Érythrocytes élevés dans les urines : que faut-il savoir ?
Notre organisme renouvelle en permanence les globules rouges, éléments essentiels du sang. Chez l’adulte, environ deux millions de ces cellules sont éliminées quotidiennement par l’urine. Il est donc normal d’en retrouver une certaine quantité dans celle-ci. Des érythrocytes élevés dans les urines désignent un état où leur nombre dépasse les normes habituelles.
Valeurs normales et dépassement du nombre d’érythrocytes dans les urines
Les valeurs normales de globules rouges dans les urines sont déterminées par le nombre de cellules visibles au microscope. Chez l’homme, ce nombre est compris entre 0 et 1, et chez la femme et l’enfant entre 0 et 3 par champ microscopique. Un dépassement de ces seuils est appelé hématurie et peut indiquer une pathologie. On distingue deux formes :
- l’hématurie microscopique, où l’excès de globules rouges est visible uniquement au microscope, sans modification de la couleur de l’urine ;
- l’hématurie macroscopique, où les globules rouges colorent l’urine en rouge.
Dans quel état les érythrocytes peuvent-ils se trouver dans les urines ?
Les globules rouges peuvent se présenter sous deux formes, selon qu’ils contiennent ou non de l’hémoglobine.
On distingue :
- les érythrocytes inchangés, contenant de l’hémoglobine ;
- les érythrocytes altérés, dépourvus d’hémoglobine, prenant une forme annulaire.
Les érythrocytes intacts sont retrouvés dans l’urine fraîche, tandis que les cellules vieillissantes perdent leur couleur. Un grand nombre de globules rouges inchangés colore l’urine en rouge, indiquant une hématurie macroscopique.
Les altérés ne sont visibles qu’au microscope. Leur proportion permet d’évaluer depuis combien de temps ils sont présents dans les urines.
Que signifie la présence importante d’érythrocytes dans les urines ?
La présence accrue de globules rouges dans les urines peut signaler une maladie sérieuse. Les reins, en filtrant le sang et en produisant l’urine, sont souvent en cause. Les causes de l’hématurie peuvent être rénales (liées aux reins), post-rénales (urétrales, vésicales) ou somatiques (réaction à un trouble ailleurs dans l’organisme).
Hématurie d’origine rénale
Les causes rénales incluent :
- la pyélonéphrite, où l’inflammation rend les parois vasculaires plus perméables ;
- les calculs rénaux, qui blessent les tissus ;
- l’hydronéphrose, due à une mauvaise évacuation de l’urine ;
- le glomérulonéphrite, qui réduit la capacité de filtration, laissant passer plus de cellules sanguines ;
- les traumatismes rénaux.
Hématurie liée au système urinaire
Des troubles des voies urinaires peuvent provoquer l’hématurie : calculs dans la vessie ou l’urètre, lésions traumatiques, inflammations ou encore tumeurs détruisant les parois vasculaires et favorisant le passage des globules rouges.
Maladies d’autres organes provoquant une hématurie
Parmi les causes somatiques :
- intoxications dues à des infections ;
- diminution des plaquettes sanguines ;
- hémophilie ;
- prostatite ;
- cancer de la prostate ;
- hémorragies utérines ;
- érosion du col de l’utérus, provoquant la rupture des vaisseaux sanguins.
Autres causes d’hématurie
Parfois, l’élévation du taux d’érythrocytes n’est pas liée à une maladie, mais à des facteurs physiologiques transitoires :
- exposition prolongée à la chaleur (hammam, sauna) ;
- stress important, avec libération de corticostéroïdes rendant les capillaires plus perméables ;
- exercice physique intense ou travail physique dur ;
- consommation excessive d’alcool, réduisant le diamètre des vaisseaux rénaux ;
- alimentation trop épicée ou salée.
Ainsi, une élévation du nombre d’érythrocytes dans les urines doit toujours être prise au sérieux. Elle impose des examens complémentaires pour en identifier la cause exacte.
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