Fistule du coccyx : causes, symptômes et prise en charge
Le coccyx est la dernière portion de la colonne vertébrale. Il est constitué de plusieurs os soudés et ne possède pas une grande mobilité. Le secteur coccygien contient de nombreuses terminaisons nerveuses, de sorte que même de petits problèmes peuvent provoquer des douleurs. Des processus inflammatoires s’y développent relativement souvent, et il n’est pas rare qu’ils débouchent sur l’apparition d’une fistule au coccyx.
Causes de l’apparition des fistules
La plupart des médecins estiment que la pathologie du sinus coccygien prend naissance dès le développement intra-utérin. C’est alors qu’un trouble du développement du coccyx peut se produire. Fait intéressant, ces anomalies sont très fréquentes, mais se manifestent surtout à l’âge adulte.
Beaucoup de personnes peuvent vivre avec cette anomalie sans ressentir aucun inconfort. Cependant, ce n’est pas le cas pour tout le monde.
Les problèmes commencent généralement par des douleurs lors de la marche, en position assise ou lors d’un changement de position. Ces symptômes peuvent indiquer que la région coccygienne présente des anomalies.
Parmi les facteurs favorisant la formation d’une fistule au coccyx, on peut citer :
- un mode de vie peu actif ;
- une carence en calcium et en vitamine D ;
- des traumatismes de la colonne ;
- une exposition prolongée au froid ;
- une compression nerveuse dans la région lombaire ;
- différentes infections chroniques ;
- une hygiène personnelle insuffisante.
Au début peut apparaître une tuméfaction au niveau du coccyx, puis des écoulements purulents, signe certain du développement d’une fistule.
Plusieurs signes doivent vous alerter et vous inciter à consulter :
- douleur localisée au niveau du coccyx ;
- élévations fébriles intermittentes ;
- rougeur et tuméfaction ;
- démangeaisons autour de l’anus.
Évolution de la fistule
Une personne peut ne pas se rendre compte de la présence d’une fistule pendant un certain temps, retardant ainsi toute prise en charge. Progressivement, le processus inflammatoire s’intensifie et il peut apparaître d’autres trajets fistuleux, parfois non contigus au premier.
La fistule passe classiquement par plusieurs stades :
- Aigu.
- Chronique.
- Régression/remission.
À la phase aiguë, on observe fièvre, douleur intense et œdème local. Il est alors impératif de consulter rapidement pour obtenir un traitement adapté, faute de quoi des complications peuvent survenir :
- apparition d’eczéma ;
- multiplication des trajets fistuleux ;
- abcès purulent.
Un traitement médical précoce et une prise en charge chirurgicale opportunément réalisée permettent de guérir la fistule.
Traitement
Pour que le praticien prescrive un traitement adéquat, il faut d’abord établir un diagnostic précis. La fistule au coccyx partage des symptômes avec une kyste ou un foyer d’ostéomyélite qui peut survenir si le segment coccygien est atteint. Les symptômes sont semblables, mais la conduite thérapeutique diffère nettement.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et des radiographies du coccyx. Le traitement peut être réalisé de deux manières :
- Chirurgicale.
- Recours à des méthodes traditionnelles (médecines populaires).
Traitement chirurgical
La plupart des spécialistes estiment que la guérison passe par un geste chirurgical. L’intervention consiste à inciser et drainer l’abcès, puis à exciser le trajet fistuleux. Avant l’opération, un traitement anti-inflammatoire est souvent prescrit.
Il arrive que l’intervention initiale ne soit pas suffisante et que la fistule récidive. Dans ce cas, une excision plus étendue du sinus pilonidal est réalisée, avec ablation de tous les trajets fistuleux. Une seconde étape peut être nécessaire pour réduire le volume du déficit tissulaire laissé après ablation.
Les techniques modernes permettent de limiter la douleur per- et postopératoire ; une fois le trajet fistuleux retiré, on considère en général que la maladie est correctement traitée.
Après l’intervention, la convalescence demande du temps et le respect strict de certaines recommandations pour favoriser la cicatrisation :
- éviter de rester assis de façon prolongée pendant environ un mois ;
- effectuer une hygiène quotidienne soigneuse en rinçant la zone inter-fessière à l’eau courante ;
- éviter de soulever des charges lourdes ;
- réaliser l’épilation locale si recommandée pendant la période postopératoire ;
- suivre l’ensemble des prescriptions médicales jusqu’à cicatrisation complète.
Médecine traditionnelle et remèdes populaires
La médecine populaire propose de nombreux remèdes pour presque toutes les affections, et la fistule coccygienne ne fait pas exception. Ces méthodes demandent souvent beaucoup de temps pour obtenir un effet.
Parmi les remèdes cités figurent :
- huile d’olive ;
- aloe vera ;
- mumie (mumiyo) ;
- millepertuis.
On trouve des protocoles consistant à frictionner plusieurs fois par jour la zone atteinte avec un mélange d’huile d’olive et d’alcool, puis à appliquer une feuille de chou pour « faire sortir » le pus. D’autres recettes préconisent des cataplasmes d’aloe vera mêlé à du mumiyo, ou la prise interne de mumiyo à jeun pendant un mois. Le millepertuis bouilli en décoction et appliqué en compresse est aussi proposé.
Ces traitements peuvent être très longs et n’offrent pas toujours une guérison durable. L’automédication dans ce contexte peut aggraver l’infection et favoriser l’apparition de fistules secondaires, parfois éloignées du foyer initial.
Des cas sont décrits où un trajet fistuleux non traité a évolué vers des complications graves, y compris des transformations malignes. Il est donc déconseillé de négliger ce problème et important de consulter un professionnel de santé pour un bilan et une prise en charge adaptée.
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