Éjaculation précoce : définitions, causes et prises en charge
L’éjaculation incontrôlée (éjaculation précoce) est la dysfonction sexuelle masculine la plus répandue. Elle survient plus fréquemment chez les hommes jeunes et inexpérimentés, mais peut aussi affecter des partenaires expérimentés sous l’influence de divers facteurs externes. On entend parfois dire que la notion d’«éjaculation précoce» aurait été inventée par des femmes insatisfaites.
Définition
L’éjaculation précoce se définit comme une dysfonction sexuelle caractérisée par une émission de sperme incontrôlée durant le rapport sexuel. Il est difficile de fixer une durée précise pour un rapport sexuel «normal» car celle-ci varie d’un couple à l’autre ; l’apparition de l’éjaculation doit être considérée comme un critère individuel. Cependant, si l’éjaculation survient plus tôt que prévu par le couple, on parle de problème. Si cela se produit rarement, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. On parle de trouble lorsque 50 % des rapports aboutissent à une éjaculation prématurée.
Naturellement, si la partenaire atteint l’orgasme, les relations peuvent être considérées satisfaisantes, même si l’acte a duré seulement 8–10 minutes. En revanche, si l’acte dépasse une demi-heure et que la partenaire ne parvient pas à l’orgasme, il s’agit plutôt d’un retard orgasmique féminin et non d’une éjaculation précoce masculine. Le problème existe lorsque l’un des partenaires considère qu’il y a un trouble ; si les deux sont satisfaits, il ne faut pas chercher une anomalie là où il n’y en a pas.
Les statistiques indiquent qu’un tiers des hommes sont concernés par ce type de trouble à un moment de leur vie.
Instincts de la nature
Dans la nature, la copulation courte et rapide est fréquente chez de nombreuses espèces en raison des dangers permanents qui menacent leur survie. Le mécanisme de préservation s’exprime par une courte durée de l’acte sexuel pour assurer la reproduction. Ces caractéristiques biologiques expliquent en partie pourquoi l’homme tend naturellement vers des rapports relativement brefs et pourquoi, d’un point de vue strictement évolutif, l’éjaculation précoce n’est pas nécessairement considérée comme une anomalie.
Manifestations de l’éjaculation précoce
Le trouble se manifeste par :
- une éjaculation systématique même avec une stimulation minimale ;
- des difficultés relationnelles et des états psychologiques lourds chez les partenaires ;
- des épisodes d’éjaculation pouvant survenir sans stimulation sexuelle directe.
Types d’éjaculation précoce
On distingue deux formes :
- primaire ;
- secondaire.
La forme primaire se manifeste dès les débuts de la vie sexuelle. La forme secondaire survient chez des hommes qui auparavant avaient des relations sexuelles normales et pouvaient contrôler leur éjaculation.
Causes du trouble
Les causes peuvent être de deux ordres :
- psychologiques ;
- physiologiques.
L’éjaculation précoce peut être liée à la première expérience sexuelle, au manque d’expérience ; avec le temps et la pratique, l’homme apprend souvent à mieux contrôler l’éjaculation. Un long retrait des contacts sexuels peut aussi en être la cause.
Souvent, ce trouble est associé à des troubles psychiques, des états dépressifs ou d’autres désordres mentaux. L’éjaculation précoce ne s’accompagne pas de modifications structurales des organes sexuels masculins. L’éjaculation met en jeu les organes génitaux ainsi que les systèmes nerveux central et périphérique.
Des travaux récents suggèrent que l’éjaculation précoce est liée à des dysfonctionnements du système nerveux. Le réflexe éjaculatoire est contrôlé par des circuits nerveux prenant naissance au niveau lombaire. Des études ont également montré que la testostérone influence la vitesse d’éjaculation. Il est intéressant de noter que les hommes souffrant d’éjaculation précoce peuvent présenter une composition biochimique du sperme différente.
Parmi les facteurs possibles figurent des déséquilibres hormonaux, des traumatismes, des affections urologiques ou inflammatoires, l’énurésie durant l’enfance, et l’effet de certains médicaments.
La prostatite, alliée de l’éjaculation précoce
En urologie, on décrit parfois la «prostatite silencieuse». Elle ne se manifeste pas immédiatement et peut se traduire par des douleurs dans l’aine, le périnée et lors de la miction. Cette affection peut être une cause majeure d’éjaculation précoce. Le patient peut aussi ressentir des douleurs pendant les rapports et présenter des troubles de l’érection.
Symptômes
Le symptôme principal est bien sûr l’éjaculation qui survient avant que l’homme ne le souhaite.
Diagnostic
Au diagnostic, le médecin interroge le patient, examine tous les facteurs pouvant influer sur le trouble et prescrit une série d’examens pour évaluer l’état de santé global de l’homme. L’objectif est de déterminer à quel type d’éjaculation précoce correspond le cas clinique.
Toute prescription médicamenteuse doit se faire après un bilan complet et idéalement après consultation de plusieurs spécialistes si nécessaire.
Spécialistes à consulter
Le traitement débute par la consultation d’un andrologue, spécialiste des troubles masculins, qui assurera le diagnostic et prescrira les traitements appropriés. Il est souvent utile de consulter également un neurologue, un psychiatre, un urologue, un sexologue et parfois un nutritionniste. Une approche pluridisciplinaire augmente les chances de succès : chaque spécialiste apporte son éclairage et ses recommandations.
Traitement
Étant donné que l’éjaculation précoce est souvent associée à des facteurs psychologiques, de nombreux cas s’améliorent sans intervention médicale formelle, en particulier chez les jeunes anxieux.
Si le praticien identifie une hyperréactivité sensitive du gland, il n’est pas rare de proposer simplement des préservatifs ou des gels diminuant la sensibilité du gland.
Le traitement de l’éjaculation précoce associe souvent médicaments, thérapies physiques et parfois interventions chirurgicales. L’accompagnement psychologique est particulièrement efficace et doit faire partie d’une prise en charge globale après identification des causes réelles du trouble.
Certains praticiens recommandent une circoncision pour réduire la sensibilité du gland. Cette option n’est cependant pas une garantie de succès et ses résultats sont variables.
Les experts contemporains préconisent l’usage de techniques comportementales pendant le rapport pour retarder l’éjaculation. Les médicaments prescrits peuvent inclure des antidépresseurs aux propriétés retardantes sur l’éjaculation.
Il est essentiel que le couple fasse confiance au médecin et considère le praticien comme un allié dans la résolution du problème.
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