Lumbago : que faire face à une douleur lombaire aiguë
Un coup soudain et dévastateur, survenant au pire moment possible — c’est ainsi que l’on peut décrire la maladie au joli nom de « lumbago ». Ce terme latin désigne une douleur lombaire aiguë, appelée familièrement « fauchage ». La douleur survient généralement à gauche ou à droite à la suite d’une compression nerveuse.
La personne prise par le « fauchage » ressent une douleur intense, pulsatile et lancinante, elle est incapable de se redresser et reste figée jusqu’à ce que la douleur cède. Un accès peut durer de quelques minutes à plusieurs heures, parfois jusqu’à une journée. Tout mouvement ou pression sur la région lombaire augmente la douleur et prolonge le spasme. La douleur diminue progressivement seulement lorsque la victime est allongée immobile sur une surface dure.
Si l’accès se produit à gauche, il est conseillé de se coucher sur le côté droit. Parfois la douleur disparaît aussi soudainement qu’elle est apparue. Dans tous les cas, il est préférable de ne rien faire qui puisse aggraver la situation.
Il convient de noter qu’autrefois ces douleurs lombaires concernaient surtout des personnes d’âge mûr. Aujourd’hui, on constate que les accès surviennent de plus en plus chez des personnes jeunes. On associe cette tendance à la sédentarité, à une alimentation déséquilibrée et à un niveau de stress élevé. Telle est la rançon du progrès et du confort.
Circonstances de survenue
On distingue trois types de lombalgies aiguës selon leurs causes :
- la hernie discale ;
- la surcharge musculaire ;
- les maladies sous-jacentes.
Lors de mouvements brusques ou du soulèvement d’une charge trop lourde pour les capacités du dos, un disque intervertébral peut faire saillie et provoquer une douleur aiguë soudaine. La douleur peut être à gauche ou à droite et se déclencher lors d’une flexion. Une tension excessive des muscles et des ligaments peut produire des conséquences identiques. Le troisième type de lumbago est moins fréquent et peut résulter de processus inflammatoires, de rhumatismes ou de tumeurs.
Après un accès aigu, de légères douleurs lombaires peuvent persister pendant une à deux semaines : on parle alors de lombalgie subaiguë ou lombalgie chronique légère.
Ces douleurs soudaines peuvent provenir de facteurs liés au mode de vie ou au travail. On les rencontre le plus souvent chez des personnes qui :
- passent beaucoup de temps au volant, devant un ordinateur ou debout ;
- exercent un travail physique lourd avec des changements brusques de posture ;
- subissent des surcharges lors d’entraînements sportifs ;
- sont en surpoids ;
- sont enceintes ou en période de ménopause.
Il ne faut pas oublier que des accès douloureux localisés à gauche peuvent aussi être provoqués par une hernie lombaire, affection très répandue de nos jours. Lors d’une flexion brutale, la pression sur le segment atteint augmente et déclenche une douleur de type « fauchage ». Si la douleur aiguë à gauche irradie vers la fesse ou la jambe, il est probable que des racines nerveuses lombaires basses soient atteintes.
Il ne faut pas non plus négliger le fait que des accès à gauche peuvent traduire des affections viscérales inflammatoires : rate, intestin, pancréas, ovaire gauche ou rein. Si vous suspectez que le lumbago est secondaire à une telle maladie, la première chose à faire est de consulter sans délai un médecin.
Que faire si la douleur survient brusquement ?
Ces crises surviennent de manière imprévisible et l’on ne peut s’y préparer. Cependant, il est utile de connaître les gestes à effectuer en cas d’accès soudain au niveau lombaire. Si en vous penchant vous faites un mouvement brusque pour vous redresser, en tenant un objet lourd, et que vous êtes traversé soudainement par une douleur aiguë à gauche, procédez ainsi. Première règle : où que vous soyez, il faut vous allonger immédiatement sur une surface dure. Laissez tout et allongez-vous sur le sol ou sur le sol extérieur si nécessaire, sans tenter de vous déplacer. Tout mouvement inutile ne fera qu’augmenter l’intensité de la douleur et prolonger le spasme.
Allongez-vous dans la position qui procure le plus de soulagement. L’idée reçue selon laquelle la position strictement horizontale détend le dos n’est pas systématiquement vraie. Si la douleur est à gauche, mieux vaut se coucher sur le côté opposé afin de diminuer la pression sur les vertèbres lombaires. Dès que la douleur s’atténue — ce qui peut nécessiter quelques minutes selon les circonstances — tournez-vous doucement sur le dos en ramenant les jambes surélevées. Cette position aide souvent à relâcher la colonne et à diminuer le spasme. Restez ainsi jusqu’à disparition partielle de la douleur. Essayez de vous détendre au maximum pour réduire la contraction musculaire ; la respiration profonde et lente peut aider à réduire la sensation douloureuse.
Quand la douleur s’amenuise et que le spasme faiblit, il faut se relever avec beaucoup de précaution. Procédez par étapes, sans gestes brusques : tournez-vous sur le ventre, appuyez-vous sur les genoux pour passer à la position à quatre pattes, faites une pause et écoutez votre ressenti. Puis, en vous aidant des mains, relevez-vous lentement en vous mettant debout. Une fois vertical, et si vous êtes à peu près stable, prenez un antalgique adapté. Le médicament aide non seulement à calmer la douleur mais peut aussi réduire l’inflammation des racines nerveuses si elle est présente. Appliquez ensuite une pommade chauffante et frottez doucement la zone où le lumbago est survenu.
Avant de consulter, il est conseillé d’immobiliser légèrement la région lombaire à l’aide d’une ceinture orthopédique ou d’un corset. À défaut, un foulard chaud ou une écharpe peuvent dépanner. Évitez les efforts, les port de charges et les mouvements brusques.
Après le soulagement initial de la douleur, il est indispensable de consulter un professionnel de santé. Le médecin effectuera les examens nécessaires pour déterminer la cause de l’accès et prescrira le traitement approprié. Il arrive que la douleur disparaisse spontanément et sans séquelle, mais il ne faut pas compter sur la chance.
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