsqu'il existe des antécédents de traumatisme ; un examen clinique et des investigations complémentaires permettront d'éliminer des causes graves et de proposer le traitement adapté.
Quels examens permettent de préciser l'origine des douleurs ?
Le diagnostic repose sur l'interrogatoire et l'examen clinique, complétés au besoin par des radiographies, un scanner ou une IRM du bassin et du rachis, ainsi que par des examens proctologiques (rectoscopie, sigmoïdoscopie) et des analyses biologiques ou coprologiques pour rechercher une infection ou une inflammation.
Quels traitements sont proposés en première intention ?
En première intention, le traitement est conservateur : repos, protection de la zone en position assise par un coussin adapté, anti-inflammatoires, blocs anesthésiques locaux si nécessaire, physiothérapie, séances de rééducation et modifications ergonomiques. Les femmes enceintes reçoivent des mesures non médicamenteuses prioritaires.
Quand une intervention chirurgicale est-elle envisagée ?
L'intervention, telle que l'ablation du coccyx, peut être envisagée en cas de fracture, d'abcès récidivant, de kyste ou lorsque les traitements conservateurs ont échoué et que la douleur reste invalidante. La décision opératoire est prise après bilan complet et avis spécialisé pour peser bénéfices et risques.