Trou au coccyx : causes, évolution et options de traitement

Présentation du trajet épithélial coccygien : origine congénitale ou acquise, évolution chez l'enfant et l'adolescent, signes d'infection, méthodes diagnostiques et options chirurgicales pour limiter récidives.

Le trajet épithélial du coccyx est une pathologie qui se développe pendant la vie intra-utérine.

Au cours de la période embryonnaire une réduction incomplète des muscles de la région caudale se produit. C’est pour cette raison qu’il reste derrière le coccyx un trajet recouvert d’un épithélium. Observée de près, on remarque une petite ouverture au niveau du coccyx.

Cette anomalie est relativement rare et survient le plus souvent chez les garçons. En règle générale, ce petit orifice attire l’attention et pose des problèmes chez l’enfant lorsque celui-ci approche de l’adolescence.

Développement du trajet coccygien chez l’enfant

Chez le nouveau-né, le trajet épithélial est encore primitif. L’orifice se situe généralement dans le pli inter-fessier. Au départ, si les parents ne prêtent pas une grande attention à cette zone, le trajet au coccyx passe presque inaperçu.

Au cours des premières années de vie, le sinus coccygien ne provoque pas de symptômes et reste souvent non compliqué, raison pour laquelle les parents consultent rarement un médecin à ce sujet.

Les problèmes apparaissent généralement au moment de la puberté. À l’endroit du trajet commencent à pousser des poils, les sécrétions des glandes s’accumulent. La peau accueille un grand nombre de bactéries, ce qui s’explique aussi par la proximité de l’anus.

À cette période, si les orifices existants n’assurent pas un drainage suffisant, un processus inflammatoire s’enclenche et gagne progressivement les tissus voisins. Une hygiène personnelle insuffisante augmente encore le risque d’infection. Ainsi, on en conclut que la période la plus dangereuse pour le développement du sinus est l’adolescence.

Manifestations cliniques

En règle générale, chez le nouveau-né le trajet épithélial évolue sans symptôme, c’est-à-dire qu’il est non compliqué. À l’âge préscolaire, la petite ouverture peut déjà être visible, mais elle est généralement sans complications.

Vers l’adolescence, lorsque la pilosité augmente et que les glandes cutanées deviennent plus actives, le risque de complications apparaît. En cas d’évolution compliquée, plusieurs stades sont possibles :

  • période aiguë ;
  • forme chronique (fistule).

La forme aiguë se manifeste par des douleurs au niveau de l’articulation sacro-coccygienne. Avec le temps la douleur s’amplifie, il devient impossible de rester assis. La température corporelle peut augmenter. Au niveau local on observe un foyer chaud, rouge et un induration en profondeur.

Certaines familles, ne connaissant pas cette pathologie, tentent un traitement conservateur qui, habituellement, ne donne pas de résultats. Une ouverture spontanée de l’abcès peut survenir, ce qui soulage considérablement l’état du patient.

Si l’évolution est favorable, l’orifice se transforme en cicatrice. Mais une fin heureuse de ce type n’est pas toujours le cas. Le plus souvent, chez l’enfant, le trajet épithélial évolue vers une phase chronique : un sinus se forme et il suinte en permanence du pus. Parfois l’orifice se bouche et une phase aiguë réapparaît.

Théories sur l’origine du TEC

À l’heure actuelle plusieurs théories expliquent l’apparition du trajet épithélial coccygien. On peut les classer en deux groupes :

  1. les théories qui privilégient une origine embryonnaire de la maladie ;
  2. les théories qui considèrent le trajet coccygien comme une lésion acquise.

Les avis des spécialistes divergent selon les pays. La majorité des médecins russes penche pour l’origine congénitale du TEC, tandis que des confrères étrangers soutiennent plutôt l’hypothèse d’une forme acquise.

En approfondissant ces théories, on constate que les partisans du premier groupe estiment que le TEC apparaît à la suite d’un développement cutané anormal dans le pli inter-fessier. Un canal se forme alors avec des glandes à l’intérieur. Dans un premier temps les sécrétions s’évacuent normalement par l’orifice. Mais à un moment donné le canal se bouche et un processus inflammatoire démarre, le plus souvent à l’adolescence ou peu après.

Les partisans du second groupe pensent que le problème peut se former à tout âge. Dans cette zone abondent follicules pileux et microtraumatismes répétés (grattements, frottements, position assise prolongée) créent une pression qui entraîne l’invagination de fragments cutanés, de sérosités sébacées ou de peluches. Ces éléments constituent un terrain favorable au développement d’un trajet coccygien acquis.

Symptômes du TEC

Il a déjà été dit que dans l’enfance cette anomalie passe souvent inaperçue. Progressivement la situation change et apparaissent une tuméfaction au coccyx, une petite ouverture d’où s’écoule du pus et, finalement, la formation d’une fistule.

Les signes précurseurs sont les suivants :

  • douleurs au niveau du coccyx, parfois d’une intensité telle qu’elles deviennent insupportables, surtout chez l’enfant ;
  • élévation de la température en cas d’inflammation généralisée ;
  • rougeur et tuméfaction locale ;
  • démangeaisons dans la région anale.

Sans prise en charge médicale, la situation peut évoluer vers la formation de plusieurs fistules.

Traitement du TEC

Les médecins s’accordent sur le traitement de cette pathologie : seule l’intervention chirurgicale permet d’en venir à bout, et parfois même provisoirement. Le pronostic dépend de la méthode opératoire et du moment où elle est réalisée.

Comme seul le chirurgien peut débarrasser définitivement le patient, il n’existe pas d’âge unique recommandé pour l’opération. Elle peut être pratiquée aussi bien en phase non compliquée qu’en phase aiguë. Plus les parents décident tôt d’intervenir, meilleurs sont les résultats. Une exérèse précoce réduit significativement le risque de complications et de récidive.

Les chirurgiens peuvent employer plusieurs méthodes selon la localisation et la complexité du sinus :

  1. exérèse complète de la kyste avec fermeture en profondeur de la plaie ; ce type d’intervention est réalisé si le sinus est compliqué et qu’il existe une plaie ouverte ;
  2. exérèse complète suivie d’un petit orifice de drainage ; cette méthode est utilisée en phase de rémission ou lorsqu’il existe un risque de récidive ;
  3. technique de Bascom : résection sous-cutanée du trajet avec pose d’un drain ;
  4. technique de Karydakis : exérèse du trajet avec résection asymétrique de la peau et déplacement des bords cutanés, favorisant une cicatrisation plus rapide et réduisant le risque de récidive.

La rapidité de la convalescence dépend de la technique opératoire choisie. Après exérèse, un hématome local peut apparaître, puis se résorber en quelques jours.

Complications du TEC

Le sinus coccygien ressemble à un tube étroit s’ouvrant à la surface cutanée par un ou plusieurs orifices. Parfois un foyer inflammatoire se déclenche, provoqué par :

  • des traumatismes ;
  • des infections ;
  • des refroidissements.

Les phénomènes inflammatoires élargissent progressivement le canal puis l’altèrent. Les tissus voisins sont atteints et de nouveaux orifices peuvent apparaître à d’autres endroits. En cas de traitement inapproprié ou de retard de consultation, on observe fréquemment :

  • la formation de fistules multiples ;
  • le développement d’abcès récurrents ;
  • l’apparition d’une phlegmon.

Ces complications sont plus graves qu’un simple hématome post-opératoire. Il est important de savoir que le risque diminue si l’intervention est réalisée précocement. En général, lorsqu’elle est pratiquée pendant l’enfance, la récupération est rapide et l’enfant est souvent autorisé à sortir quelques jours après l’opération.

L’ablation d’un TEC est une intervention de routine, toutefois il est préférable de la réaliser dans un centre spécialisé plutôt que dans un service de chirurgie générique, car la région présente des particularités anatomiques et la conduite thérapeutique doit tenir compte du caractère évolutif de la lésion.

Dr. Maxime Leroy
Médecin urgentiste
leroy@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Qu'est-ce qu'un trajet épithélial du coccyx (trou au coccyx) ?
Le trajet épithélial du coccyx est un canal recouvert d'épithélium présent dans le pli inter-fessier, souvent congénital, qui peut rester asymptomatique pendant l'enfance mais qui risque de s'infecter à la puberté lorsque poils et sécrétions s'accumulent.
À quel âge ce problème devient-il généralement gênant ?
Le plus souvent les symptômes apparaissent à l'adolescence, moment où la pilosité et l'activité des glandes cutanées augmentent ; la stase des sécrétions et la contamination bactérienne favorisent alors l'inflammation et l'abcédation du trajet.
Quels signes évoquent une complication infectieuse du trajet coccygien ?
Les signes d'infection comprennent une douleur locale intense rendant la position assise difficile, rougeur et chaleur cutanées, tuméfaction, écoulement purulent par l'orifice et parfois fièvre ; ces éléments imposent une consultation rapide.
Comment se fait le diagnostic de ce trajet ?
Le diagnostic repose sur l'examen clinique (visualisation de l'orifice dans le pli inter-fessier, palpation), complété si nécessaire par l'échographie, la fistulographie, ou l'imagerie (scanner ou IRM) pour préciser l'étendue et les ramifications avant une éventuelle chirurgie.
Quel est le traitement du trajet épithélial du coccyx et peut-on éviter la récidive ?
Le traitement de référence est chirurgical : exérèse complète du trajet selon diverses techniques (exérèse simple, drainage, méthodes de Bascom ou de Karydakis). Une prise en charge précoce et une technique adaptée réduisent significativement le risque de récidive et de complications suppurées.