Kyste du coccyx chez les hommes : symptômes, diagnostic et traitement
Le trajet épithélial coccygien (abrégé TEC) ou kyste du coccyx est une affection caractérisée par la formation de fistules (orifices) dans la région sacro-coccygienne.
Chaque trajet a une profondeur de 2-3 cm et n’est pas en contact direct avec le coccyx. Si l’on compare la fréquence de la maladie chez les hommes et chez les femmes, les premiers sont touchés trois fois plus souvent.
Étiologie
Les causes du développement du TEC ne sont pas encore complètement élucidées. Toutefois, plusieurs théories existent quant à la formation du trajet fistuleux et à l’apparition du processus inflammatoire.
Causes d’apparition du TEC
La cause première de l’apparition des orifices peut être une mauvaise orientation de la pousse des poils ou la persistance d’une cordelette vestigiale au stade embryonnaire. Dans le premier cas, le kyste du coccyx se forme lorsque la peau est « entraînée » vers l’intérieur en raison d’une pousse anormale des poils. Reste en revanche obscur la raison pour laquelle les poils poussent de façon aberrante précisément à cet endroit.
La seconde hypothèse repose sur un atavisme (malformation). En cas de développement embryonnaire anormal, le résidu de la « queue » ne se résorbe pas. L’homme conserve alors un ligament caudal (muscles de l’élévation de la queue) qui fixe la peau dans la région anorectale. Le développement du tissu sous-cutané adipeux conduit alors à la formation d’un kyste au niveau du coccyx.
Apparition de l’inflammation
Les creux eux-mêmes ne provoquent pas de douleur tant qu’ils ne sont pas accompagnés d’un processus inflammatoire. Celui-ci peut se déclencher en raison des facteurs suivants :
- l’extrémité distale du TEC est située à proximité de l’anus ;
- une mauvaise hygiène de la région anorectale ;
- un affaiblissement de l’immunité ;
- des maladies associées.
Tableau clinique
Initialement, le kyste coccygien ne présente aucun symptôme. La seule chose susceptible d’alerter est l’apparition d’orifices de 2 à 7 mm situés un peu au-dessus de l’anus. Des touffes de poils peuvent sortir de ces creux. En cas d’obturation du trajet, une induration se fait sentir.
L’introduction d’une infection entraîne une inflammation purulente. On ressent une douleur à la pression sur le coccyx. La douleur survient aussi en position assise ou en marchant. La peau devient plus œdématiée et rouge.
Le kyste du coccyx évolue selon différents stades.
- Non compliqué. Le patient ne présente aucune plainte ni symptôme.
- Stade d’inflammation aiguë. On observe une infiltration et une inflammation purulente.
- Inflammation chronique. À l’induration et à l’abcédation s’ajoute un orifice purulent dans la région anorectale.
- Stade d’atténuation. L’intensité des symptômes diminue.
Diagnostic
En premier lieu, on pratique un examen rectal digital. On évalue le tonus des muscles du plancher pelvien, le syndrome douloureux et l’absence de formations tumorales. Lors de cet examen, chez l’homme en particulier, on diagnostique sans difficulté un kyste au stade secondaire.
La rectoromanoscopie est employée pour étudier l’état du rectum. En présence d’un TEC, la muqueuse apparaîtra rose et élastique, sans trouble de la vascularisation ni de l’intégrité.
Si le kyste est dépisté, on recourt à la fistulographie. Cette méthode consiste à injecter un produit de contraste dans la fistule, suivie d’un examen radiologique. Cette approche permet d’exclure la présence de « poches » purulentes non visibles cliniquement.
L’échographie permet d’évaluer la taille de l’inflammation et sa localisation. On examine la présence de processus pathologiques dans les tissus avoisinants. L’intérêt de cet examen est l’absence de contre-indications à son emploi.
La tomodensitométrie ou l’IRM servent à déterminer la localisation, la taille, le nombre de ramifications et d’éventuelles poches purulentes du TEC. Grâce à ces méthodes, le kyste coccygien se différencie sans difficulté d’autres affections inflammatoires.
Traitement
En présence des symptômes décrits ci-dessus, il convient de consulter immédiatement. Un proctologue (coloproctologue) ou un chirurgien compétent réalisera l’examen nécessaire, posera le diagnostic et prescrira le traitement.
Aujourd’hui, le traitement médicamenteux n’est utilisé que pour la préparation à l’intervention, en post-opératoire et au stade 3 de la maladie.
Le kyste coccygien ne guérit que par intervention chirurgicale. On utilise pour cela des techniques ouvertes, l’exérèse du TEC, une large excision ou la sinuséctomie. Chaque opération présente ses avantages et inconvénients, aussi le choix du type opératoire incombe au chirurgien en fonction de l’état du patient. Certaines interventions réduisent le risque d’infections purulentes mais allongent la durée de récupération et augmentent le risque cicatriciel.
Bien que la fréquence de la maladie soit trois fois plus élevée chez l’homme que chez la femme, le risque de récidive est identique pour les deux sexes. Les récidives surviennent le plus souvent après exérèse avec suture en cul de sac, et le moins après sinuséctomie.
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