Douleurs dorsales : causes, diagnostic et traitements

Les douleurs dorsales ont de multiples origines. Un diagnostic précis (clinique et imagerie) permet d'adapter le traitement : repos, rééducation, AINS, myorelaxants, thérapies locales et, si besoin, interventions ciblées.
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Les douleurs dorsales sont l’une des plaintes les plus fréquentes chez les patients. De nombreuses maladies se manifestent par ce symptôme désagréable. Lorsqu’un patient présente des douleurs dorsales, on procède à un examen approfondi afin d’adapter le traitement le plus approprié.

Types de douleur

On différencie les douleurs selon leur localisation. Elles surviennent dans la partie haute ou basse de la colonne, au-dessus des lombaires, dans les lombaires ou en dessous. La douleur peut apparaître brutalement ou être chronique.

On distingue également les douleurs chez les patients de moins de 50 ans et celles chez les plus de 50 ans. Cette séparation facilite grandement le diagnostic, car le vieillissement s’accompagne de processus spécifiques et certaines douleurs traduisent des maladies liées à l’âge. Différentes tranches d’âge entraînent la prescription de médicaments différents.

Les douleurs dorsales peuvent être d’origine musculo-squelettique ou résulter d’un traumatisme. Les douleurs irradiantes, c’est-à-dire celles qui se répercutent vers la colonne, sont étudiées séparément car elles constituent le signe d’autres affections ou états, par exemple une colique néphrétique ou un syndrome prémenstruel (SPM).

Le plus souvent, la cause de la douleur dorsale est une maladie de la colonne vertébrale ou des muscles du dos. Pour chaque type de douleur on prescrit le ou les médicaments adaptés, souvent en association.

Lumbago

Le lumbago, ou lombalgie aiguë, est une douleur qui survient brusquement, généralement après un effort important ou un traumatisme du dos. Elle est de type aigu et tranchant. La personne se rend soudain compte qu’elle ne peut ni se pencher ni se redresser. Elle reste figée dans une position : la douleur aiguë empêche tout changement de posture. Dans le langage courant on parle de « coup de poignard ». Ces douleurs proviennent des tissus mous de la région lombaire.

Le patient a des difficultés à se redresser, l’amplitude des mouvements de flexion diminue progressivement. Si le symptôme devient chronique, un mécanisme d’habitude peut s’installer, impliquant alors les muscles profonds du dos.

Dans la plupart des cas, ce symptôme évoque une ostéochondrose ou une hernie discale. Il existe divers médicaments pour traiter le lumbago, notamment des pommades, gels ou crèmes aux propriétés variées. Les agents locaux à action irritante et analgésique peuvent être efficaces en cas de lumbago.

Douleurs dorsales pendant la grossesse

Pendant la grossesse, des douleurs peuvent survenir en raison des changements corporels liés au port de l’enfant. La charge supportée par la colonne augmente et le centre de gravité se modifie.

Pour maintenir l’équilibre, la femme enceinte contracte davantage les muscles du dos. L’appareil ligamentaire se relâche car les muscles abdominaux ne soutiennent plus la colonne comme auparavant.

Le stress, l’anxiété accrue, les infections ou l’hypothermie pendant la grossesse peuvent provoquer des douleurs dorsales. Il est important de se reposer davantage, d’éviter les mouvements brusques, de préserver ses défenses immunitaires, d’avoir une alimentation équilibrée et d’alléger la charge sur la colonne. En fin de grossesse, le port d’une ceinture de soutien peut aider.

Il n’est pas recommandé d’utiliser des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou des analgésiques sans avis médical. Les traitements homéopathiques ou les produits topiques doivent être employés uniquement après avis médical afin d’éviter toute complication durant la grossesse.

Diagnostic

Outre l’examen clinique et l’interrogatoire, le médecin peut prescrire les examens suivants :

  • imagerie par résonance magnétique (IRM) ;
  • tomodensitométrie (scanner) ;
  • myélographie ;
  • scintigraphie osseuse (balayage radionucléide).

Il est essentiel d’effectuer un diagnostic avant toute prise en charge. Pour certaines affections dorsales, les frictions ou l’application d’agents chauffants sont contre-indiquées. Les examens permettent de poser un diagnostic précis et d’orienter le traitement. Les douleurs dorsales peuvent être le signe des maladies suivantes :

  • affections dégénératives des disques intervertébraux ;
  • arthrose ;
  • arthrite réactive, arthrite psoriasique ;
  • hyperostose diffuse idiopathique (DISH) ;
  • sciatique ;
  • spondylarthrite ankylosante ;
  • coccygodynie ;
  • fibromyalgie ;
  • endometriose ;
  • calculs rénaux ;
  • fracture ;
  • tumeur osseuse ;
  • cancer du pancréas ;
  • prise en charge de la douleur et traitement.

Pour traiter la douleur dorsale on utilise parfois des anesthésiques locaux comme la novocaïne ou la lidocaïne, ainsi que des antalgiques comme le nimesulide (Nise) selon les prescriptions. L’usage prolongé d’antalgiques n’est pas recommandé. Pour réduire l’inflammation, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène, le diclofénac ou l’indométhacine peuvent être prescrits. Des myorelaxants sont utilisés pour diminuer les tensions musculaires et soulager la douleur.

Moyens topiques contre la douleur

Les pommades sont souvent employées dans la prise en charge de la douleur dorsale.

Il existe plusieurs catégories de pommades :

  1. pommades homéopathiques ;
  2. pommades et gels chauffants à action distractive ou irritante ;
  3. pommades contenant des AINS ;
  4. chondroprotecteurs topiques ;
  5. pommades combinées.

Les préparations homéopathiques ou à base d’extraits végétaux ou animaux peuvent prétendre freiner la dégradation du cartilage. Elles peuvent apporter un effet anesthésiant et améliorer le métabolisme local. On trouve sur le marché des produits présentés comme des chondroprotecteurs de nouvelle génération, bien que l’avis de la médecine conventionnelle soit réservé.

Les pommades chauffantes augmentent l’afflux sanguin vers la zone inflammée et procurent un effet analgésique local. Elles donnent souvent un bon résultat en cas de lumbago ou de myalgie. Parmi les produits connus figurent Finalgon, Capsicam ou Nicoflex.

Les pommades anti-inflammatoires ont un bon effet analgésique et anti-inflammatoire, mais présentent davantage de contre-indications et d’effets indésirables. Elles ne doivent pas être utilisées sur le long terme. Exemples : Ketoprofen, Fastum gel, Nise gel, Nimulid.

Les chondroprotecteurs topiques visent à stimuler le métabolisme tissulaire et à améliorer la trophicité des muscles et des ligaments. Ils existent sous forme de gels, crèmes ou pommades (par exemple chondroïtine, Teraflex). Les préparations combinées peuvent associer des effets anti-inflammatoires, résolutifs ou antiexsudatifs (par ex. Dolobene).

Les agents topiques sont pratiques et efficaces à certains stades. Un gel ou une crème n’atteint pas la circulation générale à la même mesure qu’un comprimé ou une injection, mais ils présentent généralement moins d’effets indésirables.

Appliquez toujours les pommades sur une peau propre et sèche. Certaines s’appliquent en couche fine, d’autres doivent être massées jusqu’à absorption complète.

Dr. Maxime Leroy
Médecin urgentiste
leroy@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Quelles sont les causes les plus fréquentes des douleurs dorsales ?
Les causes courantes incluent les lésions dégénératives de la colonne (ostéochondrose, hernie discale, spondylose), les traumatismes, les déséquilibres musculaires dus à la posture ou à la sédentarité, ainsi que des affections viscérales projetant la douleur vers le dos. Un examen clinique et parfois l'IRM permettent d'identifier l'origine exacte.
Quelle différence entre lumbago et lombalgie chronique ?
Le lumbago est une lombalgie aiguë d'apparition brutale, souvent liée à un effort ou à un faux mouvement et caractérisée par une douleur très intense empêchant le mouvement. La lombalgie chronique persiste depuis des mois et est généralement liée à des troubles structurels ou à des facteurs aggravants comme la dégénérescence discale, la mauvaise posture ou des facteurs psychosociaux.
Quels examens sont recommandés pour explorer une douleur dorsale persistante ?
Le bilan commence par un examen clinique et un interrogatoire détaillé ; selon les signes, on peut réaliser des radiographies pour l'os, un scanner pour préciser les anomalies osseuses, une IRM pour visualiser les disques, racines nerveuses et tissus mous, ou une scintigraphie osseuse si l'on suspecte une infection ou une tumeur.
Quels traitements peuvent soulager la douleur dorsale à court et moyen terme ?
Les mesures immédiates incluent repos relatif, rééducation adaptée, physiothérapie, massages et application locale de gels ou crèmes analgésiques. Les AINS et les myorelaxants peuvent être prescrits à court terme. Les infiltrations ou les techniques interventionnelles sont envisagées si le traitement conservateur est insuffisant.
Les pommades chauffantes sont-elles efficaces pour le mal de dos ?
Les pommades chauffantes améliorent la circulation locale et procurent souvent un soulagement symptomatique, notamment en cas de myalgie ou de lumbago. Elles conviennent en traitement adjuvant mais ne remplacent pas un bilan médical ; elles sont contre-indiquées en cas d'inflammation aiguë infectieuse ou de peau lésée.
Comment gérer les douleurs dorsales pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, privilégiez des mesures non médicamenteuses : repos adapté, exercices prénataux doux, physiothérapie spécialisée, port éventuel d'une ceinture de soutien et correction posturale. De nombreux médicaments sont déconseillés, d'où l'importance d'un suivi médical pour adapter le traitement en toute sécurité.
Quand consulter en urgence pour une douleur dorsale ?
Consultez rapidement si la douleur est extrêmement intense et soudaine, s'accompagne de fièvre, de troubles urinaires, d'une faiblesse ou d'une perte de sensibilité dans les jambes, ou apparaît après un traumatisme majeur. Ces signes peuvent révéler une infection, une compression nerveuse sévère ou d'autres complications nécessitant une prise en charge urgente.