Tout savoir sur l'ablation de la prostate en cas de cancer
Les affections de la prostate constituent un sujet sensible pour les hommes car elles entraînent de nombreux désagréments, en particulier chez les sujets d’un certain âge. Si certaines pathologies peuvent répondre à un traitement médicamenteux, l’adénome et surtout le cancer de la prostate nécessitent dans la plupart des cas une prise en charge chirurgicale.
Indications pour la prise en charge chirurgicale
Avec l’âge, la prostate augmente de volume, ce qui peut compenser la baisse de production de liquide séminal. Si la croissance prostatique n’est pas surveillée, elle peut évoluer vers une hyperplasie bénigne. L’intervention pour ablation de la prostate n’est pas toujours immédiate en cas d’adénome, mais elle devient indispensable dans certaines complications :
- le traitement conservateur ne donne pas de résultats ;
- une rétention urinaire chronique est observée ;
- un insuffisance rénale se développe ;
- lithiase urinaire associée ;
- infections urinaires ou rénales secondaires à la rétention ;
- hématurie ou augmentation du nombre d’érythrocytes dans les analyses d’urine.
Si l’ablation pour adénome peut parfois être programmée, le cancer de la prostate doit être traité sans délai. Les tumeurs malignes du système génito-urinaire masculin sont dangereuses en raison de leur capacité de croissance rapide et de leur potentiel métastatique vers les organes voisins. Dès le diagnostic établi, la préparation à l’intervention doit être engagée.
Préparation préopératoire
La préparation à une intervention chirurgicale commence en général 1 à 2 semaines avant l’acte. Il s’agit d’évaluer l’état général et la capacité du patient à tolérer l’anesthésie et l’intervention. Les examens sont réalisés en ambulatoire :
- prise de NFS et bilan d’hémostase afin de prévenir les risques hémorragiques pendant l’intervention ;
- bilan biochimique pour évaluer la fonction cardiaque, hépatique et le métabolisme ;
- un ECG pour apprécier la tolérance à l’anesthésie générale ;
- une échographie abdominale pour rechercher d’éventuels signes de métastases ;
- une radiographie thoracique pour le dépistage de métastases pulmonaires et l’évaluation de l’état des poumons.
Le patient est généralement hospitalisé 1 à 2 jours avant l’intervention. La veille, des mesures de préparation intestinale peuvent être prescrites. Le jour de l’opération, le jeûne strict est obligatoire et la dernière prise alimentaire a lieu la veille au soir.
Options opératoires en cas d’adénome prostatique
En cas de cancer de la prostate, une prostatectomie totale est réalisée. Pour l’adénome, on enlève la partie responsable de l’obstruction ou l’ensemble de la prostate si les indications le justifient.
Plusieurs techniques permettent d’enlever tout ou partie de la prostate :
- la résection transurétrale de la prostate consiste à retirer les tissus obstructifs via l’urètre à l’aide d’un résectoscope, tout en coaguler les vaisseaux ; l’intervention dure environ une heure et nécessite la mise en place temporaire d’un cathéter vésical ;
- en cas d’hypertrophie volumineuse, une chirurgie ouverte par abord rétro-pubien ou une intervention laparoscopique peuvent être réalisées, permettant une résection partielle ou totale selon les besoins.
Techniques chirurgicales pour le cancer de la prostate
La prostate atteinte d’une tumeur maligne est retirée en totalité, soit par chirurgie ouverte, soit par voie laparoscopique. La chirurgie ouverte peut être réalisée par abord rétro-pubien ou par voie trans-périnéale.
L’abord rétro-pubien est souvent privilégié car il permet non seulement l’ablation de la prostate, mais aussi l’exérèse des ganglions lymphatiques adjacents en cas de suspicion de métastases. Le retrait ganglionnaire vise à améliorer le bilan et le contrôle local de la maladie, bien que cette technique entraîne une convalescence plus longue. Cet abord offre également de meilleures possibilités de préservation des faisceaux nerveux responsables des fonctions sexuelles.
L’abord trans-périnéal présente l’avantage d’une cicatrisation plus rapide et d’une durée de récupération plus courte, mais il ne permet pas un curage ganglionnaire étendu via la même voie.
Lors de l’intervention, la prostate est séparée du fond vésical, l’urètre est sectionné, les canaux déférents sont coupés et la prostate est retirée avec les vésicules séminales, zones souvent concernées par la diffusion tumorale.
Le choix de la technique dépend de la taille de la prostate, de la présence éventuelle de métastases, de l’âge et de l’état général du patient. L’intervention se déroule généralement sous anesthésie générale ou rachidienne.
Pronostic après ablation de la prostate
Lorsque l’intervention est réalisée en temps utile, le pronostic global est favorable. En revanche, si la tumeur est diagnostiquée tardivement et que des métastases se sont développées, le pronostic devient plus réservé.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la récidive survient chez 30-35 % des patients dix ans après l’intervention dans certaines séries cliniques.
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